SOUDAN

  • Ethiopie : L'armée fédérale bloque une route empruntée par les réfugiés fuyant au Soudan

    Imprimer

    L'armée éthiopienne a bloqué une des principales routes menant au Soudan, empêchant des Ethiopiens fuyant la guerre au Tigray de rejoindre le pays voisin, selon des réfugiés parvenus jeudi au poste-frontière de Lugdi, dans l'est du Soudan.

    "L'armée éthiopienne a coupé la route menant à la frontière soudanaise au niveau de la localité de Humera (20 km de la frontière) et ceux qui cherchent à gagner le Soudan doivent éviter la route principale et passer à travers les champs sans se faire voir par les soldats", a expliqué à l'AFP Tesfai Burhano, qui venait d'arriver à Lugdi.

    Jeudi, ce poste-frontière était vide et aucun soldat éthiopien n'y était visible. Le journaliste de l'AFP a vu une dizaine de réfugiés traverser la frontière pendant qu'il se trouvait sur place. Le nombre d'arrivées de réfugiés éthiopiens au Soudan a nettement baissé depuis une semaine, selon les chiffres du Haut commissariat pour les réfugiés (HCR). Mercredi, l'agence onusienne recensait 718 arrivées, contre 3.813 le 21 novembre. Un responsable soudanais de la sécurité a confirmé à l'AFP cette baisse, sans donner d'explication. Selon le HCR, 42.651 réfugiés sont arrivés au Soudan depuis le début du conflit meurtrier au Tigray, dont 70% via Hamdayit, dans la province soudanaise de Kassala, le reste via celle de Gedaref.

    La région du Tigray, dans la nord de l'Ethiopie, est le théâtre d'âpres combats depuis que le Premier ministre Abiy Ahmed y a lancé une opération militaire le 4 novembre, accusant les responsables du Front de libération du peuple du Tigré de chercher à déstabiliser le gouvernement fédéral et d'avoir attaqué deux bases militaires éthiopiennes dans la région, ce que nient les autorités tigréennes.

  • Ethiopie : Chaque camp revendique des succès militaires au Tigray

    Imprimer

    Le gouvernement éthiopien et les autorités régionales du Tigray ont revendiqué mercredi, chacun de leur côté, d'importantes victoires militaires dans le conflit qui les oppose depuis deux semaines.

    Le 4 novembre, le Premier ministre Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019, a envoyé l'armée fédérale à l'assaut de cette région dissidente du nord de l'Ethiopie après des mois de tensions avec les autorités régionales du Front de libération des Peuples du Tigray (TPLF).

    La réalité de la situation sur le terrain est difficile à évaluer en raison d'un blackout sur les communications dans la région et des restrictions imposées aux déplacements des journalistes. "L'armée gagne sur tous les fronts", a affirmé mercredi Berhanu Jula, le chef de l'armée éthiopienne, à plusieurs médias officiels. "Le plan du TPLF de pousser l'Ethiopie vers une guerre civile et de la désintégrer a échoué et (le TPLF) est actuellement aux abois car il est cerné", a-t-il ajouté.

    Mardi soir, le gouvernement éthiopien affirmait contrôler plusieurs villes de l'Est du Tigray, notamment Mehoni, située à 125 km au sud de la capitale régionale Mekele, vers laquelle son armée était "en train d'avancer". Addis Abeba a accusé le TPLF d'avoir détruit quatre ponts qui mènent à Mekele.

    Le gouvernement, qui affirme contrôler depuis plusieurs jours l'Ouest du Tigray, a indiqué mardi soir avoir pris Shire, une localité du Nord abritant des camps de réfugiés érythréens, et "avancer" vers Aksoum, haut lieu de la religion éthiopienne orthodoxe. De leur côté, les forces tigréennes ont également revendiqué des victoires militaires, sans donner de précisions géographiques.

    "Nous infligeons de lourdes défaites sur tous les fronts à la force qui est venue nous attaquer", a dit le président du Tigray Debretsion Gebremichael dans un communiqué. "J'appelle tous les Tigréens à sortir en masse pour repousser les envahisseurs et pour continuer à infliger de lourdes pertes et défaites à l'ennemi", a-t-il ajouté.

