Stepanakert (Khankendi)

  • Nagorny-Karabakh : Le deuil arménien

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    "Quoi qu'il arrive, je vais rester", a déclaré le père Hovhannes, le prêtre dumonastère de Dadivank, devenu le symbole de la tragédie arméinenne.

    Le monastère, construit à partir du neuvième siècle, se dresse au-dessus de la route entre la capitale arménienne Erevan et Stepanakert, la capitale du Haut-Karabakh.

    La zone entourant le monastère, Kalbajar, devait passer sous le contrôle de l'Azerbaïdjan dimanche, suite au cessez-le-feu de la semaine dernière. L'accord doit mettre fin à un conflit de 44 jours au cours duquel l'Azerbaïdjan a repris une grande partie du territoire qu'il avait perdu lors de la guerre du début des années 1990 face aux Arméniens.

    Cependant, une prolongation - accordée le jour de l'échéance et grâce à la médiation du président russe Vladimir Poutine - a donné aux Arméniens considérés par l'Azerbaïdjan comme vivant illégalement à Kalbajar jusqu'au 25 novembre pour quitter la région.

    Le Nagorno-Karabkah, que les Arméniens appellent Artsakh, est internationalement reconnu comme faisant partie de l'Azerbaïdjan, mais la majorité de sa population, en particulier dans les villes, est composée d'Arméniens ethniques. Les Azerbaïdjanais étaient cependant autrefois majoritaires dans les zones rurales telles que Kalbajar avant d'être expulsés par les autorités arméniennes dans les années 1990.

    Le gouvernement arménien d'Erevan a également mené des politiques de colonisation qui ont encouragé les Arméniens de souche à s'installer dans la région.

    De nombreux Arméniens sont venus prier une dernière fois au monastère 
    Ces derniers jours, des milliers d'Arméniens ont fait de longs et souvent difficiles voyages vers ce symbole du christianisme et de la culture arménienne avant que l'accord de cessez-le-feu ne prenne officiellement effet et que la région ne revienne sous le contrôle de l'Azerbaïdjan.

    Lorsque nous sommes arrivés, la confusion régnait sur l'avenir de ce monastère. Des discussions passionnées étaient en cours sur la question de savoir s'il fallait ou non enlever les pierres de la croix et autres symboles sacrés qui sont au cœur du christianisme et de l'identité nationale arménienne.

    Certains étaient décidés à "rester jusqu'à la fin. C'est notre Dieu. C'est notre église. Notre croix porte un lourd fardeau. Nous sommes ici pour porter ce poids."

    Le père Hovhannes, Karapetyan, lui, est bien décidé à rester au monastère même si la région est sous contrôle azerbaïdjanais.

    Le bureau du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev a déclaré samedi, suite à un appel téléphonique avec Poutine, que les sites chrétiens dans les zones revenant sous le contrôle de Bakou seraient "correctement protégés par l'Etat".

    "Le président Ilham Aliyev a noté que l'Azerbaïdjan est un pays multinational et multiconfessionnel, où les droits et les libertés de tous les peuples et des représentants de toutes les religions sont pleinement garantis", selon la déclaration.

    "Les chrétiens vivant en Azerbaïdjan pourront utiliser ces temples".

    Dimanche, des soldats russes avaient été déployés au monastère, conformément aux termes de l'accord de cessez-le-feu.

    Pourtant, l'humeur qui régnait à Dadivank est celle du chagrin et de la perte. Les hommes et les femmes pleuraient et s'embrassaient. Les fidèles prenaient des photos des bâtiments du monastère, tandis que deux artistes réalisaient des tirages en argile d'anciennes inscriptions.

    Pendant ce temps, la route sous le monastère est encombrée de voitures et de camions pleins de meubles et d'objets se dirigeant vers Erevan.

    Des troupeaux de moutons et de bovins, également en provenance du Haut-Karabakh, bloquent la circulation. Nous sommes passés devant deux maisons en feu, dont on nous a dit qu'elles avaient été incendiées par des propriétaires arméniens déterminés à ne rien laisser aux azerbaïdjanais.

    Abattage d'arbres
    Toute la journée et jusque tard dans la nuit, des hommes coupaient des arbres pour le bois de chauffage. Avant la guerre, l'abattage des arbres était réglementé par les autorités. Mais avec la perspective d'un hiver froid à venir, les habitants ont profité du vide politique pour stocker du bois pour la revente.

