TADJIKISTAN

  • Afghanistan : Les talibans déploient des centaines de kamikazes à la frontière avec le Tadjikistan

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    Les talibans ont déployé des centaines de kamikazes à la frontière afghane, a annoncé un responsable du mouvement.

    Nassar Ahmad Ahmadi , le vice-gouverneur de la province du Badakhshan, voisine de la Chine et du Tadjikistan, a déclaré aux médias locaux, samedi 2 octobre 2021 : « Les talibans ont préparé un bataillon exclusif de kamikazes qui seront déployés aux frontières de l'Afghanistan, en particulier dans la province du Badakhshan.

    Il a expliqué que le bataillon portait le nom de « Armée de Mansour » (Mansour Poukh). C'est le même groupe qui a mené des attentats-suicides dans le passé dans des zones contrôlées par les forces de sécurité de l'ancien gouvernement afghan sous la présence américaine.

    "S'il n'y avait pas un tel bataillon, vaincre l'Amérique aurait été impossible", a ajouté Ahmadi. "Ces hommes courageux portaient des gilets explosifs et ont bombardé les bases américaines en Afghanistan. Ce sont des gens littéralement intrépides."

    Le vice-gouverneur de la province a confirmé que les « talibans » avaient affecté, une semaine avant la prise de contrôle de Kaboul en août dernier, 500 kamikazes à des opérations spéciales, expliquant que le même bataillon suicide avait participé à la prise de contrôle de la province du Panjshir.

    Ahmadi a souligné que le bataillon dispose de tous les équipements et véhicules nécessaires et bénéficie de plus de privilèges que les autres combattants talibans.

     

  • Tadjikistan : Les tensions à la frontière entre l'Afghanistan et le Tadjikistan s'aggravent dangereusement 

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    La situation à la frontière entre l'Afghanistan et le Tadjikistan s'aggrave et les possibilités d'un conflit armé augmentent.

    Les deux parties envoient des troupes à la frontière et il semble que ce ne soit qu'une question de temps jusqu'à ce qu'un incident de tir provoque une réaction en chaîne qui mène aux hostilités.

    Les relations entre les deux pays voisins se sont détériorées après l'arrivée au pouvoir des talibans en Afghanistan. Cela est principalement dû à la rhétorique du côté du Tadjikistan, le président Rahmon s'est exprimé en faveur du Front Nationale de Résistance (FNR), et en soutien au chef de l'Alliance du Nord, Ahmad Shah Massoud, qui a pris les armes contre les talibans.

    De plus, les dirigeants tadjiks du Panjshir opèrent à partir de Douchanbé et  s'opposent également à l'idéologie des talibans.

    Le 27 Septembre e , Président Rahmon a organisé un défilé dans Darvaz, exactement à la frontière de l' Afghanistan.

    L'évènement a vu défiler des gardes frontières, ainsi que des troupes au sol, en plus des forces de l'ordre. 

    Au total, 2 000 militaires et 50 unités de matériel militaire ont pris part au défilé. 

    Le district de Darvaz fait partie de la région autonome du Gorno-Badakhchan et est frontalier de l'Afghanistan.

    Avant cela, Rahmon avait fait des déclarations critiques du mouvement taliban.

    Le 23 Septembre 2021, prenant la parole au 76e Assemblée Générale des Nations Unies, il a appelé à des élections indépendantes en Afghanistan et la création d'un gouvernement incluant tous les groupes ethniques, y compris les Tadjiks afghans.

    Le Tadjikistan craint également que les talibans cherchent à infiltrer le pays. Un responsable anonyme du Service frontalier du Tadjikistan, une branche du Comité national de sécurité de l'État, a confirmé que les autorités tadjikes examinent les informations provenant de diverses sources selon lesquelles des militants islamiques préparaient des infiltrations depuis le nord de l'Afghanistan.

    Washington profiterait des tensions dans la région dans sa stratégie contre Pékin
    Le Tadjikistan voit la main des États-Unis derrière ce regain de tension entre l'Afghanistan et le Tadjikistan. Des tensions dans cette région pourraient entraver l'expansion de la Chine dans la région.

    Pékin a un intérêt et beaucoup à gagner si la région se stabilise. La Chine est le principal créancier de l'économie tadjike, ce qui signifie que Pékin a un moyen de pression pour calmer l'ardeur des Tadjiks.

    La Chine créancier majeur du Tadjikistan et mainmise des Chinois sur les ressources minières du Tadjikistan, notamment sur les Terres Rares
    Selon les dernières données, le Tadjikistan doit à la Chine plus de 1,2 milliard de dollars, tandis que la dette extérieure totale selon le ministère des Finances du Tadjikistan au 1er octobre 2020 est d'environ 3,2 milliards de dollars. Pour faire simple, plus d'un tiers de la dette extérieure du Tadjikistan est dû à la Chine. Selon les dernières données, environ 80% des gisements d'or de la république sont déjà exploités par des entreprises chinoises. La même situation prévaut pour les métaux rares, pour lesquels la Chine bénéficie d'une domination totale. Et pour empêcher le Tadjikistan de la concurrencer, Pékin a utilisé ses alliés locaux pour expulser les sociétés étrangères engagées dans l'exploitation des terres rares, notamment les Canadiens, sans apparemment de réactions d'Ottawa. 

  • Afghanistan : Les talibans accusent le Tadjikistan d'ingérence dans les affaires afghanes

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    Abdul Ghani Baradar, chef adjoint du gouvernement afghan formé par les talibans , a déclaré que le Tadjikistan s'immisçait dans les affaires intérieures du pays.

    "Le Tadjikistan s'ingère dans nos affaires, pour chaque action, il y a une opposition", a-t-il déclaré dans une interview à la chaîne de télévision Al-Jazeera.

    Ces déclarations font suite à l'annonce par les talibans la veille qu'ils déploieraient des unités des forces spéciales dans la province de Takhar à la frontière avec le Tadjikistan, sous prétexte de « neutraliser les menaces sécuritaires ».

  • Tadjikistan : Les militants tadjiks qui ont combattu aux côtés des Talibans en Afghanistan envisagent de continuer le combat au Tajikistan

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    (Farangis Najibullah et Mumin Ahmadi)

    Des responsables à Douchanbé disent avoir reçu des informations selon lesquelles des militants tadjiks qui ont combattu aux côtés des talibans en Afghanistan envisagent maintenant de traverser la frontière avec le Tadjikistan.