    "Cauchemar"
    L'armée éthiopienne a mené plusieurs séries de frappes aériennes, visant officiellement des objectifs militaires comme des dépôts d'armes et de carburant. Au sol, les combats ont fait plusieurs centaines de morts et poussé plus de 27.000 personnes à fuir vers le Soudan voisin. L'ONU s'est alarmée mardi de la "crise humanitaire à grande échelle" qui se développe à la frontière entre les deux pays, traversée chaque jour selon elle par 4.000 personnes.

    L'ONG Islamic Relief, présente sur place, a qualifié mercredi de "cauchemar" les conditions d'accueil des réfugiés, principalement des enfants, des femmes et des personnes âgées, qui n'ont pour la plupart accès ni "à de la nourriture ni à l'eau courante". "Chaque jour le nombre (de réfugiés) et les besoins augmentent mais la capacité de réponse sur le terrain n'est pas suffisante", dit Elsadig Elnour, directeur de l'ONG au Soudan.

    Au Tigray, la branche éthiopienne de la Croix-Rouge a "transporté des centaines de personnes blessées dans les zones touchées par des combats", indique dans un communiqué le Comité international de la Croix-Rouge.

    Il ajoute que les hôpitaux du Tigray et de l'Amhara, région frontalière située au sud, ont "urgemment besoin" de lits supplémentaires. La communauté internationale s'inquiète également des conséquences sur la stabilité de la Corne de l'Afrique de ce conflit qui menace de s'étendre à travers l'Ethiopie et au-delà.

    Après avoir visé deux aéroports en territoire Amhara, le TPLF a tiré samedi des roquettes sur la capitale de l'Erythrée voisine. Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo y a vu une tentative des autorités tigréennes de "déstabiliser la région". Le vice-Premier ministre éthiopien Demeke Mekonnen a été reçu par plusieurs chefs d'Etat est-africains - Ouganda, Kenya, Rwanda - qui ont tous appelé au retour rapide de la paix. Un autre responsable éthiopien s'est rendu lundi à Djibouti, qui a offert son aide pour parvenir à une résolution pacifique de la crise.

    Addis Abeba a affirmé mardi entrer dans la phase "finale" de cette opération militaire. Le même jour, le ministre de la Défense, Kenea Yadeta, a déclaré qu'elle se terminerait "probablement dans moins de 10 à 15 jours", dans une interview à la télévision allemande DW.

    Mais selon des sources diplomatiques, il est loin d'être évident que les forces fédérales parviennent à défaire rapidement le TPLF, qui possède d'importants équipements militaires et compterait quelque 250.000 soldats (force paramilitaire et milice) bien entraînés à ces terrains montagneux. Les effectifs de l'armée éthiopienne sont estimés à 150.000 hommes, sans compter les forces spéciales et les milices.

    BREAKING: Shire town has fallen to Ethiopian forces and their allies. Tigrayan forces may have pulled back to the highland areas. Report that Axum has also fallen.

    BREAKING : la ville de Shire, après d'intenses bombardements,  serait tombée aux mains des forces fédérales et de leurs alliés, des forces érythréennes et de l'Etat d'Amhara. Les forces du Tigray semblent s'être retirées dans les régions montagneuses entourant la ville. La ville d'Aksoum serait également tombée.

    A noter que Shire abrite des milliers de réfugiés érythréens.

  • Russie : Poutine approuve le lancement d'une base navale au Soudan

    Imprimer

    Le président Vladimir Poutine a approuvé, lundi 16 novembre , la création d'une installation navale russe au Soudan pour permettre l'accostage des navires de surface à propulsion nucléaire, ouvrant la voie au premier pied militaire substantiel de Moscou sur le continent africain depuis la chute de l'Union soviétique. Poutine a chargé le ministère de la Défense de signer l'accord avec Khartoum, visant à créer un centre logistique pour la marine russe. Le décret a été publié sur le portail officiel des informations réglementaires.

    D'après les renseignements donnés par le document, préalablement soumis à l'approbation du Premier ministre russe, Mikhail Mishustin, la base aura des fonctions de réparation et de ravitaillement. La nouvelle structure, destinée à être construite à proximité de Port-Soudan, pourra accueillir jusqu'à 300 soldats et civils, mais seuls quatre navires russes pourront stationner à la base en même temps. Ce dernier, selon les plans de Moscou, servira principalement à améliorer les capacités d'opération dans l'océan Indien et étendra l'influence de la Russie sur le continent.

