Vladimir Poutine

  • Russie : Poutine approuve le lancement d'une base navale au Soudan

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    Le président Vladimir Poutine a approuvé, lundi 16 novembre , la création d'une installation navale russe au Soudan pour permettre l'accostage des navires de surface à propulsion nucléaire, ouvrant la voie au premier pied militaire substantiel de Moscou sur le continent africain depuis la chute de l'Union soviétique. Poutine a chargé le ministère de la Défense de signer l'accord avec Khartoum, visant à créer un centre logistique pour la marine russe. Le décret a été publié sur le portail officiel des informations réglementaires.

    D'après les renseignements donnés par le document, préalablement soumis à l'approbation du Premier ministre russe, Mikhail Mishustin, la base aura des fonctions de réparation et de ravitaillement. La nouvelle structure, destinée à être construite à proximité de Port-Soudan, pourra accueillir jusqu'à 300 soldats et civils, mais seuls quatre navires russes pourront stationner à la base en même temps. Ce dernier, selon les plans de Moscou, servira principalement à améliorer les capacités d'opération dans l'océan Indien et étendra l'influence de la Russie sur le continent.

    Dans un décret publié lundi, Poutine a déclaré avoir approuvé une proposition du gouvernement russe de créer un centre de logistique navale au Soudan et a ordonné au ministère de la Défense de signer un accord pour y parvenir. Un projet de document relatif à la question, qui parlait d'une installation capable d'accoster pas plus de quatre navires en même temps, a été rendu public début novembre par le gouvernement de Moscou. La base serait utilisée pour les opérations de réparation et de ravitaillement en carburant et comme lieu où le personnel naval russe serait stationné.

    Le terrain sur lequel sera construite la base sera fourni par le Soudan et Moscou aura le droit de transporter toutes les armes, munitions et autres équipements dont il aura besoin via les aéroports et les ports soudanais pour soutenir le projet. La Russie dispose déjà d'une installation navale similaire dans le port de Tartous, en Syrie, où elle exploite également une base aérienne.

    L'année dernière, Poutine a organisé un sommet Russie-Afrique à Sotchi entre le 23 et le 24 octobre pour accroître l'influence russe en Afrique. A cette occasion, deux bombardiers russes dotés de capacités nucléaires, ont été remis à l'Afrique du Sud en signe d'intention. Moscou souhaite accroître son influence en Afrique, un continent avec de vastes richesses minérales et des marchés potentiellement très lucratifs pour les armes russes.

    En Afrique, la Russie est en concurrence avec d'autres nations, y compris la Chine. Djibouti, par exemple, abrite des bases navales chinoises, américaines et françaises, et plusieurs autres marines utilisent souvent son port. S'exprimant devant les chefs d'État africains, réunis à Sotchi pour participer à la réunion, Poutine a déclaré que la Russie avait l'intention de doubler ses échanges avec les pays du continent africain dans les 4 ou 5 prochaines années. Le président a ensuite souligné que Moscou avait annulé des dettes africaines d'une valeur de plus de 20 milliards de dollars.

    L'agence de presse d'État russe TASS a prédit que la nouvelle installation facilitera les opérations de la marine russe dans l'océan Indien en s'appuyant sur des équipages de remplacement pour ses navires à longue portée. Il a également émis l'hypothèse que le pays renforcera son nouvel avant-poste africain avec des systèmes de missiles sol-air avancés, lui permettant de créer une zone d'exclusion aérienne sur de nombreux kilomètres à la ronde. «Notre base au Soudan sera une autre occasion pour nous d'écouter et de capter l'attention», lit-on dans un article de TASS sur la nouvelle structure.

    Bien que Moscou connaisse un succès considérable dans la vente d'armes aux pays africains, elle est encore loin derrière d'autres concurrents internationaux en termes commerciaux. La Russie affirme que son commerce avec les pays africains est passé à 20 milliards de dollars en 2018, mais la Russie ne fait toujours pas partie des 5 principaux partenaires commerciaux du continent. Il s’agirait, dans l’ordre, de l’Union européenne, de la Chine, de l’Inde, des États-Unis et des Émirats arabes unis.

    Les responsables américains ont déjà promis de contrer ce qu'ils considèrent comme une influence politique et économique dangereuse de Moscou dans les affaires africaines, à égalité avec celle déjà exercée par la Chine, qui est depuis longtemps très présente sur le continent et organise des sommets bilatéraux depuis 2006. . En décembre 2018, le conseiller américain à la sécurité nationale, John Bolton, avait accusé Moscou de pratiques commerciales «corrompues» et «prédatrices» et de vente d'armes et d'énergie en échange de votes aux Nations Unies. Moscou a réfuté les accusations de Washington.

