LIBYE

  • Libye : Affrontements armés entre milices à Tripoli

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    Des milices armées ont échangé des tirs dans la capitale libyenne, Tripoli, dimanche 16 janvier 2022, alors que le pays souffre d'un blocage de l'horizon politique après la décision de reporter les élections qui auraient dû se tenir le 24 décembre 2021.

    Les affrontements ont éclaté entre la milice de la "Force spéciale de dissuasion", le "Dispositif de dissuasion pour la lutte contre le terrorisme et le crime organisé du Conseil présidentiel" et la milice Nawasi, la "Huitième force" du ministère de l'Intérieur.

    Les médias ont déclaré que les affrontements, au cours duquel des armes légères et moyennes ont été utilisées, se sont produits sur la route de Chatt, près du port de Tripoli, de la Banque centrale, du siège du gouvernement et de l'hôtel Corinthia.

    La zone est sous le contrôle de la milice Al-Nawasi et se trouve à quelques kilomètres du lieu de contrôle de la milice Radaa à l'aéroport de Maitika.

    Selon les sources, une dispute a éclaté entre les deux factions armées au sujet de la distribution d'une cargaison de voitures arrivée au port de Tripoli.

    La milice salafiste Radda est dirigée par Abdel Raouf Kara, tandis que la milice Al-Nawasi est dirigée par Mustafa Kaddour, qui occupe également le poste de directeur adjoint de l'Agence de sécurité extérieure (Mukhabarat).

    Les relations entre les deux groupes armés étaient décrites comme tendues. En avril 2021, des hommes armés au volant d'une voiture sombre avaient tiré sur le chef de la milice Al-Nawasi Mustafa Qaddour sur la route de Shatt, mais il a survécu à la tentative d'assassinat.

    La tentative d'assassinat est intervenue à la suite de la publication par la milice Al-Nawasi d'une vidéo dans laquelle elle révélait des violations commises par la "Force spéciale de dissuasion".

  • Al-Qaida : un plan d’expansion vers le Golfe de Guinée

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    Le Bénin et le Togo ont essuyé, à la fin de l'année écoulée, des attaques terroristes depuis leurs frontières communes avec le Burkina Faso, ce qui a constitué la principale menace quant à un éventuel transfert des groupes armés de leurs activités, depuis la région du Sahel, au climat sec, vers les pays du Golfe de Guinée qui ont un climat humide et des forêts denses.

    En effet, deux soldats béninois ont été tués dans une attaque terroriste perpétrée, le 2 décembre 2021, aux frontières avec le Burkina Faso et plusieurs autres ont été blessés.

    Une deuxième attaque a eu lieu dans le département de l’Atacora dans le nord du Bénin. Des éléments armés se sont attaqués à une patrouille militaire à Alibori (Nord), le 1er décembre 2021. Deux éléments armés ont été éliminés selon les médias.

    Ces deux attaques sont les premières du genre lancées contre l’armée du Bénin. Toutefois, des éléments armés avaient en 2019 kidnappé deux touristes français sur le territoire béninois avant de les transférer au Burkina Faso. 

    Le Togo a également annoncé que ses forces armées avaient repoussé, au mois de novembre 2021, une attaque terroriste. Un groupe armé avait tenté de franchir les frontières séparant le Burkina Faso du Bénin.

    C'est la première fois que le Togo annonce un affrontement avec des éléments armés, depuis 2018, lorsque l’armée avait lancé une opération militaire pour interdire l'infiltration d'éléments armés depuis le Burkina Faso vers son territoire.

    Les violents accrochages entre l'armée burkinabè et des groupuscules affiliés à Al-Qaïda ont contraint ces derniers à fuir et à se diriger vers les territoires togolais et béninois.

    Le Golfe de Guinée dans le viseur d’al-Qaida
    Les observateurs qui suivent le développement des activités des groupes terroristes en Afrique constatent que ces groupes ont débuté en Algérie, au cours de la décennie des années 90, mais qu’après après avoir perdu leur bataille face à l'armée algérienne à la fin du siècle dernier, ces groupes ont tenté de s'implanter en Mauritanie et après un deuxième échec, ils ont recouru au Nord du Mali.

