Yaqoob Mohammad

  • Turkménistan : affrontements entre gardes-frontières turkmènes et forces talibanes

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    Mardi 4 janvier 2022, des affrontements ont été signalés entre des gardes-frontières turkmènes et des talibans le long de la frontière afghane. La nouvelle a été rapportée ce mardi 4 janvier par l'agence de presse indépendante RFE/RL, citant des « reportages des médias locaux ». Les affrontements auraient eu lieu dans la province afghane de Jawzjan le matin du 3 janvier, bien que les détails sur la façon dont ils ont commencé et comment ils se sont déroulés restent flous. Helal Balkhi, chef du département provincial d'information des talibans, a déclaré au site d'information afghan Hasht-e Subh que les gardes-frontières turkmènes avaient tué un civil et blessé d'autres trois jours plus tôt. Balkhi a ensuite expliqué que les forces talibanes se seraient rendues sur place le 3 janvier pour enquêter sur ce qui s'était passé. Cependant, les gardes-frontières turkmènes auraient ouvert le feu sur les autorités talibanes, a poursuivi le ministre, ajoutant que les forces talibanes ont riposté. Pour le moment, comme le rapporte RFE/RL, aucune victime n'a été signalée. De plus, le Turkménistan n'a pas fait de commentaires sur ces développements.

    Dans ce contexte, il importe d'approfondir les relations entre les talibans et le Turkménistan, puisque les premiers ont proclamé la renaissance de l'Émirat islamique le 15 août 2021, après avoir pris la capitale afghane, Kaboul. Selon un rapport d' Eurasianet , les autorités turkmènes ont accepté assez "rapidement" le nouvel exécutif dirigé par les talibans. Cela a été confirmé par les événements du 18 août 2021, trois jours après la capitulation de Kaboul. A cette occasion, le consul turkmène à Mazar-i-Sharif, l'une des dernières villes encore aux mains du gouvernement afghan, avait rencontré le chef de la province de Balkh, récemment nommé par les talibans. Les analystes du journal ont déclaré que le plus "surprenant" n'est pas que la rencontre ait eu lieu, "mais à quel point l'échange a été chaleureux et convivial". Suite à l'accord bilatéral, le ministère turkmène des Affaires étrangères avait qualifié le sommet de "positif et constructif", soulignant le "caractère fraternel" des relations entre les deux pays. Le même 18 août, la ville afghane d'Herat, située près de la frontière avec le Turkménistan, avait accueilli un sommet entre des diplomates turkmènes et des responsables du bureau de représentation des talibans.

    Les questions énergétiques jouent un rôle clé dans les relations entre les talibans et le Turkménistan, où l'économie de ce dernier repose principalement sur l'industrie gazière. A cet égard, les 30 et 31 octobre, une délégation turkmène, conduite par le vice-président du cabinet des ministres, Rashid Meredov, ainsi que le ministre des Affaires étrangères du pays, s'est rendue à Kaboul pour s'entretenir avec une délégation des talibans. Parmi les questions abordées, les parties ont discuté du gazoduc Turkménistan-Afghanistan-Inde-Pakistan (TAPI), un projet qu'Achgabat tente de lancer depuis des décennies. . Le ministère turkmène des Affaires étrangères a précisé qu'au cours des négociations, les talibans ont donné leur feu vert à TAPI, aux lignes de transport d'électricité à haute tension, appelées Turkménistan-Afghanistan-Pakistan (TAP), et enfin aux réseaux ferroviaires reliant le Turkménistan à de nombreuses provinces afghanes. Le ministre de la Défense des talibans, le mollah Mohammad Yaqoob, s'est engagé à assurer la sécurité des projets d'infrastructure,

     Dans ce contexte, il est important de rappeler que, dès  février 2021 , les talibans avaient fait de telles promesses au Turkménistan, lorsqu'une délégation de l'Émirat islamique s'était rendue à Achgabat. De même, des engagements similaires ont été pris en 2018, lorsque les représentants du Turkménistan, de l'Afghanistan, du Pakistan et de l'Inde s'étaient réunis à Hérat pour célébrer « le début des travaux dans la section afghane du gazoduc TAPI ».

