YEMEN

  • Emirats Arabes Unis : Les EAU déménagent leur base militaire d'Erythrée vers Bab el Mandeb

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    L’armée des Emirats Arabes Unis a déménagé sa base militaire qui couvre le détroit de Bab el Mandeb, entre la mer Rouge et le Golfe d’Oman. Les forces émiraties ont progressivement vidé le port et la base maritime d’Assab en Érythrée pour s’établir à Périm, dans l’île yéménite de Mayyun, contrôlant ainsi l’endroit le plus étroit de ce détroit stratégique pour le commerce mondial.
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    Les images satellites montrent l’édification de hangars pour drones et avions légers ainsi que la construction d’une piste d’atterrissage. Ces travaux font suite à ceux commencés il y a quatre ans puis abandonnées par les émiratis sur l’île.

    La construction de la base maritime d’Assab en Erythrée avait été achevée en 2015 et répondait à un besoin logistique émirati pour faire face à la guerre au Yémen. L’armée des EAU en avait fait un hub logistique important.

    La mer Rouge et le détroit de Bab el Mandeb sont devenus un enjeu capital pour les grandes  puissances et les puissances moyennes. Les Emirats, la Turquie, la Chine, les Etats-Unis, la France et la Russie s’y installent en utilisant des ports et des bases au Soudan, Ethiopie, Yémen, Érythrée et Djibouti. L'Iran mise sur une victoire des Houthis pour s'établir sur les bords yéménites du détroit. 

    Dans le même temps, la région de la corne de l’Afrique et Afrique de l’Est sont entrain de connaitre une guerre généralisée, ressemblant à celle qui a lieu sur la rive asiatique du détroit.

  • Arabie saoudite : Attaque de drone contre la base aérienne du roi Khaled

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    Ansar Ullah, le bras armé des rebelles yéménites houthis, a annoncé, samedi 17 avril 2021, avoir lancé une attaque au moyen d'un drone contre la base aérienne du roi Khaled en Arabie Saoudite.

    Yahya Sari,  porte-parole des houthis, a écrit sur son compte Twitter qu'un drone «Qasef 2K» avait bombardé une «cible militaire sensible» sur la base du roi Khaled située à Khamis Mushait, ajoutant que «le coup avait été précis».

    Le drone Qasef-2K est une copie du drone Iranien Ababil-2. Le drone a une portée allant jusqu'à 150 km et est armé d'une ogive à fragmentation hautement explosive équipée d'une fusée de proximité. Une fois atteint sa destination, le drone explose 20 mètres au-dessus de la cible.

    La coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite est restée inhabituellement silencieuse après cette attaque de drone des Houthis contre le royaume. Cela pourrait signifier que l'attaque a été réussie. 

    Cela s'inscrit dans le contexte de l'intensification d'«Ansar Allah» ces dernières semaines contre l'Arabie saoudite, en conjonction avec l'offensive militaire lancée par les Houthis pour s'emparer de la province yéménite de Ma'rib.

  • Yémen : L'importance de la bataille de Marib

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    Le Yémen est le théâtre d'opération préféré des Iraniens pour affronter l'Arabie saoudite. Le principal enjeu n'est pas réellement les attaques menées par les rebelles yéménites houthis contre  le territoire saoudien, attaques généralement repoussées par les défenses saoudiennes. Le principal enjeu à l'heure actuelle est le résultat de la grande offensive lancée par le groupe "Ansar Allah", le bras armé des rebelles houthis, dans la province de Marib. L'Iran cherche à imposer un fait accompli irréversible au Yémen en créant une entité politique viable pour les Houthis. Il veut une entité qui lui soit affiliée, et qui lui donnerait accès à la mer Rouge, un peu comme le Hezbollah libanais donne à l'Iran un accès à la frontière libano-israélienne. La stratégie iranienne est claire. Ce qui n’est pas le cas de l’administration américaine qui semble hésiter sur l’importance du Yémen dans le jeu géopolitique régional et l’utilisation des houthis par la  "République islamique" pour son projet d'expansion dans la péninsule arabique.

    L’administration Biden semble ne vouloir traiter que l'aspect humanitaire du dossier yéménite malgré les avertissements du Royaume d'Arabie saoudite qui a désormais compris les complications de la guerre au Yémen, ses ramifications et leur impact sur chaque pays du Golfe, au premier rang duquel se trouve le Royaume lui-même. C’est pourquoi Riyad désirerait un règlement approprié permettant un retour à  la stabilité régionale, après avoir redécouvert l'ampleur.

