Sinjar

  • Irak : L'armée turque a frappé mercredi 15 juin un centre du PKK

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    L'armée turque a frappé, mercredi 15 juin 2022, en Irak un "centre du PKK où étaient rassemblés des dirigeants de haut niveau" du Parti des Travailleurs du Kurdistan, a rapporté jeudi la chaine de télévision officielle turque TRT Haber.

    Selon TRT Haber, qui ne cite pas sa source, Ankara a utilisé des "drones armés" pour viser un bâtiment "servant d'assemblée au PKK" situé dans le village yézidi de Sinûnê, au Sinjar, lors d'une opération menée conjointement par les renseignements et l'armée turcs, précise la chaine. Des "dirigeants de haut niveau" du PKK étaient en réunion au moment de la frappe et "six terroristes ont été neutralisés", a-t-elle ajouté. Interrogé par l'AFP, le ministère de la Défense a refusé de confirmer l'information.

    Salah Nassir (12 ans).jpegAu cours du bombardement turc du village yézidi de Sinuni (Sinûnê), Alah Nassir (photo ci-contre), un enfant de douze ans, a été tué.

    Bastion de la minorité yazidie, la région du Sinjar est sporadiquement la cible de bombardements conduits par la Turquie contre des bases du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe qui mène une insurrection contre l'État turc depuis 1984 et qu'Ankara considère comme "terroriste". La Turquie a lancé mi-avril dans le nord de l'Irak une nouvelle offensive, baptisée "Griffe refermée", qui vise, assure-t-elle, des bases et des camps d'entraînement du PKK. 

    Sinjar, un champ de bataille entre la Turquie et l'Irak
    À Sinjar et tout autour, il y a une vingtaine de factions armées locales et régionales. L’Iran contrôle la moitié d’entre elles et dispose d’alliances stratégiques avec l’autre moitié", a expliqué un haut responsable irakien.

    De son côté, la Turquie a commencé à étendre sa base militaire à Bashika. L'armée turque a également récemment livré une grande quantité de matériel militaire supplémentaire à une base près de Sinjar.
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  • Irak : 5 personnes tuées au cours d'un raid turc 

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    Au moins 5 Irakiens ont été tués dans un bombardement turc du district de Chamchamal, au sud de la province de Sulaymaniyah en Irak. Vidéo.

    Samedi matin 21 mai 2022, des drones ont bombardé une voiture Toyota, tuant les cinq passagers. Deux des morts étaient des résidents de la région (photo ci-dessous), tandis que les trois autres n'ont pas été identifiés car leurs corps ont été calcinés. Les deux civils sont Aram Hama Khan et Ismaeel Mamand.
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    On pense que les morts, qui n'ont pas été identifiés, appartenaient à des membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui est positionné dans cette zone.
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    Le PKK, que la Turquie considère comme une "organisation terroriste", dispose de bases arrières et de camps d'entraînement dans la région de Sinjar, ainsi que dans les régions montagneuses du Kurdistan irakien frontalière de la Turquie.

  • Irak : Les tensions et les destructions entravent un retour des déplacés dans la région de Sinjar

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    Les violences et une lente reconstruction au Sinjar, foyer historique de la minorité yazidie en Irak, entravent le retour de deux tiers des familles de déplacés, a rapporté mercredi le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC).

    Cinq années après la fin de l'offensive contre les jihadistes de l'État islamique, plus de 193.000 habitants du Sinjar --des Yazidis, des Kurdes, des Arabes-- ne sont toujours pas rentrés dans cette région du nord de l'Irak. Début mai, de nouveaux affrontements entre l'armée et des combattants yazidis ont entraîné le déplacement de 10.000 personnes.

    "Outre l'escalade de tensions entre les groupes armés, les difficultés d'accès au logement, à la terre et à la propriété posent des obstacles au retour des déplacés", indique NRC dans son rapport. Environ "64% des déplacés ont fait état de maisons fortement endommagées", précise le texte, citant une enquête réalisée en décembre 2021 auprès de 1.500 personnes.

    "Les déplacés indiquent ne pas avoir les ressources pour reconstruire leurs maisons, en particulier au vu du peu de possibilités d'emplois et les retards dans le versement des dédommagements du gouvernement", ajoute le rapport. Selon l'ONG, "99% de ceux qui ont déposé une demande d'indemnisation du gouvernement pour une propriété endommagée n'ont reçu aucun financement".

    L'organisation appelle le gouvernement irakien et les autorités du Kurdistan autonome, voisin du Sinjar, à "prioriser la réhabilitation des infrastructures et la restauration des services, pour ouvrir la voie à des logements sûrs et habitables (...) mais aussi des infrastructures publiques: routes, écoles et bâtiments gouvernementaux". Car, rappelle NRC, après l'offensive anti-EI, "80% des infrastructures publiques et 70% des logements au Sinjar ont été détruits".

