Yaqoob Mohammad

  • Afghanistan : Combats dans le Panjshir - l'annonce du gouvernement taliban encore différée

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    Les talibans ont à nouveau différé, samedi 4 septembre 2021,  l'annonce de leur gouvernement dont la composition pourrait donner le ton des années à venir en Afghanistan, où le nouveau régime reste confronté à une poche de résistance armée dans la vallée du Panjshir.

    Querelles entre leaders talibans
    La situation dans le Panchir, l'un des derniers foyers d'opposition armée au nouveau régime, pourrait expliquer le retard pris pour présenter le nouvel exécutif, initialement pressenti pour être dévoilé vendredi. 

    Mais ce n'est pas la principale raison pour expliquer le retard. Le bruit court qu'il y a eu un affrontement violent entre les éléments du groupe de Khalil Haqqani et Ghani Baradar au sujet de la direction du futur gouvernement.
    Des sources fiables rapportent une forte opposition entre Durrani et Ghilji. Le réseau Haqqani, dirigé par Anas Haqqani et Khalil Haqqani à Kaboul, et les mollah Baradar et Mullah Yaqub à Kandahar, se sont affrontés pour savoir qui dirigera le nouveau gouvernement. Aucun progrès n'a été fait jusqu'à présent.

    Bastion antitaliban de longue date, cette vallée, enclavée et difficile d'accès, située à environ 80 kilomètres au nord de la capitale, est le théâtre depuis lundi  de combats entre les forces talibanes et le Front national de résistance (FNR).

    A Kaboul vendredi soir, des rafales ont été tirées pour célébrer une victoire talibane dans le Panjshir que des rumeurs, notamment sur les réseaux sociaux, disaient acquise. Mais les talibans n'ont fait aucune annonce officielle et un habitant du Panchir a affirmé à l'AFP par téléphone que ces annonces étaient fausses.

    "La résistance continue" 
    Réfugié dans la vallée du Panjshir, l'ancien vice-président Amrullah Saleh a évoqué une "situation très difficile" dans un message vidéo diffusé vendredi soir, tout en assurant que la "résistance continu(ait et continue(rait". Selon Ahmad Massoud, qui mène la résistance dans la vallée, les talibans ont "choisi le chemin de la guerre".

    Les affrontements sont particulièrement violents dans les secteurs de khawak et Shutul où les Talibans ont réussi à progresser. A Khawak, les talibans ont répété les erreurs de l'armée nationale afghane qu'ils avaient mise en déroute. Jouant avec leurs nouveaux joujoux, les fabuleux équipements militaires qu'ils ont capturés à l'armée afghane, ils ont voulu les utiliser sans vraiment savoir comment s'y prendre, loin de leurs habitudes de combattants en sandales. A plusieurs occasions, ils se sont enfermés dans leurs Humvee sans sortir, offrant une cible facile à la résistance sur des routes de montagne à peine praticables. Les combattants de la résistance les ont pilonnés, leur ordonnant de se rendre sinon ils allaient mourrir. Les talibans pris au piège ne pouvaient pas compter sur des renforts, eux-mêmes accrochés par les forces de la résistance.

    Au-delà des questions sécuritaires, qu'elles soient liées à la vallée du Panjshir ou à la menace de la branche locale du groupe jihadiste Etat islamique, l'urgence pour le nouveau régime sera avant tout économique. Ravagée par quatre décennies de conflit, l'économie afghane est en lambeaux, privée d'une aide internationale dont elle dépend et qui a été largement gelée. "L'Afghanistan fait face à une catastrophe humanitaire imminente", a prévenu vendredi l'ONU, qui tiendra le 13 septembre à Genève (Suisse) une réunion entre Etats membres afin d'accroître l'aide humanitaire au pays.

    Le Qatar a annoncé de son côté avoir acheminé samedi en Afghanistan 15 tonnes d'aide humanitaire en provenance du monde entier et indiqué que les vols allaient se poursuivre "dans les jours qui viennent". Des "vols internationaux" seront "bientôt opérés", a assuré à la chaîne d'informations Al-Jazeera l'ambassadeur du Qatar en Afghanistan, Saeed bin Mubarak Al-Khayarin. Le radar, la tour de contrôle et le tarmac ont été réparés et la sécurité est assurée dans et autour de l'aéroport de Kaboul, a-t-il ajouté.

  • Afghanistan : Structure de la commission militaire des talibans

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    Le porte-parole des talibans a révélé la structure de la direction militaire qui supervise l'ensemble de la chaîne de commandement militaire jusqu'aux niveaux provincial et de district.

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  • Afghanistan : Remaniement à la tête du mouvement taliban

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    Les Talibans ont confié au fils du fondateur du mouvement la responsabilité de leur branche militaire et ont ajouté plusieurs figures puissantes à leur équipe de négociation. Les changements à la tête de l'équipe dirigeante interviennent avant les pourparlers attendus avec Kaboul visant à mettre fin à des décennies de guerre en Afghanistan. Toutefois, les attaques meurtrières du groupe contre les forces de sécurité n'ont pas diminué, et le groupe s'est engagé à les poursuivre jusqu'à ce que tous ses prisonniers soient libérés, conformément à un accord signé avec les États-Unis en février.
    À la suite des changements de direction, le mollah Mohammad Yaqoob, 30 ans, a été nommé à la tête d'une nouvelle aile militaire unifiée. Tout aussi important est l'ajout de quatre membres du conseil de direction du groupe insurgé à l'équipe de négociation de 20 membres, ont déclaré des responsables talibans à l'Associated Press.
    Le remaniement, supervisé par le chef des talibans, le mollah Hibatullah Akhunzada, vise à renforcer son contrôle sur les branches militaires et politiques du mouvement, ont déclaré les responsables sous couvert d'anonymat car ils n'étaient pas autorisés à dévoiler les rouages internes des talibans.
    L'équipe de négociation nouvellement renforcée comprend Abdul Hakeem, le juge en chef des talibans et confident d'Akhunzada, ainsi que Maulvi Saqib, qui était juge en chef sous le régime des talibans.
    Les changements de direction ont également mis sur la touche le haut dirigeant des talibans, Amir Khan Muttaqi, en le retirant du comité de négociation. Considéré comme proche du Pakistan voisin, son retrait a été interprété comme une tentative de limiter l'influence du Pakistan et de renforcer leur position auprès de Kaboul, qui se méfie profondément d'Islamabad.