TUNISIE

  • Tunisie: une cellule terroriste démantelée à Gafsa

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    Les autorités sécuritaires tunisiennes ont démantelé une cellule terroriste ayant pour objectif d’établir “un émirat” dans le gouvernorat de Gafsa, au sud du pays.

    C’est ce qu’a fait savoir, mercredi, le ministère tunisien de l’Intérieur via un communiqué rendu public.

    “Le Département de la lutte contre le terrorisme de la Garde nationale a découvert le plan des trois terroristes arrêtés, après avoir tenté d’influencer un imam pour attirer des jeunes”, rapporte le communiqué.

    Lundi, l'organisation terroriste Daech a revendiqué l’attaque terroriste de Sousse (est), qui a fait un mort et un blessé dans les rangs des forces de l’ordre.

    Depuis mai 2011, la Tunisie a été le théâtre de plusieurs attaques terroristes qui se sont intensifiées en 2013, tuant des dizaines de membres de l'armée et des forces de sécurité et des touristes étrangers, avant que la fréquence des attentats ne baisse au cours de ces dernières années.

  • Tunisie : Un gendarme tué dans une attaque à Sousse, trois terroristes abattus

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    Un membre de la Garde nationale (gendarmerie) a été tué dimanche matin dans la station balnéaire de Sousse, à l'est de la Tunisie au cours d'une attaque "terroriste". Les trois assaillants ont été abattus, a annoncé à l'AFP le porte-parole de la Garde nationale. La ville de Sousse, avait déjà été le théâtre d'une attaque jihadiste meurtrière en 2015.

    "Une patrouille de deux agents de la Garde nationale a été victime d'une attaque au couteau à Sousse. L'un d'eux est tombé en martyr et l'autre, blessé, est hospitalisé", a indiqué Houcem Eddine Jebabli, porte-parole de la Garde nationale. Les forces de sécurité ont poursuivi les assaillants, qui avaient volé la voiture de la patrouille et s'étaient emparés des pistolets des victimes, selon la même source. "Dans un échange de tirs, trois terroristes ont été tués", a ajouté M. Jebabli, précisant que la voiture de la Garde nationale et les armes avaient été récupérées par les forces de l'ordre. L'attaque et la poursuite des assaillants ont eu lieu dans le quartier d'Akouda, dans la zone touristique El Kantaoui, selon la Garde nationale.

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    Des policiers ont établi un cordon de sécurité et des agents de la police technique exploraient les lieux, selon des correspondants de l'AFP.

    Le ministère de l'Intérieur a indiqué dans un communiqué publié sur internet que "les trois assaillants" avaient "heurté" avec leur propre voiture les deux agents de la Garde nationale mais sans mentionner qu'ils les avaient poignardés. Le ministère a confirmé la mort des trois assaillants dans un échange de tirs avec les forces de sécurité, sans donner davantage de détails.

    Le président Kais Saied, qui s'est rendu sur les lieux de l'attaque, a indiqué lors d'une discussion avec un responsable sécuritaire que les assaillants avaient heurté les deux gendarmes puis les avaient poignardés. "La police technique doit arriver à (identifier) ceux qui sont derrière ces gens-là (les assaillants) et à savoir s'ils ont mené cette opération à titre individuel ou au nom d'une organisation", a dit M. Saied.

    Le Premier ministre Hichem Mechichi et le ministre de l'Intérieur Taoufik Charfeddine se sont également rendus sur les lieux de l'attaque.

    Menace persistante
    La dernière attaque visant des forces de l'ordre en Tunisie remonte au 6 mars. Un policier avait été tué et cinq autres blessés, ainsi qu'un civil, dans un double attentat suicide contre des forces de l'ordre protégeant l'ambassade des Etats-Unis dans la capitale Tunis.