    Le gazoduc TAPI, d'une valeur de 10 milliards de dollars, est conçu pour transporter 33 milliards de mètres cubes de gaz du Turkménistan vers l'Asie du Sud via un gazoduc de 1 800 kilomètres traversant l'Afghanistan. La construction est estimée à deux ans, bien qu'il ne soit pas encore clair quand les travaux sur le projet ont réellement commencé sur une base continue. Dans le détail, un tronçon de 700 km de gazoduc doit être construit dans la zone afghane, où il traversera les villes d'Herat et de Kandahar, amenant plus de 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel du champ turkmène de Galkynysh au Pakistan, via les villes de Quetta et Multa, et l'Inde, où il atteindra la ville de Fazilka. La construction du tronçon turkmène du gazoduc TAPI a débuté, à titre indicatif, en décembre 2015.
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  • Afghanistan : Attaque suicide contre l'hôpital militaire de Kaboul, au moins 23 morts

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    Au moins 23 personnes ont été tuées et 50 autres blessées, mardi 2 novembre 2021, dans une attaque suicide contre l'hôpital militaire national de Kaboul, dans un contexte de violence croissante en Afghanistan entre les talibans au pouvoir et l'Etat islamique-Khorasan. L'assaut, mené par un kamikaze et d'autres assaillants s'est achevé par la mort de ces derniers, tués par des talibans, a précisé dans l'après-midi à l'AFP un responsable au sein du gouvernement taliban.

    L'attaque, qui a visé l'hôpital Sardar Mohammad Dawood Khan, le plus grand hôpital militaire du pays, n'a pas été immédiatement revendiquée.

    C'est dans cet hôpital que le ministre taliban de la Défense Mohammed Yaqoub, fils du fondateur des talibans, le mollah Omar, avait fait sa première apparition publique mercredi dernier, pour demander notamment aux hommes d'affaires afghans d'investir dans les hôpitaux.

    "L'attaque a été menée par un kamikaze à moto qui s'est fait exploser à l'entrée de l'hôpital", a précisé un responsable taliban, qui a également évoqué une seconde explosion. Plusieurs autres assaillants ont ensuite réussi à entrer dans l'hôpital, où ils ont fini par être abattus par des talibans arrivés sur place, a-t-il précisé peu avant 16h30 locales (12h GMT), trois heures et demi après l'explosion du kamikaze, entendue dans plusieurs quartiers de la ville. Dans l'hôpital, qui peut accueillir jusqu'à 400 patients, le personnel s'est réfugié dans une pièce de sécurité, selon une source médicale.

    Le ministre taliban de la Défense Maulvi Yaqub Akhand a confirmé la mort dans l'attaque de l'hôpital de Qari Hamdullah Mukhlis, qui était également le commandant du Corps central des talibans. Il est également connu comme le conquérant du palais présidentiel. 
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    Suite à cette attaque contre l'hôpital militaire, les talibans ont arrêté deux hommes soupçonnés d'être impliqués dans l'action terroriste.
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    Série sanglante 
    "Je peux encore entendre des coups de feu dans l'immeuble", avait ajouté cette source, qui craignait que les assaillants n'aillent "de chambre en chambre" pour tuer plus de gens, "comme ce fut le cas la première fois où l'hôpital a été attaqué".
    Il avait déjà été visé en mars 2017 par des assaillants habillés en personnel médical. Cette fusillade sanglante de 6 heures à l'intérieur du bâtiment, revendiquée par l'Etat islamique, avait fait 50 morts selon le bilan officiel, plus du double selon des sources sécuritaires.

    Dans le centre-ville de Kaboul, des journalistes de l'AFP ont vu des combattants talibans se précipiter sur les lieux à bord d'au moins deux véhicules blindés de transport de troupes et des camionnettes. Des sirènes ont aussi été entendues dans les rues et des ambulances vues se dirigeant à toute vitesse vers le lieu des explosions.