    Un responsable des services frontaliers du Tadjikistan, une branche du Comité national de sécurité de l'État, a confirmé que les autorités tadjikes examinent les informations provenant de diverses sources selon lesquelles des militants préparent des infiltrations depuis le nord de l'Afghanistan.

    "Nous avons de tels rapports", a déclaré le responsable le 22 septembre 2021 sous couvert d'anonymat. "Que cela se produise ou non, nous voyons certaines menaces à la sécurité de l'autre côté de la frontière et nous sommes prêts à y faire face."

    Le Tadjikistan partage plus de 1 400 kilomètres de frontière avec l'Afghanistan. L'ancienne république soviétique est en état d'alerte depuis l'arrivée des talibans à la frontière entre l'Afghanistan et le Tadjikistan au début de l'été, quelques semaines avant de prendre le contrôle de Kaboul le 15 août.

    En juin, des sources de sécurité à Douchanbé se sont dites préoccupées par le fait qu'un commandant militant tadjik notoire de 25 ans, Mohammad Sharifov, avait été chargé de la sécurité dans cinq districts frontaliers saisis par les talibans dans la province afghane de Badakhshan, au nord-est.

    Des sources de sécurité au Tadjikistan disent également que Sharifov - connu sous le pseudonyme de Mahdi Arsalon - s'est également rendu à Kaboul après la chute des talibans, apparemment pour des consultations avec les dirigeants talibans.

    Sharifov est retourné dans la région frontalière du nord de l'Afghanistan il y a une semaine et a été vu dans la province de Badakhshan ces derniers jours, ont déclaré plusieurs villageois locaux.

    Un ancien responsable de la sécurité afghan ayant une connaissance approfondie de la région a déclaré le 22 septembre que des militants talibans tadjiks avaient rassemblé des informations sur les endroits les plus faciles pour traverser la frontière avec le Tadjikistan.

    "Bataillon du martyre"
    Les derniers rapports arrivent alors que les médias pro-talibans en Afghanistan ont rapporté le 22 septembre qu'une nouvelle branche du soi-disant bataillon du martyre de Lashkar-e Mansouri a été établie dans la province du Badakhshan.

    Selon l'agence de presse Bakhtar, cette décision vise à contrer les "menaces possibles" contre les nouveaux dirigeants talibans afghans.

    Dans la province orientale du Badakhshon, au Tadjikistan, qui borde l'Afghanistan, le porte-parole du gouvernement régional, Gholib Niyatbekov, a déclaré qu'il y avait eu de nombreuses "rumeurs" sur la possibilité d'une attaque militante depuis l'Afghanistan ces derniers jours.

    Niyatbekov a mis en doute la gravité de la menace. Mais il a dit que les gardes-frontières tadjiks ont été renforcés dans la région.

    Le porte-parole des talibans à Kaboul, Zabihullah Mujahid, a nié que des militants planifiaient une attaque contre le Tadjikistan. Mujahid a déclaré le 22 septembre que "personne ne sera autorisé à utiliser le territoire afghan pour nuire à ses voisins".

    En juin, Mujahid a également démenti les informations selon lesquelles les talibans auraient chargé Sharifov de la sécurité dans les zones proches de la frontière avec le Tadjikistan.

    Mais de multiples sources et témoins oculaires dans le nord de l'Afghanistan insistent sur le fait que « Arsalon » supervise les districts de Kuf Ab, Khwahan, Maimay, Nusay et Shekay.

    Au cours de l'avancée des talibans cet été, le président tadjik Emomali Rakhmon a ordonné le déploiement de 20 000 forces supplémentaires pour aider à garder la frontière du Tadjikistan.

    Le Tadjikistan a également récemment mené des exercices militaires avec des troupes russes et d'autres membres du groupe de sécurité dirigé par Moscou, l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC).

    Après la prise du pouvoir par les talibans à Kaboul, Rakhmon a averti que Douchanbé ne reconnaîtrait aucun gouvernement en Afghanistan qui sape les "intérêts des Tadjiks ethniques et des autres minorités" en Afghanistan.

    Meurtres brutaux
    Les talibans ont déclaré qu'ils ne représentaient aucune menace pour les pays voisins. Néanmoins, le Tadjikistan reste méfiant face à la présence de centaines de militants tadjiks en Afghanistan.

    Sharifov et ses combattants sont membres de Jamaat Ansarullah, qui est interdit au Tadjikistan en tant que groupe terroriste.

    Jamaat Ansarullah - également connu sous le nom d'Ansarullah ou Ansorullo - a été fondée par un ancien commandant de l'opposition tadjike il y a une décennie dans le but ultime de renverser le gouvernement de Douchanbé.

    Sharifov aurait été impliqué dans le recrutement de citoyens tadjiks pour rejoindre les talibans dans le passé alors que les talibans se battaient encore contre le gouvernement soutenu par l'Occident à Kaboul. Une source de sécurité au Tadjikistan a affirmé qu'il avait « présenté » environ 200 militants tadjiks aux talibans.

    Des combattants tadjiks de la province du Badakhshan ont attiré l'attention des autorités afghanes en novembre 2020 lorsque des images sont apparues sur les réseaux sociaux montrant des insurgés tuant brutalement des hommes en uniforme de l'armée afghane.

    Certains des militants parlaient avec un accent tadjik distinct. La vidéo aurait montré la chute du district de Maimay de la province aux mains des talibans.

    Les autorités tadjikes ont identifié au moins 10 des insurgés comme étant des citoyens tadjiks. Les responsables du ministère de l'Intérieur tadjik confirment que Sharifov faisait partie du groupe.

     

  • Asie centrale : Progression du terrorisme

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    Le retrait des troupes américaines, suivi par la victoire totale des talibans en Afghanistan, semble avoir créé de nouveaux espoirs et une nouvelle dynamique pour les organisations terroristes qui visent directement à la Russie. L'objectif de Moscou de maintenir son influence sur le anciennes républiques soviétiques est de plus en plus menacé.

