Zabiullah Mujahid

  • Afghanistan : Le chef d'Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri tué à Kaboul

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    Zawahiri.jpgLe chef du groupe terroriste islamique al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, a été tué en Afghanistan à la fin de la semaine dernière par les forces américaines. L'information a été confirmée par le président américain.

    Al-Zawahiri a été tué par deux missiles de précision tirés par un drone. L'opération de la CIA n'a porté préjudice à aucun citoyen non impliqué dans des activités terroristes.

    Un responsable de l'administration américaine a déclaré aux journalistes sous couvert d'anonymat qu'al-Zawahiri avait été tué à 21 h 48, heure de l'Est des États-Unis, le samedi 30 juillet, alors qu'il se trouvait dans une maison sécurisée à Kaboul, qui a été frappée par deux missiles RX9 "Ninja Missile". Ce missile, qui est né d'une version du missile Hellfire, est équipé de 6 énormes couteaux et pèse environ 100 livres, ce qui lui permet de toucher la cible avec précision sans blesser ceux qui l'entourent. L'absence d'explosifs permet au missile de limiter le nombre de victimes co-latérales. Un haut responsable des renseignements a également déclaré qu'une équipe au sol de la CIA et une reconnaissance aérienne menée après l'attaque ont confirmé la mort d'al-Zawahri. RX9 %22Ninja Missile%22.jpeg

    La maison (photo en titre) dans laquelle al-Zawahiri résidait avec sa famille se trouvait dans le district de Shirpur, dans le centre de Kaboul,  et appartenait à Sirajuddin Haqqani, le ministre de l'Intérieur du régime taliban.
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    Le président américain Joe Biden, s'exprimant à la Maison Blanche, a déclaré : "Il a laissé une traînée de meurtres et de violence contre des citoyens américains, des militaires américains, des diplomates américains et des intérêts américains. Maintenant, justice a été rendue et ce chef terroriste est parti... Lorsque j'ai mis fin à notre mission militaire en Afghanistan il y a près d'un an, j'ai pris la décision qu'après 20 ans de guerre, les États-Unis n'avaient plus besoin de milliers de soldats sur le sol afghan pour protéger les Américains des terroristes qui cherchent à nous nuire. Et j'ai fait la promesse au peuple américain que nous continuerions à mener des opérations antiterroristes efficaces en Afghanistan et au-delà. C'est ce que nous avons fait."

    Un haut responsable de l'administration américaine a souligné qu'Ayman al-Zawahiri représentait une menace immédiate pour les citoyens américains et pour la sécurité et les intérêts du pays.

    Le secrétaire d'État américain Anthony Blinken a commenté la notification officielle de l'élimination du chef d'Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri à Kaboul. Blinken a accusé les talibans d'abriter al-Zawahiri et de le loger dans une maison sécurisée dans la capitale afghane. "Ils ont accueilli et hébergé le chef d'Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri à Kaboul, en violation flagrante de l'accord conclu à Doha", a déclaré M. Blinken dans un communiqué, notant que la promesse des talibans de ne pas permettre aux terroristes d'utiliser le territoire afghan avait été rompue. "Ils ont également trahi le peuple afghan et son désir de reconnaissance par la communauté internationale et de normalisation des relations avec elle", a souligné le chef du département d'État américain. Dans le même temps, M. Blinken a souligné que les États-Unis continueraient à fournir une aide humanitaire au peuple afghan.

    Les talibans ont confirmé les informations des autorités américaines selon lesquelles, dans la nuit du 30 au 31 juillet, les Américains ont effectué une frappe aérienne sur une maison du centre de Kaboul. Le porte-parole des talibans, Zabiullah Mujahid, a écrit sur Twitter : "Le deuxième jour du premier mois de l'actuelle année 1444 de l'Hégire, des drones américains ont mené un raid aérien sur un immeuble résidentiel à Kaboul." Mujahid a déclaré que les Talibans condamnaient ces actions des Américains. Dans le même temps, les talibans n'ont pas commenté la déclaration des autorités américaines selon laquelle la frappe aérienne sur la cible à Kaboul a permis de liquider le chef d'Al-Qaïda Ayman al-Zauahiri.