    Pourquoi les Iraniens se concentrent-ils sur Marib? C'est parce que l'Iran pense que Marib est d'abord stratégiquement situé sur la carte du Yémen et du Golfe. En outre, il y a des gisements de pétrole, une centrale électrique et un ancien barrage avec une longue histoire, reconstruit par Sheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan et inauguré en 1986. Marib est également connecté à un oléoduc qui relie son pétrole au port de Hodeidah . En termes clairs, Marib serait nécessaire à toute entité politique affiliée à l'Iran dans le nord du Yémen.

    Quand l’administration américaine deviendra-t--elle consciente de la gravité de ce qui se passe à Marib et pourquoi les Houthis cherchent tant à contrôler la ville et le gouvernorat dans son ensemble? Les Houthis ont jusqu'à présent perdu des milliers de combattants dans leurs attaques répétées contre Marib, attaques qui se sont avérées infructueuses. Cependant, il est clair que les houthis sont déterminés à entrer dans la ville et en tirer une «légitimité». Cela s'inscrit dans le contexte de l'insistance de l'Iran à négocier avec les Américains et les Européens sur le dossier nucléaire en position de force.

    L'Iran considère le Yémen comme l'une de ses cartes les plus importantes dans la région. En fin de compte, le Yémen, avec le Liban, peut être l'un des investissements iraniens les plus réussis, d'autant plus qu'il s'agit d'un investissement peu coûteux après le succès iranien dans l'idéologisation des Houthis et leur conversion en missionnaires du concept de «Wilayat al-Faqih », la primauté de la hiérarchie religieuse iranienne sur les communautés chiites. Et pas seulement les Zaidites qui adhèrent à leurs croyances traditionnelles connues pour leur  modération et de tolérance.

    L'envoyé américain, Timothy Lenderking, se veut pourtant optimiste et entend entamer des négociations pour parvenir au moins à un cessez-le-feu qui permettrait de répondre à la catastrophe humanitaire provoquée par la guerre. Mais si Lenderking veut aller au-delà d’un cessez-le-feu, c'est-à-dire vers un règlement global, il ne pourra le faire sans tenir compte des points suivants :

    * Il n'est pas possible de faire la distinction entre les Houthis et l'Iran, ni oublier le rôle que le «Hezbollah» a joué au Yémen depuis près de 20 ans.

    * Il n'y a aucun moyen de parvenir à un accord équilibré avec les Houthis tant que ceux-ci se croiront toujours capables de devenir maîtres de Marib. A contrario, un'échec des Houthis à contrôler Marib les contraindraient à faire preuve d'une certaine souplesse dans les négociations.

    * Les Houthis ont réussi, relativement, à éliminer la structure tribale dans les régions du nord du Yémen. Ceci est d’autant plus important qu’avant 1994, les pays du Golfe exerçaient une influence au Yémen grâce aux relations étroites qu'ils entretenaient avec plusieurs chefs tribaux.

    * Ce qui frappe dans les récentes négociations, ce sont les réunions directes entre saoudiens et houthis en l'absence de la «légitimité» yéménite soutenue par l'Arabie saoudite.

    * La faiblesse du président légitime yéménite, Abd Rabbo Mansour Hadi, est mise en évidence par le fait qu’il ne peut résider nulle part au Yémen, y compris sa ville natale dans le gouvernorat d'Abyane. L'homme ne possède aucune qualité de leadership. Par conséquent, avant tout accord, il sera nécessaire de reconfigurer la «légitimité», et en particulier  de réformer la présidence.

    * Ceux qui contrôlent réellement la «légitimité» sont les Frères musulmans qui aspirent au pouvoir et qui savent qu'Abd Rabbo Mansour Hadi ne se soucie que de ses intérêts et de ceux de son entourage.

    * Les Frères musulmans ont maintenu des relations avec les Houthis. Les deux groupes se rejoignent pour mettre en place un Etat islamisé. Chacun à sa manière. Il faut donc penser que le Yémen qui émergerait d’un accord de paix puisse devenir un Etat islamiste, quelque soit la formule qui sera trouvée.