    Incapables de vaincre les talibans en Afghanistan, les  groupes islamiques radicaux rivaux ont été contraints de migrer vers les pays voisins d'Asie centrale. La tactique de ces groupes est simplement de gagner de l'espace, de former de plus en plus de bases et ainsi de permettre une expansion de leurs activités dans cette région. Le Turkménistan, le Tadjikistan, le Kirghizistan, l'Ouzbékistan et le Kazakhstan sont devenus les cibles de plusieurs organisations islamiques radicales qui ont fait leurs armes en Afghanistan mais qui doivent maintenant trouver des cieux plus cléments pour perpétrer leur idéologie sans passer sous le joug des talibans dont le crime, à leurs yeux, est d'avoir pactiser avec les Américains. Le résultat en est la propagation constante du chaos à travers le sous-continent d'Asie centrale, sapant les gouvernements locaux et les possibilités de coopération internationale entre ces pays et d'autres États.

    Parallèlement, des organisations islamiques radicales préexistantes dans ces pays ont commencé à intensifier leurs activités dès le moment où elles ont commencé à recevoir des jihadistes venus d'Afghanistan en renfort de leurs troupes. Le Mouvement islamique d'Ouzbékistan (MIO) et le Mouvement islamique du Turkestan oriental (ETIM) ont connu une croissance exponentielle ces derniers mois. Ces organisations ont des liens historiques avec les talibans, avec un soutien mutuel, une coopération militaire et financière. Cependant, contrairement à ces groupes, les talibans ont eu du mal à expliquer la position « plus douce » de leur régime à Kaboul ces derniers temps, ce qui a sapé les relations et généré des frictions. Les talibans ont récemment promis à Pékin qu'ils réprimeraient les actes contraires à la souveraineté chinoise et qu'ils ne soutiendraient pas les actions des terroristes ouïghours, comme c'est le cas avec l'ETIM.

    Dans le même ordre d'idées, le MIO est en mauvais termes avec les talibans depuis les années 1990, lorsqu'il a mené des raids sur le sol afghan sous le gouvernement taliban. En 2015, le groupe a conclu une alliance avec l'Etat islamique, provoquant la rupture totale de  leurs liens avec les talibans. Bien plus, il considère les talibans comme des "renégats", un groupe ennemi qu'il faut combattre. 

    D'autres milices locales affiliées à l'Etat islamique ont récemment intensifié les actes de violence, formant un vaste réseau international d'organisations islamiques radicales, travaillant ensemble contre tous les gouvernements d'Asie centrale, y compris les talibans, qui est le gouvernement de facto à Kaboul aujourd'hui.

    Rendant la crise sécuritaire dans la région encore plus tendue, les talibans eux-mêmes vont être contraints dans un proche avenir « d'internationaliser » leurs actions sécuritaires et effectuer des raids dans d'autres pays d'Asie centrale contre les bases des groupes islamiques radicaux afin de les empêcher de poursuivre leurs actions hostiles en Afghanistan même. 

    Il faut donc s'attendre à une grande crise sécuritaire où toutes les parties essaient de se protéger face à une situation en rapide évolution. La Russie essaie depuis des décennies de consolider une politique d'influence sur l'espace d'Asie centrale qui appartenait à l'Union soviétique, et cela a raisonnablement réussi. Mais maintenant, la menace à changer, et elle est frontale. Avec autant de conflits qui menacent dans la région, la Russie ne pourra maintenir son influence que si elle participe activement à assurer la sécurité des pays victimes des violences des groupes islamiques radicaux. Mais elle va se trouver en concurrence avec une autre super-puissance, les Etats-Unis, qui  – avec le soutien de la Turquie – cherchent à créer des bases militaires en Asie centrale pour combattre les terroristes.

    Sans oublier la Chine qui a également l'intention d'accroître son influence dans la région, tant pour des raisons sécuritaires qu'économiques. En plus des négociations avec les talibans, Pékin a mené des manœuvres militaires avec le Tadjikistan, dont on peut considérer qu'il est déjà passé sous influence chinoise. 

    Une coalition de forces entre Moscou, Pékin et les talibans peut empêcher la formation d'un scénario encore pire dans la région, mais il n'est dans l'intérêt des deux parties que les talibans s'étendent au-delà de l'Afghanistan, donc dans un éventuel accord, les talibans devraient accepter de ne pas effectuer d'incursions à l'étranger.

  • Afghanistan : Derniers développements

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    Les talibans annoncent une "amnistie générale" pour tous les fonctionnaires d'Etat
    Les talibans ont annoncé, mardi 17 août 2021, une amnistie générale pour tous les fonctionnaires d'État, les appelant à retourner au travail, deux jours après avoir pris le pouvoir en Afghanistan, grâce à une offensive éclair.

    "Une amnistie générale a été déclarée pour tous (...), donc vous devriez reprendre vos habitudes de vie en pleine confiance", ont indiqué les talibans dans un communiqué.

    Biden ne regrette rien
    Joe Biden a défendu, lundi 16 août, sa décision de retirer les troupes américaines d'Afghanistan, malgré les scènes de détresse à l'aéroport de Kaboul, où des milliers de personnes tentaient de fuir le pays désormais contrôlé par les talibans.

    "Je suis profondément attristé par la situation, mais je ne regrette pas" la décision de retirer les forces américaines d'Afghanistan, où elles étaient entrées 20 ans plus tôt pour chasser les talibans du pouvoir, a déclaré M. Biden dans une adresse à la nation très attendue. Il était resté muet tout au long d'un weekend qui a vu le mouvement islamiste radical entrer à Kaboul, après une fulgurante offensive qui en à peine dix jours lui a permis de prendre le contrôle de quasiment tout le pays et investir le palais présidentiel, déserté par le président Ashraf Ghani, en fuite à l'étranger. Cible de vives critiques, aux États-Unis comme à l'étranger, Biden a répété que la mission de Washington n'avait jamais été de bâtir une nation démocratique dans un pays instable, mais "d'empêcher une attaque terroriste sur le sol américain".