    L'adjoint d'Ayman al-Zawahiri, Abou al-Khair al-Masri, avait été liquidé à Edleb en Syrie en 2017 par une frappe de drone.

    Ayman al-Zawahiri
    Le Dr Ayman al-Zawahiri était le chef de l'organisation extrémiste égyptienne du Jihad islamique. Il était appelé par les membres du parti : "Docteur, Maître, Abu Muhammad, Abu Fatima, Muhammad Ibrahim, Abu Abdallah, Abu al-Muiz, Noor, Eustaz, Abu Mohammed Noor al-Din, Abdel Muaz. Il parlait couramment non seulement l'arabe mais aussi le français.

    Il est né le 19 juin 1951 en Égypte dans une famille de scientifiques et de travailleurs médicaux respectés. À 15 ans, il est arrêté pour la première fois pour son implication dans l'organisation islamiste radicale des Frères musulmans, alors interdite en Égypte. Libéré à 17 ans, il entre à l'école de médecine militaire de l'université du Caire. En 1973, il est devenu un chirurgien qualifié. Il écrit plusieurs livres. L'un d'entre eux critiquait les activités des Frères musulmans.

    La vie d'Al-Zawahiri a changé brusquement dans les années 1980. D'un vénérable médecin, il est devenu un combattant pour la libération nationale du peuple afghan. Pendant plusieurs années, il a combattu l'armée soviétique sur le territoire de ce pays.

    À la fin des années 80, après le retrait des troupes soviétiques d'Afghanistan, al-Zawahiri retourne en Égypte où il dirige l'organisation terroriste islamique "Jihad islamique" (il participe à l'organisation du "Jihad islamique" dans le territoire de  l'Autorité palestinienne). Al-Zawahiri a été condamné à mort par contumace par un tribunal égyptien pour avoir organisé des tentatives d'assassinat contre des personnalités politiques égyptiennes et une attaque terroriste contre l'ambassade égyptienne à Islamabad.

    Al-Zawahiri a rencontré Oussama ben Laden, apparemment alors qu'il était encore en Afghanistan. Au début des années 1990, il a établi avec Ben Laden un lien permanent qui n'a jamais été rompu. En 1998, le Jihad islamique égyptien est effectivement devenu la branche égyptienne d'Al-Qaïda.

    Ayman al-Zawahiri et son proche associé Muhammad Ataef ont ensuite rejoint les unités de combat d'Al-Qaida en Afghanistan, à la tête des unités indépendantes de l'organisation. Ils étaient alors considérés comme les commandants les plus influents de Ben Laden. Al-Zawahiri est également soupçonné d'avoir été le médecin personnel de Ben Laden.

    Le gouvernement américain considèrait al-Zawahiri comme le cerveau des attaques de 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie.

    Les attaques américaines de la fin 2001 (suite aux attentats du 11 septembre) ont provoqué la mort d'Ataef, ainsi que de la femme et les trois filles d'al-Zawahiri. 

    La capture ou l'élimination d'al-Zawahiri a été revendiquée plus d'une fois. Par exemple, le 3 octobre 2002, l'agence Afghan Islamic Press a rapporté qu'al-Zauahiri avait été tué lors d'une opération spéciale de l'armée américaine en Afghanistan. Le 28 juin 2003, la télévision Al-Arabiya a rapporté que les forces de sécurité iraniennes l'avaient arrêté en Iran. Le 18 mars 2004, des sources pakistanaises ont à nouveau rapporté qu'al-Zawahiri avait été capturé ou tué lors d'une opération au Waziristan, au Pakistan. Ces informations n'ont pas été confirmées par la suite, et al-Zawahiri est apparu vivant et en bonne santé sur les chaînes de télévision arabes.

    Comment al-Zawahiri a-t-il été repéré par la CIA ?
    Le chef d'al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, s'est sans doute senti en sécurité après que les talibans aient pris le contrôle de l'Afghanistan. Il « apparaissait régulièrement à découvert sur son balcon », estimant que le danger était passé. Erreur : Les États-Unis recherchaient toujours les planificateurs des attentats du 11 septembre 2001, et le nom d'Ayman al-Zawahiri était toujours en haut de la liste des personnes recherchées.