    Il y a aussi, chez un tiers des déplacés, "des inquiétudes importantes" concernant "des tensions sociales et des affrontements entre les acteurs sécuritaires". Début mai, des combats ont éclaté entre l'armée et des combattants yazidis, affiliés aux rebelles kurdes turcs du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), illustrant des luttes de pouvoir impliquant une multitude d'acteurs.

    Les combattants yazidis des Unités de résistance du Sinjar, affiliés aux ex-paramilitaires du Hachd al-Chaabi, ont combattu l'Etat islamique et accusent l'armée d'œuvrer à leur démantèlement. L'armée souhaite, elle, faire appliquer un accord négocié par Bagdad avec le Kurdistan irakien sur le retrait des combattants yazidis et du PKK. 

    Le Sinjar est sporadiquement la cible de raids aériens menés par la Turquie voisine contre des bases du PKK, groupe qualifié de "terroriste" par Ankara.

  • Irak : Plus de 4.000 personnes ont fui les combats au Sinjar

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    Plus de 4.000 personnes ont été déplacées par les récents combats ayant opposé l'armée irakienne à des combattants yazidis (Forces Yabshah) affiliés aux rebelles kurdes turcs du PKK dans la région du Sinjar, a annoncé mardi le Kurdistan d'Irak qui les a accueillies.

    Un soldat irakien a été tué lundi dans une nouvelle poussée de violences dans la région du Sinjar, dans le nord de l'Irak. Ce foyer historique de la minorité yazidie, communauté kurdophone pluricentenaire adepte d'une religion ésotérique monothéiste, est régulièrement secoué par des affrontements entre l'armée et les Unités de résistance du Sinjar, faction armée affiliée au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

    Les dernières violences "ont entraîné le déplacement de 701 familles, soit 4.083 personnes, qui se sont rendues dans la province de Dohouk", qui fait partie de la région autonome du Kurdistan d'Irak, a annoncé en conférence de presse Hussein Klari, responsable du centre de crise du ministère kurde de l'Intérieur.

    Les autorités fédérales de Bagdad ont reconnu le phénomène. "Ces déplacements sont temporaires. La situation sécuritaire est très bonne et la situation est revenue à la normale" au Sinjar, a tempéré Ali Abbas, un haut responsable du ministère irakien de l'Immigration, chargé du dossier des déplacés internes. Les heurts ont éclaté dimanche soir et se sont intensifiés lundi, avant de cesser en fin d'après-midi. Chaque camp a accusé l'autre de l'attaquer.

    Les Unités de résistance du Sinjar, dont les combattants sont aussi affiliés aux ex-paramilitaires du Hachd al-Chaabi (une coalition de groupes majoritairement chiites et pro-iraniens) accusent l'armée de vouloir prendre le contrôle de leur région. L'armée souhaite, elle, faire appliquer un accord négocié par Bagdad avec le Kurdistan irakien voisin, qui stipule le retrait des combattants yazidis et du PKK.

    La minorité yazidie a été persécutée des siècles durant en raison de ses croyances religieuses avant de subir de plein fouet la violence des jihadistes de l'Etat islamique. Sinjar est sporadiquement la cible de raids aériens menés par la Turquie voisine contre des bases du PKK, un groupe "terroriste" selon Ankara.

  • Irak : Violents combats entre l'armée irakienne et les forces de défense de Sinjar (Al-Yabshah)

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    L'Observatoire irakien des droits de l'homme a rapporté que des dizaines de familles avaient fui, dimanche 1er mai,  le district de Sunomi, de la ville de Sinjar dans le gouvernorat de Ninive, dans le nord du pays, en raison des combats entre l'armée irakienne, et  notamment la 9e division blindée,  et les forces  "Yabshah" (Forces kurdes de protection de Sinjar). 

    Concrètement, l'armée irakienne, d'un côté, attaque les Yézidis et les Kurdes,  et l'armée turque de l'autre côté bombardent les Kurdes et les Yézidis de Sinjar sous prétexte qu'ils aident le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).
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    Les violentes combats ont lieu à l'intérieur des zones résidentielles. Cette région avait été le théâtre d'un conflit majeur entre les forces locales et internationales et les jihadistes de l'Etat islamique s'étaient emparés de Sinjar en 2014 et commis contre ses habitants des crimes épouvantables contre l'humanité. Au cours de ce conflit une grande quantité d'armes avait été distribuée aux habitants de la région et ces armes sont toujours aux mains des habitants. 

    Selon des informations préliminaires reçues par l'Observatoire irakien des droits de l'homme, « de violents combats ont eu lieu au cours des dernières heures entre les forces de l'armée irakienne et les unités de protection « Yabsha » de Sinjar dans des zones peuplées, exposant les civils à un grand danger.

    Les combats, à l'arme moyenne et lourde, ont fait des victimes civiles. 
    Des observateurs locaux ont observé une concentration d'éléments "Al-Yabsha" à l'intérieur des quartiers résidentiels, ce qui a provoqué les combats avec l'armée irakienne au milieu des habitations civiles.