    Depuis leur arrivée au pouvoir le 15 août 2021, les talibans, qui font du retour de la sécurité dans le pays leur priorité après 20 ans de guerre, sont confrontés à une vague d'attentats sanglants menés par le groupe État islamique. Sa branche locale, l'Etat islamique-Khorasan (EI-K), principal adversaire du mouvement islamique au pouvoir, a ciblé ces dernières semaines aussi bien les talibans que la minorité chiite afghane.

    Ces derniers jours, une série de meurtres, présentés par la presse locale comme des représailles entre talibans et membres de l'EI-K, ont été observés, en particulier dans la province du Nangarhar, située à l'est de Kaboul et connue pour être un fief de l'EI-K.

    La dernière attaque dans la capitale afghane remonte au 3 octobre 2021. Au moins cinq personnes avaient été tuées dans une explosion survenue près de la mosquée Id Gah à Kaboul, dans une attaque revendiquée par l'Etat islamique. 

    Le groupe Etat islamique revendique l'attaque contre l'hôpital militaire de Kaboul
    Dans un communiqué diffusé sur les chaînes Telegram de l'organisation jihadiste, l'EI-K, le rival et principal adversaire des talibans, affirme que "cinq combattants de l'EI ont mené des attaques simultanées et coordonnées" sur le site. Un jihadiste a activé une ceinture explosive à l'entrée de l'hôpital avant que d'autres n'entrent dans le bâtiment et n'ouvrent le feu, ajoute le groupe.
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  • Afghanistan : Combats dans le Panjshir - l'annonce du gouvernement taliban encore différée

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    Les talibans ont à nouveau différé, samedi 4 septembre 2021,  l'annonce de leur gouvernement dont la composition pourrait donner le ton des années à venir en Afghanistan, où le nouveau régime reste confronté à une poche de résistance armée dans la vallée du Panjshir.

    Querelles entre leaders talibans
    La situation dans le Panchir, l'un des derniers foyers d'opposition armée au nouveau régime, pourrait expliquer le retard pris pour présenter le nouvel exécutif, initialement pressenti pour être dévoilé vendredi. 

    Mais ce n'est pas la principale raison pour expliquer le retard. Le bruit court qu'il y a eu un affrontement violent entre les éléments du groupe de Khalil Haqqani et Ghani Baradar au sujet de la direction du futur gouvernement.
    Des sources fiables rapportent une forte opposition entre Durrani et Ghilji. Le réseau Haqqani, dirigé par Anas Haqqani et Khalil Haqqani à Kaboul, et les mollah Baradar et Mullah Yaqub à Kandahar, se sont affrontés pour savoir qui dirigera le nouveau gouvernement. Aucun progrès n'a été fait jusqu'à présent.

    Bastion antitaliban de longue date, cette vallée, enclavée et difficile d'accès, située à environ 80 kilomètres au nord de la capitale, est le théâtre depuis lundi  de combats entre les forces talibanes et le Front national de résistance (FNR).

    A Kaboul vendredi soir, des rafales ont été tirées pour célébrer une victoire talibane dans le Panjshir que des rumeurs, notamment sur les réseaux sociaux, disaient acquise. Mais les talibans n'ont fait aucune annonce officielle et un habitant du Panchir a affirmé à l'AFP par téléphone que ces annonces étaient fausses.

    "La résistance continue" 
    Réfugié dans la vallée du Panjshir, l'ancien vice-président Amrullah Saleh a évoqué une "situation très difficile" dans un message vidéo diffusé vendredi soir, tout en assurant que la "résistance continu(ait et continue(rait". Selon Ahmad Massoud, qui mène la résistance dans la vallée, les talibans ont "choisi le chemin de la guerre".

