Tchiambangou

  • Niger : quatre militaires et cinq civils tués dans une attaque près de la frontière malienne

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    Au moins quatre militaires et cinq civils nigériens ont été tués, dimanche 11 juillet 2021, dans une attaque menée par des hommes armés dans la localité de Tchiambangou, dans l'ouest du Niger, près la frontière malienne.

    "Ce jour, 11 juillet 2021 aux environs de 15h00, une centaine de terroristes à bord de plusieurs motos, lourdement armés, ont attaqué le village de Tchambangou", a indiqué un communiqué du ministère de la Défense nationale.

    "La réaction prompte et vigoureuse de nos éléments des forces de défense et de sécurité a permis de repousser l'attaque en infligeant des lourdes pertes à l'ennemi", a ajouté la même source.

    Selon un "bilan provisoire" fourni par le ministère de la Défense, quatre militaires et cinq civils nigériens ont été tués et trois autres militaires ont été blessés. Du côté des assaillants, une quarantaine ont été neutralisés et plusieurs motos et des armes de guerre saisies.

    Le village de Tchambangou est située dans le département de Ouallam de la région de Tillaberi. Dans ce même village, en janvier 2021, 70 civils avaient été tués par un autre assaut d'un groupe d'hommes armés et 30 autres personnes avaient été tuées le même mois dans le village voisin de Zaroumdareye.

    Plus récemment, le 28 juin dernier, le village de Mogodyougou, situé dans le même département, avait été attaqué par des hommes armés à bord de motos. Au moins trois villageois avaient été tués dans cette attaque.

    Le 25 du même mois, trois autres villages du département de Ouallam avaient été attaqués. Selon un bilan publié par le ministère de l'Intérieur, au moins dix-neuf civils avaient été tués par les assaillants qui ont brûlé une vingtaine de greniers, pillé deux commerces et endommagé un camion.

    Région de Tillaberi
    La région de Tillabéri est en état d'urgence depuis 2017, en raison des incursions de groupes armés djihadistes. Les autorités en sont venues à interdire les déplacements à moto, de nuit comme de jour pendant un an et dans certains cas elles ont ordonné la fermeture de marchés, où l'on soupçonnait que les djihadistes venaient s'approvisionner.

    La zone est située au centre de ce qu'on appelle la « zone trifrontière », là où se rejoignent les frontières du Niger, du Mali et du Burkina Faso. Sur ce territoire, les violences ont commencé à augmenter à la suite d'un soulèvement djihadiste en 2012, au cours duquel un groupe de militants a pris le contrôle du nord du Mali, puis s'est propagée aux pays voisins, notamment au Burkina Faso et au Niger. 

    Aujourd'hui, les groupes armés actifs dans la région sont affiliés à al-Qaïda et à l'État islamique. Leur présence a alimenté les conflits ethniques et religieux déjà existants, causant des milliers de morts et forçant des millions de personnes à fuir leurs foyers. Plus précisément, les attaques dans l'ouest du Niger ont considérablement augmenté au cours des 4 premiers mois de 2021, tuant plus de 300 personnes. 

    Plusieurs mouvements djihadistes actifs dans la région
    L' État islamique au Grand Sahara (EIGS) est actif dans la région , une organisation affiliée à l'État islamique depuis 2015. Elle est née d'une division au sein de l'organisation connue sous le nom d'al-Mourabitoun, « les Sentinelles », un groupe djihadiste violent en Afrique de l'Ouest. Ce groupe, à son tour, est issu d'une fusion, en 2013, entre le bataillon al-Mulathamun, « les hommes masqués » et le Mouvement pour l'unité et le jihad en Afrique de l'Ouest. Les deux organisations sont issues d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). En décembre 2015, al-Mourabitoun a de nouveau fusionné avec AQMI, à la suite d'une attaque conjointe contre l'hôtel Radisson Blu à Bamako, la capitale du Mali, qui a eu lieu le 20 novembre 2015 et a entraîné la mort de 20 civils.