    Après la chute de la dictature en 2011, la Tunisie a été confrontée à un essor de la mouvance jihadiste, responsable de la mort de dizaines de soldats et de policiers, mais aussi de nombreux civils en particulier 59 touristes étrangers. L'année 2015 a été particulièrement meurtrière pour ce pays. En mars, un attentat contre le musée Bardo à Tunis a fait 22 morts (21 touristes étrangers et un policier tunisien). L'attaque était la première à toucher des étrangers en Tunisie depuis 2002 et la première revendiquée par le groupe Etat islamique (EI). En juin, un autre attentat revendiqué par l'EI a visé un hôtel près de Sousse, à 140 km au sud de Tunis, faisant 38 morts dont 30 Britanniques. Et en novembre, un Tunisien s'est fait exploser dans un bus transportant des membres de la sécurité présidentielle, tuant douze d'entre eux en plein Tunis. Un attentat aussi revendiqué par l'EI. Fin juin 2019, un double attentat suicide revendiqué par l'EI a encore visé des policiers dans le centre de la capitale et devant une caserne, coûtant la vie à un policier.

    Réinstauré en 2015, l'état d'urgence est en vigueur sans discontinuer depuis.

    La situation sécuritaire s'est néanmoins nettement améliorée ces dernières années. Mais des attaques contre les forces de sécurité ont encore lieu, notamment dans les massifs montagneux frontaliers de l'Algérie, et épisodiquement à Tunis.

    Outre l'EI, le groupe jihadiste el-Qaëda au Maghreb islamique (Aqmi) a perpétré plusieurs attaques meurtrières au cours de la décennie écoulée. Fin février, Aqmi a confirmé le décès d'un de ses chefs, Abou Iyadh, fondateur du principal groupe jihadiste tunisien proche d'el-Qaëda, Ansar al Charia, notamment accusé d'avoir orchestré les violences contre l'ambassade américaine en 2012.

  • Grèce/Turquie : Quelle est la position de Donald Trump et Angela Merkel face à la crise entre la Grèce et la Turquie ?

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    On connaît la position de la France qui s'est résolument rangée du côté de la Grèce. La position des Etats-Unis et de l'Allemagne est moins claire. Pourtant, le rôle du président américain Donald Trump et de la chancelière allemande Angela Merkel est crucial alors qu'Athènes se prépare à faire face à la poursuite des provocations turques, la semaine prochaine, en raison de la tenue par la Turquie de grandes manœuvres militaires. Il est clair que tout incident en Méditerranée orientale coûtera aux deux parties un coût élevé et alourdira le fardeau sur l'économie turque déjà épuisée. La Turquie a commencé à sentir le prix de son intervention en Libye. À la lumière de cela, Athènes compte sur l'intervention diplomatique de Washington et de Berlin pour tenter de désamorcer les tensions avec la Turquie.

    Ni Trump ni Merkel ne veulent d'un conflit armé en Méditerranée
    La Grèce ne sous-estime pas les liens étroits que le président américain Trump a développés avec le président turc Erdogan. Néanmoins, Athènes a été encouragée par la volonté dont Trump a fait preuve en réponse à la crise de la Méditerranée orientale, puisqu'il a appelé Mitsotakis, le premier ministre grec, à deux reprises, lorsque les tensions ont atteint leur apogée et a proposé d'aider à calmer la situation.

    Trump est confronté à des élections présidentielles difficiles dans les deux mois et le soutien de la diaspora grecque aux États-Unis est également important. Il est peu probable que Trump soit prêt à risquer sa réélection en raison d'un conflit militaire entre deux pays de l'OTAN.

    Il en va de même pour la chancelière allemande Merkel, qui ne veut pas d'un conflit gréco-turc à un moment où son pays détient la présidence tournante de l'Union européenne pour une période de 6 mois. Malheureusement, Heiko Maas, ministre allemand des Affaires étrangères, n'a obtenu aucun résultat tangible au cours de sa récente visite à Ankara; Et lors de sa visite à Athènes, Maas a clairement laissé entendre que des sanctions seraient inévitables à la fin du mois de septembre si la Turquie continue ses violations de l'espace maritime grec

    La Grèce manoeuvre bien jusqu'à maintenant
    Athènes estime avoir marqué deux points alors qu'Erdogan tente d'opérer un changement de statut des eaux territoriales en Méditerranée orientale et en mer Égée: l'acceptation d'un accord avec l'Égypte qui définit en partie des zones économiques exclusives, et l'annonce par la Grèce d'une extension de ses eaux territoriales dans la mer Ionienne de 6 milles à 12 milles marins.