  • Nagorny-Karabakh : un accord de fin des hostilités entre Arménie et Azerbaïdjan signifie la capitulation de l'Arménie

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    Quelques heures après la destruction d'un hélicoptère russe par un missile sol-air azerbaïdjanais, Moscou a sifflé la fin de la partie.

    L'Azerbaïdjan et l'Arménie ont signé sous l'injonction de la Russie un accord de fin des hostilités dans le conflit du Nagorny Karabakh. Cet accord consacre la victoire militaire azerbaïdjanaise après six semaines de combats meurtriers.

    L'accord a été signé par le président azerbaïdjanais Ilham Aliev et le Premier ministre arménien Nikol Pachinian ainsi que le président russe Vladimir Poutine.

    Près de 2.000 soldats russes vont être déployés dans les heures ou jours à venir le long des lignes de front et le long du corridor de Lachin, les belligérants étant appelés à ne plus faire mouvement et à rester sur les positions qu'ils occupaient lundi 9 novembre à 21H00 GMT, heure d'entrée en vigueur du cessez-le-feu, consacrant des gains de territoires importants de l'Azerbaïdjan.

    Sur sa page Facebook, le Premier ministre arménien a écrit que la signature de l'accord avait été "incroyablement douloureuse", mais que la décision s'imposait "après une analyse en profondeur de la situation militaire".

    Le président azerbaïdjanais a lui proclamé à la télévision la "capitulation" de son ennemi, même s'il ne reconquiert pas tout le Nagorny Karabakh. "J'avais dit qu'on chasserait (les Arméniens) de nos terres comme des chiens, et nous l'avons fait", a-t-il martelé.

    Selon M. Aliev, l'Azerbaïdjan reprend le contrôle de districts autour du Nagorny Karabakh, sorte de glacis de sécurité constitué par les Arméniens autour de la république autoproclamée depuis 30 ans. Bakou a aussi conquis des territoires de la province séparatiste à proprement parler. Les terres encore sous contrôle arménien le restent, et un corridor les reliera à l'Arménie, selon M. Poutine.

    Manifestations de colère en Arménie
    L'annonce de l'accord a entraîné des manifestations de colère en Arménie. Peu après l'annonce de l'accord, une foule de milliers de manifestants en colère s'est rassemblée dans la nuit aux abords du siège du gouvernement arménien aux cris de "traîtres" et "démission" à l'adresse de M. Pachinian.. Des centaines d'entre eux ont pénétré dans les locaux, brisant des vitres et saccageant des bureaux, notamment une salle de conseil des ministres, selon un journaliste de l'AFP présent sur place. Le siège du Parlement a subi le même sort.

    Le président du Parlement a même été sorti de sa voiture et lynché par la foule. Blessé, il a dû être hospitalisé.

    Une défaite militaire au Nagorny Karabakh a de quoi menacer l'avenir du Premier ministre, porté au pouvoir par une révolte populaire en 2018. Avant même l'annonce de l'accord, 17 partis d'opposition avaient réclamé sa démission. L'intéressé a lui démenti des rumeurs de fuite du pays: "Je suis en Arménie et continue de faire mon travail", a-t-il dit sur Facebook.

    Déploiement de l'armée russe
    Les premiers avions Iliouchine 76, transportant les forces russes ont décollé de Russie, pour se rendre au Karabakh, selon le ministère russe de la Défense.

    Le président russe a souhaité que cet accord puisse mener "à la création des conditions nécessaires pour un règlement durable" du conflit.

    Peuplé aujourd'hui quasi-exclusivement d'Arméniens à la suite de la guerre des années 1990, le Nagorny Karabakh était rattaché à l'Azerbaïdjan à l'époque soviétique mais est considéré par les deux pays comme une partie intégrante de leurs histoires et héritages respectifs.

    La prise de la ville de Choucha a signifié la défaite des forces arméniennes du Haut Karabakh
    L'accord de fin des hostilités intervient après que les forces azerbaïdjanaises ont annoncé dimanche la prise de Choucha, ville stratégique est située à 15 kilomètre de la capitale séparatiste Stepanakert et sur l'artère vitale reliant la république autoproclamée à son parrain arménien. La chute de cette localité était considérée comme un tournant de la guerre. Lundi, l'Arménie disait que les combats s'y poursuivaient encore.

    Le conflit a fait au moins 1.300 morts depuis le 27 septembre, selon des bilans très partiels. Il pourrait en réalité y avoir des milliers de morts de chaque côté.

    Depuis des semaines, la Russie et d'autres puissances tentaient d'obtenir un cessez-le-feu, mais trois tentatives ont échoué. La Russie est la puissance régionale dans le Caucase du Sud. Elle est une alliée militaire de l'Arménie mais a aussi de bonnes relations avec l'Azerbaïdjan, deux ex-républiques d'URSS.