    Un habitant a expliqué que "les éléments Yabsha étaient barricadés à l'intérieur des habitations. De son côté, l'armée irakienne ne se souciait nullement du danger que faisait peser pour les civils l'utilisation d'armes lourdes dans les quartiers résidentiels. » Il a ajouté qu'"un grand nombre de familles ont fui vers d'autres régions du Sinjar et la région du Kurdistan irakien".

    L'Observatoire irakien des droits de l'homme a lancé un appel urgent au gouvernement irakien pour qu'il préserve la sécurité des civils et les éloigne du danger, car il est responsable de la sécurité des civils qui se trouvent à l'intérieur du territoire irakien. L'armée doit respecter le droit humanitaire international en tant que première force responsable de la sécurité et du système judiciaire. »

    L'observatoire a mis en garde contre la vague croissante de personnes déplacées, qui souffraient déjà des énormes destructions provoquées par les combats qui ont eu lieu au cours des années précédentes lors de la guerre contre l'Etat islamique.

  • Irak : 81 charniers de Yézidis découverts à Sinjar depuis 2014

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    Le vice-ministre des Affaires des Martyrs et de l'Anfal de l'Administration régionale kurde de l'Irak, Berevan Hamdi a déclaré que 81 fosses communes de Yézidis avaient été découvertes dans le district de Sinjar à Mossoul, dans le gouvernorat de Ninive.

    Hamdi a confirmé que toutes les fosses communes avaient été creusées par l'Etat islamique (Daech) après son attaque contre le district de Sinjar en 2014.

    Il a décrit les massacres comme un "nettoyage ethnique" soulignant que toutes les preuves imputaient la responsabilité de ces crimes à Daech.

    Le responsable a indiqué que la dernière découverte a été faite il y a deux semaines lorsque les équipes de recherche ont découvert deux fosses communes dans la région de Hardan à Sinjar. Les victimes ont été identifiées après avoir relevé des échantillons d'ADN, envoyés à la médecine légale de la capitale, Bagdad.

    Selon Hamdi, certaines fosses communes appartiennent à des enfants et d'autres à des hommes adultes, tandis que d'autres ne contenaient que les restes de corps féminins.

    Il a signalé que les identités des victimes trouvées dans 23 fosses communes ont été vérifiées, tandis que 58 tombes seront vérifiées ultérieurement.

    L'attaque de Daech contre Sinjar, à majorité yézidie, a fait 1 293 morts, tandis que 6 417 personnes étaient enlevées, dont des femmes et des hommes de confession yézidie. Au moins 3 530 personnes ont réussi à s'échapper par étapes après 2014, selon un communiqué du magistrat, Ali Agha, en août 2021.

    Les Yézidis sont un groupe religieux dont la plupart des membres vivent près de Mossoul (nord) et de la région des monts Sinjar en Irak, tandis que de plus petits groupes vivent en Turquie, en Syrie, en Iran, en Géorgie et en Arménie.
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  • Irak : Un commandant des forces de résistance de Sinjar (YBS) tué par un drone turc dans le nord de l'Irak

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    Mervan Bedel.jpegMardi 7 décembre, un drone turc a pris pour cible un véhicule dans la ville de Sinjar, dans le gouvernorat de Ninive, au nord de l'Irak. Selon des sources locales, deux personnes ont été tuées au cours de l'attaque. Vidéo.

    L'une des victimes a été identifiée comme étant Mervan Bedel (photo ci-contre), commandant des Forces de résistance yézidies de Sinjar (YBS).

    L'YBS vise est une milice des Yézidis irakiens. Elle avait été créée pour protéger les Yézidis des attaques de l'Etat islamique. Aujourd'hui, ses membres font partie des forces armées irakiennes et forment le 80e régiment du Hashd al-Chaabi, une coalition de groupes paramilitaires majoritairement chiites. Le YBS est accusé par la Turquie d'être étroitement associé au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). C'est la raison pour laquelle début 2021, la direction militaire irakienne a exigé que les combattants de l'YBS quittent leurs positions dans le nord de l'Irak, ce que les membres de YBS ont refusé. 

    En raison de leurs liens supposés avec le PKK, les dirigeants de YBS sont fréquemment pris pour cible par les forces turques.

    Said Hassan.jpegEn août 2021, une frappe de l'armée de l'air turque a éliminé un autre commandant supérieur de l'YBS, Said Hassan (photo ci-contre), qui a joué un rôle important dans la lutte contre les terroristes de l'Etat islamique.

    Said Hassan est devenu le chef de la milice en 2014 après que l'Etat islamique ait saisi une partie importante du territoire irakien. Il a ensuite commandé le 80e régiment. Il a été tué quelques heures avant sa rencontre avec le Premier ministre irakien Mustafa Al-Kazimi.