    Quel est l'objectif du bellicisme d'Erdogan ?
    Quel est l'objectif d'Erdogan ? Essaye-t-il de préserver l'adhésion sans faille de ses partisans, de les détourner des problèmes les plus urgents, ou encore de se préparer à des élections anticipées ? Et s'il décide de prendre le risque d'une guerre, quel bénéfice espère-t-il obtenir ? Ecraser les Grecs, étendre le territoire turc et gagner en influence dans la région ?

    Même si la Turquie parvenait à réaliser des gains territoriaux au détriment des Grecs, ces gains resteraient illégaux et auraient un coût politique et économique énorme pour Ankara.

    Erdogan se trouve dans une impasse : exécuter ses menaces ou reculer piteusement
    Malheureusement, Erdogan se trouve maintenant dans une impasse. S'il recule, cela signifiera que les menaces de la Turquie ne sont qu'un canular. C'est peut être pour cela que le bureau d'information de la présidence turque a fait une déclaration affirmant que «La Turquie continue d'être (la Turquie pour la paix), aux quatre coins du monde, avec des solutions pacifiques et à long terme qu'elle propose aux problèmes internationaux.»

    Erdogan : le nouveau sultan islamiste
    Mais il y a un autre aspect du "problème Erdogan" et c'est une erreur que font beaucoup de critiques internationaux: Erdogan est obnubilé par son idéologie "frères musulmans" ainsi que par le mythe de la résurrection  de l'empire ottoman. Et on aurait tort de croire qu'Erdogan joue sur les nerfs de la communauté internationale et n'a pas vraiment l'intention de passer à l'acte, quelle qu'en soit la conséquence. Il ambitionne de devenir le leader incontesté des Frères musulmans et le sultan d'un nouvel empire ottoman dont l'influence s'étendrait du Moyen Orient, à l'Afrique du nord, à l'Asie centrale et même aux confins sud de l'Europe.

    Sous la bannière des Frères Musulmans, il a le soutien du Qatar, le financier de la cause, du gouvernement libyen de Tripoli, seul reconnu par l'ONU et des sympathies en Tunisie. Il compte également des "proxies" au Yémen au sein du parti al-Islah, représentant local des Frères, et en Somalie.

    Sous la bannière ottomane, on trouve l'Azerbaïdjan (qui parle une langue turque), les Turkmènes syriens, la Bulgarie, et des sympathies dans un certain nombre de pays d'Asie centrale et dans les Balkans.

    Un axe anti-Ottoman ?
    Les manoeuvres d'Erdogan sont en train de redéfinir la carte géopolitique de toute la région et c'est sans doute pour cela que la Serbie, ennemie héréditaire de la Turquie, a décidé de transférer son ambassade à Jérusalem, un nouvel allié de la coalition déjà formée par la Grèce, Israël, l'Egypte et la France, l'Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis, sans compter la Libye du maréchal Khalifa Haftar. On pourrait rajouter l'Autriche, qui se souvient sans doute de la menace ottomane, et qui semble soutenir la Grèce dans son conflit avec la Turquie.

  • Tunisie : Arrestation de deux terroristes de Daech près de la capitale

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    Le ministère tunisien de l'Intérieur a annoncé, lundi 27 juillet, l'arrestation, dans le gouvernorat de l'Ariana (proche de la capitale) de deux terroristes de Daech, dont l'un communiquait virtuellement avec des membres de l’organisation terroriste à l'étranger et comptait les rejoindre.
    Selon le communiqué du ministère de l'intérieur tunisien, "les services de l’unité nationale de recherche sur la criminalité terroriste et la criminalité organisée, relevant de la direction générale de la sécurité nationale, ont identifié et interpellé un terroriste ayant prêté allégeance à Daech".
    Le communiqué précise que l’élément terroriste avait "suivi une formation sur la façon de fabriquer des explosifs et de commettre des assassinats"
    Le terroriste arrêté "communiquait via des réseaux cryptés avec d'autres parties de la même organisation à l'étranger pour les rejoindre sur les champs de bataille", sans plus de détails sur le lieu ou le pays.
    Le terroriste a été capturé dans la région de Raoued, relevant du gouvernorat de l'Ariana, alors qu’il était en compagnie d'un sympathisant de la même organisation terroriste, qui a également été arrêté.
    Le communiqué du ministère tunisien de l'Intérieur a ajouté que "les deux individus ont été transférés devant le pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme, et le juge d'instruction en charge de l'affaire a émis un mandat de dépôt à leur encontre".
    Les autorités tunisiennes avaient déjà annoncé, mercredi dernier, avoir démantelé une cellule terroriste qui prévoyait de s’attaquer à des établissements sécuritaires et des patrouilles des forces de l’ordre dans le pays.
    Un communiqué du ministère de l'Intérieur avait expliqué que "les forces de sécurité avaient démantelé une cellule terroriste composée de 5 éléments, dont une femme (l'épouse de l'un de ses membres, surnommé Emir de la cellule)", sans préciser l'organisation à laquelle ils appartenaient.
    "La cellule opérait entre les gouvernorats de Sousse (est), Kasserine (centre ouest) et Gabès (sud), et prévoyait de s’attaquer aux forces de l’ordre, notamment, les établissements sécuritaires et les patrouilles des forces de sécurité".
    Depuis mai 2011, la Tunisie a été témoin d'actes terroristes, qui se sont intensifiés depuis 2013, tuant des dizaines de membres des forces de l’ordre, de membres de l’armée, ainsi que des touristes étrangers.