    L'Azerbaïdjan a lui le soutien de l'autre puissance de la région, la Turquie qui a notamment été accusée d'envoyer des mercenaires pro-turcs de Syrie se battre en soutien à Bakou. Si Moscou et Ankara sont rivaux, les présidents Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan entretiennent néanmoins une relation pragmatique.

  • Turquie : Erdogan s'en prend à Moscou et menace une nouvelle opération en Syrie

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    Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a menacé de lancer une nouvelle opération militaire dans le nord de la Syrie si les groupes kurdes ne se retirent pas des zones frontalières de la Turquie.

    Erdogan a prononcé ces menaces le 28 octobre , lors d'un discours au Parlement, lors d'une réunion de son Parti de la justice et du développement. Le chef de l'Etat a tout d'abord condamné le rôle de la Russie sur le théâtre syrien et les opérations qu'elle a menées, avec une référence particulière à l'attaque du 26 octobre , au cours de laquelle plus de 78 rebelles appartenant à des groupes armés pro-turcs ont perdu la vie, dans la province d'Edleb, au nord-ouest de la Syrie. Selon Erdogan, Moscou ne veut pas d'une «paix durable» et le fait qu'elle ait frappé un centre de formation de l'Armée Nationale Syrienne à Edleb est une indication de son manque de soutien à la paix et à la stabilité dans la région.

    Se référant alors aux groupes kurdes, à nouveau définis comme des «terroristes», Erdogan a déclaré que la Turquie a le droit d'agir dans le cas où ils ne seraient pas écartés des frontières syro-turques comme promis précédemment. Ankara, en particulier, "est capable de nettoyer toute la Syrie des organisations terroristes si nécessaire", et tous ceux qui ne combattent pas Daech doivent cesser ce qu'on peut appeler une "comédie" . Selon le président turc, il y a des pays qui justifient leur présence en Syrie dans le cadre de la lutte contre l'État islamique, mais, en réalité, c'est un simple prétexte. La Turquie, a déclaré Erdogan, est le seul pays qui s'engage à contrer l'organisation terroriste. Last but not least, selon le chef de l'Etat turc, «l'entité» que Washington tente d'établir le long de la frontière irako-syrienne est un signe avant-coureur de nouveaux conflits, de douleurs et de tragédies. Dans ce contexte, a-t-il souligné, c'est le peuple syrien qui paie de son sang "le prix des jeux stratégiques du régime et des organisations terroristes qui viennent de l'extérieur de la région".

    Le 5 mars 2020, le président russe, Vladimir Poutine, et son homologue turc, Erdogan, avaient convenu d'une trêve dans la région d'Edleb. Le but était d'éviter un bain de sang et de favoriser le retour des personnes déplacées. Un autre point de l'accord prévoyait l'organisation d'opérations de patrouilles conjointes entre Moscou et Ankara, à effectuer principalement sur l'autoroute M4, à environ 30 km de la frontière sud de la Turquie.

    De son côté, la Turquie, qui soutient des groupes rebelles syriens, a établit une soixantaine de postes militaires dans le nord de la Syrie, répartis dans les provinces d'Edle, d'Alep, de Hama et de Lattaquié. Quinze postes ont été établis dans des zones qui sont tombées sous le contrôle des forces fidèles au président syrien, Bashar al-Assad. C'est pourquoi le président turc Erdogan a, à plusieurs reprises, exhorté l'armée syrienne à reculer et à abandonner les zones qu'elle a occupées depuis avril 2019, menaçant une intervention de ses forces.

    Dans le même temps, Erdogan s'oppose à la présence de groupes kurdes, avec une référence particulière aux Forces Démocratiques Syriennes (FDS), dans une vaste zone qui s'étend sur 480 km de l'Euphrate à la frontière avec l'Irak. Pour cette raison, Ankara a mené plusieurs opérations dans la région du nord de la Syrie. Le but était d'expulser ces groupes de cette région. La dernière, "Source of Paix", remonte au 9 octobre 2019 et a commencé un jour après le retrait des troupes américaines de la région. Les combats ont duré jusqu'au 22 octobre de la même année, date à laquelle Erdogan et son homologue russe Vladimir Poutine sont parvenus à un accord à Sotchi, dans le sud de la Russie. Les deux parties ont convenu de la nécessité de repousser les forces kurdes de la "zone de sécurité" à la frontière entre la Syrie et la Turquie, sur une profondeur d'environ 30 km et une longueur de 120 km.

