Sukhnah

  • Syrie : Activité de l'Etat islamique en Syrie centrale en août 2020

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    (ISIS redux)

    En août, les militants de l'Etat islamique ont mené au moins 35 attaques, tuant 76 combattants pro-régime dans les provinces de Homs, Deir Ez Zor, Raqqa, Hama et Alep. Ces attaques constituent une escalade majeure dans l'activité terroriste de l'Etat islamique. Le nombre total d'attaques et de morts parmi les forces pro-gouvernementales a été le plus élevé depuis que l'Etat islamique a perdu le contrôle de cette région en 2017. Homs a connu le plus grand nombre d'attaques répertoriées (12), suivies de près par Deir Ez Zor (10) et Raqqa (9). Le doublement des attaques par rapport aux mois précédents à Raqqa n'est éclipsé que par la multiplication par trois des attaques à Deir Ez Zor.

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    Il est important de noter que les attaques à Deir Ez Zor n'étaient pas réparties uniformément dans tout le gouvernorat, mais se concentraient principalement dans la ceinture urbaine occidentale qui s'étend de la ville de Deir Ez Zor le long de l'Euphrate jusqu'à Maadan, et ensuite dans le désert à l'ouest de Mayadin. Cette première concentration géographique des attaques marque une nouvelle expansion de l'activité de l'Etat islamique, probablement à partir de cellules originaires de Jabal Bishri à l'ouest et de Raqqa au nord. Ces attaques ont culminé le 27 août par une embuscade qui a fait jusqu'à 30 morts parmi les combattants des Forces de Défense Nationale (FDN, une force pro-régime, parmi lesquels le commandant de secteur des FDN pour l'ouest de Deir Ez Zor. La plupart des hommes tués, y compris le commandant, appartenaient à la tribu locale des Busaraya. Le massacre a déclenché une mobilisation massive des membres des tribus pro-régime, de la brigade palestinienne Liwa al-Quds, des forces Qaterji et des FDN qui se sont déployées dans la région pour mener leurs propres opérations anti-Daech en lieu et place de l'armée syrienne. L'opération a commencé le 30 août, avec au moins deux combattants de l'Etat islamique tués dans le désert à l'ouest de la ville de Musarib, le site de l'embuscade du 27 août. L'opération de ratissage est toujours en cours.

    Un major général russe et deux autres commandants du régime ont également été tués ce mois-ci. Le 18 août, des militants de Daech ont mené une double attaque à l'engin explosif improvisé (IED) dans le champ pétrolier de Tayem, juste à l'extérieur de la ville de Deir Ez Zor, tuant d'abord cinq combattants des FDN, puis le commandant du secteur de Mayadeen des FDN aux côtés du général de division russe Vyacheslav Gladkikh. Le commandant local de la brigade palestinienne Liwa al-Quds, qui se bat aux côtés des forces pro-régime, a été tué le 11 août lors d'une attaque complexe près de Tabni, à Deir Ez Zor, aux côtés de trois autres combattants pro-régime qui venaient renforcer une unité de la 4e division qui avait été touchée par un IED à proximité. Et au petit matin du 12 août, l'Etat islamique a encore tendu une embuscade à un camion de fruits et légumes et à son escorte de sécurité militaire à Deir Ez Zor, tuant le chauffeur du camion et un commandant de section.

    Parmi les autres attaques de l'Etat islamique, un raid a frappé la station de pompage T4 près de Tiyas, à Homs,. Les jihadistes sont arrivés du nord et de l'ouest - ce qui signifie que les jihadistes de Daech ont une grande liberté de mouvement à proximité des principaux points stratégiques du régime. Le 14 août, l'Etat islamique a mené une rare attaque diurne à l'aide de missiles guidés antichars (ATGM) à l'ouest de Mayadin, détruisant un char du régime. Le lendemain, des jihadistes de Daech ont envahi une base de Liwa al-Quds dans la même zone, tuant au moins cinq combattants pro-régime. Le 15 août également, une cellule de l'Etat islamaique s'est heurtée à une patrouille du régime à l'est de Soukhnah, tuant au moins 12 soldats avant de se retirer vers le sud-est. Enfin, deux attaques différentes à l'engin explosif improvisé ont été menées par les jihadistes de Deach à la fin du mois d'août à Homs. Ces attaques ont visé des bus de l'armée syrienne. Au moins quatre soldats ont été tués et 24 ont été blessés.

    Le mois d'août a connu huit jours durant lesquels l'Etat islamique a mené deux attaques ou plus, et trois jours durant lesquels trois attaques ont été menées à travers le désert syrien (connu sous le nom de Badia). Le taux d'attaques répertoriées en août est inégalé depuis 2018. La capacité de l'Etat islamique à mener des attaques aussi fréquentes le même jour implique que le groupe a développé une solide capacité logistique et stratégique.