    Les Américains ont eu du mal à repérer al-Zawahiri jusqu'à ce qu'ils apprennent que le chef dal-Qaïda et sa famille avaient trouvé refuge à Kaboul, profitant du fait que l'Afghanistan était tombé entre les mains des talibans, son fidèle allié. 

    Ayman al-Zawahiri a été identifié à plusieurs reprises alors qu'il se tenait sur son balcon, la maison a été étudiée et le moment soigneusement choisi pour "minimiser les risques pour les civils". Les responsables de la défense et du renseignement ont finalisé le plan en juin, et il a été présenté à Biden. à la Maison Blanche le 1er juillet. La décision a été prise le 25 juillet.

    Un responsable américain a laissé entendre que les services de renseignement pakistanais auraient contribué à la dissimulation d'Ayman Al-Zawahiri, sans parler de complicité, tandis que des éléments du mouvement "Haqqani", dont leur chef avait fourni la maison, ont pris des mesures pour dissimuler sa présence et assurer sa protection.

     

     

     

     

  • Afghanistan : Deux hommes armés tués près d'une "jirga" devant légitimer le régime taliban

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    Deux hommes armés ont été abattus jeudi à Kaboul par des talibans, près du lieu où se déroulait un grand conseil loya jirga) réunissant des milliers d'érudits religieux et d'aînés tribaux, qui devraient légitimer le régime fondamentaliste islamiste au pouvoir en Afghanistan. (Vidéo).

    Selon des responsables talibans, les deux hommes ont commencé à tirer depuis le toit d'un immeuble près du lieu du rassemblement, avant d'être "rapidement éliminés par les moudjahidines" (les "combattants" du régime taliban).

    Composé uniquement d'hommes et convoqué par les talibans, ce conseil est décrit comme une "jirga", une assemblée traditionnelle d'anciens au sein de laquelle les divergences doivent normalement être réglées par consensus.

    Les médias n'ont pas eu le droit d'y accéder, mais certains discours ont été retransmis à la radio d'État, la plupart appelant à l'unité derrière le régime taliban au pouvoir depuis août 2021.

    "L'obéissance est le principe le plus important" du régime, a ainsi déclaré à l'ouverture du conseil Habibullah Haqqani, qui le préside. "Nous devons obéir à tous nos dirigeants dans toutes les affaires, sincèrement et véritablement", a-t-il dit. 

    Des responsables américains et talibans devaient discuter jeudi au Qatar d'un mécanisme pour débloquer des fonds afghans, Washington cherchant à s'assurer qu'ils sont utilisés à des fins humanitaires.
    Les talibans ont peiné à se muer en administration civile, eux qui étaient depuis 20 ans une rébellion combattant les forces américaines et leurs alliés, qui ont quitté le pays juste après la prise de Kaboul par les talibans, fin août 2021.

    Depuis leur retour au pouvoir, l'Afghanistan est plongé dans une profonde crise économique et humanitaire, la communauté internationale ayant fermé les vannes de l'aide financière qui portait le budget du pays à bout de bras depuis deux décennies.

    Femmes exclues
    Une source talibane a affirmé à l'AFP que les participants à la "jirga" - prévue sur trois jours - seraient autorisés à critiquer le pouvoir en place et que des sujets épineux, tels que l'éducation des filles, objet de débat au sein même du mouvement, seraient au programme.

    Les femmes ne sont pas autorisées à y assister. Le vice-Premier ministre, Abdul Salam Hanafi, a estimé mercredi que cela n'était pas nécessaire, car elles seront représentées par des parents masculins. "Lorsque leurs fils sont dans le rassemblement, cela signifie qu'elles sont également impliquées", a-t-il dit.

    La décision d'exclure les femmes a été prise par les "oulémas" (érudits religieux), a justifié Zabihullah Mujahid, le porte-parole des talibans, lors d'une conférence de presse en fin de journée. "Nous prenons en considération leurs besoins ou leurs réflexions et observations", a-t-il ajouté.