    Les Forces Démocratiques Syriennes sont une alliance multi-ethnique et multi-religieuse, composée de Kurdes, d'Arabes, de Turkmènes, d'Arméniens et de Tchétchènes. La principale branche armée, ainsi que la force prépondérante, est représentée par les Unités de protection du peuple kurde (YPG). Depuis leur formation le 10 octobre 2015, les FDS ont joué un rôle fondamental dans la lutte contre l'État islamique en Syrie, contribuant à la libération progressive des bastions occupés par les jihadistes. Leurs opérations étaient principalement soutenues par la coalitions internationale dirigée par les États-Unis, qui fournit des armes et une couverture aérienne.

  • Arménie et Azerbaïdjan négocient à Moscou mais les combats continuent

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    La rencontre des chefs des diplomaties arménienne et azerbaïdjanaise sous l'égide de leur homologue russe a commencé vendredi à Moscou dans l'espoir de mettre fin au conflit qui oppose leurs pays dans sur la région séparatiste du Nagorny Karabakh, où d'intenses combats persistent.

    Dans des allocutions ayant précédé la rencontre, les dirigeants de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie se sont exprimés, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian se disant "prêt" à reprendre le processus de paix avec Bakou.

    "Nous donnons une chance à l'Arménie de régler le conflit pacifiquement. C'est sa dernière chance", a pour sa part menacé le président azerbaïdjanais Ilham Aliev, dans un discours télévisé. "Nous retournerons de toute façon sur nos terres. C'est leur chance historique", a-t-il affirmé, parlant des Arméniens, avant de lancer "personne ne peut résister au soldat azerbaïdjanais !"

    Jusqu'alors sourds aux appels à la trêve de la communauté internationale, l'Azerbaïdjan et l'Arménie ont envoyé leurs ministres des Affaires étrangères dans la capitale russe pour des négociations, le premier espoir d'un arrêt des hostilités depuis leur reprise, le 27 septembre.

    "On s'oriente vers une trêve ce soir ou demain mais c'est encore fragile", a déclaré la présidence française à l'issue d'échanges téléphoniques d'Emmanuel Macron avec Nikol Pachinian et Ilham Aliev.

    En amont des pourparlers à Moscou, le Premier ministre russe Mikhaïl Michoustine a rencontré son homologue arménien à Erevan vendredi.

    Poursuite des combats
    Après une première nuit et une première matinée relativement calmes, de nouvelles salves de roquettes et de nouvelles explosions ont été entendues à Stepanakert par un journaliste de l'AFP sur place. Une des roquettes est tombée à quelques mètres du cimetière des anciens combattants. Bakou et Erevan ont souligné que la situation restait tendue sur le front, les deux adversaires se targuant d'infliger des revers à l'autre.

    "Nous sommes prêts pour la reprise du processus de paix en lien avec les récentes déclarations des présidents et ministres des Affaires étrangères du groupe de Minsk", du nom donné aux groupe de trois Etats faisant office de médiateurs (Russie, Etats-Unis et France) dans ce conflit vieux de plus de 30 ans, a déclaré Nikol Pachinian vendredi.

    Vladimir Poutine, qui s'est entretenu avec lui ainsi qu'avec Ilham Aliev, "appelle à l'arrêt des combats au Nagorny Karabakh pour des raisons humanitaires, en vue d'échanger les corps des morts et les prisonniers", selon le communiqué du Kremlin qui a annoncé jeudi soir ces négociations.

    Première médiation
    Depuis 13 jours, séparatistes arméniens de la république autoproclamée du Nagorny Karabakh et forces azerbaïdjanaises s'affrontent de nouveau dans cette région montagneuse.

    Le bilan officiel est monté vendredi matin à plus de 400 morts, dont 22 civils arméniens et 31 azerbaïdjanais. Il est cependant très partiel et pourrait être bien plus élevé, chaque camp affirmant avoir éliminé des milliers de soldats ennemis et Bakou ne révélant pas ses pertes militaires.

    Les affrontements se sont aussi étendus ces derniers jours avec des bombardements sur les zones urbaines, chaque camp accusant l'autre de viser les civils. Selon les autorités séparatistes, la moitié des 140.000 habitants du Nagorny Karabakh ont déjà été déplacés par ces affrontements.

    Jeudi, une emblématique cathédrale arménienne a été touchée deux fois en quelques heures et des journalistes russes y ont été blessés, dont l'un très grièvement. L'armée azerbaïdjanaise a démenti avoir tiré sur cet édifice.

    Le ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères Ceyhun Bayramov était déjà à Genève jeudi pour rencontrer le Groupe de Minsk de l'OSCE, mais rien n'a filtré de cette rencontre. L'Azerbaïdjan se dit déterminé à reconquérir par les armes le Nagorny Karabakh, une région séparatiste essentiellement peuplée d'Arméniens, et soutient que seul un retrait des troupes ennemies mettrait fin aux combats.

