Syrte

  • Libye : Des groupes armés s'affrontent à Tripoli

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    De violents affrontements entre groupes armés ont éclaté dans la nuit du vendredi 5 au samedi 6 août 2022 dans la capitale libyenne Tripoli (ouest), selon des sources concordantes. D'après des médias locaux, les combats, aux armes lourdes et légères, se sont déroulés dans le quartier d'el-Jebs, dans le sud de la ville, sur fond de chaos politique avec deux gouvernements rivaux en lutte pour le pouvoir. Vidéo.

    Un journaliste de l'AFP a entendu des rafales d'armes et des explosions vers 01H00 samedi (23H00 GMT vendredi). Selon la presse locale, ces heurts ont opposé des groupes armés fidèles au chef du gouvernement basé à Tripoli, Abdelhamid Dbeibah, à d'autres proches du chef du gouvernement rival, Fathi Bachagha, qui a provisoirement élu domicile à Syrte (centre), faute de pouvoir prendre ses fonctions dans la capitale.

    La Libye est profondément divisée avec la présence de deux gouvernements concurrents, le premier, basé à Tripoli est le résultat d'un accord politique conclu il y a un an et demi dirigé par Abdel Hamid Dbeibah. Le second, basé à Syrte, est dirigé par Fathi Bachagha, nommé par le Parlement de Tobrouk (HoR) en février 2022  et qui lui a accordé sa confiance en mars.

    Le gouvernement Dabaiba s'était vu confier la tâche d'organiser les élections législatives et présidentielles prévues en décembre 2021. Cependant, les divergences entre les partis politiques libyens, notamment sur la loi électorale, ont conduit à son report sine die. Le résultat de la crise politique est que le mandat des députés du Parlement est dépassé depuis longtemps et aucune élection n'a pu être organisée pour élire un nouveau Parlement. Bachaga, nommé par le Parlement est empêché d'entrer à Tripoli par les partisans de Dbeibah qui refuse de céder le pouvoir sauf à un gouvernement nommé par un Parlement élu. En attendant, Bachaga a installé son quartier général à Syrte dans le centre du pays.

    Les combats ont pris fin après une médiation d'une autre brigade dénommée "444", selon des médias libyens. Aucun bilan n'était disponible dans l'immédiat. En février, le Parlement siégeant dans l'Est avait désigné M. Bachagha, ancien ministre de l'Intérieur, comme nouveau Premier ministre.

    Bachaga est soutenu par le puissant maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'Est libyen, dont les forces avaient tenté de conquérir la capitale en 2019. 

    Les tensions entre groupes armés fidèles à l'un ou l'autre des dirigeants rivaux se sont exacerbées ces derniers mois à Tripoli. Le 22 juillet, des combats au cœur de la ville avaient fait 16 morts et une cinquantaine de blessés.

  • Libye : Des groupes armés rivaux dans le centre et l'ouest de Tripoli

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    Les entrées de la capitale libyenne , Tripoli , ont été le théâtre de mobilisations armées samedi soir 16 et tôt dimanche matin 17 juillet 2022. Vidéo.

    Les réseaux sociaux ont transmis des images et des vidéos de convois équipés d'armes moyennes, apparemment « se déplaçant d'Al-Zawiya (port pétrolier situé à 40 km à l'ouest de Tripoli) et stationnés à la porte du « pont 27 », à l'ouest de la capitale, avec l'intention de ré-installer le président du conseil d'administration de la National Oil Corporation, Mustafa Sanalla, révoqué par le Premier ministre du gouvernement d'union nationale, Abdel Hamid Dbeibah et remplacé par Farhat Omar bin Qadara.

    Le lendemain, depuis Benghazi, il a été annoncé la reprise de la production et de l'exportation de pétrole et la levée de l'état de "force majeure" sur les champs pétrolifères et les ports, dans une décision qui aurait été convenue entre Dbeibah et le commandant en chef de l'Armée Nationale Libyenne (ANL), le maréchal Khalifa Haftar.

    En revanche, d'autres colonnes soutenant Dbeibah se sont déployées et retranchées à l'entrée ouest de Tripoli dans la zone « Al-Ghiran », avec des mouvements militaires à l'entrée est de la ville à Tajoura, et au sud sur la route de l'aéroport, ainsi que devant le siège de la National Oil Corporation (NOC), au centre de la ville.

