Traité de Lausanne

  • Turquie : Nous n'hésiterons pas à contrecarrer le nouveau traité de "Sèvres", déclare Erdogan

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    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré que la lutte de son pays se poursuit toujours et que la nation turque n'hésitera jamais à contrecarrer les efforts visant à imposer un nouveau traité de "Sèvres" dans la "nation bleue" (eaux territoriales)

    Dans un message publié à l'occasion du Jour de la Victoire de Dolopinar, que la Turquie célèbre le 30 août, le président turc a ajouté: "Ce n'est pas un hasard si ceux qui cherchent à exclure notre pays de la Méditerranée orientale sont les mêmes qui ont tenté de s'emparer de ses terres il y a un siècle."

    Erdogan a expliqué que «la lutte pour l'indépendance qui a été lancée sous la direction du fondateur Mustafa Kemal Atatürk en 1919 a abouti à une victoire inévitable et durable à travers la bataille de Domlopinar  le 30 août 1922.

    Il a souligné que cette victoire était comme une nouvelle notification au monde que "ces terres sont notre patrie éternelle et une affirmation du retour d'une nation sur la scène de l'histoire après avoir voulu l'enterrer".

    La Turquie commémore l'anniversaire de la victoire cette année dans un contexte de tension croissante avec la Grèce dans le contexte de l'exploration menée par Ankara à la recherche de gisements d'hydrocarbure dans les zones marines de la Méditerranée orientale disputées entre la Grèce et la Turquie.

    Le Traité de Sèvres
    Le traité de Sèvres, conclu le 10 août 1920 à la suite de la Première Guerre mondiale entre les Alliés victorieux et l'Empire ottoman, confirme l'armistice de Moudros. Ce traité, bien que signé par le sultan Mehmed VI, ne sera toutefois jamais ratifié ni appliqué.

    Par le traité de Sèvres, l'Empire ottoman renonçait officiellement et définitivement à ses provinces arabes et africaines. Le traité prévoyait également d'imposer à l'Empire de sévères abandons territoriaux au sein même de l'Anatolie. À l'ouest, la Thrace orientale, sauf Istanbul et ses environs, était cédée à la Grèce. À l'est, l'indépendance d'une grande Arménie était reconnue et une province autonome kurde créée. Les détroits étaient par ailleurs démilitarisés.

    L'Empire ottoman est alors déchiré entre deux gouvernements concurrents : celui du sultan à Istanbul et celui de Mustafa Kemal qui a pris la tête d'un gouvernement émanant d'une Grande Assemblée nationale créée à Ankara le 23 avril 1920. Mustafa Kemal ne reconnaît pas la validité du traité de Sèvres qui réduit drastiquement l'espace territorial de l'Empire1. Ce traité n'est donc jamais ratifié par l'ensemble de ses signataires et, provoquant en Turquie un sursaut nationaliste autour de Mustafa Kemal, aboutit à la chute de l'Empire ottoman, à la proclamation de la République de Turquie, à une guerre victorieuse contre la Grèce grâce à la victoire de Domlopinar le 30 août 1922 et à la négociation d'un second traité plus avantageux pour la Turquie : le traité de Lausanne.