    À Stepanakert, la capitale administrative de la région, des journalistes de la MEE ont parlé brièvement avec Arayik Harutyunyan, le président de la République de l'Artsakh, le gouvernement séparatiste reconnu uniquement par l'Arménie.

    Les journalistes lui ont demandé si les Arméniens pouvaient se sentir en sécurité après l'accord de paix. Il a répondu : "Nous essayons de résoudre l'incertitude mais les choses ne sont pas encore claires. Le déploiement de soldats de la paix russes est crucial".

    Les pertes arméniennes
    Samedi, l'Arménie a déclaré que plus de 2 300 soldats avaient été tués au cours des six semaines de conflit. De son côté, Vladimir Poutine a déclaré vendrdi que 4 000 personnes étaient mortes et que des dizaines de milliers avaient fui leurs foyers. L'Azerbaïdjan n'a pas confirmé le nombre de ses propres victimes.

    Il ne fait aucun doute que l'armée arménienne a subi des pertes importantes. Un soldat nous a dit que dans son unité de 22 hommes, quatre ont été tués, deux sont toujours portés disparus et douze ont été blessés. Il a dit que dans certaines unités, trois générations combattaient ensemble.

    Les deux parties au conflit ont accusé l'autre d'avoir pris pour cible des civils lors des récents combats. Bakou accuse les forces arméniennes d'avoir effectué une frappe de missile qui a tué 13 personnes et blessé des dizaines d'autres dans la ville de Ganja, dans l'ouest de l'Azerbaïdjan, le mois dernier. Les deux parties nient avoir délibérément pris des civils pour cible.

    Catastrophe humanitaire
    Une crise humanitaire est en préparation avec environ 100 000 Arméniens ayant déjà perdu leur maison et ce nombre devrait encore augmenter.

    "Ce nombre va augmenter lorsque les Azéris prendront officiellement le contrôle des villages. Ces personnes déplacées ont besoin de nourriture, de logement, de chauffage, d'électricité et de gaz", a  déclaré un responsable.

    Stepanakert vidée de ses habitants
    La ville de Stepanakert était étrangement vide. Tous les magasins que nous avons croisés étaient fermés, à la seule exception d'une petite épicerie. Des sacs de sable étaient empilés contre les fenêtres des sous-sols, marquant l'endroit où les habitants de Stepanakert s'étaient regroupés pour se protéger des bombardements.

    Nous avons vu une femme portant des sacs poubelles remplis de vêtements d'hiver. C'était la première fois qu'elle rentrait chez elle depuis qu'elle avait fui les combats. Elle se plaignait de l'état de sa maison, qui avait été habitée par son mari, qui y avait vécu pendant toute la guerre avec des soldats volontaires.

    Lorsque nous avons quitté Stepanakert en début de soirée, la route du retour vers l'Arménie était encore encombrée de camions et de voitures. La circulation s'est arrêtée pendant des heures alors que les soldats russes, à bord de gros véhicules blindés, se dirigeaient vers Stepanakert sur la route étroite.

    Les combats sont terminés pour l'instant. Alors que l'accord de cessez-le-feu commence à entrer en vigueur et que les soldats russes sécurisent la région. La réalité de ce que cela signifie pour les Arméniens commence à peine à se faire sentir.

    (MEE)

     

  • Nagorny-Karabakh : Les forces russes arrivent à Stepanakert, la capitale du Karabakh

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    Des soldats russes contrôlaient vendredi matin les abords de Stepanakert, capitale du Nagorny Karabakh, gardant les accès à la ligne de contact toute proche entre forces arméniennes et azerbaïdjanaises, selon un journaliste de l'AFP.

    Des dizaines de militaires et au moins trois engins blindés ont été déployés sur un check-point à la sortie sud-ouest de la ville sous contrôle des forces arméniennes, sur la route menant à la localité voisine de Choucha, à une dizaine de kilomètres de là, conquise la semaine dernière par les forces azerbaïdjanaises. Le drapeau russe flottait sur la position, où des militaires arméniens aidaient au contrôle des véhicules.