    De son côté, Jamal al-Kafali, journaliste et diplomate proche du commandant de la Région militaire de l'Ouest, le général de l'Armée Nationale Libyenne Oussama Jawili, a nié l'existence de tout mouvement des forces de la région (qui soutient le Premier ministre nommé par la Chambre des représentants , Fathi Bashagha).

    Al-Kafali a indiqué sur sa page Facebook que certaines forces militaires avaient été activées dans la région et que des ordres avaient été donnés de ne pas quitter les casernes. Des proches de Jawili ont  confirmé que "l'Armée Nationale Libyenne n'interférera pas dans tout conflit lié à la société pétrolière ou à toute autre institution".

    Dans le même contexte, Ahmed al-Ruwati, un homme politique proche de Bashagha, a nié un quelconque lien de ses forces à ces mouvements. Il a réfuté la présence de Bashagha à Tripoli, et a confirmé sur sa page Facebook que Bashagha se trouvait toujours  à Syrte, "où se trouve le siège de son gouvernement", expliquant que tout le monde connaît les raisons du mouvement militaire dans la capitale et ses environs. Il est lié "contrebandiers de carburant".

    Et dans ce qui peut être considéré comme une confirmation de cela, des informations ont circulé sur l'affiliation de ces forces à l'un des plus célèbres contrebandiers appartenant à la ville d'Al-Zawiya, Muhammad Kashlaf, connu sous le nom d'"Al-Qasab".

    Alors qu'aucun coup de feu n'a été entendu aux alentours et qu'aucun commentaire officiel n'a été émis, des nouvelles ont circulé sur le début du retrait des forces venant de l'ouest après la montée en puissance de la contre-mobilisation en soutien au gouvernement de Dbeibah à Tripoli.

    Ces événements surviennent à un moment où le gouvernement de Dbeibah envisage de convertir la subvention au carburant en une forme monétaire versée directement aux Libyens via le système national de numérotation, au lieu de la subvention aux produits de base, dont les dépenses l'année dernière ont dépassé 20 milliards de dinars. Au cours des cinq premiers mois de cette année, la subvention aux produits de base s'est élevée à 6,8 milliards de dinars, selon les données de la Banque centrale de Libye.

     

     

     

  • Al-Qaida : un plan d’expansion vers le Golfe de Guinée

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    Le Bénin et le Togo ont essuyé, à la fin de l'année écoulée, des attaques terroristes depuis leurs frontières communes avec le Burkina Faso, ce qui a constitué la principale menace quant à un éventuel transfert des groupes armés de leurs activités, depuis la région du Sahel, au climat sec, vers les pays du Golfe de Guinée qui ont un climat humide et des forêts denses.

    En effet, deux soldats béninois ont été tués dans une attaque terroriste perpétrée, le 2 décembre 2021, aux frontières avec le Burkina Faso et plusieurs autres ont été blessés.

    Une deuxième attaque a eu lieu dans le département de l’Atacora dans le nord du Bénin. Des éléments armés se sont attaqués à une patrouille militaire à Alibori (Nord), le 1er décembre 2021. Deux éléments armés ont été éliminés selon les médias.

    Ces deux attaques sont les premières du genre lancées contre l’armée du Bénin. Toutefois, des éléments armés avaient en 2019 kidnappé deux touristes français sur le territoire béninois avant de les transférer au Burkina Faso. 

    Le Togo a également annoncé que ses forces armées avaient repoussé, au mois de novembre 2021, une attaque terroriste. Un groupe armé avait tenté de franchir les frontières séparant le Burkina Faso du Bénin.

    C'est la première fois que le Togo annonce un affrontement avec des éléments armés, depuis 2018, lorsque l’armée avait lancé une opération militaire pour interdire l'infiltration d'éléments armés depuis le Burkina Faso vers son territoire.

    Les violents accrochages entre l'armée burkinabè et des groupuscules affiliés à Al-Qaïda ont contraint ces derniers à fuir et à se diriger vers les territoires togolais et béninois.

    Le Golfe de Guinée dans le viseur d’al-Qaida
    Les observateurs qui suivent le développement des activités des groupes terroristes en Afrique constatent que ces groupes ont débuté en Algérie, au cours de la décennie des années 90, mais qu’après après avoir perdu leur bataille face à l'armée algérienne à la fin du siècle dernier, ces groupes ont tenté de s'implanter en Mauritanie et après un deuxième échec, ils ont recouru au Nord du Mali.

