Union islamique de Millî Görüş

  • France : Polémique entre le ministère de l'intérieur et Strasbourg sur fond de tensions avec la Turquie

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    Le ministre français de l'Intérieur a accusé mercredi la ville de Strasbourg (est de la France) de "financer une ingérence étrangère sur le sol" français avec l'adoption d'une subvention à la construction d'une mosquée soutenue par une association pro-turque.

    Cette polémique survient alors que les relations entre la France et la Turquie se sont dégradées avec un échange de propos peu amènes entre les présidents français et turcs.

    Le conseil municipal de Strasbourg a adopté lundi "le principe d'une subvention", contestée par les opposants à la maire écologiste, de plus de 2,5 millions d'euros pour la construction d'une mosquée de l'Union islamique de Millî Görüş (CIMG), association réputée proche de la Turquie.

    "J'ai eu l'occasion de dire à la maire de Strasbourg (...) que nous ne trouvions pas ça pour le moins amical avec les intérêts français", a assuré le ministre, expliquant que "cette fédération pro-turque n'a pas voulu signer la charte des valeurs de la République". "Nous considérons, nous, que cette association, n'est plus capable d'être dans le monde représentatif de l'islam de France", a poursuivi M. Darmanin.

    Ces déclarations de M. Darmanin interviennent après que le président français Emmanuel Macron ait mis en garde mardi à la télévision contre des tentatives d'ingérence de la Turquie lors de l'élection présidentielle en France en 2022. Le ministre a affirmé qu'il y avait "particulièrement à Strasbourg (...) des tentatives d'ingérence extrêmement fortes dans notre pays, de la part notamment de la Turquie". "Nous avons un certain nombre d'indices montrant que le gouvernement turc souhaite s'ingérer dans les histoires françaises et notamment religieuses", a-t-il dit. Gérald Darmanin a aussi fait valoir que l'Union islamique de Millî Görüş avait, selon ses "informations", "cherché de l'argent ailleurs, notamment au Qatar".

    La délibération adoptée lundi par la ville de Strasbourg, "approuve le principe d'une subvention" de 2,5 millions d'euros pour la construction de la mosquée dans un quartier populaire de la ville. Cette somme représente "10% du montant des travaux", a relevé lors du vote la maire écologiste de Strasbourg, Jeanne Barseghian. Le montant du chantier s'élève à plus de 25 millions d'euros, pour un coût total de ce projet qui doit donner naissance à la plus grande mosquée d'Europe, estimé à 32 millions d'euros.

    L'élue écologiste avait proposé d'intégrer dans le texte plusieurs conditions réclamées lors des débats, comme la signature préalable de la Charte des principes pour l'islam de France ou encore des garanties sur la transparence des fonds destinés à financer la chantier. L'interventionnisme turc en Libye, en Méditerranée orientale (où un incident a opposé des bâtiments turc et français en juin 2020) et la politique française contre l'extrémisme islamique ont contribué à creuser ces derniers mois les antagonismes entre Paris et Ankara.

  • France : 3 organes du Conseil français du culte musulman (CFCM) refusent de signer la "Charte des principes pour l'islam de France"

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    Trois organes affiliés au Conseil français du culte musulman ont annoncé mercredi 20 janvier leur refus de signer une «charte des principes pour 'islam de France» considérant que certains des éléments de cette charte «fragilisaient les liens de confiance entre les musulmans de France et la nation».
     
    Les trois organes, à savoir le «Comité de coordination des musulmans turcs en France», «L'Union islamique de Millî Görüş» et l'association islamique «Foi et pratique», ont publié une déclaration commune dénonçant ce qu'il considérait comme «des paragraphes et des formules dans le texte qui affaibliraient les liens de confiance entre musulmans  et la nation ».
     
    Le président français Emmanuel Macron avait exigé, dans le cadre de sa lutte contre le  «séparatisme» dans le pays, que les organisations musulmanes présentes en France signent cette charte, déclenchant des conflits au sein de la communauté musulmane qui durent depuis plusieurs semaines.  A ce jour, cinq des neuf organes du Conseil français du culte musulman ont signé la charte. 
     
    Macron a salué la décision du  Conseil français du culte musulman d'adopter la charte. Selon lui, cette décision constitue un engagement explicite et précis envers la République.
     
    La charte stipule «le principe de l'égalité entre les hommes et les femmes» et la «compatibilité» de la loi islamique avec les principes de la république. Elle souligne «le rejet de l'emploi de l'islam à des fins politiques» et la nécessité de «non-ingérence» des pays étrangers dans les affaires de la communauté, selon le président du Conseil français du culte musulman, Muhammad. Mousavi.
     
    Les trois organes qui ont refusé de signer la charte ont estimé que «certaines des phrases (contenues dans la charte) attentaient à l'honneur des musulmans et avaient un caractère accusatoire et marginal».
     
    Selon une source proche du dossier, les trois organes s'opposent particulièrement aux définitions de «l'ingérence» extérieure et de «l'islam politique». A noter que deux des trois organes qui refusent de signer la charte sont des organisations islamiques turques proches d'Erdogan.
     
    L'adoption de la «charte de principes pour l'islam de France» ouvre la voie à la mise en place d'un conseil national des imams qui sera en charge de la surveillance des imams en France, et qui pourra retirer les licences accordées pour l'exercice de leur activité religieuse en cas de violation des principes de la charte.