    "On contrôle les passeports, on s'assure qu'il n'y a pas d'armes dans les véhicules, on ne bloque pas", a expliqué à l'AFP l'un des militaires russes. Cinq kilomètres plus au sud, sur cette même route, un autre point de contrôle russe, avec engins blindés, était déployé.
    La situation était calme dans tout le secteur, militaires russes et arméniens discutant de façon tout à fait détendue. Certains des occupants des véhicules contrôlés donnaient même des provisions, un pain, des confiseries ou des cigarettes, aux soldats russes, arborant sur leurs uniformes et leurs véhicules blindés des drapeaux frappés de lettre jaune, MC, acronyme de "forces de paix" en russe.

    L'Arménie et l'Azerbaïdjan ont signé en début de semaine, sous parrainage russe, un accord de cessez-le-feu mettant fin au conflit débuté fin septembre au Karabakh. Cet accord consacre les gains de territoires importants obtenus par l'Azerbaïdjan, et prévoit la rétrocession à Bakou de territoires supplémentaires.

    En attendant le déploiement complet des forces russes, et la réouverture du corridor de Latchin, cordon ombilical reliant l'Arménie à l'enclave, la seule voie d'accès au Nagorny Karabakh est la route passant par le nord de l'enclave, par le district de Kalbajar, qui doit être rétrocédé dimanche à l'Azerbaïdjan.

  • Nagorny-Karabakh : un accord de fin des hostilités entre Arménie et Azerbaïdjan signifie la capitulation de l'Arménie

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    Quelques heures après la destruction d'un hélicoptère russe par un missile sol-air azerbaïdjanais, Moscou a sifflé la fin de la partie.

    L'Azerbaïdjan et l'Arménie ont signé sous l'injonction de la Russie un accord de fin des hostilités dans le conflit du Nagorny Karabakh. Cet accord consacre la victoire militaire azerbaïdjanaise après six semaines de combats meurtriers.

    L'accord a été signé par le président azerbaïdjanais Ilham Aliev et le Premier ministre arménien Nikol Pachinian ainsi que le président russe Vladimir Poutine.

    Près de 2.000 soldats russes vont être déployés dans les heures ou jours à venir le long des lignes de front et le long du corridor de Lachin, les belligérants étant appelés à ne plus faire mouvement et à rester sur les positions qu'ils occupaient lundi 9 novembre à 21H00 GMT, heure d'entrée en vigueur du cessez-le-feu, consacrant des gains de territoires importants de l'Azerbaïdjan.

    Sur sa page Facebook, le Premier ministre arménien a écrit que la signature de l'accord avait été "incroyablement douloureuse", mais que la décision s'imposait "après une analyse en profondeur de la situation militaire".

    Le président azerbaïdjanais a lui proclamé à la télévision la "capitulation" de son ennemi, même s'il ne reconquiert pas tout le Nagorny Karabakh. "J'avais dit qu'on chasserait (les Arméniens) de nos terres comme des chiens, et nous l'avons fait", a-t-il martelé.

    Selon M. Aliev, l'Azerbaïdjan reprend le contrôle de districts autour du Nagorny Karabakh, sorte de glacis de sécurité constitué par les Arméniens autour de la république autoproclamée depuis 30 ans. Bakou a aussi conquis des territoires de la province séparatiste à proprement parler. Les terres encore sous contrôle arménien le restent, et un corridor les reliera à l'Arménie, selon M. Poutine.

    Manifestations de colère en Arménie
    L'annonce de l'accord a entraîné des manifestations de colère en Arménie. Peu après l'annonce de l'accord, une foule de milliers de manifestants en colère s'est rassemblée dans la nuit aux abords du siège du gouvernement arménien aux cris de "traîtres" et "démission" à l'adresse de M. Pachinian.. Des centaines d'entre eux ont pénétré dans les locaux, brisant des vitres et saccageant des bureaux, notamment une salle de conseil des ministres, selon un journaliste de l'AFP présent sur place. Le siège du Parlement a subi le même sort.

    Le président du Parlement a même été sorti de sa voiture et lynché par la foule. Blessé, il a dû être hospitalisé.

    Une défaite militaire au Nagorny Karabakh a de quoi menacer l'avenir du Premier ministre, porté au pouvoir par une révolte populaire en 2018. Avant même l'annonce de l'accord, 17 partis d'opposition avaient réclamé sa démission. L'intéressé a lui démenti des rumeurs de fuite du pays: "Je suis en Arménie et continue de faire mon travail", a-t-il dit sur Facebook.