    Ces groupes armés ont exploité la faiblesse des armées des Etats de la région du Sahel africain ainsi que les conflits ethniques et tribaux qui ont éclaté dans le nord du Mali, en 2012, pour s’allier au début avec les Touaregs et les Azawad.

    Malgré leur incapacité à maintenir leur domination sur les grandes villes dans le nord du Mali, en raison, entre autres, de l'intervention des forces françaises (Opération Serval) en 2013, il n'en demeure pas moins que les groupes terroristes relevant d'Al-Qaïda sont parvenus à s'étendre au-delà du Fleuve du Niger après leur alliance avec le Front de Libération du Macina (FLM).

    L'alliance de quatre groupes armés au Sahel a abouti à leur extension au Niger, puis vers le Burkina Faso et leurs activités couvre désormais, selon des sources officielles, près de 80% de la superficie du Mali.

    L’émergence du groupe Boko Haram dans le nord du Nigeria, en 2009, et la scission intervenue en 2015 au sein, un groupe ralliant l'Etat islamique, a abouti à l'élargissement des activités des islamistes jusqu’au Lac Tchad, dont les rives sont partagées entre quatre pays, en l’occurrence, le Nigeria, le Niger, le Tchad et le Cameroun.

    Par la suite, la défaite de l'Etat islamique dans la ville libyenne de Syrte, à la fin de l'année 2016, a généré un renforcement de la présence de cette organisation dans les régions du Sahel et du Lac Tchad, après que les éléments qui étaient déployés en Libye trouvèrent refuge à travers les pays du Sahel et le Lac Tchad.

    Plusieurs personnalités politiques et sécuritaires de premier plan avaient mis en garde sur le fait que les pays du Golfe de Guinée étaient désormais dans le viseur des groupes terroristes pour s'étendre et assurer leur expansion.

    Parmi ces personnalités figure Bernard Emié, patron de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) française, qui avait déclaré, le 1er février 2021, au cours d'une rare apparition publique, que « l'Organisation d'Al-Qaïda dans la Région du Sahel examine actuellement un projet d'expansion vers le Golfe de Guinée, en particulier vers la Côte d'Ivoire et le Bénin ».

    Cela explique, partiellement, la création par la France de l'Académie internationale de Lutte contre le terrorisme en Côte d'Ivoire, au mois de juin 2021, ce qui sera de nature à renforcer son influence parmi les pays du Golfe de Guinée, compte tenu de la rude concurrence avec des forces régionales et mondiales dans cette région.

    Le journaliste français Nicolas Beau a écrit dans un article mis en ligne sur le site « Mondafrique » que les groupes terroristes ont affirmé, au cours de l'année écoulée, qu'ils « n'ont pas renoncé à leur plan qui prévoit le transfert de leurs activités du Sahel vers le Golfe de Guinée (Bénin, Côte d'Ivoire, Ghana, Guinée, Togo) ».

    Le Bénin et le Togo…Les maillons faibles
    Parmi les principaux pays du Golfe de Guinée, le Bénin et le Togo sont visiblement les maillons faibles.

    En effet, ces deux pays ne disposent pas d'une armée comme celle du Ghana (17éme armée africaine) ou la Côte d'Ivoire (24ème armée africaine). Les armées du Bénin et du Togo ne sont même pas classées dans la liste des 140 armées au monde, qui compte 34 armées africaines, ce qui dénote leur faiblesse.

    A titre d'exemple, l'armée du Bénin compte 11.100 soldats et officiers et dispose seulement de 10 chars chinois et de 47 blindés français, américains et chinois de fabrication ancienne, ainsi qu'un nombre réduit d'avions de transport ou de prospection, dont deux seulement parmi ces appareils sont opérationnels selon des médias français.

    De même, l'armée togolaise compte des effectifs de l’ordre de 11.000 éléments et possède 11 anciens chars soviétiques, dont la majorité sont hors service dans d'autres armés, tels que les T-34, ainsi que 15 engins blindés.