    Les affrontements sont particulièrement violents dans les secteurs de khawak et Shutul où les Talibans ont réussi à progresser. A Khawak, les talibans ont répété les erreurs de l'armée nationale afghane qu'ils avaient mise en déroute. Jouant avec leurs nouveaux joujoux, les fabuleux équipements militaires qu'ils ont capturés à l'armée afghane, ils ont voulu les utiliser sans vraiment savoir comment s'y prendre, loin de leurs habitudes de combattants en sandales. A plusieurs occasions, ils se sont enfermés dans leurs Humvee sans sortir, offrant une cible facile à la résistance sur des routes de montagne à peine praticables. Les combattants de la résistance les ont pilonnés, leur ordonnant de se rendre sinon ils allaient mourrir. Les talibans pris au piège ne pouvaient pas compter sur des renforts, eux-mêmes accrochés par les forces de la résistance.

    Au-delà des questions sécuritaires, qu'elles soient liées à la vallée du Panjshir ou à la menace de la branche locale du groupe jihadiste Etat islamique, l'urgence pour le nouveau régime sera avant tout économique. Ravagée par quatre décennies de conflit, l'économie afghane est en lambeaux, privée d'une aide internationale dont elle dépend et qui a été largement gelée. "L'Afghanistan fait face à une catastrophe humanitaire imminente", a prévenu vendredi l'ONU, qui tiendra le 13 septembre à Genève (Suisse) une réunion entre Etats membres afin d'accroître l'aide humanitaire au pays.

    Le Qatar a annoncé de son côté avoir acheminé samedi en Afghanistan 15 tonnes d'aide humanitaire en provenance du monde entier et indiqué que les vols allaient se poursuivre "dans les jours qui viennent". Des "vols internationaux" seront "bientôt opérés", a assuré à la chaîne d'informations Al-Jazeera l'ambassadeur du Qatar en Afghanistan, Saeed bin Mubarak Al-Khayarin. Le radar, la tour de contrôle et le tarmac ont été réparés et la sécurité est assurée dans et autour de l'aéroport de Kaboul, a-t-il ajouté.

  • Afghanistan : Structure de la commission militaire des talibans

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    Le porte-parole des talibans a révélé la structure de la direction militaire qui supervise l'ensemble de la chaîne de commandement militaire jusqu'aux niveaux provincial et de district.

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  • Afghanistan : Remaniement à la tête du mouvement taliban

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    Les Talibans ont confié au fils du fondateur du mouvement la responsabilité de leur branche militaire et ont ajouté plusieurs figures puissantes à leur équipe de négociation. Les changements à la tête de l'équipe dirigeante interviennent avant les pourparlers attendus avec Kaboul visant à mettre fin à des décennies de guerre en Afghanistan. Toutefois, les attaques meurtrières du groupe contre les forces de sécurité n'ont pas diminué, et le groupe s'est engagé à les poursuivre jusqu'à ce que tous ses prisonniers soient libérés, conformément à un accord signé avec les États-Unis en février.
    À la suite des changements de direction, le mollah Mohammad Yaqoob, 30 ans, a été nommé à la tête d'une nouvelle aile militaire unifiée. Tout aussi important est l'ajout de quatre membres du conseil de direction du groupe insurgé à l'équipe de négociation de 20 membres, ont déclaré des responsables talibans à l'Associated Press.
    Le remaniement, supervisé par le chef des talibans, le mollah Hibatullah Akhunzada, vise à renforcer son contrôle sur les branches militaires et politiques du mouvement, ont déclaré les responsables sous couvert d'anonymat car ils n'étaient pas autorisés à dévoiler les rouages internes des talibans.
    L'équipe de négociation nouvellement renforcée comprend Abdul Hakeem, le juge en chef des talibans et confident d'Akhunzada, ainsi que Maulvi Saqib, qui était juge en chef sous le régime des talibans.
    Les changements de direction ont également mis sur la touche le haut dirigeant des talibans, Amir Khan Muttaqi, en le retirant du comité de négociation. Considéré comme proche du Pakistan voisin, son retrait a été interprété comme une tentative de limiter l'influence du Pakistan et de renforcer leur position auprès de Kaboul, qui se méfie profondément d'Islamabad.