    Dans un décret publié lundi, Poutine a déclaré avoir approuvé une proposition du gouvernement russe de créer un centre de logistique navale au Soudan et a ordonné au ministère de la Défense de signer un accord pour y parvenir. Un projet de document relatif à la question, qui parlait d'une installation capable d'accoster pas plus de quatre navires en même temps, a été rendu public début novembre par le gouvernement de Moscou. La base serait utilisée pour les opérations de réparation et de ravitaillement en carburant et comme lieu où le personnel naval russe serait stationné.

    Le terrain sur lequel sera construite la base sera fourni par le Soudan et Moscou aura le droit de transporter toutes les armes, munitions et autres équipements dont il aura besoin via les aéroports et les ports soudanais pour soutenir le projet. La Russie dispose déjà d'une installation navale similaire dans le port de Tartous, en Syrie, où elle exploite également une base aérienne.

    L'année dernière, Poutine a organisé un sommet Russie-Afrique à Sotchi entre le 23 et le 24 octobre pour accroître l'influence russe en Afrique. A cette occasion, deux bombardiers russes dotés de capacités nucléaires, ont été remis à l'Afrique du Sud en signe d'intention. Moscou souhaite accroître son influence en Afrique, un continent avec de vastes richesses minérales et des marchés potentiellement très lucratifs pour les armes russes.

    En Afrique, la Russie est en concurrence avec d'autres nations, y compris la Chine. Djibouti, par exemple, abrite des bases navales chinoises, américaines et françaises, et plusieurs autres marines utilisent souvent son port. S'exprimant devant les chefs d'État africains, réunis à Sotchi pour participer à la réunion, Poutine a déclaré que la Russie avait l'intention de doubler ses échanges avec les pays du continent africain dans les 4 ou 5 prochaines années. Le président a ensuite souligné que Moscou avait annulé des dettes africaines d'une valeur de plus de 20 milliards de dollars.

    L'agence de presse d'État russe TASS a prédit que la nouvelle installation facilitera les opérations de la marine russe dans l'océan Indien en s'appuyant sur des équipages de remplacement pour ses navires à longue portée. Il a également émis l'hypothèse que le pays renforcera son nouvel avant-poste africain avec des systèmes de missiles sol-air avancés, lui permettant de créer une zone d'exclusion aérienne sur de nombreux kilomètres à la ronde. «Notre base au Soudan sera une autre occasion pour nous d'écouter et de capter l'attention», lit-on dans un article de TASS sur la nouvelle structure.

    Bien que Moscou connaisse un succès considérable dans la vente d'armes aux pays africains, elle est encore loin derrière d'autres concurrents internationaux en termes commerciaux. La Russie affirme que son commerce avec les pays africains est passé à 20 milliards de dollars en 2018, mais la Russie ne fait toujours pas partie des 5 principaux partenaires commerciaux du continent. Il s’agirait, dans l’ordre, de l’Union européenne, de la Chine, de l’Inde, des États-Unis et des Émirats arabes unis.

    Les responsables américains ont déjà promis de contrer ce qu'ils considèrent comme une influence politique et économique dangereuse de Moscou dans les affaires africaines, à égalité avec celle déjà exercée par la Chine, qui est depuis longtemps très présente sur le continent et organise des sommets bilatéraux depuis 2006. . En décembre 2018, le conseiller américain à la sécurité nationale, John Bolton, avait accusé Moscou de pratiques commerciales «corrompues» et «prédatrices» et de vente d'armes et d'énergie en échange de votes aux Nations Unies. Moscou a réfuté les accusations de Washington.

  • Ethiopie : 34 morts dans une attaque armée contre un bus dans l'ouest de l'Éthiopie

    Imprimer

    La Commission nationale éthiopienne des droits de l'homme a annoncé, dimanche 15 novembre, que des militants dans l'ouest de l'Éthiopie avaient tué au moins 34 personnes dans une attaque contre un bus.

    Le comité a déclaré que les hommes armés avaient attaqué le bus samedi soir, craignant de plus en plus un vide sécuritaire tandis que s'étend la campagne militaire dans le nord du pays.

    La Commission éthiopienne des droits de l'homme a déclaré que le nombre de morts est susceptible d'augmenter après ce qu'elle a décrit comme une attaque "horrible" contre un bus de passagers dans la région de Benishangul-Gumuz.