    Déploiement de l'armée russe
    Les premiers avions Iliouchine 76, transportant les forces russes ont décollé de Russie, pour se rendre au Karabakh, selon le ministère russe de la Défense.

    Le président russe a souhaité que cet accord puisse mener "à la création des conditions nécessaires pour un règlement durable" du conflit.

    Peuplé aujourd'hui quasi-exclusivement d'Arméniens à la suite de la guerre des années 1990, le Nagorny Karabakh était rattaché à l'Azerbaïdjan à l'époque soviétique mais est considéré par les deux pays comme une partie intégrante de leurs histoires et héritages respectifs.

    La prise de la ville de Choucha a signifié la défaite des forces arméniennes du Haut Karabakh
    L'accord de fin des hostilités intervient après que les forces azerbaïdjanaises ont annoncé dimanche la prise de Choucha, ville stratégique est située à 15 kilomètre de la capitale séparatiste Stepanakert et sur l'artère vitale reliant la république autoproclamée à son parrain arménien. La chute de cette localité était considérée comme un tournant de la guerre. Lundi, l'Arménie disait que les combats s'y poursuivaient encore.

    Le conflit a fait au moins 1.300 morts depuis le 27 septembre, selon des bilans très partiels. Il pourrait en réalité y avoir des milliers de morts de chaque côté.

    Depuis des semaines, la Russie et d'autres puissances tentaient d'obtenir un cessez-le-feu, mais trois tentatives ont échoué. La Russie est la puissance régionale dans le Caucase du Sud. Elle est une alliée militaire de l'Arménie mais a aussi de bonnes relations avec l'Azerbaïdjan, deux ex-républiques d'URSS.

    L'Azerbaïdjan a lui le soutien de l'autre puissance de la région, la Turquie qui a notamment été accusée d'envoyer des mercenaires pro-turcs de Syrie se battre en soutien à Bakou. Si Moscou et Ankara sont rivaux, les présidents Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan entretiennent néanmoins une relation pragmatique.

  • Nagorny-Karabakh : Les autorités du Karabakh reconnaissent la perte de la ville de Chouchi

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    L'attaché de presse du président de la république non reconnue du Haut-Karabakh, Vahram Poghosyan, a déclaré que la ville de Shushi échappe totalement au contrôle des forces du Karabakh.

    "Aujourd'hui, malheureusement, nous devons admettre que nous sommes toujours accompagnés d'une série d'échecs et que la ville de Shushi est complètement hors de notre contrôle. Toutes les thèses de propagande encourageantes et inspirantes ne nous donnent rien d'autre qu'un détachement du sens de la réalité", a écrit Poghosyan sur Facebook .

    La capture de Chouchi est une victoire majeure pour l'Azerbaïdjan après six semaines de combats au Nagorny-Karabakh. Chouchi, érigée au sommet d'une montagne, est située à seulement quinze kilomètres de la capitale régionale Stepanakert et sur la principale route reliant la république autoproclamée à l'Arménie, son principal soutien.

    Lors d'une allocution télévisée dimanche, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev avait annoncé "avec une fierté et une joie très grandes" que Choucha (prononciation azerbaïdjanaise de Chouchi) avait été "libérée".

    Ces propos avaient été immédiatement démentis par l'Arménie selon laquelle la ville, forteresse naturelle, "résistait aux coups de l'adversaire en dépit de lourds dégâts". 

    Les forces arméniennes ont par ailleurs fait état lundi de bombardements azerbaïdjanais sur plusieurs localités sous leur contrôle, dont Stepanakert, visée par des "missiles à longue portée". Elles ont annoncé la mort de 44 soldats supplémentaires dans leurs rangs sans autres précisions. "Outre Chouchi, les batailles dans d'autres directions sont également importantes. Les tentatives d'attaquer l'ennemi ont été contrecarrées à Martuni, Martakert, Tagavard et dans d'autres directions", indique le message du ministère de la défense arménien.

    forward_2.gifDernière nouvelle 16H30 (heure locale : L'armée azerbaïdjanaise s'est approchée de Stepanakert
    Les forces armées azerbaïdjanaises sont à la périphérie de Stepanakert , a déclaré l'attaché de presse du président de la république non reconnue du Haut-Karabakh, Vahram Poghosyan.