    Pour la militante des droits des femmes Razia Barakzai, cette exclusion relève d'une "logique intolérable". "Les femmes devraient faire partie des décisions qui les concernent (...) La vie a été enlevée aux femmes afghanes", a-t-elle déclaré à l'AFP.

    Les talibans assurent avoir le soutien d'une très large majorité de la population, qui ne s'est pas révoltée contre eux en masse depuis leur retour au pouvoir. Ils sont revenus à l'interprétation ultra-rigoriste de l'islam qui avait marqué leur premier passage au pouvoir, entre 1996 et 2001, restreignant très fortement les droits des femmes.

    Filles privées d'école
    Les talibans ont largement exclu les femmes des emplois publics, ont restreint leur droit à se déplacer et ont interdit l'accès des filles au collège et au lycée. Les femmes se sont aussi vu imposer le port du voile intégral, couvrant le visage, pour toute sortie en public.

    Interrogé au sujet de l'accès à l'éducation pour les adolescentes, Zabihullah Mujahid a assuré que les érudits religieux donneraient leur avis, mais que ce serait ensuite "aux dirigeants (des talibans) de décider".

    A la tribune du conseil, un influent imam a déclaré que quiconque tenterait de renverser le régime devrait être décapité. "Ce drapeau (taliban) n'a pas été hissé facilement, et il ne sera pas abaissé facilement", a déclaré Mujib ur Rahman Ansari, l'imam de la mosquée Gazargah à Herat (ouest). "Tous les érudits religieux d'Afghanistan devraient convenir (...) que quiconque commet le moindre acte contre notre gouvernement islamique devrait être décapité et éliminé", a-t-il dit.

    Plus de 3.000 personnes venant de toutes les régions du pays participent au conseil, soit le plus grand rassemblement de personnalités influentes depuis le retour au pouvoir des talibans.

    Les médias afghans spéculent aussi sur l'éventuelle présence du chef suprême des talibans et du pays, Hibatullah Akhundzada, lequel n'a jamais été filmé ou photographié en public depuis leur arrivée au pouvoir.

    Seuls des enregistrements audio de M. Akhundzada, qui vit reclus à Kandahar, le centre spirituel des talibans, ont été rendus public, sans qu'ils aient pu être authentifiés de source indépendante.

  • Afghanistan : Au moins 55 morts dans un attentat suicide contre une mosquée chiite de Kunduz

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    rlvrhx3c.jpegAu moins 55 personnes ont été tuées et au moins 143 autres blessées dans un attentat suicide ayant frappé, lors de la grande prière du vendredi, une mosquée chiite de Kunduz, dans le nord-est de l'Afghanistan, cinq jours après un attentat à Kaboul revendiqué par l'organisation Etat islamique. Selon d'autres sources, l'attentat aurait fait une centaine de victimes et plus de 200 blessés.
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    L'explosion dans une mosquée chiite Grand Sayedabad du quartier de Khan Abad Bandar de Kunduz a été causée par un kamikaze, a annoncé à l'AFP Matiullah Rohani, responsable régional du gouvernement taliban en charge de la Culture et de l'Information. Elle a eu lieu à 13H30 lors de la prière du vendredi.

    A l'hôpital central de Kunduz, un docteur ayant requis l'anonymat a déclaré à l'AFP que "jusqu'ici, nous avons reçu 35 corps et plus de 50 blessés".

    FBMGeI6X0AI1f5y.jpegL'Etat islamique-Khorasan revendique l'attentat
    L'Etat islamique-Khorasan a publié la photo du kamikaze qui a perpétré un attentat contre la mosquée chiite Grand Sayedabad. Selon le communiqué du groupe islamiste, le kamikaze serait un Ouighour (Chinois). Il faut rappeler que les talibans se sont engagés à expulser les islamistes ouighours à la demande de la Chine.

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    En Afghanistan, les chiites sont régulièrement la cible d'attentats, souvent menés par la branche locale du groupe État islamique (Daech). Cette explosion survient cinq jours après un attentat à la bombe contre une mosquée de Kaboul, qui avait fait au moins cinq morts et avait été revendiqué par l'EI.