    A l'étranger, la crainte est de voir ce conflit s'internationaliser dans une région où Russes, Turcs, Iraniens et Occidentaux ont tous des intérêts. D'autant qu'Ankara encourage Bakou à l'offensive et que Moscou est lié par un traité militaire à Erevan. La Turquie est accusée de participer avec hommes et matériel aux hostilités aux côtés de l'Azerbaïdjan, ce qu'elle nie.

  • Nagorny-Karabakh : Poutine invite les Arméniens et les Azéris à Moscou pour négocier

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    Le président russe Vladimir Poutine a invité les ministres des Affaires étrangères de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan à Moscou pour des consultations sur l'échange des prisonniers et des corps des personnes tuées pendant le conflit du Haut-Karabakh. Le service de presse du Kremlin a rapporté l'information jeudi 8 octobre dans un communiqué publié à 23h30, heure de Moscou.

    << Après une série de conversations téléphoniques avec le Président de la République d'Azerbaïdjan Ilham Aliyev et le Premier Ministre de la République d'Arménie Nikol Pashinyan, le Président de la Fédération de Russie demande la fin des hostilités dans la zone de conflit du Haut-Karabakh pour des raisons l'aide humanitaire pour échanger les corps des morts et permettre aux prisonniers de rentrer chez eux. Pour tenir des consultations sur ces questions, avec la médiation du ministre russe des Affaires étrangères, le 9 octobre, les ministres des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie sont invités à Moscou »- lit la déclaration de la présidence de la Fédération.

    Dans la matinée du vendredi 9 octobre, l'Arménie et l'Azerbaïdjan ont confirmé la participation de leurs ministres des Affaires étrangères aux consultations convoquées par le président russe Vladimir Poutine. Les consultations auront lieu aujourd'hui à Moscou. Cela a été rapporté par la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova.

    «Erevan et Bakou ont confirmé leur participation aux discussions au niveau des ministres des Affaires étrangères à Moscou. Les préparatifs du sommet sont en cours », a déclaré Zacharova à la presse.

    Auparavant, la presse avait demandé au porte-parole de Poutine, Dmitri Peskov, pourquoi, depuis le début des affrontements du 27 septembre, le chef de l'Etat russe avait eu de nombreuses conversations avec le Premier ministre arménien Pashinyan et aucune avec le chef de l'Etat azerbaïdjanais. Ilham Aliyev. Peskov a souligné que des conversations de "haut niveau" avec Bakou ont eu lieu au niveau des ministres des Affaires étrangères. Le 7 octobre, à l'occasion du 68e anniversaire du dirigeant du Kremlin, Aliyev a téléphoné à Poutine et les deux présidents ont discuté de la situation dans la région contestée par les Arméniens et les Azéris.

    Vidéo - Côté arménien
    Dans le village de Hadrut avec l'armée arménienne du Haut Karabakh. Le président azerbaïdjanais, Ilham Aliyev avait prétendu que la localité de Hadrut avait été prise par l'armée azerbaïdjanaise. L'information a été démentie par des correspondants de guerre russes de Wargonzo qui se sont personnellement rendus sur place et ont constaté que la localité était toujours entre les mains des Arméniens.


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    Vidéo du village de Sugovushan de la région de Tartar. Ce village a été repris par les Azerbaïdjanais :

  • Nagorny-Karabakh : Pas de trêve en vue

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    Arméniens et Azerbaïdjanais poursuivaient mardi des combats acharnés pour la région séparatiste du Nagorny Karabakh, chaque camp revendiquant des victoires et affichant sa détermination malgré les appels à la trêve et le nombre de victimes civiles. Les deux côtés se sont accusés ces deux derniers jours d'avoir multiplié à dessein les bombardements sur les zones urbaines habitées, notamment la capitale des indépendantistes, Stepanakert, et la deuxième ville d'Azerbaïdjan, Gandja. Les journalistes de l'AFP ont vu nombre d'habitations détruites par les tirs de roquettes de part et d'autre, et recueilli des témoignages en ce sens.

    Dans un communiqué matinal, le ministère azerbaïdjanais de la Défense a affirmé avoir infligé de "lourdes pertes humaines et de matériel militaire" à l'adversaire, affirmant que "les troupes arméniennes étaient forcées à la retraite".

    Le président de la république auto-proclamée du Karabakh Arayik Haroutiounian a lui affirmé que son armée "remplissait avec succès ses tâches" et que "tout est sous contrôle".

    Au dixième jour de combats, aucun camp ne semble avoir pris un avantage déterminant sur l'autre. Le Nagorny Karabakh, majoritairement peuplé d'Arméniens, a fait sécession de l'Azerbaïdjan à la chute de l'URSS, entraînant au début des années 1990 une guerre ayant fait 30.000 morts. Le front est quasiment gelé depuis un cessez-le-feu en 1994, malgré des heurts réguliers. Les hostilités qui ont repris le 27 septembre sont la crise la plus grave depuis.

    Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev, dont le pays riche en pétrole a dépensé sans compter en armements modernes ces dernières années, a juré de reprendre le Karabakh, excluant une trêve sans promesse de retrait militaire arménien de la région et sans "excuses" du Premier ministre arménien Nikol Pachinian.

    Signe de l'animosité existante, il a qualifié ses adversaires de "chiens".

    Erevan et Bakou ont jusqu'ici fait fi des appels à un cessez-le-feu de l'essentiel de la communauté internationale, notamment celui de la Russie, la puissance régionale qui depuis près de 30 ans dirige aussi avec la France et les Etats-Unis les efforts de médiation sur le Nagorny Karabakh.

    L'Azerbaïdjan a lui le soutien sans équivoque de la Turquie de Recep Tayyip Erdogan, qui appelle à la reconquête militaire du territoire séparatiste.

    'Menace inacceptable'
    Le bilan de 265 morts en dix jours de conflit reste très partiel, l'Azerbaïdjan n'annonçant aucune perte parmi ses soldats et 46 morts parmi les civils. Le Karabakh a fait état de 219 militaires et 19 civils tués. Les deux camps disent cependant avoir tué de 2.000 à 3.500 soldats ennemis chacun et se rejettent la responsabilité des hostilités.

    Une escalade du conflit pourrait avoir des conséquences imprévisibles, au vu des puissances en concurrence dans le Caucase: la Russie, la Turquie, l'Iran et les Occidentaux.

    Les Turcs sont déjà accusés d'aggraver le conflit en encourageant Bakou à l'offensive militaire et sont soupçonnés d'avoir déployé des mercenaires syriens au Karabakh dont plusieurs dizaines auraient été tués.

    Le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu est attendu mardi en Azerbaïdjan pour "échanger sur la situation dans la région sous occupation arménienne" selon Ankara, premier déplacement de ce type depuis le début des hostilités.

    La France, la Russie et les Etats-Unis ont qualifié dans un communiqué commun le conflit de "menace inacceptable pour la stabilité de la région", dénonçant le caractère "disproportionné" des attaques des deux camps visant "des installations civiles".

    Les trois ministres des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, Mike Pompeo et Sergueï Lavrov y ont dénoncé "l'escalade de violence inédite et dangereuse" .

    Si la Russie entretient de bonnes relations avec les deux pays, elle reste plus proche de l'Arménie, qui appartient à une alliance militaire dominée par Moscou. Le président russe Vladimir Poutine a de nouveau appelé lundi soir à l'arrêt "immédiat" des combats, lors d'une conversation avec le dirigeant arménien.

    Le Kremlin dénonce une situation qui se "dégrade"
    La situation au Nagorny Karabakh "se dégrade", a dénoncé mardi le Kremlin au dixième jour de combats dans cette région séparatiste où s'affrontent Arméniens et Azerbaïdjanais, jugeant la mort de civils "inacceptable".

    "La situation se dégrade toujours, des gens continuent de mourir, ce qui est totalement inacceptable", a déclaré aux journalistes le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, répétant que "les parties ont l'obligation de cesser le feu et s'asseoir à la table des négociations".

    Colonel Arthur Galtsian.jpeg21 soldats arméniens du Haut Karabakh tué mardi 6 octobre
    Des responsables arméniens de l'enclave du Haut-Karabakh ont déclaré mardi 10 juin que 21 autres soldats avaient été tués dans le conflit avec l'Azerbaïdjan, portant à 244 le nombre total de soldats arméniens tués depuis le déclenchement de la guerre le 27 septembre.
    Parmi les soldats décédés, on compte le colonel Arthur Galtsian (photo ci-contre), de l'armée arménienne. Il a été tué ce mardi matin par les forces azéries.

     


    Vidéos - Côté Arménien
    Destructions dans la ville arménienne de Stepanakert

    Vidéos - Côté azéri
    Vidéos montrant le matériel militaire arménien capturé par l'armée azerbaïdjanise :

  • Nagorny-Karabakh : Stepanakert, la capitale de la région autonome arménienne frappée par des tirs azéris

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    Les combats entre Arméniens et Azerbaïdjanais pour le Nagorny Karabakh faisaient rage vendredi, avec des frappes azerbaïdjanaises sur la principale ville de la région séparatiste, Bakou répétant sa détermination même si Erevan a entrouvert la porte d'une médiation. Parallèlement, la France a accusé la Turquie d'envenimer la situation en envoyant, selon elle, des "jihadistes" de Syrie combattre avec les Azerbaïdjanais.