    Les États-Unis étaient intervenus en Afghanistan en 2001 en raison du refus des talibans de livrer le chef d'al-Qaïda, Oussama Ben Laden, dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001. "Les forces américaines ne peuvent pas, et ne devraient pas, mener une guerre et mourir d'une guerre que les forces afghanes n'ont pas la volonté de combattre pour eux-mêmes", a continué M. Biden, concédant toutefois que l'effondrement du gouvernement afghan avait été plus rapide "que nous ne l'avions prévu."

    Réactions plus mitigées du côté des alliés
    Le ministre britannique de la Défense, Ben Wallace, a dénoncé un "échec de la communauté internationale", et la chancelière allemande, Angela Merkel, a conclu que tout "n'a pas été réalisé comme nous l'avions prévu".

    Le président français, a estimé que l'Afghanistan ne devait "pas redevenir le sanctuaire du terrorisme qu'il a été". Il a ajouté que l'action de la France "visera d'abord à continuer de lutter activement contre le terrorisme islamiste sous toutes ces formes". "Des groupes terroristes sont présents en Afghanistan et chercheront à tirer profit de la déstabilisation", a mis en garde le président français, en appelant à "une réponse (internationale) responsable et unie", et "une action politique et diplomatique". "C'est un enjeu pour la paix et la stabilité internationale, contre un ennemi commun, le terrorisme et ceux qui le soutiennent ; à cet égard, nous ferons tout pour que la Russie, les Etats-Unis et l'Europe puissent efficacement coopérer, car nos intérêts sont les mêmes", a-t-il ajouté.

    Une conséquence qui devrait être logique pour tous les pays européens : la fin de l'OTAN et une défense européenne digne de ce nom, n'en déplaise aux Allemands
    Enfin, ajoutons que les alliés de l'OTAN se sentent mal à l'aise et appellent maintenant à repenser l'alliance après la sortie "unilatérale" de l'Afghanistan de Biden. Espérons que les désillusions engendreront une refonte de la politique de défense européenne !

    Talibans et al-Qaïda intimement liés
    Un avertissement du président français un peu hors sol car il est clair qu'al-Qaïda et les talibans sont intimement liés. "Ce qui se passe en Afghanistan est une victoire claire et retentissante pour al-Qaïda", a affirmé Colin Clarke, directeur de recherche du Soufan Center, pour qui al-Qaïda va en profiter pour attirer des recrues et créer une nouvelle dynamique.
    Un rapport des Nations unies de l'été 2020 souligne qu'Ayman al-Zawahiri, chef d'al_Qaida, a personnellement négocié auprès des dirigeants taliban des assurances que ceux-ci continueraient de protéger al_Qaida, en cas d'accord avec les Etats-Unis.

    600 soldats de l'armée afghane participent à la protection de l'aéroport de Kaboul
    Nous avons appris aujourd'hui que pas moins de 600 soldats afghans aident les États-Unis à maintenir la sécurité à l'aéroport de Kaboul. Que leur arrive-t-il lorsque la mission se terminera le 31 août ? Le Pentagone dit qu'ils pourront demander des visas.

    Kaboul est calme hormis la zone de l'aéroport
    La vie a repris mardi à Kaboul sous le nouveau régime taliban qui appelait à retourner au travail, même si les habitants apeurés restaient sur leurs gardes.

    Les talibans ont multiplié les gestes d'apaisement à l'égard de la population depuis qu'ils sont entrés à Kaboul. Ils ont appelé chacun à reprendre ses "habitudes de vie en pleine confiance". Des magasins ont rouvert, le trafic automobile a repris et des policiers faisaient la circulation, les talibans tenant des postes de contrôle. Un responsable taliban a accordé une interview à une journaliste d'une chaîne d'informations, tandis qu'une école de filles a rouvert à Hérat (ouest).

    Des signes montraient que la vie ne serait plus celle d'hier. Les hommes ont troqué leurs vêtements occidentaux pour le shalwar kameez, l'ample habit traditionnel afghan, et la télévision d'État diffuse désormais essentiellement des programmes islamiques.
    Les écoles et universités de la capitale restent fermées, et peu de femmes osaient se risquer dehors, même si quelques-unes se sont brièvement rassemblées devant l'entrée de la "zone verte" pour demander le droit de retourner y travailler. Des talibans ont tenté en vain de les disperser avant qu'elles se laissent convaincre par des civils de partir.

    Pour nombre d'Afghans, la confiance sera dure à gagner. Du temps où ils étaient au pouvoir (1996-2001), les talibans avaient imposé une version ultra-rigoriste de la loi islamique. Les femmes ne pouvaient ni travailler ni étudier, et voleurs et meurtriers encouraient de terribles châtiments.

    "Les gens ont peur de l'inconnu", confie un commerçant de Kaboul. "Les talibans patrouillent la ville en petits convois. Ils n'importunent personne, mais bien sûr les gens ont peur". Malgré les assurances des talibans, certaines informations semblaient suggérer qu'ils continuaient à rechercher des responsables gouvernementaux, un témoin racontant que des islamistes étaient entrés dans la maison d'un de ces officiels pour l'emmener de force.

    Premières instructions pour les femmes : Voile obligatoire mais pas la burqa, annonce un porte-parole des talibans
    Le port de la burqa, un voile intégral, ne sera pas obligatoire pour les femmes car "'il existe différents types de voile", a annoncé mardi un porte-parole des talibans qui ont pris le pouvoir en Afghanistan.

    Lorsque les talibans dirigeaient ce pays, entre 1996 et 2001, les écoles de filles étaient fermées, les femmes ne pouvaient ni voyager ni travailler, et étaient obligées de porter en public une burqa, un voile qui recouvre tout le corps et le visage, avec une grille en tissu au niveau des yeux.

    "La burqa n'est pas le seul hijab (voile) qui peut être porté. Il  existe différents types de hijab qui ne se limitent pas à la burqa", a déclaré Suhail Shaheen, porte-parole du bureau politique du groupe à Doha, à la chaîne britannique Sky News. Il n'a toutefois pas précisé quels sont les autres types de hijab qui seraient jugés acceptables par les talibans.

    Suhail Shaheen a également donné les premiers éléments de la politique des talibans concernant l'éducation des filles.
    "Elles peuvent recevoir une éducation du primaire à l'université. Nous avons annoncé cette politique lors de conférences internationales, à la conférence de Moscou et ici à la conférence de Doha (sur l'Afghanistan)", a expliqué M. Shaheen. "Des milliers d'écoles dans les zones contrôlées par les talibans sont toujours ouvertes", a-t-il précisé.