    * Il peut également être utile de s'enquérir du rôle qu'Ahmed Ali Abdullah Saleh, après la levée des sanctions internationales, pourrait jouer dans la restauration d'une partie de l'ancienne armée yéménite. Ce qui ne peut être ignoré, c'est qu'Ahmed Ali Abdullah Saleh, qui réside actuellement en dehors du Yémen et qui fait face à de nombreuses critiques sur sa rigidité et son incapacité à prendre des initiatives, était le commandant de la Garde républicaine, qui à un certain stade comprenait environ cinquante mille membres répartis dans plus de 20 brigades. En ce sens, il peut être utile d'ouvrir des canaux avec le fils de l'ancien président yéménite, assassiné par les houthis le 4 décembre  2017.

    De plus, Ahmed Ali Abdullah Saleh a une relation très forte avec des hommes d'affaires yéménites.

    * Il peut également être utile d'ouvrir une chaîne avec Tariq Muhammad Abdullah Saleh, qui a créé une organisation politique et joue actuellement un rôle militaire.

    * Il faut essayer de préserver l'accord de Riyad entre la « légitimité » et le Conseil de transition du sud (CTS), qui veut la sécession du sud. Cela est nécessaire pour maintenir contrepoids aux Houthis.

    Le Yémen n'a pas besoin d'un simple accord de cessez-le-feu qui aboutirait sur la levée du blocus imposé par l’Arabie saoudite et permettrait d’alléger la crise humanitaire. Le Yémen a besoin que l'Iran lève la main. Cela n'est pas possible à la lumière de l'équation actuelle. Cela confirme l’importance de la bataille pour Marib et l’importance de ne pas laisser tomber cette province entre les mains des Houthis, c’est-à-dire entre les mains de l’Iran.

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  • Yémen : 40 civils tués lors des combats à Marib en mars, dénonce l'ONU

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    Les Nations Unies ont déclaré que les combats entre les rebelles chiites Houthis et les forces pro-gouvernementales yéménites dans la province centrale de Ma'rib avaient entraîné la mort de 40 civils au cours du seul mois de mars.

    Dans un communiqué publié vendredi 16 avril 2021, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a déclaré avoir enregistré au moins 70 incidents de violence armée, y compris des bombardements, des tirs et des frappes aériennes, qui ont fait des blessés et des morts parmi les civils au cours du premier trimestre de 2021.

    Le HCR et la Commission de l'ONU ont ajouté que les hostilités au cours du seul mois de mars ont coûté la vie à au moins 40 civils, notant que ce nombre est le plus élevé dans la province depuis 2018.

    Parmi les victimes civiles, 13 vivaient dans des campements de fortune pour les familles déplacées, selon le communiqué.

    Le HCR a ajouté que plus de 13600 Yéménites ont été déplacés en raison de l'escalade de la violence à Marib, qui accueillait déjà environ un demi-million de Yéménites déplacés à l'intérieur du pays, ce qui indique qu'environ 80% des nouveaux déplacés sont des femmes et des enfants qui vivent dans une. pauvreté extrême.

    Le HCR a renouvelé son appel, affirmant qu'il "appelle toutes les parties au conflit à prendre des mesures pour protéger les civils et les infrastructures civiles, y compris les sites accueillant les personnes déplacées".

    Depuis février, les Houthis font pression pour le contrôle de la province sous l'emprise du gouvernement internationalement reconnu.

    Et si leur offensive réussissait, cela serait considéré comme une victoire stratégique majeure après près de 7 ans de combats continus et d'impasse sur le champ de bataille.

  • Yémen : Les rebelles chiites houthis attaquent les positions des forces soudanaises dans le Hajjah

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    Vendredi 16 avril, les rebelles chiites Houthis ont publié une vidéo d'une récente attaque de leurs combattants contre les forces soudanaises dans la province de Hajjah, au nord-ouest du Yémen.

    La vidéo de 18 minutes montre des combattants houthis attaquant les forces armées soudanaises à l'ouest de Harad. Les Houthis prennent d'assaut un réseau de positions avancées, de postes de mortier ainsi qu'un petit village occupé par des soldats soudanais.

    L'attaque audacieuse des Houthis a contraint les troupes soudanaises à se retirer de leurs positions sans manifester de réelle résistance. Les combattants  houthis ont utilisé uniquement des fusils d'assaut et des grenades propulsées par roquettes (RPG).