    25.000 réfugiés au Soudan
    Pendant ce temps, les réfugiés éthiopiens continuent de s'amonceler au Soudan voisin, créant un nouveau problème humanitaire. Leur nombre dépasserait, dimanche 15 novembre, le chiffre de 25.000.

    Les autorités du Tigray accusent les Emirats Arabes Unis
    Les autorités de la région du Tigray affirment que des drones fournis par les Émirats arabes unis effectuent des frappes aériennes au-dessus du Tigray.

    Les EAU sont un allié très proche de l'Éthiopie et de l'Érythrée.

     

  • Ethiopie : Des habitants du Tigray fuyant vers le Soudan décrivent les frappes aériennes et des meurtres à la machette

    Imprimer

    Les civils fuyant les combats dans la région du Tigray, au nord de l'Éthiopie, ont décrit des bombardements des avions gouvernementaux, des tirs dans les rues et des meurtres à la machette, alors qu'ils tentaient de gagner le Soudan voisin.

    Vendredi 13 novembre, dans la ville frontalière soudanaise d'al-Fashqa, qui accueille déjà plus de 7 000 réfugiés, des réfugiés du Tigray, où les forces gouvernementales affrontent des combattants fidèles aux dirigeants rebelles locaux, ont déclaré à Reuters.

    Reuters s'est entretenu avec une douzaine de réfugiés du Tigray, dans la ville frontalière soudanaise d'al-Fashqa, qui accueille déjà plus de 7 000 réfugiés. Beaucoup d'entre eux ont décrit avoir vu des cadavres joncher les routes alors qu'ils fuyaient sous le couvert de l'obscurité, craignant d'être retrouvés et tués.

    Ils ont dit que beaucoup d'autres Éthiopiens devraient les rejoindre au Soudan dans les jours à venir.

    Barhat, 52 ans, a déclaré qu'elle et d'autres personnes avaient fui Moya Khadra après que des personnes de la région d'Amhara, qui borde le Tigray et dont les dirigeants soutiennent le Premier ministre Abiy Ahmed, les aient attaqués.

    "Ils ont tué tous ceux qui se disaient originaires du Tigray. Ils ont volé notre argent, notre bétail et nos récoltes dans nos maisons et nous avons couru avec seulement les vêtements sur le dos", a-t-elle déclaré.

    Les résidents soudanais locaux ont dit qu'ils avaient entendu les frappes aériennes du gouvernement éthiopien au Tigray jusqu'à mardi et des témoins oculaires ont dit que certains des réfugiés avaient été blessés et transférés dans un établissement médical local.

    "Les bombardements ont démoli des bâtiments et tué des gens. Je me suis échappé, en partie en courant à pied et en partie en voiture. J'ai peur. Des civils sont tués", a déclaré Hayali Kassi, un chauffeur de 33 ans de Humera, une ville proche des frontières de l'Ethiopie avec le Soudan et l'Erythrée.

    Les gens se battent pour la nourriture
    Abiy a déclaré que les avions du gouvernement bombardaient des cibles militaires au Tigray, y compris des dépôts d'armes et des équipements contrôlés par les forces tigréennes.

    Kassi et quatre autres réfugiés ont déclaré avoir vu des soldats érythréens se battre aux côtés de l'armée éthiopienne contre le Front populaire de libération du Tigray (Tigray People's Liberation Front, TPLF). Reuters n'a pas pu le confirmer de manière indépendante.

    Le chef du Tigray, Debretsion Gebremichael, a déclaré mardi que l'Erythrée avait envoyé des troupes à travers la frontière pour soutenir les forces gouvernementales éthiopiennes mais n'a fourni aucune preuve.

    Le ministre érythréen des affaires étrangères, Osman Saleh Mohammed, a démenti cette affirmation, déclarant à Reuters: "Nous ne prenons pas part au conflit." Le ministère des affaires étrangères érythréen n'a pas fait de commentaires supplémentaires après les propos des réfugiés.

    Des sources de sécurité soudanaises ont déclaré à Reuters que des individus armés en uniforme militaire étaient entrés au Soudan depuis l'Ethiopie. Reuters n'a pas pu déterminer à quel camp ils appartenaient.