    Ces groupes armés ont exploité la faiblesse des armées des Etats de la région du Sahel africain ainsi que les conflits ethniques et tribaux qui ont éclaté dans le nord du Mali, en 2012, pour s’allier au début avec les Touaregs et les Azawad.

    Malgré leur incapacité à maintenir leur domination sur les grandes villes dans le nord du Mali, en raison, entre autres, de l'intervention des forces françaises (Opération Serval) en 2013, il n'en demeure pas moins que les groupes terroristes relevant d'Al-Qaïda sont parvenus à s'étendre au-delà du Fleuve du Niger après leur alliance avec le Front de Libération du Macina (FLM).

    L'alliance de quatre groupes armés au Sahel a abouti à leur extension au Niger, puis vers le Burkina Faso et leurs activités couvre désormais, selon des sources officielles, près de 80% de la superficie du Mali.

    L’émergence du groupe Boko Haram dans le nord du Nigeria, en 2009, et la scission intervenue en 2015 au sein, un groupe ralliant l'Etat islamique, a abouti à l'élargissement des activités des islamistes jusqu’au Lac Tchad, dont les rives sont partagées entre quatre pays, en l’occurrence, le Nigeria, le Niger, le Tchad et le Cameroun.

    Par la suite, la défaite de l'Etat islamique dans la ville libyenne de Syrte, à la fin de l'année 2016, a généré un renforcement de la présence de cette organisation dans les régions du Sahel et du Lac Tchad, après que les éléments qui étaient déployés en Libye trouvèrent refuge à travers les pays du Sahel et le Lac Tchad.

    Plusieurs personnalités politiques et sécuritaires de premier plan avaient mis en garde sur le fait que les pays du Golfe de Guinée étaient désormais dans le viseur des groupes terroristes pour s'étendre et assurer leur expansion.

    Parmi ces personnalités figure Bernard Emié, patron de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) française, qui avait déclaré, le 1er février 2021, au cours d'une rare apparition publique, que « l'Organisation d'Al-Qaïda dans la Région du Sahel examine actuellement un projet d'expansion vers le Golfe de Guinée, en particulier vers la Côte d'Ivoire et le Bénin ».

    Cela explique, partiellement, la création par la France de l'Académie internationale de Lutte contre le terrorisme en Côte d'Ivoire, au mois de juin 2021, ce qui sera de nature à renforcer son influence parmi les pays du Golfe de Guinée, compte tenu de la rude concurrence avec des forces régionales et mondiales dans cette région.

    Le journaliste français Nicolas Beau a écrit dans un article mis en ligne sur le site « Mondafrique » que les groupes terroristes ont affirmé, au cours de l'année écoulée, qu'ils « n'ont pas renoncé à leur plan qui prévoit le transfert de leurs activités du Sahel vers le Golfe de Guinée (Bénin, Côte d'Ivoire, Ghana, Guinée, Togo) ».

    Le Bénin et le Togo…Les maillons faibles
    Parmi les principaux pays du Golfe de Guinée, le Bénin et le Togo sont visiblement les maillons faibles.

    En effet, ces deux pays ne disposent pas d'une armée comme celle du Ghana (17éme armée africaine) ou la Côte d'Ivoire (24ème armée africaine). Les armées du Bénin et du Togo ne sont même pas classées dans la liste des 140 armées au monde, qui compte 34 armées africaines, ce qui dénote leur faiblesse.

    A titre d'exemple, l'armée du Bénin compte 11.100 soldats et officiers et dispose seulement de 10 chars chinois et de 47 blindés français, américains et chinois de fabrication ancienne, ainsi qu'un nombre réduit d'avions de transport ou de prospection, dont deux seulement parmi ces appareils sont opérationnels selon des médias français.

    De même, l'armée togolaise compte des effectifs de l’ordre de 11.000 éléments et possède 11 anciens chars soviétiques, dont la majorité sont hors service dans d'autres armés, tels que les T-34, ainsi que 15 engins blindés.

    Par ailleurs, aucun détail n'existe pour savoir si l'armée togolaise dispose d'avions de combat ou pas et quand bien même elle en disposerait, ces appareils sont plutôt destinés au transport et à la prospection et non pas au combat et à l’interception.