    Sous le précédent règne de ce mouvement radical, les femmes ne pouvaient quitter leur domicile qu'accompagnées d'un "mahram", un chaperon masculin de leur famille. Les flagellations et les exécutions, y compris les lapidations pour adultère, étaient pratiquées sur les places des villes et dans les stades.

    "Ne croyez pas les talibans !", avertit une jeune Afghane 
    « Ne croyez pas les mensonges des talibans. J'ai 23 ans. Les talibans marient de force des femmes comme moi à leurs combattants. Le porte-parole des talibans a un compte sur Twitter. Pour quelle raison? Pour répandre leurs mensonges dans le monde. Vidéo.

    Mauvais signe : Les talibans entravent le départ des Afghans à l'aéroport de Kaboul, accuse Berlin
    Les talibans de retour au pouvoir entravent l'accès à l'aéroport de Kaboul aux candidats afghans au départ, a déploré mardi le gouvernement allemand.

    "Autour de l'aéroport de Kaboul, des postes de sécurité ont été mis en place par les talibans pour en contrôler l'accès", indique le ministère allemand de la Défense dans un rapport dont l'AFP a obtenu copie. "En bouclant l'aéroport, les talibans permettent aux forces internationales d'établir un trafic aérien ordonné pour évacuer leurs ressortissants. Dans le même temps cependant, la fermeture de l'aéroport rend difficile l'évacuation des ressortissants afghans", précise le ministère de la Défense.

    "Nous collaborons avec les Etats-Unis en particulier, mais aussi avec d'autres états partenaires, pour faire en sorte que les forces locales puissent également se rendre à l'aéroport", a de son côté déclaré le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas. "Pour elles, la situation est beaucoup plus dangereuse, car il n'y a aucune garantie qu'elles seront autorisées à passer aux points de contrôle talibans", a-t-il prévenu lors d'une conférence de presse. "Certains parviennent tout de même à se rendre à l'aéroport, mais nous voulons nous assurer que l'itinéraire des forces locales entre la ville et l'aéroport est aussi sûr que possible", a précisé le ministre. Plus tôt dans la journée, Angela Merkel avait fait valoir que la question des prochains jours serait "surtout de savoir combien de personnes pourraient atteindre l'aéroport de Kaboul".

    Berlin estime à environ 2.500 les employés locaux, avec leurs familles, qui ont travaillé avec les troupes allemandes ou à l'ambassade, et qui doivent être évacués du pays. A ce nombre s'ajoutent selon Berlin environ 2.000 militants des droits de l'homme ou membres d'organisations non gouvernementales eux aussi candidats au départ. Avec leurs familles, le nombre atteindrait 10.000 personnes. Mais les opérations d'évacuation restent chaotiques à ce stade. Un avion militaire allemand a ainsi quitté Kaboul avec seulement sept ressortissants afghans à son bord. Un second avion allemand pu décoller mardi de Kaboul avec cette fois 125 personnes, dont des Afghans, selon M. Maas. "La Bundeswehr (armée allemande) sécurise l'accès pour nous et nous travaillons dur pour faire en sorte que davantage de personnes de Kaboul puissent être mises en sécurité dans le courant de la journée", a-t-il promis.

    22 avions et 24 hélicoptères de l'armée de l'air afghane ont fui vers l'Ouzbékistan
    Les 14 et 15 août, 22 avions militaires et 24 hélicoptères militaires de l'armée de l'air afghane sont entrés dans l'espace aérien de l'Ouzbékistan. 585 soldats afghans ont également franchi la frontière en deux jours.

    Les chiffres ont été rapportés par le bureau du procureur général sur Telegram, mais le message a ensuite été supprimé, selon les médias.

    Le 15 août, trois avions militaires afghans Embraer 314 ont demandé à atterrir sur l'aéroport de Khanabad en Ouzbékistan. Par ailleurs, un avion afghan et un MiG-29 de l'armée de l'air ouzbèke sont entrés en collision et se sont écrasés dans le district de Sherabad de la région de Surkhandarya, selon le même message dans Telegram. L'accident s'est produit alors que le MiG-29 interceptait l'avion miltaire afghan. Les pilotes de ces avions se seraient éjectés et atterris en parachute.

    Aucune vidéo n'a encore été publiée pour prouver les informations.

    Un autre incident a eu lieu au-dessus de l'Ouzbékistan dans la même soirée. Un avion de l'Afghan Air Force s'est écrasé après être entré dans l'espace aérien du pays à la frontière avec l'Afghanistan. Le ministère de la Défense de l'Ouzbékistan a rapporté que l'avion avait été intercepté par les forces de défense aérienne qui ont stoppé une tentative de l'avion de violer la frontière. Cela s'est passé dans le même district de Sherabad. À la suite de l'incident, deux membres de l'équipage afghan se sont éjectés et ont été transportés à l'hôpital, l'un d'eux est dans un état grave. 

    Plus tard, le 16 août, une vidéo d'un atterrissage d'urgence d'un hélicoptère afghan UH-60 a été diffusée sur les réseaux sociaux. L'hélicoptère avec à son bord une dizaine de soldats afghans a atterri dans un champ de coton en Ouzbékistan. .

    158 autres citoyens afghans, des militaires et des civils, ont récemment traversé le fleuve Amou-Daria dans le district frontalier de Termez.

    De nombreux équipements militaires ont été abandonnés au poste frontière. Une vidéo montre le pont du fleuve Amou-Daria encombré de véhicules militaires de l'armée afghane.

    L'Ouzbékistan n'est pas la seule destination des réfugiés afghans. Ces derniers mois, tous les pays voisins ont été confrontés à une augmentation du nombre d'Afghans qui franchissaient les frontières, légalement et illégalement.

    Deux avions avec du personnel militaire afghan ont récemment atterri au Tadjikistan. Les avions ont été autorisés à atterrir à l'aéroport de la ville de Bokhtar après avoir envoyé des signaux SOS. Selon les rapports, plus de 100 soldats afghans étaient à bord.