    "L'ennemi est à la périphérie de Stepanakert, et l'existence de la capitale est déjà menacée. Si nous voulons que Shushi redevienne le nôtre, l'Artsakh (nom propre du Karabakh) a été préservé, tout doit être fait pour organiser une défense fiable de Stepanakert et d'autres zones de la ligne de front. C'est une garantie réelle et fiable de succès », a écrit Poghosyan sur Facebook.

    forward_2.gifL'Azerbaïdjan abat un hélicoptère russe - les deux membres d'équipage tués
    L'Azerbaïdjan a admis avoir abattu accidentellement un hélicoptère russe Mi-24. Cela a été rapporté par le ministère des Affaires étrangères du pays. L'hélicoptère s'est écrasé près du village arménien de Yeraskh.


    Le département a expliqué que l'erreur était due au fait que l'hélicoptère avait volé à proximité de la frontière arméno-azerbaïdjanaise, alors que des affrontements militaires actifs se poursuivaient dans le conflit du Haut-Karabakh. Le vol s'est déroulé dans l'obscurité, à basse altitude et en dehors de la zone de détection radar des systèmes de défense aérienne, a indiqué le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères. En outre, des hélicoptères russes n’ont jamais été vus dans la zone où l’incident s’est produit.

    "La partie azerbaïdjanaise présente ses excuses à la partie russe à propos de cet incident tragique, qui est de la nature d'un accident et n'a pas été dirigé contre la partie russe", a déclaré le ministère dans un communiqué.

    Bakou s'est déclaré prêt à payer une indemnisation en relation avec l'incident.

    Un bilan partiel fait état de 1300 morts
    De violents combats opposent depuis fin septembre Erevan et Bakou pour le contrôle du Nagorny Karabakh, enclave montagneuse qui avait déjà été l'objet d'une guerre ayant fait 30.000 morts à la dislocation de l'URSS. Cette reprise des hostilités a fait près de 1.300 morts selon des bilans partiels.

    Vidéo côté arménien
    Des canons D-20 frappent les positions azerbaïdjanaises près de Chouchi


    Vidéo côté azerbaïdjanais 
    Combats près de Choucha

    Les Azerbaïdjanais contrôlent la magnifique ville de Choucha

  • Nagorny-Karabakh : Bombardements meurtriers et combats près de la ville stratégique de Chouchi

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    Trois civils ont été tués dans la nuit de jeudi à vendredi par des bombardements sur la région sécessionniste du Nagorny Karabakh, a annoncé l'Arménie, les combats avec l'armée azerbaïdjanaise se poursuivant près de la ville stratégique de Chouchi

    Une porte-parole de l'armée arménienne, Chouchan Stepanian, a indiqué sur Twitter que la capitale du Nagorny Karabakh, Stepanakert, avait été de nouveau visée par des frappes. "Une roquette a atteint une zone résidentielle, tuant trois civils", a-t-elle affirmé, évoquant également des bombardements sur la ville de Chouchi.

    De son côté, le ministère azerbaïdjanais de la Défense a fait état de tirs ennemis dans la matinée sur la ville de Terter et deux autres villages. Il a également signalé des bombardements dans la nuit sur une localité de la région de Goranboï.

    Sur Twitter, l'armée du Nagorny Karabakh a déclaré que les combats se poursuivaient "le long des principales parties du front". "De multiples attaques d'unités azerbaïdjanaises sur Chouchi ont également été repoussées", est-il ajouté, l'armée assurant avoir le "contrôle complet de la situation".

    Chouchi
    Chouchi, surnommée la Jérusalem du Nagorny Karabakh, est une localité stratégique située sur des hauteurs au sud de Stepanakert. Depuis la reprise des combats le 27 septembre, les forces azerbaïdjanais ont regagné d'importants territoires au sud du Karabakh et se rapprochent de Chouchi et d'une route vitale reliant la capitale séparatiste à l'Arménie.

    Au début des années 1990, une première guerre dans la région avait fait 30.000 morts et aboutit à la sécession du Nagorny Karabakh de l'Azerbaïdjan. Selon des bilans partiels, ces nouveaux affrontements, les pires depuis près de trente ans, ont fait plus de 1.250 morts mais le nombre de victimes est probablement beaucoup plus élevé, l'Azerbaïdjan ne communiquant pas ses pertes militaires.