    Ainsi, il est possible de décrire les armées béninoise et togolaise comme étant les plus faibles parmi celles des Etats du Golfe de Guinée, ce qui fait d’elles l’un des objectifs faciles à atteindre et éventuellement une cible pour les groupes terroristes.

    Boko Haram…une éventuelle menace
    Si l'organisation d'Al-Qaïda se focalise, dans son projet d'expansion vers le Golfe de Guinée, sur ses bastions au Burkina Faso pour s'infiltrer vers le Bénin à travers ses frontières nord, l'organisation de Boko Haram s'emploierait à attaquer le Bénin à travers ses frontières de l'est que ce pays partage avec le Nigeria.

    En effet, après avoir perdu la majorité de ses fiefs dans la forêt de Sambisa et au Lac Tchad dans le nord-est du Nigeria, suite à de sanglants affrontements avec l'Etat islamique d'Afrique de l'Ouest (ISWAP), Boko Haram a déplacé ses activités vers des régions éparpillées, en particulier, dans le centre-nord du Nigeria juxtaposant les frontières avec le Bénin.

    Le Bénin a participé à la Coalition régionale mise sur pied pour combattre Boko Haram dans la région du Lac Tchad, aux côtés du Nigéria, du Tchad, du Niger et du Cameroun et représente le seul pays qui n'est pas riverain du Lac.

    La participation du Bénin à cette Coalition, composée de cinq pays, reflète son inquiétude quant à l'extension des activités des groupes terroristes vers son territoire, d'autant plus que cette menace pèse désormais directement sur le pays.

    De plus, des groupes armés évoluent dans le nord-ouest du Nigeria, près des frontières orientales du Bénin, à l'instar du groupe « Ansaru » proche d'Al-Qaïda et qui s’est allié à des bandes organisées locales dans la région. Ce groupe constitue, à son tour, une menace contre ce petit pays du Golfe de Guinée.

    Quant à l'organisation de l'Etat islamique, elle se déploie davantage dans la région des trois frontières (Mali, Niger, Burkina Faso). L'épicentre de son activité s’oriente davantage vers l'est en direction du Lac Tchad et ne semble pas intéressée, particulièrement, par une expansion vers l'ouest du Nigéria, en direction du Golfe de Guinée.

    La situation dans le Golfe de Guinée laisse entrevoir de multiples dangers, d'autant plus qu'al-Qaïda, l'Etat islamique et Boko Haram ciblent les petites armées et les régions pauvres, tout en maîtrisant le jeu des alliances avec les bandes organisées opérant dans les domaines du trafic en tout genre, du kidnapping et du pillage, voire avec les groupes tribaux marginalisés.

    Cette situation contraint les pays du Golfe de Guinée à se préparer à la prochaine phase, aux niveaux sécuritaire, social et politique et à prendre en considération les expériences des autres pays dans la lutte contre le terrorisme, à l'instar de l'Algérie et de la Mauritanie, pour en tirer les leçons requises, tout en suivant de près les évolutions et autres développements dans les Etats du Sahel et de la Coalition du lac Tchad.

  • Niger : Les réseaux de contrebande libyens financent et équipent les extrémistes du Sahel avec des armes sophistiquées, dénonce le président du Niger

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    Le président nigérien Mohamed Bazoum affirme que les groupes terroristes dans la région « méditerranéenne » du Sahel acquièrent à bas prix des armes et des munitions en grande quantité via les réseaux de contrebande libyens.

    Le président Bazoum a ajouté, lors d'un discours au Forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, qu'il y a de sérieuses lacunes dans la lutte contre le trafic d'armes en provenance de Libye au profit des factions extrémistes opérant dans la région du Sahel. Il a qualifié la lutte contre le trafic d'armes dans la région comme « inefficace ».

    Le président nigérien a souligné que les pays du Sahel ont besoin d'un soutien mieux adapté de leurs partenaires, centré sur le renseignement, le soutien aérien et le renforcement des capacités des armées. Il a accusé les partenaires de ne pas faire assez dans la lutte contre le trafic d'armes en provenance de Libye.