    Le régime syrien a continué à envoyer des combattants dans le désert d'al Badia ce mois-ci, avec au moins deux groupes de combattants pro-régime. Il s'agit d'un groupe de nouvelles recrues arrivant dans la ville de Deir Ez Zor pour rejoindre la 17e division et un déploiement de combattants des FDN de Damas dans la région de l'Euphrate. Suite aux attaques du 15 août près de Mayadin, les FDN de Deir Ez Zor ont annoncé qu'elle allait créer une série de nouveaux postes de contrôle et de positions défensives le long de l'autoroute Mayadin-Deir Ez Zor. A l'inverse, le manque de réponse de la Russie à l'assassinat d'un grand général en dit long sur son incapacité ou son manque d'intérêt à répondre à la menace de l'Etat islamique. L'armée russe a affirmé avoir tué 327 combattants de l'Etat islamique dans la semaine qui a suivi la mort de Gladkikh, un chiffre complètement fantaisiste. En réalité, la réponse de la Russie a consisté en plusieurs frappes aériennes isolées et, selon un combattant tribal local, la Russie n'a encore fourni aucune assistance militaire aux forces pro-régime qui combattent l'Etat islamique dans l'ouest de Deir Ez Zor.

    Les attaques contre l'Etat islamique dans la région désertique d'al Badia ont augmenté tout au long de l'année 2020, alors que le groupe continue à se développer en termes de force et de capacité opérationnelle. Bien qu'il soit peu probable que le mois de septembre connaisse la même croissance ou la même gravité d'attaques qu'en août, les tendances de ce mois-ci vont probablement se poursuivre, c'est-à-dire que Raqqa, l'ouest de Deir Ez Zor et l'ouest de Mayadin continueront d'être les points chauds. La réponse tribale déclenchée par le massacre du 27 août va très probablement repousser les cellules de Daech sur Jabal Bishri où elles se replieront et attendront la fin de l'opération. Dans la province de Homs, l'Etat islamique poursuivra sa stratégie de pression autour de la ville de Soukhnah, cherchant sans doute une occasion de faire un raid sur les entrepôts de la ville, tout en envoyant des groupes pour attaquer les positions du régime plus à l'ouest, comme lors de l'attaque de la base T4.

    Par contre, Hama Est et Alep Sud-Est ont tous deux connu une diminution des attaques de l'Etat islamique ce mois-ci, en partie due à la formation de défenses locales. L'Etat islamique souhaite renouveler son activité dans ces secteurs tandis que les forces pro-régime sont si fortement concentrées sur l'ouest de Deir Ez Zor.

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  • Frontlive-Chrono – Jeudi 2 mai 2019

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    Liste des articles publiés sur Frontlive-Chrono le jeudi 2 mai 2019

    • Libye: Des « milices extrémistes » contrôlent Tripoli, selon les Emirats, alliés d’Haftar – Abonnés seulement
    • Nigeria : 30 morts dans l’attaque de Boko Haram dans le Nord-Est – Abonnés seulement
    • Syrie: Les forces syriennes et russes intensifient leurs opérations militaires dans la province d’Edleb – Abonnés seulement
    • Syrie : L’Etat islamique se renforce dans le désert syrien – Continuer la lecture

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  • SYRIE : L'armée syrienne a lancé l'assaut d'al-Mayadin (sud-est de Deir ez-Zhor)

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    Syrie 
    Mayadin
    L'armée syrienne a lancé l'assaut d'al-Mayadin (sud-est de Deir ez-Zhor)
    L'Etat islamique a perdu une grande partie des vastes régions conquises en Irak et en Syrie en 2014. Elle vient de perdre Hawija, le dernier grand centre urbain qu'elle contrôlait encore en Irak. 
    Mais il contrôle toujours plus de la moitié de la province de Deir ez-Zhor : les villes de Mayadin et Boukamal, les quartiers-Est de la capitale provinciale éponyme, des régions dans l'est et le sud de la province ainsi que de vastes zones désertiques.
    L'armée syrienne a commencé l'assaut d'al-Mayadin, une puissante place-forte de l'EI
    Le 6 octobre, l'Armée Arabe Syrienne (AAS) et ses alliés auraient commencé l'assaut de la ville de Mayadin où l'Etat islamique a transféré depuis des mois une grande partie des structures de commandement et de propagande qui se trouvaient à Raqqa, selon les renseignements américains.
    Les forces gouvernementales seraient entrées dans la partie occidentale de Mayadin et auraient saisi les silos à grains, l'hyper-marché, la boulangerie, le quartier Savami al-Galyal  et le château de Rahbah. L'offensive a été appuyée par les tirs de l'artillerie syrienne et d'intenses raids aériens de l'armée de l'air russe.  
    Des affrontements très violents ont également lieu dans le sud de la ville où les soldats de l'AAS ont pris le contrôle des fermes Al-Chablis et Al-Madfaiyya.
    Les jihadistes de Mayadin reçoivent des renforts, des armes et des munitions à partir du territoire irakien par la ville frontalière de Boukamal.
    Les unités mobiles de Daech tentent également de contrer les forces gouvernementales par de violentes contre-attaques dans le secteur de Deir ez-Zhor et le long de l'autostrade Palmyre-Deir ez-Zhor, la principale voie d'approvisionnement des forces gouvernementales engagées dans les combats dans la province de Deir ez-Zhor. 
     