    Par ailleurs, aucun détail n'existe pour savoir si l'armée togolaise dispose d'avions de combat ou pas et quand bien même elle en disposerait, ces appareils sont plutôt destinés au transport et à la prospection et non pas au combat et à l’interception.

    Ainsi, il est possible de décrire les armées béninoise et togolaise comme étant les plus faibles parmi celles des Etats du Golfe de Guinée, ce qui fait d’elles l’un des objectifs faciles à atteindre et éventuellement une cible pour les groupes terroristes.

    Boko Haram…une éventuelle menace
    Si l'organisation d'Al-Qaïda se focalise, dans son projet d'expansion vers le Golfe de Guinée, sur ses bastions au Burkina Faso pour s'infiltrer vers le Bénin à travers ses frontières nord, l'organisation de Boko Haram s'emploierait à attaquer le Bénin à travers ses frontières de l'est que ce pays partage avec le Nigeria.

    En effet, après avoir perdu la majorité de ses fiefs dans la forêt de Sambisa et au Lac Tchad dans le nord-est du Nigeria, suite à de sanglants affrontements avec l'Etat islamique d'Afrique de l'Ouest (ISWAP), Boko Haram a déplacé ses activités vers des régions éparpillées, en particulier, dans le centre-nord du Nigeria juxtaposant les frontières avec le Bénin.

    Le Bénin a participé à la Coalition régionale mise sur pied pour combattre Boko Haram dans la région du Lac Tchad, aux côtés du Nigéria, du Tchad, du Niger et du Cameroun et représente le seul pays qui n'est pas riverain du Lac.

    La participation du Bénin à cette Coalition, composée de cinq pays, reflète son inquiétude quant à l'extension des activités des groupes terroristes vers son territoire, d'autant plus que cette menace pèse désormais directement sur le pays.

    De plus, des groupes armés évoluent dans le nord-ouest du Nigeria, près des frontières orientales du Bénin, à l'instar du groupe « Ansaru » proche d'Al-Qaïda et qui s’est allié à des bandes organisées locales dans la région. Ce groupe constitue, à son tour, une menace contre ce petit pays du Golfe de Guinée.

    Quant à l'organisation de l'Etat islamique, elle se déploie davantage dans la région des trois frontières (Mali, Niger, Burkina Faso). L'épicentre de son activité s’oriente davantage vers l'est en direction du Lac Tchad et ne semble pas intéressée, particulièrement, par une expansion vers l'ouest du Nigéria, en direction du Golfe de Guinée.

    La situation dans le Golfe de Guinée laisse entrevoir de multiples dangers, d'autant plus qu'al-Qaïda, l'Etat islamique et Boko Haram ciblent les petites armées et les régions pauvres, tout en maîtrisant le jeu des alliances avec les bandes organisées opérant dans les domaines du trafic en tout genre, du kidnapping et du pillage, voire avec les groupes tribaux marginalisés.

    Cette situation contraint les pays du Golfe de Guinée à se préparer à la prochaine phase, aux niveaux sécuritaire, social et politique et à prendre en considération les expériences des autres pays dans la lutte contre le terrorisme, à l'instar de l'Algérie et de la Mauritanie, pour en tirer les leçons requises, tout en suivant de près les évolutions et autres développements dans les Etats du Sahel et de la Coalition du lac Tchad.

  • Libye : Craintes d'une reprise des combats à Tripoli et d'une partition du pays

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    uneLes politiciens et les observateurs ont mis en garde contre le danger d'affrontements armés  entre les milices déployées dans la capitale, Tripoli, pour contrôler des zones vitales et y imposer leur influence.

    Ils attirent l'attention sur le fait que les « milices » de Tripoli, se déplacent de manière suspecte sur le terrain, ce qui laisse présager de futurs affrontements.

    Les analystes ont exprimé leurs craintes d'une escalade du conflit dans un proche avenir. Il y a une tendance à un scénario de "partition", notamment au vu de la marginalisation de grandes régions du pays, malgré les ressources naturelles qu'elles possèdent.

    L'homme politique libyen et ancien chef du conseil local de la région de Tobrouk, Faraj Yassin, a déclaré que la Grande-Bretagne avait averti ses citoyens, il y a quelques jours, de quitter la Libye.