     

  • Afghanistan : Derniers évènements sécuritaires (mise à jour au fur et à mesure des évènements)

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    Les talibans prennent Mazar-i-Sharif, grande ville du nord.
    Les talibans se sont emparés, samedi soir 14 août, de Mazar-i-Sharif, dernière grande ville du nord de l'Afghanistan encore contrôlée par le gouvernement, accroissant encore leur emprise sur le pays.

    Les talibans "paradent sur leurs véhicules et leurs motos, tirant en l'air pour célébrer" la prise de la ville, a raconté samedi soir à l'AFP un habitant de Mazar-i-Sharif, Atiqullah Ghayor, qui vit près de la célèbre mosquée bleue. Il a précisé que les talibans étaient entrés "sans vraiment rencontrer de résistance" dans la quatrième ville la plus peuplée du pays (500.000 habitants), après le retrait des forces afghanes. D'autres habitants ont fait des récits similaires et les talibans ont revendiqué la prise de la ville, capitale de la province de Balkh et carrefour commercial, dont les faubourgs étaient encore le théâtre d'intenses combats samedi matin. "Les combattants (talibans) se sont emparés de Mazar-i-Sharif. Tous les bâtiments officiels (...) sont sous leur contrôle", ont affirmé les talibans dans un communiqué.

    Le maréchal Abdul Rashid Dostom, ancien vice-président afghan, et Atta Mohammad Noor, ex-gouverneur de Balkh, qui avaient pris la tête de forces locales de résistance aux talibans à Mazar-i-Sharif, ont trouvé refuge en Ouzbékistan voisin, selon un proche du second, précisant que leurs forces s'étaient elles retirées à une soixantaine de km de la ville.

    Le célèbre seigneur de guerre Qaisari a été capturé par les talibans à Mazar-i-Sharif.
    On ignore quel sera son sort. Qaisari est accusé de graves violations des droits humains non seulement par les talibans, mais aussi par des organisations locales et internationales. Vidéo.

    La ville de Khost également tombée aux mains des talibans
    Le porte-parole des talibans  a officiellement revendiqué la capture de la ville de Khost.
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    Plus tôt, le président afghan Ashraf Ghani avait promis de poursuivre le combat contre les insurgés qui continuent à se rapprocher de la capitale Kaboul, presque encerclée et où les habitants ne cachent pas leur angoisse de l'avenir.
    "La re-mobilisation de nos forces de sécurité et de défense est notre priorité numéro un et d'importantes mesures sont prises à cet effet", avait assuré à la mi-journée, le président Ghani dans une adresse télévisée. Il n'a fait aucune allusion à une possible démission, réclamée par certains, mais a précisé avoir entamé des "consultations" au sein du gouvernement, avec des responsables politiques et les partenaires internationaux, pour trouver "une solution politique dans laquelle la paix et la stabilité" seront préservées.
    "Ces consultations avancent rapidement et nous ferons part de leur résultat à nos compatriotes très vite", a-t-il ajouté. Dans la soirée, le palais présidentiel a précisé qu'"une délégation sera prochainement constituée par le gouvernement et prête à négocier".

    6 provinces tombées aux mains des talibans en une seule journée, samedi 14 août 2021 :
    1: Paktika
    2: Paktia
    3: Kunar
    4: Faryab
    5: Balkh
    6: Laghman 
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    "Inquiet pour l'avenir"
    La situation militaire est critique pour le pouvoir en place. En à peine plus d'une semaine, les talibans ont pris le contrôle de presque tout le nord, l'ouest et le sud de l'Afghanistan et sont arrivés aux portes de Kaboul. Ils ne sont plus qu'à 50 km de la capitale et ne montrent aucun signe de vouloir ralentir leur marche. Samedi, ils avaient déjà pris la province de Kunar, dans l'Est, et pourraient bientôt approcher de Kaboul par le nord, le sud et l'est.

    E8fulV8WYAA-YyM.jpegLe général Saadat nouveau promu responsable de la sécurité pour Kaboul
    Le général Seyed Sami Saadat (photo ci-contre) nommé responsable de la sécurité publique dans la ville et la province de Kaboul.
    La présidence afghane a tweeté hier soir que le général Saadat avait été nommé par le président Ashraf Ghani.
    Le général Saadat était à la tête de l'armée afghane lors des récentes batailles de Kandahar et de Laskargah, qui sont toutes deux tombées en 24 heures.
    Le poste était devenu vacant car le général Hebatullah Alizai, ancien commandant du 209e corps Shaheen et récemment nommé à la tête de l'armée afghane, s'était rendu aux talibans samedi 14 août dans la province de Balkh. Il semble qu'il ait conspiré avec les talibans et abandonné les lignes de défense, ordonnant à ses troupes de se rendre.

    Jalalabad
    Les talibans viennent d'annoncer (dimanche matin 15 août) leur arrivée à Jalalabad, la capitale de la province de Nangarhar. La ville est tombée sans aucune résistance selon des sources locales. Vidéo des talibans à Jalalabad. Autre vidéo. Ci-dessous, photo prise ce dimanche 15 août). 
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    La peur s'empare de Kaboul
    Au sein des habitants de Kaboul et les dizaines de milliers de personnes qui ont fui leur foyer ces dernières semaines pour se réfugier dans la capitale, la peur prédomine. "Je pleure jour et nuit quand je vois que les talibans forcent des jeunes filles à épouser leurs combattants", a confié à l'AFP Muzhda, 35 ans, une femme célibataire arrivée avec ses deux soeurs, de la province de Parwan, un peu plus au nord. "J'ai refusé des propositions de mariage par le passé (...) Si les talibans viennent et me forcent à les épouser, je me suiciderai", prévient-elle.
    Dawood Hotak, 28 ans, un commerçant de Kaboul, est aussi "inquiet pour l'avenir" de ses jeunes soeurs et ne sait pas "ce qui va leur arriver". 

    Les rues de la capitale étaient normalement animées samedi, mais de longues queues étaient observées à la sortie des banques, et certains hommes ont indiqué à l'AFP avoir commencé à se laisser pousser la barbe, en prévision d'une arrivée prochaine des talibans.
    Beaucoup d'Afghans - les femmes en particulier -, habitués à la liberté acquises ces 20 dernières années, craignent un retour au pouvoir des talibans.

