Widodo Joko (président)

  • Indonésie : Pour le président Joko Widodo, les propos de Macron "insultent" l'islam

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    Le président indonésien Joko Widodo, à la tête du plus grand pays musulman du monde, a "fermement condamné" samedi les propos de son homologue français Emmanuel Macron défendant le droit de publier les caricatures du prophète Mahomet, jugeant que ses déclarations avaient "insulté l'islam".

    M. Widodo s'est également élevé contre la liberté d'expression quand elle "blesse l'honneur, la pureté, et le caractère sacré des valeurs et symboles religieux". La France a été le théâtre de récentes attaques meurtrières menées par des islamistes, dont la dernière jeudi dans une église à Nice (sud-est) où un homme a tué trois personnes.

    M. Macron a défendu les caricatures du prophète de l'islam dans le cadre de la liberté d'expression à la suite de la décapitation près de Paris, par un jeune Tchétchène, d'un enseignant qui avait montré à sa classe de tels dessins. Ces propos ont provoqué des manifestations dans plusieurs pays arabes et musulmans, où ont également été lancés des appels au boycott des produits français et où des effigies du président français ont été brûlées.

    "Tout d'abord, l'Indonésie condamne fermement les violences à Paris et à Nice", a déclaré samedi M. Widodo. "Deuxièmement, l'Indonésie condamne aussi fermement les propos du président français qui ont insulté l'islam, blessé les musulmans à travers le monde et pourrait défaire l'unité des croyants (...) juste au moment où le monde a besoin d'unité pour faire face à la pandémie de Covid-19", a-t-il ajouté, dans une déclaration retransmise en direct.

    "La liberté d'expression qui blesse l'honneur, la pureté et le caractère sacré des valeurs et symboles religieux ne peut se justifier, et doit être arrêtée", a dit le président indonésien. "Le terrorisme n'a rien à voir avec la religion", a-t-il encore assuré.
    Cette semaine, le ministère indonésien des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur de France au sujet des déclarations du président Macron, alors que des manifestations ont eu lieu dans plusieurs grandes villes du pays.