    Tripoli est le théâtre de mouvements des « milices », selon les observateurs, ce qui sont des signes avant-coureurs d'un possible nouveau round d'affrontements. Ces mouvements concernent es groupes tels que « Al-Baqara », « Force spéciale de Dissuasion », « Ghaniwa », « 444 », « Tripoli révolutionnaires », « Bataillon 301 » et la « Stability Support Agency ». Avant et après l'annonce du report des élections présidentielles, qui étaient prévues le 24 décembre 2021, on a assisté à des affrontements à l'arme moyenne et lourde, entre ces milices, pour le contrôle des quartiers de la capitale.

    Refus des courants extrêmes
    Nombreux sont les Libyens qui reprochent aux pays occidentaux leur intervention dans la crise libyenne, ce qui a eu pour résultats le maintien de courants extrémistes. Le peuple libyen avait pourtant exprimé leur refus de es courants, comme cela est apparu clairement dans les résultats des élections législatives de 2014. Le résultat est que les Frères musulmans ont conservé leur influence en Libye alors qu'ils n'ont plus leur place dans d'autres pays de la région comme l'Egypte et la Tunisie. Les Libyens ne comprennent pas pourquoi on a voulu trouver une solution politique et prévoir des élections avant de désarmer les milices comme préambule à toute recherche de solution. Pourquoi, s'interrogent les Libyens, l'Occident ferme-t-il les yeux sur l'action des Frères musulmans en Libye, alors qu'ils condamnent les mouvements islamistes dans des pays comme l'Afghanistan.  

    Scénario de partition
    Il y a des risque que le pays se dirige vers le scénario le plus dangereux, celui de la « partition ». On assiste, en effet, à une marginalisation des régions de Cyrénaïque (est ) et du Fezzan (sud). Les habitants constatent que leurs régions sont abondantes en eau, pétrole et autres ressources, mais que ces richesses ne leur profitent pas.

    Les analystes décrivent la Libye comme un « géant endormi », déclare Yassin, le chef du conseil local de la région de Tobrouk, en raison de ses capacités dans les domaines du pétrole et du tourisme qui pourraient générer de gros revenus s'ils étaient bien utilisés.

    Pour Yassin, la solution commence par « le démantèlement et le désarmement des milices, et l'élimination des mercenaires et des combattants étrangers. Seulement alors, les Libyens pourront s'asseoir et s'entendre entre eux ».

    Depuis le report des élections présidentielles, la plupart des villes libyennes ont connu des manifestations appelant à des élections comme issue au chaos dont souffre le pays, exprimant leur désir de revenir à un état normal et leur refus d'un retour à un état de conflit. 

  • Soudan : Mise en échec d'une tentative de contrebande de munitions à partir de la Libye

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    Les Forces de soutien rapide (RSF) du Soudan ont signalé avoir déjoué une tentative de contrebande de munitions à la frontière avec la Libye. La cargaison, à destination des territoires soudanais, comprenait 3 638 cartouches de mitrailleuses et 357 munitions DshK (Doushka), emballées dans des sacs placés sur un véhicule « Sequoia ».

    La nouvelle a été rapportée le 9 janvier par l'agence de presse soudanaise SUNA, qui a annoncé que deux individus, membres d'un gang de trafiquants particulièrement actif à la frontière entre les deux pays africains, ont été arrêtés pour implication présumée dans l'activité illégale. Le lieutenant-colonel Othman Abkar, commandant en second de la base militaire « Al-Shaferleit », a déclaré à la presse que, dès que des informations ont été reçues sur l'activité des bandes de contrebande dans la zone de Saif al-Barli, sur le triangle frontalier, une patrouille a été mobilisée pour fouiller la zone. Une fois retrouvés, les passeurs ont été poursuivis sur plus de 10 kilomètres avant que les forces ne parviennent à arrêter deux individus.

