Unité Faucons (Renseignement irakien)

  • Irak : Explosions dans un dépôt d'armes d'un groupe pro-iranien : drones ou chaleur

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    Dimanche 26 juillet, de violentes explosions ont retenti sur une base utilisée à la fois par la police irakienne et la coalition de milices chiites pro-iraniennes "Al-Hashd al-Shaabi" près du village de Dura, au sud de Bagdad.
    La cellule des médias de sécurité a déclaré: "Dimanche après-midi ... deux explosions successives se sont produites dans la région de Saydiyah près de l'autoroute (Hilla) - Bagdad, plus précisément sur la base de l'unité Faucons.
    L'incendie a également provoqué des explosions entendues dans tout Bagdad, tuant une personne et en blessant 29 autres. 
    A noter que la même base avait déjà connu un incendie en août 2019.
    Selon "Abou Ali", l'expert israélien sur le Moyen-Orient ", se basant sur des témoins oculaires, il s'agit probablement d'une attaque de missiles par l'US Air Force qui aurait pris pour cible ces dépôts d'armes. L'attaque a probablement été menée par un avion sans pilote.
    Cependant, un fonctionnaire de Bagdad affirme qu'un arsenal de la police fédérale irakienne dans la banlieue sud de Bagdad a explosé dimanche en raison des températures élevées et du mauvais stockage.

  • Irak : Libération à Bagdad d'une Allemande après trois jours de captivité

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    La directrice allemande de l'institut Goethe à Bagdad, Hella Mewis (photo), a été libérée et remise vendredi à son ambassade en Irak, après trois jours de captivité, ont indiqué les autorités des deux pays.
    Mme Mewis, qui travaille à Bagdad depuis 2013, avait pris fait et cause pour les manifestations anti-pouvoir déclenchées en Irak en octobre 2019. Des dizaines de militants ont disparu, plus ou moins brièvement, l'ONU accusant des "milices" de ces disparitions forcées. On ignore toujours l'identité des ravisseurs et les raisons de l'enlèvement de l'Allemande, qui fait partie des rares Occidentaux vivant hors de la Zone Verte ultra sécurisée de Bagdad, où siègent plusieurs missions diplomatiques. Mais une source de sécurité irakienne a précisé à l'AFP que sa libération dans la nuit avait été obtenue au terme d'un échange.
    L'unité d'élite du renseignement irakien, les Faucons, est parvenue à remonter la piste d'un des ravisseurs, qui a été interpellé. Ce dernier a "dit appartenir à une faction se réclamant du Hachd al-Chaabi", une coalition de paramilitaires pro-iraniens intégrée aux forces de sécurité, selon la même source. Un accord a ensuite été trouvé: "l'homme a été libéré en échange de l'otage allemande". Mme Mewis se trouvait à Sadr City, un quartier chiite de Bagdad où les forces de l'ordre tentent depuis des années d'imposer la loi mais en vain, a-t-on ajouté. Elle a ensuite "été remise au chargé d'affaires allemand à Bagdad", selon le ministère de l'Intérieur.
    Sur caméra
    Après sa libération, Mme Mewis, dont le centre d'art, Tarkib, est connu pour soutenir de jeunes artistes, a contacté son amie Dhikra Sarsam. "Elle m'a dit qu'elle allait bien et qu'elle n'avait pas été maltraitée", a affirmé Mme Sarsam à l'AFP. "Elle va partir au plus vite en Allemagne."
    Des médias locaux ont diffusé des images de vidéosurveillance présentées comme celles de l'enlèvement de Mme Mewis, sur la corniche du Tigre. Prise en étau entre une berline noire et un pick-up blanc, un modèle utilisé par certaines forces de sécurité, la femme a été forcée de descendre de son vélo par des hommes qui la poussent violemment à l'intérieur du pick-up. Les policiers du commissariat à quelques mètres de là ne sont pas intervenus, a affirmé un responsable de la sécurité.
    Les autorités n'ont jamais arrêté ni accusé une quelconque partie dans les enlèvements de militants irakiens ces derniers mois dans un pays où les factions armées pro-iraniennes gagnent en influence. Le porte-parole du Hachd s'est félicité sur Twitter de la libération de Mme Mewis, tout en appelant à "enquêter sur la présence clandestine de cette étrangère depuis huit ans à Bagdad sans autorisation de la sécurité". Mme Mewis assiste pourtant régulièrement à des événements publics, souvent avec des officiels. Le juge Abdelsattar Bayraqdar, porte-parole du Conseil suprême de la magistrature, a indiqué que "l'enquête sur ce crime se poursuit".
    "Soulagé"
    Après sa libération, le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, s'est dit "très soulagé". Selon Mme Sarsam, Mme Mewis était inquiète depuis l'assassinat début juillet à Bagdad du chercheur Hicham al-Hachémi, connu lui aussi pour son soutien à la révolte anti-pouvoir.
    Cette mort violente a relancé les craintes de nouveaux assassinats politiques, coutumiers durant les années de guerre dans le pays (2006-2009), mais devenus ensuite très rares. Depuis le début de l'année, deux journalistes français ont été retenus en otage plusieurs jours, ainsi que trois humanitaires, libérés après deux mois de captivité et enlevés avec un Irakien dans le même quartier de Karrada que Mme Mewis. Le turbulent leader chiite Moqtada Sadr, silencieux depuis que les manifestations anti-pouvoir se sont essoufflées en début d'année après s'être longtemps posé en protecteur des contestataires, a dit sur Twitter "espérer que ce genre d'incident n'arrive plus à l'avenir".
    Le gouvernement de Moustafa al-Kazimi – dans la ligne de mire des parties pro-Iran car il a longtemps tenté de leur tailler les ailes à la tête du renseignement – ne cesse d'appeler les factions armées à rendre les armes et à cesser le rançonnement aux check-points et postes-frontières. Cela pourrait avoir suscité les dernières violences à Bagdad, disent les observateurs.