    79-214830-arrest-isis-terrorist-in-western-libya_700x400.jpegUn membre de Daech capturé 
    Vendredi 3 décembre 2021, les services de sécurité libyens ont arrêté un membre de l'Etat islamique dans la ville de Sabratha, dans l'ouest du pays. Le service de sécurité intérieure libyen a annoncé l'arrestation de Muhammad al-Tawati (photo ci-contre), né dans la ville de Sabratha, et qui avait rejoint l'Etat islamique fin 2015.

    Dans ses aveux, Al-Tawati a reconnu être en relation avec le chef de l'Etat islamique, Abdullah Dabbashi, qui lui aurait confié des missions secrètes. Dabbashi est responsable d'un certain nombre d'opérations terroristes à l'intérieur de la ville de Sabratha.

    Daech à Sabratha
    L'Etat islamique a été présent dans la ville de Sabratha entre 2014 et 2016, et plusieurs bureaux et centres de formation y ont été établis pour ses nouveaux membres venant de plusieurs pays africains et asiatiques.  Mais la ville s'est soulevée contre la présence de l'organisation et l'a expulsée.

    Des rapports de sécurité antérieurs indiquent que plusieurs dirigeants de l'Etat islamique actifs en Libye, avaient été libérés des prisons de Sabratha en avril 2020 par les milices de la région occidentale. Ils ont été rejoints par les restes de l'organisation fuyant l'est du pays et de la ville de Syrte, ancien bastion de l'Etat islamique. Enfin, un certain nombre d'entre eux ont été libérés de la prison de la "Force Spéciale de Dissuasion" à Tripoli pour participer à la lutte contre l'armée libyenne.

     

  • Libye : la route côtière entre Syrte et Misrata rouverte

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    La Libye a annoncé, vendredi 30 juillet, la réouverture de la principale route côtière du pays , qui relie les villes de Syrte et Misrata. L'initiative représente l'un des points clés de l'accord de cessez-le-feu, conclu le 23 octobre 2020, au sein du Comité militaire mixte 5 + 5, composé de délégués du Gouvernement d'entente nationale (GNA), de Tripoli, et de la Armée nationale libyenne (ANL). C'est le Comité, soutenu par les Nations Unies, qui a déclaré la réouverture de la route, fermée depuis 2019.

    La lenteur des progrès dans l'ouverture de la voie est le résultat des difficultés rencontrées sur la voie de la résolution du conflit libyen et de la réalisation d'un cessez-le-feu, d'un gouvernement d'union, de futures élections nationales et d'une série d'initiatives visant à unifier les institutions économiques. Malgré les difficultés et le scepticisme de beaucoup quant à l'issue des négociations, l'ouverture de la route signifie un gain de temps de 10 heures entre Tripoli et Benghazi. Au fil des ans, les Libyens ont été contraints d'emprunter des routes secondaires alternatives, dont certaines sont mauvaises, ce qui a entraîné un grand nombre d'accidents de la route.

    Le 8 juillet , le Conseil présidentiel libyen, en tant que commandant suprême de l'armée, avait demandé aux forces auparavant affiliées au gouvernement de Tripoli d'autoriser immédiatement la réouverture de la route côtière pour faciliter la circulation des biens et des personnes. Dans une lettre adressée à la salle des opérations à Syrte et al-Jufra, le Conseil avait exhorté cette dernière à repositionner ses forces et à collaborer avec les autres unités de sécurité impliquées, pour permettre la circulation dans les deux sens. La salle des opérations, de son côté, avait demandé le retrait de l'ANL de Haftar, ainsi que des mercenaires russes de la compagnie Wagner, avant de redéployer ses forces. 

    L'accord de réouverture de la route côtière comprend également certaines étapes préparatoires pour le retrait des combattants étrangers, une autre partie du pacte de cessez-le-feu conclu l'année dernière qui n'a pas encore été mis en œuvre. Selon ce qui a été établi dans l'accord du 23 octobre, ils auraient dû quitter le pays dans les 90 jours suivant la signature de l'accord, mais, à ce jour, cela ne s'est pas encore produit et il ne semble pas y avoir de mesures particulières à cet égard. "Le président est le seul à trancher sur la question des forces étrangères et des mercenaires dans le pays", a déclaré la présidente de la Chambre des représentants libyenne, Aguila Saleh., le 28 juillet, ajoutant qu'en ce moment, il y a aussi des difficultés dans l'unification de l'appareil militaire, précisément à cause de l'ingérence étrangère. Dans des déclarations diffusées à d'autres médias libyens, rapportées par al-Arabiya, c'est Saleh lui-même qui a déclaré que la Turquie continuait d'envoyer des armes et des mercenaires en Libye, considérant son comportement légitimé par les accords conclus avec le précédent gouvernement de Tripoli dirigé par Fayez al-Sarraj. .

