Winterthur

  • Suisse : Les 2 Suisses arrêtés impliqués dans des procédures liées au terrorisme

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    Les deux Suisses de 18 et 24 ans arrêtés près de Zurich après l'attentat de Vienne étaient connus des autorités suisses dans le cadre de procédures pénales liées au terrorisme, ont-elles indiqué mercredi.

    Ces procédures ont été engagées par le Ministère public de la Confédération (MPC) "en 2018 et 2019 dans le domaine du terrorisme et sont actuellement toujours en cours", a-t-il indiqué dans un communiqué, précisant que le plus âgé est accusé dans l'une de ces procédures. Quant au plus jeune, "il est accusé dans le cadre d'une procédure pénale du tribunal des mineurs de Winterthur", a précisé le parquet.

    La justice zurichoise a confirmé à l'AFP que le jeune de 18 ans, actuellement "en détention", était connu du parquet de Winterthur, qui "s'occupe du phénomène de la radicalisation depuis plusieurs années". L'enquête pénale qui le visait avant l'attentat de Vienne portait notamment sur des soupçons de violation de l'article 2 de la loi fédérale sur l'interdiction des groupes "Al-Qaida" et "Etat islamique" et des organisations qui leur sont associées. Le parquet fédéral suisse a confirmé que l'auteur de l'attaque qui a fait quatre morts lundi soir à Vienne et les deux hommes arrêtés en Suisse "se connaissaient". Les autorités helvétiques travaillent actuellement en étroite collaboration avec les autorités autrichiennes pour clarifier les liens entre les trois hommes.

    Winterthur - foyer de l'islamisme
    Winterthur a déjà défrayé la chronique de l'islamisme radical. En 2017, l'imam éthiopien de la mosquée An'Nur avait été inculpé pour avoir appelé au meurtre de musulmans non pratiquants. Et en septembre, le Tribunal pénal fédéral a condamné à quatre ans et un mois de prison ferme un partisan de l'Etat islamique d'une trentaine d'années, surnommé dans les médias l'"émir de Winterthur" en raison de sa personnalité influente dans les cercles islamistes de cette localité située près de Zurich.

    Qualifié de "figure de proue salafiste en Suisse" par le MPC, l'homme, double national suisse et italien, recrutait des jeunes gens afin de les envoyer en Syrie pour le compte de l'Etat islamique. La procédure à son encontre a été ouverte en février 2015.

    Environ 70 procédures pénales sont en cours au MPC dans le domaine du terrorisme à motivation jihadiste. Elles sont principalement menées pour des soupçons de propagande ou de recrutement pour des organisations terroristes, de financement de ces organisations et contre les voyageurs du jihad, y compris ceux que l'on appelle les voyageurs du retour.