    Au cours de l'attaque, plusieurs soldats soudanais ont été tués. Les Houthis ont également capturé de nombreuses armes, notamment des mitrailleuses lourdes, des lance-grenades, des mortiers, des fusils et des grenades propulsées par roquettes.

    L'armée soudanaise est le deuxième plus grand contributeur à la coalition dirigée par l'Arabie saoudite après l'armée saoudienne elle-même. Plus tôt cette année, les Houthis ont révélé que 4 416 militaires soudanais avaient été tués au Yémen, à ce jour.

    Malgré les lourdes pertes et le coup d'État soudanais de 2011, Khartoum n'a pas encore quitté la coalition dirigée par l'Arabie saoudite. En 2019, un plan de retrait de 10000 soldats soudanais du Yémen avait été annoncé. Cependant, le retrait ne s'est jamais produit.

  • Yémen : Les rebelles yéménites houthis annoncent des attaques à grande échelle dans les profondeurs saoudiennes

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    yahya-saree-768x605.jpegLundi 12 avril 2021, les rebelles chiites yéménites houthis ont annoncé le ciblage de plusieurs sites en Arabie Saoudite, dont une raffinerie d'Aramco, avec 17 drones et deux missiles. L'opération a été baptisée "Trente de Chaaban" (Chaaban est le huitième mois du calendrier musulman).

    Ils ont déclaré dans un communiqué publié par le porte-parole du groupe "Houthi", Yahya Sari (photo ci-contre), que 10 drones "Samad 3" avaient visé les raffineries d'Aramco dans les régions de Djeddah et Jubail.

    Il a souligné que des sites militaires sensibles dans les régions de Khamis Mushait et Jizane avaient été également pris pour cible par 5 drones «Qasef 2K» et deux missiles balistiques de type «Badr 1». 

    Il a souligné que les attaques se sont poursuivies du dimanche soir à l'aube de lundi, ajoutant: "Ils ont atteint leurs objectifs avec succès".

    Il a ajouté: "Les forces armées confirment que leurs opérations se poursuivront et s'intensifiront tant que l'agression et le blocus de notre pays se poursuivra".

    L'Arabie saoudite annonce avoir repoussé l'attaque massive des houthis
    L'Arabie saoudite a déclaré avoir intercepté, dimanche 11 avril, un missile balistique et trois drones piégés à Jizane (sud de l'Arabie saoudite).

    La coalition a déclaré que les tentatives délibérées et systématiques des rebelles yéménites houthis avaient été contrecarrées et repoussées, soulignant qu’elle prenait «les mesures opérationnelles nécessaires pour protéger les civils conformément au droit international humanitaire».

  • Yémen : Soixante-dix morts dans de violents combats autour de Marib

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    De violents combats ont fait 70 morts parmi les forces du gouvernement et les rebelles chiites  houthis qui s'affrontent pour le contrôle de la zone stratégique de Marib, ont indiqué dimanche 11 avril 2021 des sources militaires gouvernementales à l'AFP.

    Les combats entre houthis et forces pro-gouvernementales se sont intensifiés à Marib, dernier bastion gouvernemental dans le Nord largement contrôlé par les rebelles, avec déjà au moins 53 morts dans les deux camps annoncés samedi.

    Au cours des dernières 24 heures, 26 combattants des forces loyalistes et 44 membres des rebelles houthis ont été tués dans les affrontements, selon ces responsables, dans un contexte d'escalade des violences dans le pays en guerre depuis plus de six ans. Les rebelles divulguent, eux, rarement leurs pertes.

    Les houthis tentent depuis février d'arracher cette région pétrolière mais leur offensive reste repoussée par les forces loyalistes aidées par l'aviation d'une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite qui intervient dans le pays depuis 2015. Selon l'un des responsables militaires, les houthis ont été tués et certains de leurs véhicules et équipement détruits par les raids aériens de la coalition. Les combats ont eu lieu sur les fronts de Kassara et de Machjaa, au nord-ouest de Marib, chef-lieu de la région éponyme, ainsi qu'à Jebel Mourad, dans le sud. La bataille de Marib a accentué l'impasse diplomatique et le crise humanitaire au Yémen, la pire au monde selon l'ONU.

    EysJ5_1XMAMCMy5.jpegPar ailleurs, on a appris que la jeune mannequin yéménite Entisar al-Hammadi avait été kidnappée par les rebelles chiites Houthis, dimanche 11 avril 2021, dans la capitale Sanaa. On est sans nouvelles depuis.