    Lorsqu'ils dirigeaient le pays, entre 1996 et 2001, avant d'être chassés il y a 20 ans par une coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, les talibans avaient imposé leur version ultra-rigoriste de la loi islamique. Les femmes avaient interdiction de sortir sans un chaperon masculin et de travailler, et les filles d'aller à l'école. Les femmes accusées de crimes comme l'adultère étaient fouettées et lapidées.

    Dans le même ordre d'idées, le réseau des églises en Afghanistan rapporte que ses dirigeants ont reçu samedi soir 14 août des lettres des talibans les avertissant qu'ils savent où ils se trouvent et ce qu'ils font. Il semble que les talibans aient l'intention de mettre fin à la liberté religieuse dans le pays. 

    Kaboul : Dernières nouvelles : Violents combats dans un quartier de la capitale afghane
    De violents affrontements ont été signalés, dimanche 15 août, dans le district de Paghman à Kaboul et autour de la périphérie de la ville de Kaboul. Des sources pro-talibanes prétendant que les moudjahidines ont capturé plusieurs positions des forces de sécurité à Paghman. Selon des sources locales, les talibans auraient lancé l'assaut final sur Kaboul. Nous attendons d'autres rapports sur la situation.
    forward_2.gifLe ministère afghan de l'intérieur vient de confirmer que les talibans ont commencé à entrer à Kaboul de toutes parts. Vidéo de l'entrée des talibans à Kaboul ce dimanche 15 août.
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    Des négociations sont en cours à Kaboul entre les talibans, le gouvernement afghan et les États-Unis. Le gouvernement afghan, la démission d'Ashraf Ghani et la mise en place d'un gouvernement de transition ont été proposés aux talibans. On ne sait pas si ceux-ci accepteront la proposition. Le résultat des négociations déterminera ce qui va se passer à Kaboul dans les prochaines heures.
    forward_2.gifLe président Ghani va céder le pouvoir à Ali Ahmad Jalali dans les prochaines heures. Jalali est l'une des figures de proue de la résistance contre les Soviétiques. Jalali formera le gouvernement de transition avec le représentant des talibans, le mollah Biradar.
    Mollah Baradar (photo ci-dessous), le chef des talibans, est arrivé à Kaboul avec Jalali pour former le gouvernement intérimaire.
    Un responsable afghan a déclaré que les troupes avaient livré la base aérienne de Bagram aux talibans. La base abrite une prison abritant 5 000 détenus. 
    forward_2.gifLe président Ghani a quitté l'Afghanistan, selon l'ancien vice-président Abdullah Abdullah
    Le président afghan, Ashraf Ghani, a quitté l'Afghanistan, où les talibans sont sur le point de prendre le pouvoir, a annoncé dimanche l'ancien vice-président Abdullah Abdullah. "L'ancien président afghane a quitté la nation", a déclaré M. Abdullah, qui est aussi le chef du Haut Conseil pour la réconciliation nationale, dans une vidéo publiée sur sa page Facebook.
    Ashraf Ghani a d'abord gagné Douchanbé, au Tadjikistan avant de se réfugier à Oman.
    On a appris que le ministre de la défense, Bismillah Mohammadi, avait également pris la fuite et s'était réfugié aux Emirats Arabes Unis.
    forward_2.gifAux dernières nouvelles, les talibans sont entrés dans le Palais présidentiel et affirment à présent qu'il n'y aura pas de gouvernement de transition. Ils ont pris le pouvoir. Les talibans devraient bientôt déclarer l'Émirat islamique d'Afghanistan depuis le palais présidentiel. C'était le nom du pays sous le gouvernement taliban renversé par les forces dirigées par les États-Unis en 2001. 
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    Humayoon Humayoon, l'ancien vice-président et ancien allié d'Ashraf Ghani, a déclaré qu'il avait été nommé chef de la police de Kaboul par les talibans pour l'émirat islamique d'Afghanistan. On assiste à un vaste changement de bord de nombreux responsables politiques et sécuritaires, sans doute préparé de longue date et à l'insu des services américains. Vidéo.

    Pendant ce temps, les talibans continuent d'investir Kaboul :
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    Instruction des talibans aux étrangers
    Les étrangers à Kaboul pourront partir s'ils le souhaitent ou enregistrer leur présence dans les prochains jours auprès des fonctionnaires talibans qui seront établis prochainement.

    Marines américains
    Un ballet d'hélicoptères a survolé samedi Kaboul, entre l'aéroport et le l'ambassade américaine, gigantesque complexe situé dans la "zone verte" ultrafortifiée, au centre de la capitale. Un premier contingent de Marines est arrivé pour sécuriser les évacuations du personnel diplomatique, ainsi que d'Afghans ayant travaillé pour les Etats-Unis et craignant des représailles des talibans. Les Etats-Unis entendent évacuer des "milliers de personnes par jour" et pour cela le Pentagone va déployer avant la fin du week-end 3.000 soldats à l'aéroport de Kaboul, a précisé vendredi son porte-parole, John Kirby. L'ambassade américaine a ordonné à son personnel de détruire les documents sensibles et symboles américains qui pourraient être utilisés par les talibans "à des fins de propagande". Cliquer sur la photo ci-dessous pour voir la vidéo d'al-Jazeera :

    Londres évacue son ambassadeur dès dimanche 15 août
    Londres a parallèlement annoncé le redéploiement de 600 militaires pour aider les ressortissants britanniques à partir.
    Plusieurs pays - Pays-Bas, Finlande, Suède, Italie et Espagne - ont annoncé vendredi réduire au strict minimum leur présence, ainsi que des programmes de rapatriement de leurs employés afghans. L'Allemagne va aussi réduire son personnel diplomatique "au minimum absolu". D'autres, dont la Norvège et le Danemark, ont fermé provisoirement leur ambassade.
    Aux dernières nouvelles, la Grande Bretagne a décidé d'évacuer son ambassadeur par avion dès dimanche soir car on craint que les Talibans s'emparent de façon imminente de Kabul et de l'aéroport qui reste le seul moyen de s'échapper.
    L'ancien ambassadeur du Royaume-Uni en Afghanistan (@NicolasK111) a déclaré de son côté qu'il "baissait la tête de honte" en suivant les évènements d'Afghanistan.