    Selon Othamn Abkar, ces dernières années, et en particulier depuis la création de la base militaire d'al-Shaferleit, les forces soudanaises sont parvenues à obtenir des résultats significatifs en ce sens. Ce n'est pas la première fois que RSF annonce des opérations similaires. Le 18 septembre 2021 également, les forces soudanaises déployées sur la bande frontalière entre le Soudan, l'Égypte et la Libye ont réussi à saisir un chargement d'armes, de munitions et d'explosifs en provenance de Libye. A cette occasion, 4 individus, dont deux de nationalité libyenne, ont été arrêtés, tandis que deux voitures GMC transportant 36 fusils Kalachnikov, des grenades à munitions DahK et un lanceur RPG-7 ont été saisis. La frontière sud de la Libye voit encore la présence de routes empruntées par les trafiquants et les terroristes,

    Un protocole de sécurité a été signé le 31 mai 2018 par la Libye, le Soudan, le Tchad et le Niger pour renforcer la coopération entre les quatre pays africains et lutter contre les trafics criminels, notamment d'êtres humains, d'armes et de drogue. Ces dernières années, cependant, les membres des Forces de soutien rapide (RSF) ont été accusés d'avoir commis de graves violations des droits de l'homme et des abus contre la population civile dans ces zones, et en général dans toute la région du Darfour. Les RSF ont également soutenu la chute du régime de l'ancien président al-Bashir, ce qui a finalement conduit à son renversement. 

    Lors du conflit civil libyen, Khartoum a été accusé d'avoir envoyé environ 1 000 combattants des RSF combattre dans les rangs de l'Armée nationale libyenne (ANL), fidèle au général Khalifa Haftar. Les allégations, cependant, ont été rejetées à plusieurs reprises par le gouvernement soudanais. Selon le porte-parole des forces armées soudanaises, Aamer Mohamed al-Hasan, les RSF opèrent dans le respect des conventions internationales et des Nations unies. "L'armée soudanaise n'est pas une société de sécurité louée comme indiqué dans ce rapport", a déclaré al-Hasan en octobre 2019, se référant à un rapport de l'ONU, ajoutant : "Ces allégations font partie d'une malveillance systématique envers les institutions nationales soudanaises". Le panel de l'ONU avait déclaré que certains mercenaires appartenaient aux mêmes tribus qui constituaient la majorité du personnel des RSF, mais avait précisé qu'il n'y avait pas de preuves suffisantes et fiables pour prouver que les Forces de soutien rapide elles-mêmes avaient déployé ces combattants en Libye.  

  • Libye : La France annonce que 300 mercenaires ont quitté la Libye

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    Le ministère français des Affaires étrangères a rapporté que 300 mercenaires étrangers ont quitté l' est de la Libye mardi 4 janvier.

    "Ce premier retrait, qui est un premier signe positif, a été annoncé à la veille de la conférence de Paris sur la Libye le 12 novembre dernier", a déclaré la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, ajoutant que cette démarche doit être suivie du complet retrait de tous les mercenaires, combattants et forces étrangères présents dans le pays. Le ministère français a également précisé que les mercenaires au départ étaient originaires du Tchad .

    Le retrait des combattants et des forces étrangères de Libye avait déjà été instauré avec le cessez-le-feu convenu du 23 novembre 2020, et aurait dû être achevé d'ici janvier 2021. Les mercenaires du groupe russe Wagner ont soutenu l'Armée nationale libyenne (ANL), tandis que la Turquie a envoyé ses propres troupes et des mercenaires syriens pour soutenir l'ancien gouvernement de Tripoli dirigé par Fayez al-Serraj. Selon des experts de l'ONU, les deux parties au conflit ont déployé des mercenaires du Tchad, du Soudan et de la Syrie.

    Pendant ce temps, les Forces nationales pour le changement ont appelé à la tenue successive d'élections générales dans le pays , en commençant par les législatives et, plus tard, les présidentielles. Cette demande a été faite lors d'une réunion avec la conseillère spéciale du secrétaire général de l'ONU en Libye, Stephanie Williams, et le chef par intérim de la mission de l'ONU, Rizdon Zeninga, avec des représentants des Forces nationales pour le changement, qui comprennent un groupe de partis libyens, au siège de la mission à Tripoli. Pour sa part, Williams a souligné la nécessité de continuer à aller de l'avant et de répondre aux aspirations des 2,8 millions de citoyens libyens qui se sont inscrits pour voter aux élections.

