Turcs en Autriche

  • Autriche : Expulsion d'un "espion" turc soupçonné d'avoir ciblé des personnalités

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    Un Italien d'origine turque qui affirme avoir été chargé de tuer des personnalités déplaisant à Ankara a été expulsé d'Autriche alors que son procès doit avoir lieu le 4 février prochain, a-t-on appris auprès de son avocate.
     
    "Les autorités ont considéré qu'il représentait un danger imminent pour la sécurité publique et il a été reconduit à la frontière italienne avant Noël", a indiqué mardi à l'AFP Me Veronika Ujvarosi. Agé de 53 ans et résidant en Italie, Feyyaz Öztürk est lui-même allé voir les services autrichiens du renseignement pour les prévenir qu'il devait tuer, pour le compte de la Turquie, trois personnalités autrichiennes critiques de la politique du président Recep Tayyip Erdogan, selon le récit en octobre d'une élue visée, Berivan Aslan.
     
    D'après les éléments parus dans la presse locale, il avait également affirmé aux enquêteurs autrichiens avoir livré un faux témoignage à la justice turque ayant conduit à la condamnation en juin d'un employé du consulat américain d'Istanbul. Le parquet a affirmé à l'AFP avoir ouvert une enquête en septembre, puis l'avoir inculpé pour "intelligence avec une puissance étrangère". Il risque jusqu'à deux ans de prison.
     
    La détention provisoire arrivant à son terme, les autorités autrichiennes ont préféré expulser M. Öztürk, plutôt que de le laisser en liberté sur leur territoire, a précisé l'avocate. "Mon client va bien et désire revenir en Autriche" pour y être jugé, a expliqué Me Ujvarosi, qui a déposé une demande de levée temporaire de son interdiction du territoire afin qu'il puisse assister à l'audience.
     
    Le tribunal de Vienne a confirmé que la date du procès était maintenue. Jointe par l'AFP, Mme Aslan, conseillère municipale de Vienne d'origine kurde, a précisé être toujours placée sous protection judiciaire. La Turquie a démenti toute implication dans cette affaire sans précédent en Autriche, un terrain d'opération des agents étrangers dont les ressortissants n'ont jusqu'à présent jamais été menacés. 

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  • Autriche : Des turcs attaquent et vandalisent l'église St Antoine de Padoue à Vienne

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    Trente à cinquante turcs sont entrés jeudi soir dans l'église catholique Saint-Antone-de-Padoue (St. Anton von Padua) dans le quartier de Wien-Favoriten et l'ont saccagée. Les vandales ont crié et donné des coups de pied contre les bancs, a confirmé le porte-parole de la police, Marco Jammer. L'information avait été donnée dans le quotidien "Kurier". Alors qu'ils se dirigeaient vers la zone de l'autel, le prêtre a appelé la police.

    Les turcs se sont alors enfuis dans différentes directions. Personne n'a encore été arrêté.

    L'attaque a été enregistrée par les caméras de surveillance
    Les enquêteurs de l'Office pour la protection de la Constitution accusent un groupe de turcs, organisés par le biais des médias sociaux d'être responsables de cette action contre le lieu de culte catholique. L'attaque a été enregistrée par une caméra de surveillance, qui est actuellement en cours d'évaluation.

    Le ministre de l'intérieur Karl Nehammer (ÖVP) a condamné l'attaque contre l'église : "Nous ne permettrons jamais que le droit à la liberté de religion soit détruit en Autriche et nous protégerons la communauté chrétienne de toutes nos forces", a-t-il déclaré. Il a chargé le directeur général de la sécurité publique de sensibiliser tous les services de police et d'intensifier la surveillance de l'espace public, en particulier dans le quartier de Favoriten.

    "Troisième attaque contre la société européenne-occidentale"
    Le chef adjoint du parti fédéral FPÖ, Manfred Haimbuchner, a considéré cette attaque comme une "prise d'assaut très répréhensible d'une église". Pour Haimbuchner, il s'agit d'une "attaque contre notre démocratie libérale et notre société libérale dans son ensemble. Après une telle attaque, il ne faut pas simplement revenir à la normale". Haimbuchner a relié l'incident à la décapitation du professeur Samuel Pati dans une banlieue parisienne et à l'assassinat de trois chrétiens dans une église de Nice. Il a ajouté que c'était la troisième attaque contre la société européenne-occidentale en quelques jours.

    Des contrôles accrus, notamment des installations françaises
    Vendredi soir, le ministère de l'Intérieur a annoncé que 50 agents de police supplémentaires ont été affectés à la surveillance et au contrôle du quartier de Wien-Favoriten. En outre, une évaluation de la menace par l'Office pour la protection de la Constitution est en cours et de nouvelles mesures doivent être adoptées pour renforcer la sécurité face à la menace accrue d'islamistes radicalisés.

    Après les attaques terroristes en France, le ministère de l'Intérieur a en outre annoncé que dans le cadre des discussions de coordination entre l'"Office fédéral pour la protection de la Constitution et la lutte contre le terrorisme" (BVT) et le "groupe de travail Cobra", une protection accrue des installations françaises et une surveillance accrue dans les lieux publics ont été ordonnées.

    Tout comme le ministre de l'intérieur Karl Nehammer, la ministre de l'intégration Susanne Raab (ÖVP) a également condamné l'attaque contre l'église et a salué la présence accrue de la police à Favoriten. "Les sociétés parallèles sont le terreau de la violence. Nous devons combattre toute forme d'extrémisme et d'islamisme dès le début afin d'empêcher que des choses pires ne se produisent", a déclaré M. Raab dans un reportage.

    "Pas de fausse tolérance" envers l'islam politique
    Le Chancelier fédéral Sebastian Kurz (ÖVP) s'est exprimé sur Twitter vendredi soir contre une tolérance incompréhensible en rapport avec l'attaque de l'église. "Tous les chrétiens d'Autriche doivent pouvoir pratiquer leur foi librement et en toute sécurité ! Nous allons résolument poursuivre la lutte contre l'Islam politique et ne ferons pas preuve d'une fausse tolérance dans ce domaine", a écrit M. Kurz. (apa)