    Trois tentatives de trêve humanitaire négociées respectivement sous l'égide de la Russie, de la France et des Etats-Unis, ont volé en éclats. Cette semaine, l'ONU a évoqué la possibilité de crimes de guerre en raison d'attaques "indiscriminées" contre des civils et de vidéos jugées crédibles montrant l'exécution de prisonniers de guerre arméniens. Tandis qu'Erevan a demandé à Moscou une assistance militaire, Bakou bénéficie du soutien appuyé de la Turquie, accusée de lui fournir des spécialistes et des mercenaires.

    Vidéo côté arménien
    Prière sous les bombardements à Chouchi :

    Vidéo côté azerbaïdjanais
    Enterrement d'un martyr tué au combat
    La région de Füzuli reprise aux Arméniens :

  • Nagorny-Karabakh: la bataille de Chouchi

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    Les combats entre Arméniens et Azéris ont atteint les environs de la ville de Chouchi, point stratégique et symbolique de la guerre.

    Dans une allocution publique dans la soirée du 29 octobre, Arayik Harutyunyan, le président de la République d'Artsakh, le nom officiel de la république autoproclamée du Haut-Karabakh, a pris la parole depuis Chouchi et a déclaré que les forces azerbaïdjanaises se trouvaient à cinq kilomètres de la ville.

    "Le principal objectif de l'ennemi est de capturer Chouchi", a déclaré Harutyunyan. "Comme on dit, quiconque contrôle Chouchi contrôle le Karabakh", a-t-il répété.

    "Les prochains jours seront décisifs", a-t-il poursuivi. «C'est pourquoi nous devons nous unir, pourquoi nous devons nous battre, pourquoi nous devons punir l'ennemi. Pour cela, il faut au plus vite venir combattre au Karabakh ».

    Les propos d'Harutyunyan étaient inhabituellement francs et son évaluation a été rapidement modifiée par le porte-parole du ministère arménien de la Défense, qui a déclaré que les forces azerbaïdjanaises étaient à plus de sept kilomètres. "Fondamentalement, il a appelé les gens à défendre leur patrie, ce qui est normal", a déclaré le porte-parole de la défense arménienne Artsrun Hovhannisyan.

    Les forces azerbaïdjanaises avancent régulièrement vers l'ouest le long d'une longue bande de terre à la frontière sud du territoire avec l'Iran, auparavant contrôlée par les Arméniens. Elles semblent prêtes à tourner vers le nord, vers Choucihi et la capitale Stepanakert.

    "L'offensive azerbaïdjanaise s'éloigne de son objectif précédent qui était le couloir de Lachin, la dernière voie vitale de communication entre le Karabakh et l'Arménie. Les forces azerbaïdjanaises semblent préparer un assaut contre cette ville stratégique de Chouchi", a Richard Giragosian, responsable du centre d'études régional du groupe de réflexion d'Erevan, dans une analyse publiée à la presse le 30 octobre.

    Ce sera cependant un terrain beaucoup plus difficile à conquérir, car entre le territoire nouvellement contrôlé de l’Azerbaïdjan et ce couloir se trouvent des montagnes boisées, et non la plaine plate que les forces azerbaïdjanaises ont déjà réussi à conquérir.

    « S'ils parviennent à [capturer Chouchi] en quelques jours, ce qui n'est pas facile, ce n'est peut-être pas la fin de la guerre, mais une catastrophe pour les Arméniens », a expliqué Alexander Iskandaryan, directeur du groupe de réflexion du Caucase Institute d'Erevan, dans une interview avec Eurasianet. « Si ce n'est pas le cas, que peuvent-ils faire à partir de là ? Dans les combats au sol, ils ne sont pas aussi efficaces qu'ils le sont avec l'artillerie et l'aviation ».

    Chouchi est perché sur une hauteur presque imprenable. Sa conquête par les Arméniens en 1992 avait été la bataille décisive de la première guerre avec l'Azerbaïdjan. La hauteur imposante qu'occupe la ville a permis aux forces azerbaïdjanaises, tant qu'elles l'ont, de bombarder facilement la capitale voisine de Stepanakert.