    Cet attentat avait ciblé la mosquée Id Gah, où se tenait une cérémonie funéraire en hommage à la mère de Zabihullah Mujahid, le porte-parole du gouvernement taliban et figure du mouvement, décédée la semaine passée. Il avait illustré la rivalité et la haine tenace et réciproque qui opposent l'Etat islamique et les talibans, deux groupes sunnites radicaux.

    L'Etat islamique au Khorasan (EI-K) a revendiqué certaines des attaques les plus meurtrières commises ces dernières années en Afghanistan et au Pakistan. Notamment des attentats suicide dans des mosquées, des hôpitaux et dans d'autres lieux publics.

    Le groupe a, en particulier, ciblé des musulmans qu'il considère comme hérétiques, notamment les chiites de la minorité hazara. En août 2019, il a ainsi revendiqué un attentat contre des chiites à un mariage à Kaboul, où 91 personnes avaient été tuées. Il a aussi été fortement soupçonné d'avoir été derrière une attaque en mai 2020 contre une maternité d'un quartier majoritairement chiite de la capitale qui a coûté la vie à 25 personnes, dont 16 mères et des nouveaux-nés.

    La prise de contrôle du pays par les talibans à la mi-août n'a pas mis fin à la menace terroriste, comme l'avait déjà montré l'attentat commis le 26 août aux abords de l'aéroport de Kaboul, qui avait fait plus d'une centaine de morts, dont 13 soldats américains, et a été revendiqué par l'EI-K.

    Des morts et des blessés dans une explosion dans une école religieuse (madrasa)
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    Par ailleurs, on a appris qu'une explosion dans une école religieuse dans la province de Khost, dans l'est de l'Afghanistan, avait fait 7 morts et plus de 15 blessés selon un dernier bilan.

    Selon le ministère de l'Intérieur du gouvernement intérimaire afghan, une grenade à main a explosé mercredi 6 octobre 2021 dans le bâtiment de l'école.
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    la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan a exprimé sa préoccupation face à cette série d'attentats, notant que l'attaque de Kunduz est la troisième attaque meurtrière contre une institution religieuse en Afghanistan depuis le début de la semaine, après un incident devant une mosquée à Kaboul lundi dernier, revendiquée par l'Etat islamique, et une attaque contre une madrasa dans la province de Khost mercredi. 

  • Afghanistan : Les talibans affirment avoir neutralisé une cellule de l'Etat islamique

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    Les talibans ont affirmé, lundi avoir neutralisé à Kaboul une cellule du groupe État islamique (EI), quelques heures après un attentat à la bombe contre une mosquée de la capitale afghane, dans lequel au moins cinq personnes ont été tuées.

    Le porte-parole du gouvernement taliban, Zabihullah Mujahid, a annoncé qu'une cache abritant des éléments de l'Etat islamique avait été détruite. Huit membres de cette cellule ont été tués dimanche soir près de l'ambassade de Russie, à Kaboul. Des témoins et des journalistes de l'AFP ont entendu des explosions et des échanges de coups de feu au nord du même 7e arrondissement, dans la zone d'Ayub Khan Mena.. Des images diffusées sur les réseaux sociaux ont aussi montré une grosse explosion suivie d'un incendie. 3 autres membres de l'Etat islamique auraient été capturés lors de l'opération de ratissage. 

    "La nuit dernière, une unité spéciale des moujahidine de l'Émirat islamique a mené une opération contre des insurgés de l'Etat islamique", dans un district de Kaboul, a déclaré M. Mujahid sur son compte Twitter. La cache de l'Etat islamique "a été complètement détruite et tous les membres de l'Etat islamique à l'intérieur ont été tués", a-t-il assuré.

    Un fonctionnaire habitant le quartier, Abdul Rahaman, a indiqué à l'AFP qu'un "grand nombre" de membres des forces spéciales talibanes avaient attaqué au moins trois maisons alentour pendant "plusieurs heures". Les talibans "ont dit qu'ils cherchaient des combattants de Daech dans le coin", a-t-il repris. "Je ne sais pas combien ont été tués ou arrêtés, mais les combats étaient intenses".