    Un témoin de Reuters a déclaré que beaucoup de ceux qui ont fui vers Al-Fashqa, qui se trouve sur les rives de la rivière Tezeke, étaient des femmes et des enfants. Des querelles ont éclaté à propos des réserves limitées de nourriture et d'eau fournies par l'armée soudanaise.

    "La faim règne ici, et les organisations internationales n'ont pas encore fourni d'aide... un grand nombre de personnes ont traversé la frontière au cours des trois derniers jours et leur nombre est bien plus important que ce que le gouvernement avait estimé", a déclaré un responsable local de la sécurité à Al-Fashqa.

    L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a déclaré vendredi que les combats en Éthiopie avaient poussé plus de 14 500 personnes à fuir au Soudan jusqu'à présent.

     

     

     

  • Ethiopie : Au moins 11.000 Éthiopiens se réfugient au Soudan

    Imprimer

    Au moins 11.000 Éthiopiens se sont réfugiés en 48 heures dans l'est du Soudan, fuyant les combats dans la région dissidente du Tigray, a indiqué à l'AFP un responsable soudanais.Un précédent bilan précédent communiqué par l'agence officielle Suna faisait état de plus de 8.000 réfugiés.

    "A ce jour, le nombre d’Éthiopiens ayant pénétré au Soudan se monte à 11.000", a déclaré mercredi à l'AFP Alsir Khaled, directeur de l'agence soudanaise pour les réfugiés dans la ville frontalière de Kassala. "Dans la région soudanaise de Hamdaït, dans l'État de Kassala, le nombre de réfugiés est passé de 2.000 mardi à 6.000 mercredi, et dans l'Etat de Gedaref il a atteint 5.000", a-t-il dit sans autre détails.
    L'agence officielle a indiqué que 6.000 Éthiopiens étaient arrivés dans l’État fédéral de Gedaref et 1.100 dans celui de Kassala. Mardi, des responsables de ces deux régions orientales du Soudan avaient fait état de l'arrivée de 1.500 réfugiés.

    Le Haut Commissariat aux Réfugiés (UNHCR) s'attend à un vague massive de réfugiés car il estime que la guerre risque de s'intensifier. "Des milliers de réfugiés sont arrivés à la frontière soudanaise en l'espace de 24 heures. Comme le conflit semble devoir connaître un escalade, le nombre augmentera vraisemblablement de manière significative, estime cette organisation onusienne dans un communiqué.
    Pour sa part, la directrice régionale du HCR, Clementine Nkweta-Salami, a insisté auprès des gouvernements des Etats voisins pour qu'ils laissent leurs frontières ouvertes à ceux qui ont été contraints de quitter leurs habitations".

    Face à l'urgence, dans l'État de Gedadef, les agriculteurs ont commencé à collecter de la nourriture et à proposer des abris aux arrivants, indique une source gouvernementale citée par Suna, selon laquelle jusqu'à 200.000 Éthiopiens pourraient se réfugier au Soudan.

    Région du Tigray
    Le Tigray est une région dissidente du nord de l'Éthiopie où Addis Abeba mène depuis le 4 novembre une opération militaire d'envergure. Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a lancé cette opération contre les autorités du Tigray, qu'il avait accusées préalablement d'avoir attaqué deux bases de l'armée fédérale sur leur territoire, ce qu'elles démentent.

    Se disant "inquiet de l'impact du conflit en cours", le porte-parole du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), Babar Baloch, a également fait état mardi de la présence de "plusieurs centaines de demandeurs d'asile" à deux postes-frontières de la zone.

    L'aviation éthiopienne a lancé plusieurs séries de raids sur des positions tigréennes tandis qu'au sol, des combats à l'artillerie lourde auraient opposé les troupes fédérales et les forces de sécurité tigréennes, notamment à l'ouest.

    L'Union africaine (UA) a réclamé mardi la fin des hostilités dans la région du Tigray.

    TPLF
    A la tête de la région, le Front de libération des peuples du Tigré (TPLF), qui fut tout-puissant durant les presque 30 ans qu'il a passés aux commandes des institutions politiques et sécuritaires en Éthiopie, défie depuis plusieurs mois l'autorité du gouvernement fédéral de M. Abiy. Les dirigeants de la région du Tigré l'accusent de les avoir progressivement écartés du pouvoir depuis qu'il est devenu Premier ministre en 2018.