    Chaos à l'aéroport de Kaboul
    Tous les vols commerciaux suspendus depuis l'aéroport de Kaboul et seuls les avions militaires sont autorisés à opérer, a déclaré un responsable de l'OTAN.
    La France va déployer un A400M pour évacuer ses ressortissants encore présents à Kaboul. Il partira lundi 16 août à 8h00 d'Orléans en direction de la base militaire française d'Abu Dhabi d'où plusieurs rotations sont programmées avec Kaboul afin d'exfiltrer environ 200 ressortissants.

    L'administration Biden toujours satisfaite de sa décision de retrait
    Les talibans ont lancé leur offensive en mai, quand le président américain Joe Biden a confirmé le retrait des dernières troupes étrangères du pays, censé être achevé d'ici le 31 août. Joe Biden a depuis affirmé ne pas regretter sa décision, même si la rapidité avec laquelle l'armée afghane s'est désintégrée a surpris et déçu les Américains, qui ont dépensé plus de 1.000 milliards de dollars pour la former et l'équiper.
    forward_2.gifVendredi 13 août, l'administration Biden affirmait encore que Kaboul ne faisait pas face à une "menace imminente" et que la prise du pouvoir par les talibans n'était pas à leurs yeux une issue inéluctable.

    L'armée de l'air américaine intervient contre des positions talibanes
    Une source de sécurité afghane affirme qu'environ 35 militants talibans ont été tués lors de frappes aériennes par les forces américaines dans 3 provinces afghanes.

    La Turquie évacue ses missions militaires et diplomatiques
    La Turquie évacue ses missions militaires et diplomatiques en Afghanistan. Il reste le contingent turc chargé de sécuriser l'aéroport de Kaboul. Les talibans ont exigé de la Turquie qu'elle retire également ses troupes avant la fin août et menace : "pas un ne sortira vivant" si Ankara ne les retire pas."

    forward_2.gifL'immense arsenal d'armes modernes capturé par les talibans : un grave problème pour l'avenir
    Les talibans se sont emparés d'un immense arsenal mis à disposition de l'armée afghane, notamment par les Etats-Unis, au cours de leur prise de contrôle de nombreuses bases militaires. Les Etats-Unis ont dépensé 88 milliards$ pour équiper une armée afghane supposée être forte de 350.000 hommes alors qu'il s'est avéré qu'elle n'en comptait pas plus de 60.000, selon des estimations récentes. Une grosse erreur de la CIA pourtant omniprésente dans le pays. Parmi ces armes, se trouvent des avions de guerre, des hélicoptères de combat, des drones (notamment au moins 15 drones ScanEagle qui coûtent 4.000.000 $ chacun -  photos ci-dessous), des missiles, des véhicules blindés et Humvees par milliers, et toutes sortes d'armes individuelles.
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    Les avions tombés entre les mains des talibans sont des avions de combat A-29 Super Tucano COIN (contre-insurrection) livrés par les États-Unis à l'armée de l'air afghane. 
    Les avions de combat ont été saisis par les talibans dans la section militaire de l'aéroport international de Mazar-i-Sharif.
    Les États-Unis avaient acheté un total de 26 avions de combat A-29 pour l'Armée de l'air afghane au cours des cinq dernières années. Seulement 19 ont été livrés à cette date.
    L'A-29 est facile à piloter et à entretenir, et il est considéré comme l'un des avions de combat les moins chers à exploiter. Une heure de vol dessus ne coûte que 1 000 $.
    Les Super Tucano fournis à l'AAF étaient équipés de systèmes électro-optiques d'observation et de ciblage AN/AAQ-22 Star SAFIRE II. Les avions de combat étaient également armés de bombes à guidage laser GBU-58 Paveway II et de roquettes à guidage laser APKWS.
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    Les talibans ont également capturé au moins un hélicoptère d'attaque léger MD 530F Cayuse Warrior sur l'aéroport international de Mazar-i-Sharif.
    Les États-Unis ont fourni plus de 60 hélicoptères MD 530F à l'AAF. L'hélicoptère peut être armé de nacelles FN HMP400 avec mitrailleuse lourde FN M3P .50 BMG ou de nacelles M260 avec 7 roquettes Hydra 70 non guidées.
    Au cours des derniers jours, les talibans ont capturé plus d'une douzaine d'hélicoptères, dont des Mi-8/17, des UH-60 Black Hawk et des MD 530F. Les talibans n'ont pu faire décoller jusqu'ici que deux Mi-8/17 laissés par les forces gouvernementales afghanes en état opérationnel à Herat.
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    Mais les talibans n'auront pas l'utilisation de ces armes qui ne manqueront pas de faire l'objet d'une intense activité de marché noir. Le trafic  se déroulera en premier lieu au travers de l'Iran (sans compter le matériel militaire amené par l'armée afghane ayant fuit en Iran / Vidéo). Il touchera également les pays d'Asie centrale, soit directement par les frontières montagneuses de l'Afghanistan avec ses pays voisins, soit par le Pakistan. On devrait voir très rapidement les conséquences de ce trafic d'armes, tout d'abord au Cachemire indien, dans les régions troublées du Pakistan comme le Balouchistan, et plus loin ans les régions "chaudes" du Moyen Orient (Irak, Syrie, Yémen).

    N'oublions pas, enfin, qu'al-Qaïda va profiter de la victoire des talibans pour reconstituer ses bases en Afghanistan et puiser sa part du butin d'armements capturé par les talibans avec toutes les conséquences que cela pourrait représenter dans un avenir proche pour tous les pays dans le collimateur de l'organisation islamiste radicale.

    Ne pas oublier que talibans et al-Qaïda poursuivent le même but : Imposer l'islam et la charia au monde entier comme le rappelle ce commandant des talibans à CNN : « Nous sommes convaincus qu'un jour les moudjahidines remporteront la victoire et que la loi islamique ne s'appliquera pas seulement à l'Afghanistan, mais partout dans le monde. Nous ne sommes pas pressés. Nous pensons que cela viendra un jour. pas jusqu'au dernier jour." Vidéo de la déclaration de ce commandant taliban à CNN.