    Selon les images partagées par les sources russes, les coups de feu ont repris dans la matinée du 4 octobre, ce qui suppose que des combats étaient toujours en cours.

    Cette opération a eu lieu quelques heures à peine après un attentat à la bombe dimanche contre la mosquée Id Gah de Kaboul, où se tenait une cérémonie funéraire pour la mère de M. Mujahid, décédée la semaine passée. Au moins cinq personnes ont été tuées et 11 blessées, des civils et des talibans, a indiqué à l'AFP un responsable gouvernemental ayant requis l'anonymat. Trois personnes ont été arrêtées en lien avec cette attaque, selon cette même source. La bombe, placée à l'entrée de la mosquée, a été activée au moment où les fidèles quittaient l'édifice après avoir présenté leurs condoléances à M. Mujahid et ses proches, a précisé ce responsable. Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Qari Sayed Khosti, a annoncé à l'AFP que l'attaque avait été menée par un kamikaze, qui "a fait détoner ses explosifs au milieu de la foule".

    Lundi, M. Mujahid a déclaré à l'AFP qu'une enquête était toujours en cours, mais que "les premières informations suggèrent que des groupes liés à Daech pourraient avoir mené l'attaque". Sous le nom Etat islamique-Khorasan, le groupe a revendiqué certaines des attaques les plus sanglantes commises ces dernières années en Afghanistan. Même s'il s'agit de deux groupes sunnites radicaux, l'Etat islamique et les talibans sont en concurrence et sont animés par une haine tenace et réciproque.
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  • Afghanistan : Au moins douze morts dans une explosion près d'une mosquée à Kaboul

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    Une explosion, la première depuis plus d'un mois à Kaboul, a fait au moins douze morts et 32 blessés dimanche après-midi près de la mosquée Id Gah, où se tenait une prière en mémoire de la mère d'un haut responsable taliban, a indiqué à l'AFP un porte-parole du ministère de l'Intérieur.

    "Selon nos premières informations, deux civils (12 selon un dernier bilan) ont été tués et trois (32 selon un dernier bilan) ont été blessés dans l'explosion", a déclaré à l'AFP Qari Sayed Khosti, porte-parole du ministère de l'Intérieur.

    Ahmadullah, un commerçant dont la boutique est situé à proximité de la mosquée, a indiqué à l'AFP avoir "entendu le bruit d'une explosion suivi de coups de feu". "Juste avant l'explosion, les talibans venaient de barrer la route en prévision d'une prière pour la mère de Zabihullah Mujahid à la mosquée", a ajouté ce témoin. M. Mujahid, porte-parole du gouvernement taliban et figure du mouvement, avait la veille largement relayé sur les réseaux sociaux le lieu et l'heure de la cérémonie.

    La dernière attaque mortelle à Kaboul, remonte au 26 août: 72 personnes avaient été tuées et plus de 150 blessées dans un attentat perpétré à l'aéroport, revendiqué par le groupe Etat islamique (EI). Sous le nom EI-K (Etat islamique-Khorasan), l'Etat islamique a revendiqué certaines des attaques les plus sanglantes commises ces dernières années en Afghanistan et voue une haine tenace et réciproque aux talibans.

    Rallye de victoire
    Plus tôt dans la journée, les talibans avaient organisé un premier grand rallye de la victoire dans la capitale, sur un terrain situé dans un faubourg de Kaboul. A l'extérieur, des dizaines de gardes lourdement armés encadraient le rassemblement, tandis qu'arrivaient en pick-up les combattants talibans, accueillis sur leur passage par des banderoles en hommage au martyr, a constaté un journaliste de l'AFP.

    "L'Amérique vaincue. Impossible. Impossible. Mais possible!", claironnait l'un des chants diffusés pour les accueillir dans une rare manifestation de musique, théoriquement prohibée par le mouvement islamiste.