  • L'Égypte et le Soudan continuent de se disputer le triangle Halayeb

    Imprimer

    Les territoires de Halayeb et Shalateen font depuis longtemps l'objet de controverses entre l'Égypte et le Soudan. Le différend avait ressurgi après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, soit apparu dans une vidéo avec une carte en arrière-plan dans laquelle la région de Halayeb et Shalateen était incluse parmi les terres soudanaises.

    Dans ce contexte, le 31 octobre, une délégation militaire égyptienne, conduite par le chef d'état-major de l'armée, Mohammed Hegazy, s'était rendue à Khartoum pour s'entretenir avec des responsables soudanais sur un certain nombre de questions de coopération militaire. Selon le journal al-Araby al-Jadeed , parmi les points à l'ordre du jour figurait également le différend relatif au triangle Halayeb et à la région de Shalateen. Cependant, la question n'avait pas été mentionnée lors d'une conférence de presse tenue le lendemain, 1er novembre, bien que Hegazy ait signalé que l'Égypte et le Soudan avaient décidé de renforcer leurs relations militaires, en particulier en ce qui concerne les activités de formation et de protection des frontières. Il en a été de même pour les déclarations de Mohamed Othman Hussein, chef d'état-major de l'armée soudanaise.

    La question de la région contestée était revenue sur le devant de la scène, à la suite de l'accord de normalisation entre Israël et le Soudan, annoncé le 23 octobre dernier. Bien que les détails ne soient pas encore connus, Israël a promis son soutien à la revendication du Soudan sur le triangle Halayeb-Shalateen, et le 27 octobre, parlant d'un avion israélien qui avait traversé l'espace aérien soudanais, le Premier ministre israélien avait montré une carte sur laquelle les territoires contestés apparaissaient comme appartenant au Soudan. Comme l'ont souligné les médias soudanais, cela a laissé entendre la reconnaissance par Israël de la souveraineté du Soudan sur le Triangle, tandis que plusieurs analystes et politiciens égyptiens condamnaient la vidéo.

    Il est probable, selon un chercheur spécialistes des affaires israéliennes, que Netanyahu ait simplement tenté de plaire au Soudan ou d'apaiser l'opinion publique soudanaise, opposé à tout accord de normalisation entre les deux pays. La démarche de Benyamin Netanyahu pourrait au contraire contribuer à raviver les tensions entre l'Egypte et le Soudan.

    Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, s'était félicité de la normalisation entre Israël et les pays arabes. À cet égard, le 23 octobre, le chef de l’État égyptien avait félicité Washington, Tel Aviv et Khartoum pour leurs efforts visant à promouvoir la paix et la stabilité dans la région. Ces déclarations sont intervenues après qu'al-Jazeera eut déclaré en août qu'al-Sissi pouvait reconnaître la souveraineté du Soudan sur le triangle Halayeb, sous la pression de Washington, et que c'était l'une des conditions. pour que le Soudan d'accepte une normalisation de ses relations avec Israël.

    Cependant, Mamdouh Amara, membre du parlement égyptien représentant la région de Halayeb-Shalateen, a nié l'intention du Caire de céder la souveraineté du Triangle au Soudan. Il a rappelé que la région disputée avec le Soudan se situe à l'intérieur des frontières historiques de l'Égypte, reconnue depuis des milliers d'années. La preuve en est que les élections concernant l'Égypte, comme les dernières des 25 et 26 octobre, se tiennent également à Halayeb et à Shalateen.

    Ahmad Moukhar, chercheur spécialisé dans les affaires soudanaises à l'Institut d'études et de recherche africaines de l'Université du Caire, a déclaré qu'Israël utilisait la question du triangle Halayeb et Shalateen à son avantage, mais ne serait pas en mesure d'exercer beaucoup de pression. Selon Moukhar, l'Arabie saoudite pourrait jouer un rôle plus important sur cette question, étant donné la proximité de ses côtes par rapport à la région contestée. À cet égard, il a été souligné que l'accord de démarcation de la frontière maritime saoudo-égyptienne le long de la côte de la mer Rouge, où se trouvent Halayeb et Shalateen, indique la reconnaissance officielle par l'Arabie saoudite de la souveraineté de l'Égypte sur la région.