  • Tunisie : découverte et démantèlement d'une cellule terroriste

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    Les forces de sécurité tunisiennes ont démantelé une cellule terroriste dans la ville côtière de Sousse qui projetait de mener des attaques dans le pays. C'est ce qu'a fait savoir le ministère de l'Intérieur, le mercredi 22 juillet, en précisant que le groupe était composé de 5 membres. Pour l'instant, les suspects sont tous en détention. Selon les autorités, ils prévoyaient des attaques contre les quartiers généraux de la sécurité et les patrouilles de police.
    Le ministère tunisien a souligné que, selon l'enquête, certains membres de la cellule essayaient de rejoindre les militants retranchés dans les régions montagneuses du pays pour être formés à la fabrication d'explosifs. En avril, les autorités avaient déjà arrêté un groupe terroriste prévoyant de frapper les forces de sécurité du pays et diverses installations vitales et, en mai, un militant tunisien de Daech avait été capturé.
    Le dernier attentat en Tunisie a eu lieu le 6 mars 2020, lorsque deux kamikazes, Mohamed Selim Zenadi et Khoubaieb Laâqa, âgés respectivement de 29 et 27 ans, ont déclenché leur charge d'explosifs, près d'un poste de contrôle de police situé près de l'ambassade des États-Unis à Tunis, dans le quartier des Berges du Lac. Un officier est mort, le lieutenant Tawfik Mohamed Missaoui, et 6 autres personnes ont été blessées, dont 5 policiers et une femme qui était de passage. Selon le porte-parole du ministère tunisien de l'Intérieur, Khaled Hayouni, la cible de l'attaque n'était pas l'ambassade des États-Unis, mais la voiture de patrouille devant le bâtiment. Cet épisode a en tout cas mis en évidence le danger que représentent les terroristes en Tunisie, qui, selon des sources de la sécurité intérieure, ont entamé une phase caractérisée par l'imprévisibilité.
    Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, selon le rapport national sur le terrorisme de 2019, se référant à 2018, la Tunisie reste un pays à haut risque en ce qui concerne le terrorisme.
    La législation antiterroriste actuelle a été adoptée en 2015, dans le but d'améliorer la défense des droits de l'homme et la lutte contre l'extrémisme violent, conformément à la résolution 2178 du Conseil de sécurité des Nations unies et au régime de sanctions contre Al-Qaïda et l'Etat islamique. Le 23 novembre 2018, le Conseil des ministres a annoncé la nécessité de procéder à un nouvel examen des dispositions relatives à la garantie des libertés civiles et au contrôle juridictionnel. En outre, en octobre 2018, le Comité national de lutte contre le terrorisme a publié la Stratégie nationale tunisienne de lutte contre le terrorisme, qui comprend quatre piliers principaux, à savoir la prévention, la protection, les poursuites et la réponse, et contient 59 mesures au total. La Commission travaille avec les ministères de l'éducation, de la culture, de la communication et de la religion, ainsi qu'avec les organisations de la société civile tunisienne et les partenaires internationaux pour mettre en œuvre de vastes campagnes de lutte contre le terrorisme violent et de prévention du recrutement, en mettant l'accent sur les jeunes et les prisonniers. La loi de 2015 sur la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d'argent est toujours en cours de révision. Les amendements discutés en 2018 comprennent la levée de l'immunité de toute personne impliquée dans des enquêtes sur des infractions de terrorisme ou de blanchiment d'argent, l'établissement de cadres juridiques et procéduraux pour mettre en pratique l'interdiction de la prolifération et du financement des armes de destruction massive, la création d'un tribunal pour mineurs, le renforcement des sanctions pour les infractions de blanchiment d'argent et l'élargissement de la définition du crime.