    Environ 1.500 sympathisants du mouvement, uniquement des hommes ou des garçons, désarmés pour la majorité, avaient pris place pour écouter près de quatre heures de discours. "C'est le jour que nous attendions", a déclaré à la tribune Khalil Haqqani, le nouveau ministre des Réfugiés qui en 2011 avait été placé par les États-Unis sur la liste des terroristes recherchés, avec une prime de 5 millions de dollars. Il est un éminent dirigeant du réseau de combattants taliban dit Haqqani fondé par son frère Jalaluddin. "Nous avons atteint notre objectif, mais cela nécessite une protection", a-t-il déclaré lors de ce rassemblement qui s'est tenu dans la commune de Kohdaman. Son fusil appuyé contre le pupitre, il a assuré un "avenir radieux" pour le pays malgré la réprobation quasi unanime de la communauté internationale. "Mon conseil au monde est qu'ils laissent l'Afghanistan à l'Afghanistan", a-t-il conclu.

    'Avenir de l'Afghanistan'
    Sept semaines après la prise de pouvoir éclair des combattants islamistes, "l'Emirat islamique", le nouveau régime décrété par les talibans, lutte pour asseoir sa légitimité auprès de la population, comme du reste des nations.

    En face de ces démonstrations de force orchestrées par les talibans, l'opposition civile aux talibans est devenue impossible en Afghanistan où les manifestations sont interdites et celles de femmes, violemment réprimées.

    Aucun pays n'a pour le moment reconnu le nouveau régime, même si le Pakistan, la Chine ou encore le Qatar ont pu montrer quelques signes d'ouverture. Alors que les évacuations se font désormais au compte-goutte, un cinquième vol affrété par le Qatar, avec à son bord 235 personnes a ainsi pu quitter Kaboul dimanche, a annoncé le gouvernement qatari dans un communiqué. Doha, qui a joué un rôle diplomatique de premier plan dans les affaires afghanes ces dernières années s'est aussi dit "entièrement engagé pour l'avenir de l'Afghanistan et les efforts pour une amélioration significative de la situation dans le pays".

  • Afghanistan : Mesures des talibans pour éliminer l'Etat islamique

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    Zabihullah Mujahid, vice-ministre de la Culture et de l'Information dans le gouvernement intérimaire afghan, a déclaré dans une interview à « l'agence Novosti », que les talibans prenaient des mesures immédiates pour éliminer complètement l'Etat islamique dans le pays.

    Zabihullah Mujahid a ajouté : « Nous en avons un petit nombre. Au cours des dernières années, nous avons pu réduire leur présence dans de nombreuses régions, dont Jalalabad et Kaboul. Ils sont présents en Afghanistan, mais pas en grand nombre.

    Le vice-ministre a souligné que le mouvement taliban "s'efforce, par le biais de procédures de renseignement sur le terrain, de les identifier, de les arrêter et de les traduire en justice".

     

  • Afghanistan : Les talibans interdisent les manifestations et relancent le « Ministère de la promotion de la vertu et de la prévention du vice"

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    Le gouvernement intérimaire des talibans a décidé d'interdire les manifestations non autorisées dans tout l'Afghanistan, tandis que le « Ministère de la promotion de la vertu et de la prévention du vice » renaissait, rappelant ce que la « police morale » avait fait lors de son précédent règne.

    E-x4c6QXoAgXwOW.jpegLe ministère de l'Intérieur du gouvernement taliban a déclaré mercredi soir 8 septembre 2021, dans un communiqué publié sur son compte Twitter, qu'il avait pris la décision d'interdire, pour le moment, "toute manifestation sous quelque nom que ce soit", sauf dans le cas d'obtention d'une autorisation du ministère de la Justice puis d'en informer les services de sécurité.

    Le ministère a également appelé les organisateurs de ces manifestations à informer les autorités concernées au moins 24 heures à l'avance du but des manifestations, des slogans et banderoles qui y seront utilisés, de leur lieu et de l'heure de leur début et fin.

    Le ministère accuse certaines personnes d'être responsables « d'avoir causé des atteintes à la sécurité, de nuire aux citoyens et de semer le chaos sous le couvert de manifestations dans la capitale, Kaboul, et dans certains États, en incitant et en finançant des partis biaisés », affirmant que « certains partis menacent la sécurité des manifestants afin d'atteindre des objectifs politiques malveillants."