     

  • Libye : Le haut-commissariat propose le 24 janvier 2022 comme nouvelle date des élections

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    La Haute Commission électorale nationale (HNEC), en accord avec la Chambre des représentants (HoR), a annoncé le report du processus électoral , suggérant que le premier tour du scrutin soit reporté au 24 janvier 2022 .

    Dans un communiqué publié le 22 décembre, la Commission a précisé que la Chambre des représentants fixera la date officielle, dans les trente prochains jours, et prendra les mesures nécessaires pour lever les obstacles à l'achèvement du processus électoral. Le motif du report invoqué est l'insuffisance de la législation électorale relative au rôle du pouvoir judiciaire dans l'évaluation des recours. Concrètement, la Commission a estimé que la phase d'appel représentait un tournant risqué lors du processus électoral.

    Il a également été indiqué que le chevauchement entre différents événements politiques et les condamnations judiciaires prononcées entraînait l'impossibilité de communiquer la liste définitive des candidats à la présidentielle.

    Concernant les élections législatives, la Commission a indiqué que le processus de vérification des candidatures des 5 385 candidats est en phase d'examen final. Une fois les vérifications terminées, la Commission rendra sa décision sur l'annonce des classements préliminaires, entamant la phase d'appel.

    Parallèlement, les candidats à la présidentielle ont salué la proposition de la Commission d'organiser le premier tour des élections le 24 janvier. A l'issue d'une réunion des candidats, tenue le 22 décembre à Zawiya, une déclaration commune articulée en 8 points a été publiée, qui souligne l'importance de la souveraineté de la Libye, de la prévention des ingérences dans ses affaires, de la pleine confiance dans la passation pacifique du pouvoir et de considérer les élections comme le seul moyen de construire l'État. Tout en réaffirmant le respect de la volonté du peuple libyen, les candidats ont exprimé leur refus d'entrer dans toute nouvelle phase de transition, invitant la Chambre des représentants à assumer ses responsabilités vis-à-vis du processus électoral. Enfin, le communiqué exhorte la Haute Commission électorale à annoncer dès que possible la liste définitive des candidats à la présidence et la liste préliminaire des candidats aux élections législatives. Il faut préciser que la déclaration ne précisait ni le nombre de candidats présents à Zawiya, ni leurs noms.

    Suite à l'annonce par la Chambre des représentants de l'impossibilité de tenir des élections le 24 décembre, Tripoli a connu une mobilisation militaire dans différents quartiers de la ville, provoquant le blocus des rues de Shara'a Al-Zawiya et Bab Bengashhir, ainsi que d'Ain Zara et Khallet Al-Furjan dans le sud de la capitale, provoquant des tensions et laissant présager d'éventuels affrontements armés . Des témoins oculaires à Ain Zara ont déclaré qu'il y avait une mobilisation militaire et des barricades de sable dans toute la région, ainsi que des renforts à Tariq Al-Shouk et Al-Sidra, sans parler des images de convois militaires arrivant à Tripoli depuis la région des montagnes de l'ouest. L'Université de Tripoli a suspendu les cours et a demandé au personnel et aux étudiants de partir, ainsi que plusieurs écoles de la municipalité d'Ain Zara, en raison des problèmes de sécurité.

    La milice Al-Samoud, dirigée par Salah Badi, a annoncé la lutte pour ce qu'elle a appelé "la bataille pour corriger la correction et éliminer les acteurs suspects qui ont amené la Libye dans cette situation dangereuse". Dans un communiqué publié le 22 décembre, la brigade a catégoriquement rejeté l'option d'organiser des élections sans fondement constitutionnel et a souligné que la communauté internationale et la mission de l'ONU en Libye doivent cesser de contribuer à la destruction du pays.