    « La couverture aérienne est essentielle, mais des lignes d'approvisionnement trop longues ne permettent qu'une campagne méthodique et lente, avec un timing plus précis pour prendre Chouchi tenant compte de la taille et du rythme des progrès azerbaïdjanais », a écrit Giragosian.

    Les Azéris considèrent la ville - qu'ils appellent Shusha - leur capitale historique du Karabakh, et le président Ilham Aliyev a de plus en plus parlé de la reprise de la ville comme l'une des cibles clés de l'offensive actuelle. Dans une interview accordée le 16 octobre à la télévision turque, Aliyev a déclaré que "sans Shusha, notre cause sera inachevée".

    Zaur Shiriyev, un analyste de l'International Crisis Group basé à Bakou, a écrit sur Twitter q '"il n'est pas clair si la conquête de Choucha est un objectif militaire ou politique".

    "L'offensive militaire indique qu'il s'agit toujours d'un objectif, mais tout le monde sait que cela coûtera cher", a ajouté Shiriyev. « Même avant la guerre, il était admis que l'attitude des Azéris envers tout futur accord de paix dépendait dans une large mesure du retour des Azéris à Choucha. L'incapacité de retourner à Choucha est perçue comme la preuve que l'Azerbaïdjan ne peut pas se garantir une paix digne par des moyens pacifiques ».

    La conquête de Chouchi pourrait être destinée à créer «une victoire politique symbolique, nécessaire pour [les Azéris] retourner à la diplomatie», a écrit Giragosian.

    L'Arménie et l'Azerbaïdjan se disputent le Haut-Karabakh depuis février 1988, lorsque la région, à majorité arménienne, a annoncé sa sécession de la République socialiste soviétique d'Azerbaïdjan. Au cours du conflit armé de 1991-94, l'Azerbaïdjan a perdu le contrôle du Haut-Karabakh et de sept régions adjacentes. Des négociations pour un règlement pacifique du conflit sont en cours depuis 1992 dans le cadre du Groupe de l'OSCE de Minsk, dirigé par trois coprésidents, la Russie, les États-Unis et la France.

    Les Arméniens mènent une opération de commandos contre les forces spéciales azerbaïdjanaises
    Les forces arméniennes affirment avoir mené une opération de commandos qui a permis d'infliger de lourdes pertes (morts et blessés) à une colonne des forces spéciales azerbaïdjanaises près de Tagavard.
    Une vidéo a été mise en ligne pour soutenir la revendication. On voit trois jeeps blindées détruites.


    De même, Quatre soldats arméniens ont pénétré derrière les lignes ennemies et détruit un peloton entier de mortiers. Ils ont pris des documents importants et des armes avant de rejoindre leurs lignes. 
    Voir la vidéo

    De son côté, les forces azerbaïdjanaises revendiquent l'élimination de tireurs d'élite arméniens
    Le ministère de la Défense de l'Azerbaïdjan a revendiqué l'élimination d'un groupe de tireurs d'élite des forces armées arméniennes , qui s'apprêtait à tirer en direction de Gubadli.
    "L'armée azerbaïdjanaise a lancé des frappes sur la zone défensive du 543e régiment des forces armées arméniennes. À la suite de ces frappes, un groupe de tireurs d'élite se préparant à opérer dans la direction de Gubadli a été éliminé", a indiqué le service de presse du ministère de la Défense.

    Vidéo côté arménien
    Sur le front :


    Vidéo -côté azerbaïdjanais
    Activité des drones Bayraktar TB2





  • Nagorny-Karabakh : L'Arménie et l'Azerbaïdjan ne parviennent pas à s'entendre sur un cessez-le-feu

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    Lors de leurs entretiens à Genève vendredi 30 octobre, l'Arménie et l'Azerbaïdjan n'ont pas réussi à s'entendre sur un nouveau cessez-le-feu au Haut-Karabakh, mais ils ont convenu de mesures pour réduire les tensions, y compris un engagement de ne pas viser les civils ou les cibles non militaires en respect du droit international humanitaire.. De même, les deux parties au conflit ont accepté de participer activement à la récupération et à l’échange de dépouilles mortelles.