    Timide ouverture de l'Arménie
    Dans un communiqué, la diplomatie arménienne a amorcé une timide ouverture, se disant prête à "s'engager avec les pays coprésidant le groupe de Minsk de l'OSCE pour rétablir un cessez-le-feu", en référence au médiateur franco-américano-russe du conflit. Après ce premier geste au sixième jour d'hostilités, Bakou a signifié que le conflit n'a qu'une issue: le retrait arménien du Nagorny Karabakh, région azerbaïdjanaise majoritairement peuplée d'Arméniens et qui a fait sécession à la chute de l'URSS. "Si l'Arménie veut voir la fin de cette escalade de la situation, (...) l'Arménie doit mettre fin à l'occupation", a déclaré à la presse Hikmet Hajiyev, conseiller de la présidence azerbaïdjanaise.

    Ces annonces interviennent au lendemain d'une déclaration commune des présidents Emmanuel Macron, Vladimir Poutine et Donald Trump appelant à la fin des hostilités.

    Stepanakert bombardée
    Vendredi, les affrontements ont continué sans relâche. La principale ville séparatiste, Stepanakert, a notamment été frappée par les forces azerbaïdjanaises, les bombardements faisant "de nombreux blessés parmi la population civile" et des dégâts matériels, selon le ministère de la Défense arménien. Des sirènes d'ambulances résonnaient vers 10H00 GMT dans la ville, où plusieurs explosions ont été entendues lors des dernières heures, selon un correspondant de l'AFP.

    Les tirs de l'artillerie azérie ont repris dans la soirée du vendredi 2 octobre, forçant les habitants à descendre à la hâte dans les sous-sols et les abris anti-bombes, rapporte RIA Novosti.
    Les objectifs pris pour cible n'ont pas été précisés et il n'y a encore aucune information sur les dommages ou des victimes.


    Des deux côtés du front, des habitants se disaient déterminés. "Il n'y a pas de peur, mais de la fierté (...) A la guerre comme à la guerre. Des négociations, c'est de la foutaise, il faut une capitulation" affirme Arkadi, 66 ans, un habitant de Stepanakert, tandis qu'une explosion se fait entendre. Dans le district de Fizouli, côté azerbaïdjanais, les enfants ont été évacués des localités proches du front, selon un photographe de l'AFP. Beaucoup d'hommes se sont portés volontaires pour combattre.

    "Nous n'avons pas peur, on n'a pas beaucoup de blessés", soutient Anvar Aliev, 55 ans, un chauffeur de taxi azerbaïdjanais, appelant à "reprendre nos terres".

    L'armée arménienne a accusé vendredi Bakou d'utiliser des "armes à sous-munitions" interdites, tandis que l'Azerbaïdjan a affirmé que des journalistes avaient essuyé des tirs d'artillerie arméniens dans un village azerbaïdjanais.

    L'armée azerbaïdjanaise a détruit un pont au Nagorno-Karabakh avec un missile de fabrication israélienne
    Le 2 octobre au matin, les militaires azerbaïdjanais ont pris pour cible un pont dans la région du Haut-Karabakh avec un missile de fabrication israélienne.
    Vidéo de la destruction du pont.

    Le pont, qui relie l'Arménie et le Haut-Karabakh près du village d'Asagi Sus, a été frappé avec ce qui semble être un missile quasi-balistique LORA. Cette frappe précise a entraîné la destruction complète du pont.

    Développé par les industries aérospatiales israéliennes, LORA est un missile de 600 mm d'une portée de 400 km. Le missile est guidé par un système de navigation inertielle assisté par GPS avec un viseur optique terminal. Le système de guidage avancé donne à LORA une erreur circulaire probable de 10 mètres seulement.

    En 2018, il a été confirmé que les forces armées azerbaïdjanaises avaient acheté un certain nombre de systèmes de missiles LORA à Israël.

    C'est probablement la première attaque de missiles balistiques depuis le début de la guerre au Nagorno-Karabakh. Le ministère de la défense azerbaïdjanais avait accusé les forces arméniennes d'avoir lancé à plusieurs reprises des missiles balistiques tactiques OTR-21 Tochka. Cependant, Erevan continue de réfuter ces accusations.

    Les forces azéries ont pilonné la centrale hydroélectrique de la capitale du Nagarno-Karabakh
    Vendredi 2 octobre, les forces azerbaïdjanaises ont attaqué une centrale hydroélectrique dans le nord de la région de Kashatagh en Arménie. Vidéo - Autre vidéo

    Ceci constitue une violation des principes du droit international coutumier, qui sont reflétés dans les articles 48 et 52 du Protocole I additionnel aux Conventions de Genève.