    Ce qui s'est passé en Libye, d'abord le 5 février, avec la nomination des nouvelles autorités exécutives par le Forum de dialogue politique, puis, le 10 mars, avec le vote de confiance au gouvernement intérimaire, a représenté un moment « historique » qui, depuis le 15 février 2011, est le théâtre d'une crise persistante et d'une longue guerre civile. L'accord de cessez-le-feu, signé à Genève le 23 octobre 2020 dans le cadre du Comité militaire mixte 5+5, formé par des délégués des deux belligérants, le GNA et l'Armée Nationale Libyenne, a donné un nouvel élan à la voie politique nationale libyenne. Avant cette date, coexistaient à l'Ouest un gouvernement internationalement reconnu, le GNA, institué avec les accords de Skhirat du 17 décembre 2015, et à l'Est, un exécutif parallèle représenté par le Parlement (HoR).

  • Libye : L'Etat islamique revendique l'explosion d'une voiture piégée

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    E3OzKJuXMAEgLjw.jpegL'Etat islamique (Daech) a revendiqué lundi 7 juin 2021 l'explosion d'une voiture piégée survenue la veille dans la ville libyenne de Sebha (sud), ayant entraîné la mort de deux agents des forces de l'ordre. Deux agents de sécurité ont été tués et cinq autres blessés dimanche dans cet attentat visant un checkpoint à Sebha, ville désertique située à 750 km au sud de la capitale Tripoli, selon des sources sécuritaires contactées par l'AFP.

    Dans un communiqué diffusé par son agence de propagande Amaq, l'Etat islamique a revendiqué cette attaque menée par un de ses "chevaliers" contre un "poste de contrôle de la milice" du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'Est libyen et chef de l'Armée nationale libyenne (ANL), avançant un bilan de quatre morts. Le kamikaze a été identifié par l'Etat islamique sous le nom de Mohamed al-Mouhajir. Il a activé la charge de sa voiture piégée a l’entrée de la locaux de la police judiciaire [pro Haftar] . Parmi les morts se trouvle chef de la PJ de Sebha, Ibrahim Abdel Nabi.
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    Le chef du gouvernement libyen de transition, Abdelhamid Dbeibah, a condamné dimanche un "acte terroriste lâche" et présenté ses condoléances aux familles des deux "martyrs".

    Il s'agit de la première attaque jihadiste menée par l'Etat islamique dans le pays depuis plus d'un an, rappelle le SITE Intelligence Group, organisme spécialisé dans la surveillance des sites internet islamistes. La dernière opération de l'Etat islamique contre les forces de l'Armée Nationale Libyenne avait pris pour cible la base aérienne de  Tamanhint, le 3 juin 2020. Le dernier attentat à la voiture kamikaze dans le pays a eu lieu  le 7 mai 2018 à Syrte.

    Chef-lieu du Fezzan, la province sud de la Libye, la ville de Sebha a été le théâtre de plusieurs attaques jihadistes ces dernières années. 

    La Libye a plongé dans le chaos avec la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, un chaos marqué par l'existence de pouvoirs rivaux, par des violences sanglantes et par la présence de milices, de combattants étrangers et de groupes jihadistes. L'interminable transition politique libyenne s'est accompagnée d'une désintégration de l'appareil sécuritaire, favorisant l'arrivée dans ce pays d'Afrique du Nord de groupes jihadistes, au premier rang desquels figure l'Etat islamique dès 2014. Le groupe avait alors multiplié les attaques meurtrières, avant de perdre peu à peu de son influence avec la perte de ses fiefs autour des villes de Syrte (nord-centre) fin 2016 et de Derna (est) en 2018. Mais même affaiblis, les jihadistes constituent toujours une menace persistante pour le pays, après leur repli dans le désert ou parmi la population sur la côte méditerranéenne.

    Cet attentat intervient alors que la Libye est engagée dans un processus politique parrainé par l'ONU ayant permis l'installation, en mars, d'un gouvernement de transition dirigé par M. Dbeibah chargé de réunifier le pays et de préparer un double scrutin législatif et présidentiel crucial prévu en décembre 2021.