    Face à cette situation de tension croissante, l'ambassadeur américain et envoyé spécial américain en Libye, Richard Norland, a appelé à des mesures efficaces pour calmer la situation à Tripoli et dans d'autres régions de Libye. Selon lui, ce n'est pas le bon moment pour prendre des mesures unilatérales ou déployer des groupes armés, ce qui ne peut qu'entraîner un risque d'escalade et des conséquences imprévues qui nuiront à la sécurité et à la sûreté du peuple libyen. Norland a également renouvelé son appel à la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL) pour résoudre les problèmes liés aux questions politiques ou militaires sans recourir à la violence. De son côté, la conseillère spéciale du secrétaire général de l'ONU pour la Libye, Stephanie Williams, a passé en revue les derniers développements liés à la réunification de l'institution militaire lors d'une rencontre avec le général de division Osama Juwaili, directeur du Département du renseignement militaire.

    Le gouvernement exécutif intérimaire d'Unité nationale (GNU), dirigé par Abdulhamid al-Dbeibah, cessera ses fonctions le 24 décembre. Cependant, comme le note Arab Weekly , il est possible que les principales factions politiques continuent de soutenir le GNU, qui est également reconnu par l'ONU.

  • Libye : Déploiement de groupes armés dans une banlieue de Tripoli

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    Des groupes armés se sont déployés, mardi 21 décembre 2021, dans une banlieue de la capitale libyenne Tripoli, forçant des écoles à fermer et suscitant l'inquiétude de l'ONU, au moment où un report de l'élection présidentielle de vendredi est attendu.

    La Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul) s'est dite dans un communiqué "préoccupée par l'évolution de la situation sécuritaire à Tripoli". "La mobilisation de forces affiliées à différents groupes crée des tensions et augmente le risque d'affrontements qui pourraient dégénérer en conflit", a-t-elle mis en garde.

    "Tout désaccord sur des questions politiques ou militaires devrait être résolu par le dialogue, en particulier dans cette période où le pays traverse un processus électoral difficile et complexe censé conduire à une transition pacifique", a insisté la mission onusienne.

    Plus tôt dans la journée, des images postées sur les réseaux sociaux ont montré des véhicules armés de mitrailleuses ainsi qu'un char sillonnant un quartier proche du campus universitaire et des rues bloquées par des barrages de sable et gardées par des hommes armés.

    L'université de Tripoli avait dû fermer "à cause des tensions sécuritaires autour du campus dans les quartiers d'Aïn Zara et de Fornaj", selon un de ses professeurs.

    D'après des médias locaux, plusieurs écoles et lycées dans ces quartiers en banlieue sud de Tripoli ont aussi décidé, par mesure de précaution, de fermer leurs portes.

    Aucun accrochage ou échange de tirs n'a toutefois été signalé, selon des témoignages recueillis par l'AFP.

    Et la situation s'est détendue dans l'après-midi avec la réouverture de la plupart des rues à la circulation, et une présence moins importante d'hommes armés, a constaté un correspondant de l'AFP.

    Les autorités n'ont fait aucun commentaire sur cette mobilisation armée qui intervient à trois jours de la date prévue pour la tenue d'une élection présidentielle cruciale, le 24 décembre. Mais le report du scrutin ne fait désormais aucun doute, même si aucune annonce officielle n'a été faite en ce sens.

    Ce déploiement intervient aussi quelques jours après le limogeage d'un haut responsable militaire, qui avait été contesté par plusieurs groupes armés, alimentant les tensions et donnant déjà lieu à des mouvements armés à Tripoli.

    La capitale libyenne est sous le contrôle d'une myriade de groupes armés affiliés aux ministères de la Défense - un portefeuille sans ministre - et de l'Intérieur au sein du gouvernement intérimaire.

    La Libye tente, depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, de s'extraire d'une décennie de chaos, marqué ces dernières années par l'existence de pouvoirs rivaux dans l'est et l'ouest du pays.

    L'élection présidentielle était censée représenter l'aboutissement d'un processus de paix laborieux, parrainé par l'ONU, pour clore ce chapitre de divisions et d'instabilité.

    Malgré la fin des combats en 2020 entre le gouvernement installé à Tripoli et les forces de Khalifa Haftar, homme fort de l'Est, la sécurité reste précaire dans le pays nord-africain avec des affrontements sporadiques entre groupes armés.