    Le ministère a souligné que "les manifestations doivent être légales", et a souligné que "personne n'a le droit d'organiser des manifestations tant que les procédures légales susmentionnées ne sont pas terminées", avertissant que les contrevenants "en supporteront toutes les conséquences" et seront soumis à "des règles strictes de traitement juridique."

    "Ministère de la Promotion de la Vertu"
    En outre, le Washington Post a rapporté que le gouvernement taliban avait relancé le « Ministère de la promotion de la vertu et de la prévention du vice », chargé de mettre en œuvre « une interprétation stricte de la loi islamique », avec de sévères restrictions sur les femmes, la prière forcée et même une "interdiction des cerfs-volants et des échecs".

    Le ministère de la promotion et de la vertu et de la prévention du vice a été confié à un religieux inconnu. nommé Muhammad Khaled.

    Le journal américain a ajouté que les talibans n'ont pas créé de ministère des Affaires féminines, similaire au gouvernement précédent, alors que les manifestations demandaient précisément au mouvement islamique d'accorder aux femmes des sièges au gouvernement et d'autres postes de direction.

    Curieusement, dans la liste en anglais des nouveaux ministères et ministres du gouvernement intérimaire fournie par les « talibans », le seul nom du ministère qui n'était pas traduit était le ministère de la promotion de la vertu et de la prévention du vice.

    A Kaboul, certains craignaient que le rétablissement du ministère de la promotion de la vertu et de la prévention du vice signifie que les talibans n'ont finalement pas changé contrairement à leurs affirmations.

    « Les gens ont cessé d'écouter de la musique forte en public, craignant les pratiques passées depuis le dernier règne des talibans, et je n'ai vu aucune contrainte de prier, mais il y a la peur », a déclaré Gul, un habitant de Kaboul, dont le prénom était donné uniquement pour des raisons de sécurité. 

    Les manifestations continuent malgré les menaces des talibans de recourir à la force
    Les manifestants de la province de Balkh ont déclaré que des talibans avaient arrêté deux journalistes et 11 manifestants, jeudi 9 septembre. Par ailleurs, des dizaines de manifestants sont descendus dans les rues de Mazar-i-Sharif ce jeudi malgré les avertissements du gouvernement taliban.
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    Premier vol d'évacuation de Kaboul vers l'étranger depuis fin août
    Un avion évacuant 200 personnes, dont des Américains, a décollé jeudi en fin d'après-midi de Kaboul, le premier vol passager pour l'étranger au départ de la capitale afghane depuis le retrait américain fin août.
    Ce vol, à destination de Doha, intervient alors que le nouveau pouvoir des talibans s'organise, moins d'un mois après la marche victorieuse de ses combattants sur Kaboul après l'effondrement du gouvernement pro-occidental à la mi-août.

    Il s'agit du premier vol de ce type depuis le gigantesque pont aérien organisé par les Américains, qui a permis l'évacuation de plus de 120.000 personnes.

    Après les formalités de départ à l'aéroport, les passagers ont embarqué dans des bus sur le tarmac de l'aéroport puis gagné l'avion, sous la surveillance de gardes venus du Qatar. Doha est très impliqué dans cette opération comme dans la relance de l'aéroport de Kaboul, qui a fermé après le retrait américain, et tarde encore à rouvrir aux vols commerciaux.

    La Qatar et son alliée la Turquie travaillent depuis plusieurs jours pour préparer les structures aéroportuaires de Kaboul à une réouverture progressive. Une tâche compliquée, tant l'aéroport a souffert des évacuations chaotiques de la fin août, menées alors que des milliers d'Afghans faisaient le siège de l'enceinte dans l'espoir de monter dans un des vols affrétés par les pays étrangers.

    Washington reconnaît qu'il reste encore à exfiltrer beaucoup d'Afghans potentiellement menacés pour avoir travaillé avec l'ancien gouvernement ou les pays occidentaux. Les talibans avaient critiqué ces évacuations chaotiques et assuré que tout Afghan ou étranger muni de papiers en règle pourrait prendre un vol commercial dès leur reprise.

    "Nous espérons que dans un futur proche l'aéroport sera prêt pour toutes sortes de vols commerciaux", a déclaré le porte-parole du gouvernement taliban, Zabihullah Mujahid.