  • Libye: les milices de Tripoli s'opposent aux résultats du Forum de dialogue politique

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    La «Force de protection de Tripoli» a publié une note dans laquelle elle rejetait les résultats obtenus par le Forum de dialogue politique concernant les mécanismes de nomination des futurs organes exécutifs temporaires.
     
    L'information a été donnée le 21 janvier par le quotidien al-Arab , faisant référence à une communication publiée la veille. La Force de protection de Tripoli est une coalition de groupes armés formée le 18 décembre 2018, à la suite de la fusion de quatre milices ralliées au gouvernement de Tripoli, également connu sous le nom de gouvernement d'accord national (GNA). La Force de protection de Tripoli est considérée parmi les plus importantes de la capitale libyenne et de la région de l'ouest. La dernière déclaration de cette coalition est intervenue après que la majorité des membres du Forum de dialogue politique ont voté en faveur du mécanisme proposé par l'ONU pour la formation du gouvernement et du Conseil présidentiel le 19 janvier. Ces deux organes temporaires devraient diriger la Libye pendant la période de transition, jusqu'aux élections du 24 décembre 2021.
     
    L'"attaque" de la Force de protection de Tripoli vise en particulier la Mission d'appui des Nations Unies (MANUL) et son envoyée intérimaire, Stephanie Williams, qu'elle accuse d'orienter la  politique libyenne vers des objectifs qui ne vont pas dans l'intérêt du pays, mais satisfont au contraire les intérêts d'un «petit cercle de partis qui ne pourront pas assurer la sécurité de la Libye». 
     
    La «déviation» commise, selon la Force de protection de Tripoli, est due à la «manière suspecte» dont les participants au Forum ont été choisis et à la manière dont les différentes propositions ont été présentées et votées. 
     
    L'ONU se défend en expliquant que son seul objectif est Pour le groupe de Tripoli,  d’instaurer la paix et la stabilité et de réaliser la transition démocratique souhaitée. 
     
    Selon certains analystes, l'opposition de la Force de protection de Tripoli au Forum de dialogue politique reflète une tentative plus large d'obstruer la voie politique et, surtout, d'empêcher la formation d'un gouvernement intérimaire qui aurait vraisemblablement son siège à Syrte et qui aurait la tâche conduire le pays aux élections. Les milices de Tripoli, rapporte al-Arab, craignent de perdre leur influence, notamment dans le cas d'un éventuel changement de siège du gouvernement.  
     
    Par ailleurs, selon les informations rapportées par le quotidien, la Turquie, alliée du GNA, jouerait également un rôle négatif, dû au fait qu'Ankara souhaite que l'actuel Premier ministre et chef du Conseil présidentiel, Fayez al-Sarraj, reste au pouvoir, afin de sauvegarder les accords signés le 27 novembre 2019 avec Tripoli, visant à intensifier la coopération dans le domaine de la sécurité et dans le secteur des activités maritimes dans la zone litigieuse de la Méditerranée orientale. Certains analystes émettent également l'hypothèse qu'Ankara chercherait à provoquer d'une manière ou d'une autre l'Armée Nationale Libyenne (ANL) dirigée par le général Khalifa Haftar, à entrer dans une nouvelle confrontation sur le terrain, afin d'élargir ou consolider les résultats obtenus pendant le précédent round.
     
    Stéphanie Williams, pour sa part, a déclaré que le consensus atteint d'abord le 16 janvier, à l'issue des pourparlers, puis le 19 janvier, date du vote sur le mécanisme, représentait une étape importante dans la voie politique libyenne vers la transition démocratique. Elle insiste pour que les parties poursuivent sur la feuille de route esquissée à Tunis en novembre 2020. La population libyenne  est face à une réelle opportunité de réunifier les institutions du pays, surmonter les divisions et les divergences internes. Cependant, selon le correspondant, il y a des "kleptocrates", des membres de la classe politique qui a dominé la scène libyenne pendant des années. Et ces "kleptocrates" tenteraient de préserver leur statu quo, ainsi que leurs intérêts personnels et c'est la raison pour laquelle ils tentent d'entraver le chemin vers les élections et, avant cela, le formation d'une autorité temporaire.