    Le ministre arménien des Affaires étrangères Zahrab Mnatsakyanian et l'Azerbaïdjanais Jihon Permov se sont rencontrés face à face dans la ville suisse, pour tenter de trouver une issue à cette crise qui ensanglante la région depuis un peu plus d'un mois.

    Les médiateurs français, russes et américains réunis dans le cadre du "Groupe de Minsk" ont déclaré, dans un communiqué publié vendredi soir, qu'ils avaient appelé les parties belligérantes à mettre en œuvre un précédent accord de cessez-le-feu.

    Les médiateurs ont ajouté que les deux parties au conflit avaient eu un "échange de vues franc et substantiel, afin de clarifier leurs positions" dans les négociations sur les points de friction concernant l'accord de cessez-le-feu conclu le 10 octobre à Moscou.

    Deux autres accords de cessez-le-feu avaient également été conclus précédemment mais n'avaient pas été respectés.

    - Prisonniers de guerre -
    Il est également impératif que les deux pays soumettent, dans un délai d'une semaine, des listes de prisonniers de guerre à la Croix-Rouge "afin de" leur donner accès "et de faciliter tout" échange futur ".

    Les deux pays se sont engagés à soumettre des observations et des questions par écrit dans le cadre des discussions visant à établir des mécanismes de vérification de la mise en œuvre du cessez-le-feu, point considéré comme prioritaire dans les pourparlers.

    "Les chefs du Groupe de Minsk continueront à travailler intensivement avec les parties en guerre pour parvenir à un règlement pacifique du conflit", indique le communiqué.

    La réunion entre les deux ministres des Affaires étrangères était initialement prévue pour jeudi, mais a été reportée à vendredi en raison de la reprise des combats.

    Carrie Kanafeh, une ancienne ambassadrice américaine qui co-préside le groupe de Minsk, a tweeté: "Chaque jour de retard dans la réalisation d'un cessez-le-feu viable augmente la probabilité d'une augmentation tragique du nombre de victimes civiles."

    Depuis le déclenchement des combats le 27 septembre, les forces azerbaïdjanaises ont regagné des terres qui échappaient à leur contrôle depuis les années 1990, lorsqu'une précédente guerre entre les deux parties avait fait 30 000 morts et conduit à la sécession de la région du Haut-Qarabakh dont la population est en majorité arménienne.

    Cette région, qui est soutenue économiquement et militairement par l'Arménie, a déclaré son indépendance après la guerre de 1994, mais elle n'a été reconnue ni par la communauté internationale ni par l'Arménie.

    Le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev a confirmé cette semaine qu'il n'était pas contre la tenue d'un nouveau cycle de pourparlers à Genève, mais il en a minimisé l'importance.

    "De nombreuses réunions inutiles ont eu lieu au cours des 28 dernières années", a-t-il déclaré.

    Point sur les combats
    Les forces azerbaïdjanaises auraient atteint le village de Karintak (Taşaltı) qui se trouve à 3 km de Choucha, la deuxième ville du Haut Karabakh.

    Les autorités azerbaïdjanaises donnent aucune information sur leurs pertes. Mais il semble qu'elles soient très importantes. En témoigent des documents azerbaïdjanais capturés sur leur position il y a quelques jours. Ces documents montrent une liste de la 1ère escouade du 2ème peloton de 12 Azerbaïdjanais. 10 d'entre eux ont été tués. Les documents indiquent que les 12 membres de l'escouade ont été avaient été mobilisés entre les 22 et 30 juillet 2020.

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    A noter que, malgré les promesses de ne pas frapper les sites non-militaires faites par les belligérants, le marché de Stepanakert, la capitale du Haut Karabakh, a été bombardée ce matin.
    Vidéo du marché de Stépanakert (Wargonzo) :


    Moscou fournira à Erevan "l'aide nécessaire" si les combats atteignent l'Arménie
    La Russie est prête à fournir l'assistance "nécessaire" à l'Arménie, en conflit avec l'Azerbaïdjan sur la région séparatiste du Nagorny-Karabakh, si les combats s'étendent au territoire arménien, a annoncé samedi le ministère russe des Affaires étrangères.
    L'annonce de la Russie, qui a renouvelé son appel à un cessez-le-feu, est intervenue après que le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a demandé au président Vladimir Poutine d'entamer des consultations "urgentes" sur l'aide que pourrait fournir la Russie pour assurer la sécurité de son pays.