    L'Arménie revendique avoir abattu cinq avions azéris vendredi 2 octobre
    Le représentant du ministère arménien de la Défense, Artsrun Hovhannisyan, a déclaré que les forces du Karabakh avaient abattu vendredi cinq autres avions et trois hélicoptères de l'armée de l'air azerbaïdjanaise.

    "Cinq avions ennemis et trois hélicoptères ont été abattus par des frappes précises des unités de l'armée de défense du Karabakh vers 16 heures ", a écrit Hovhannisyan sur Facebook.

    Auparavant, le ministère de la Défense avait fait état de deux avions abattus de l'armée de l'air azerbaïdjanaise


    Vidéo de destructions subies par une positions militaire azérie

    28 combattants syriens pro-Ankara tués en Azerbaïdjan depuis le début des hostilités, selon l'OSDH
    Au moins 28 combattants syriens pro-turcs ont péri dans les combats opposant depuis environ une semaine les séparatistes arméniens à l'armée azerbaïdjanaise, soutenue par Ankara, dans la région de Nagorny Karabakh, a indiqué vendredi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

    Ces combattants, qui appartiennent à des groupes rebelles fidèles à Ankara, faisaient partie des 850 envoyés par la Turquie pour prêter main fortes aux Azéris depuis la semaine dernière, a déclaré à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

    Poutine "préoccupé" par les informations sur la présence de combattants étrangers
    Le président russe et le Premier ministre arménien ont exprimé vendredi au téléphone leur "sérieuse préoccupation" sur la présence supposée de combattants pro-turcs du Moyen-Orient au Nagorny Karabakh, théâtre de combats entre Arméniens et Azerbaïdjanais, selon le Kremlin.

    Vladimir Poutine et Nikol Pachinian "ont exprimé leur sérieuse préoccupation concernant les informations reçues sur l'engagement de groupes armés illégaux du Moyen-Orient" dans le conflit du Nagorny Karabakh, a indiqué le Kremlin dans un communiqué au sixième jour de violents combats dans cette région séparatiste.

    "Ligne rouge" du président français
    Le président français, qui entretient déjà des relations difficiles avec son homologue Recep Tayyip Erdogan, a lui affirmé jeudi que 300 combattants "jihadistes" avaient quitté la Syrie pour rejoindre l'Azerbaïdjan en passant par la Turquie. Une "ligne rouge" selon lui. "C'est de la désinformation", a réagi le conseiller à la présidence azerbaïdjanaise, M. Hajiyev.

    La Russie avait fait état d'informations similaires, sans accuser directement Ankara, avec qui elle a une relation compliquée mais pragmatique. Vendredi, la porte-parole de la diplomatie arménienne a de nouveau affirmé que "l'armée turque combattait aux côtés de celle de l'Azerbaïdjan". Des accusations rejetées par les intéressés.

    Une intervention directe turque constituerait un tournant majeur et une internationalisation de ce conflit dans une région, le Caucase du Sud, où de multiples puissances sont en concurrence: Russie, Turquie, Iran, pays occidentaux...

    Le Nagorny Karabakh, en majorité peuplé d'Arméniens, a fait sécession de l'Azerbaïdjan, entraînant une guerre au début des années 1990 qui avait fait 30.000 morts. Le front est quasi-gelé depuis, malgré des heurts réguliers, notamment en 2016.

    Revendications contradictoires
    Les deux camps ont largement ignoré les multiples appels depuis dimanche de la communauté internationale à faire taire les armes. Selon Moscou, la Russie et la Turquie sont prêtes à une "coordination étroite pour stabiliser la situation" au Nagorny Karabakh. Ankara ne s'est cependant pas prononcé. La Russie entretient des relations cordiales avec les belligérants, deux anciennes républiques soviétiques, mais elle est plus proche de l'Arménie, qui appartient à une alliance militaire dominée par Moscou.

    Aucun des deux camps ne semble avoir pris l'avantage sur l'autre, chacun revendiquant des succès démentis par l'autre. Vendredi, Erevan a assuré que l'armée azerbaïdjanaise "avait échoué à percer les défenses arméniennes", tandis que Bakou disait avoir pris des positions dans le nord et forcé les Arméniens à la retraite dans le sud.

    Selon les bilans très partiels communiqués depuis dimanche, 190 personnes sont mortes: 158 soldats séparatistes, 13 civils arméniens, et 19 civils azerbaïdjanais. Bakou ne communique pas ses pertes militaires. Mais le bilan pourrait être bien plus lourd, l'Arménie affirmant que 1.280 soldats azerbaïdjanais sont morts, quand Bakou dit avoir tué 2.300 militaires adverses.

    Journalistes français
    Deux journalistes français blessés jeudi au Karabakh sont par ailleurs "en cours d'évacuation", selon la diplomatie française.