  • Tunisie : arrestation d’un terroriste de Daech qui planifiait une attaque contre une unité sécuritaire

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    La Justice tunisienne a ordonné d’arrêter un élément terroriste appartenant à l’Organisation Daech, qui planifiait une attaque contre une unité sécuritaire.
    C’est ce qui ressort d’un communiqué, publié samedi par le porte-parole de la Garde nationale en Tunisie, Houssem Eddine Jebabli, sur sa page Facebook.
    Jebabli a précisé qu’une opération conjointe des services de renseignement a abouti à l’identification d’un élément terroriste dangereux, appartenant à l’Organisation Daech, et qui a bénéficié d’une formation approfondie dans la fabrication des explosifs. Le terroriste œuvrait à fournir les composants des explosifs.
    Et d’ajouter que « le terroriste planifiait une attaque contre une unité sécuritaire, avant qu’il ne soit arrêté et que son plan destructeur soit déjoué ».
    Jebabli a souligné que l’élément terroriste a été transféré aux services judiciaires spécialisés dans la lutte contre le terrorisme, qui ont ordonné de le mettre en prison, sans donner plus de détails.
    Depuis mai 2011, les attaques terroristes se sont succédées en Tunisie, notamment en 2013 lorsque des dizaines d’éléments sécuritaires et militaires ainsi que de touristes ont été tués dans des attentats. Le rythme de ces attaques a diminué, durant les dernières années.

  • Tunisie : recrudescence des tensions à Tataouine

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    La région de Tataouine, théâtre de manifestations depuis plusieurs semaines, sur fond de revendications sociales, connait depuis quelques heures un regain de tensions.
    Quelque 2000 manifestants ont pris d’assaut la station de pompage de pétrole d’El-Kamour, l’une des installations stratégiques du désert de Tataouine qui est protégée par l’armée.
    Les manifestants ont arraché les barbelés installés à l’entrée de la station et ont pénétré à l’intérieur de l’installation pour, semble-t-il, couper la vanne de pompage.
    Les unités de l’armée présentes sur les lieux font pour l’instant preuve de retenue, se contentant de s’adresser à la foule par mégaphone, leur rappelant qu’ils se sont introduits dans une zone militaire, ce qui les expose à des poursuites judiciaires.
    Un hélicoptère de l’armée tunisienne survole également la zone.
    Le correspondant de l’Agence Anadolu, qui a rapporté que les manifestants ont pris d’assaut la station brandissant des drapeaux de la Tunisie et entonnant l’Hymne national du pays, a également indiqué que Tarek Haddad, porte-parole du Sit-in d’El-Kamour, était présent sur les lieux.
    Les manifestants réclament du gouvernement l’application de toutes les clauses de l’accord d’El-Kamour conclu entre les deux parties en 2017.
    Le Sit-in d’El-kamour a débuté en 2017, lorsque des protestataires qui réclamaient la création d’emplois, ont bloqué la station de pompage dans la zone d’El-Kamour avant que les forces de l’armée n’interviennent pour la rouvrir.
    En juin 2017, le gouvernement de Youssef Chahed, avait conclu un accord, avec les représentants des contestataires dans la zone d’El-Kamour, à Tataouine, pour lever le Sit-in observé durant deux mois, en contrepartie de l’approbation des revendications portants sur le développement de la région et la création de nouveaux emplois.
    Les atermoiements répétés dans l’application de cet accord sont à l’origine du regain des tensions dans la région.
    Tarak Haddad, porte-parole des Sit-inneurs avait déclaré, lundi dernier : « Notre objectif ne consiste pas à bloquer la station de pompage, mais c’est le gouvernement qui nous oblige à aller dans le sens de son éventuelle fermeture ».
    Et d’ajouter, lors de cette même déclaration : « Nous envisageons de bloquer la station en cas de non-respect des engagements pris».