    Axe de l'assaut 
    Sites occupés par l'AAS 
    14 civils fuyant les violences tués par des raids russes
    Quatorze personnes dont des enfants ont été tuées par des frappes russes dans la province de Deir ez-Zhor.  
    Elles "traversaient le fleuve de l'Euphrate sur des radeaux de fortune", a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), en attribuant les frappes à la Russie.
    Elles fuyaient le village de Mahkane, au sud de Mayadine. Elles étaient en train de traverser le fleuve Euphrate sur des radeaux de fortune lorsqu'elles ont été prises pour cibles par les avions de guerre russes.  
    L'aviation russe a intensifié ses raids dans la région de Mayadin au cours des derniers jours.
    Mercredi 4 octobre, 38 civils ont été tués dans des raids russes à Deir ez-Zor, selon l'OSDH.
    Jeudi 5 octobre le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s'est dit "préoccupé" par les centaines de civils tués en Syrie, soulignant que le pays connaissait son "plus fort pic" de violences depuis la bataille d'Alep en 2016. 
    L'armée russe a été plusieurs fois accusée d'avoir fait des victimes civiles dans ses frappes mais elle dément régulièrement, assurant cibler les "terroristes", en référence aux jihadistes.
      
    Sukhnah 
    Toujours de violents combats sur l'axe Palmyre-Deir ez-Zhor 
    Situation le 6 octobre
    Les jihadistes de Daech  ont  poursuivi leurs efforts pour encercler la ville stratégique d'as-Sukhnah sur l'autoroute Palmyre-Deir ez-Zhor et ont même capturé Jabal Tuntur.
    Par contre, l'armée syrienne aurait réussi à repousser une attaque des jihadistes sur la partie de l'autostrade entre as-Sukhnah et Palmyre. Les es groupes d'assaut mobiles de l'Etat islamique ont mené leurs attaques avec le soutien de "tecnicals", véhicules 4X4 équipés d'armes lourdes, mitrailleuses, canons ou lance-missiles antichars. Les
    combats, très intenses, sont toujours en cours. 
    La situation compliquée pour les forces gouvernementales sur l'autostrade Palmyre-Deir ez-Zhor  pourrait avoir un impact sur l'offensive menée actuellement contre les jihadistes retranchés à al-Mayadin.
     
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  • Syrie : Une attaque de l'Etat islamique coupe l'autostrade Palmyre-Deir ez-Zhor - 2 Russes capturés

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    Une attaque de l'Etat islamique coupe l'autostrade Palmyre-Deir ez-Zhor - 2 Russes capturés
    Les jihadistes de Daech ont attaqué les positions des forces pro-gouvernementales près du village de Ash-Shulah, forçant l'armée syrienne à fermer l'autoroute Palmyre-Deir Ez-Zhor. Selon les informations données par l'agence de presse de l'Etat islamique, Amaq, les jihadistes auraient pris le contrôle de la localité de Bir Ghabaghib, à l'ouest de la ville d'ash-Shulah.
    De plus, Amaq affirme que les combattants de l'EI auraient capturé le sommet stratégique de Tantur qui domine la ville d'as-Sukhnah. Des sources pro-gouvernementales reconnaissent que les jihadistes seraient même entrés à al-Sukhnah  
    Cependant, l'Armée Arabe Syrienne (AAS) aurait mené une contre-attaque et repris Bir Ghabaghib.
    L'agence de presse de l'Etat islamique, Amaq, prétend qu'une zone de 30 km de long de l'autoroute est interdite à la circulation en raison des affrontements.
    Amaq a également affirmé que les jihadistes ont tué 33 soldats de l'AAS et capturé 2 soldats Russes lors de l'attaque. Le ministère russe de la Défense russe a rejeté ces affirmations et aucune photo ou vidéo confirmant n'a été fournie à titre de preuve. Si des Russes ont effectivement été capturés, il pourrait s'agir de contractuels militaires privés opérant pour le compte de multiples groupes pro-gouvernementaux dans la région.
    L'Etat islamique a probablement profité d'une attaque des jihadistes de Hayat Tahrir al-Sham (HTS), ex-Front al-Nosra, l'ancienne branche syrienne d'al-Qaïda, dans le nord de la province de Hama le 19 septembre, ce qui a obligé l'AAS à redéployer ses meilleures unités, y compris les forces Tiger, une unité d'élite de l'armée, les enlevant des front de Deir ez-Zhor pour les acheminer sur le front de Hama. En outre, l'armée de l'air russe a également concentré ses moyens aériens pour frapper HTS dans les secteurs de Hama et Edleb plutôt que sur celui de Deir ez-Zhor.
    L'autoroute Palmyre-Deir ez-Zhor est la principale voie d'approvisionnement des forces gouvernementales engagées dans la bataille de Deir ez-Zhor. Il s'agit donc d'un coup dur pour la poursuite de l'offensive de l'armée contre les jihadistes  sur les deux rives de l'Euphrate.
     

    Jean René Belliard

    ptolemee@belliard74.com