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  • Ethiopie : Une cinquantaine de morts dans l'attaque d'un camp de déplacés, selon les rebelles tigréens

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    Les rebelles du Tigray ont affirmé samedi 8 janvier 2022 qu'au moins 56 personnes avaient été tuées dans une attaque de drone contre un camp de déplacés dans le nord de l'Éthiopie, ravagé par la guerre.
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    Getachew Reda, porte-parole du Front de libération du Peuple du Tigray (TPLF), a déclaré sur Twitter que l'attaque du camp situé dans la petite ville de Dedebit, dans le nord-ouest du Tigray, "a coûté la vie jusqu'à présent à 56 civils innocents".

    Ces allégations n'ont pas pu être vérifiées de manière indépendante et les responsables du gouvernement éthiopien n'ont pas répondu immédiatement aux sollicitations de l'AFP. L'accès au Tigray est restreint et les communications restent coupées dans la région. Toutefois, un responsable de l'hôpital principal de Mekele, la capitale du Tigray, a déclaré à l'AFP que l'hôpital de la ville de Shire, où les victimes ont été évacuées, avait fait état de 55 morts et 126 blessés. M. Getachew n'a pas précisé quand l'attaque avait eu lieu. 

    Le TPLF affronte les forces loyales au Premier ministre Abiy Ahmed depuis novembre 2020, dans un conflit brutal qui a fait des milliers de morts et provoqué une grave crise humanitaire.

    Les combattants du TPLF se sont retirés dans leur bastion du Tigray fin décembre 2021, après une offensive militaire qui a vu les forces gouvernementales reprendre une série de villes stratégiques. Les combats ont connu une certaine accalmie depuis le retrait du TPLF, bien que les rebelles accusent le gouvernement de continuer à mener des attaques de drone meurtrières sur le Tigray, région la plus au nord de l'Éthiopie.

    Les Nations unies ont confirmé cette semaine que trois réfugiés érythréens, dont deux enfants, avaient été tués mercredi dans une frappe aérienne sur le camp de réfugiés de Mai Aini, au Tigray. Le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a déclaré après l'attaque de Mai Aini que les réfugiés "ne devraient jamais être une cible". "Alors que le HCR continue de rassembler et de corroborer les détails sur ces événements, je réitère l'appel du HCR à toutes les parties au conflit à respecter les droits de tous les civils, y compris les réfugiés", a-t-il dit.

    La région est soumise à ce que l'ONU a qualifié de blocus de facto, qui empêche l'acheminement de biens de première nécessité à ses six millions d'habitants. Selon les Nations unies, 400.000 personnes souffrent de conditions proches de la famine au Tigray.

  • Ethiopie : Chaque camp revendique des succès militaires au Tigray

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    Le gouvernement éthiopien et les autorités régionales du Tigray ont revendiqué mercredi, chacun de leur côté, d'importantes victoires militaires dans le conflit qui les oppose depuis deux semaines.

    Le 4 novembre, le Premier ministre Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019, a envoyé l'armée fédérale à l'assaut de cette région dissidente du nord de l'Ethiopie après des mois de tensions avec les autorités régionales du Front de libération des Peuples du Tigray (TPLF).

    La réalité de la situation sur le terrain est difficile à évaluer en raison d'un blackout sur les communications dans la région et des restrictions imposées aux déplacements des journalistes. "L'armée gagne sur tous les fronts", a affirmé mercredi Berhanu Jula, le chef de l'armée éthiopienne, à plusieurs médias officiels. "Le plan du TPLF de pousser l'Ethiopie vers une guerre civile et de la désintégrer a échoué et (le TPLF) est actuellement aux abois car il est cerné", a-t-il ajouté.

    Mardi soir, le gouvernement éthiopien affirmait contrôler plusieurs villes de l'Est du Tigray, notamment Mehoni, située à 125 km au sud de la capitale régionale Mekele, vers laquelle son armée était "en train d'avancer". Addis Abeba a accusé le TPLF d'avoir détruit quatre ponts qui mènent à Mekele.

    Le gouvernement, qui affirme contrôler depuis plusieurs jours l'Ouest du Tigray, a indiqué mardi soir avoir pris Shire, une localité du Nord abritant des camps de réfugiés érythréens, et "avancer" vers Aksoum, haut lieu de la religion éthiopienne orthodoxe. De leur côté, les forces tigréennes ont également revendiqué des victoires militaires, sans donner de précisions géographiques.

    "Nous infligeons de lourdes défaites sur tous les fronts à la force qui est venue nous attaquer", a dit le président du Tigray Debretsion Gebremichael dans un communiqué. "J'appelle tous les Tigréens à sortir en masse pour repousser les envahisseurs et pour continuer à infliger de lourdes pertes et défaites à l'ennemi", a-t-il ajouté.

    "Cauchemar"
    L'armée éthiopienne a mené plusieurs séries de frappes aériennes, visant officiellement des objectifs militaires comme des dépôts d'armes et de carburant. Au sol, les combats ont fait plusieurs centaines de morts et poussé plus de 27.000 personnes à fuir vers le Soudan voisin. L'ONU s'est alarmée mardi de la "crise humanitaire à grande échelle" qui se développe à la frontière entre les deux pays, traversée chaque jour selon elle par 4.000 personnes.

    L'ONG Islamic Relief, présente sur place, a qualifié mercredi de "cauchemar" les conditions d'accueil des réfugiés, principalement des enfants, des femmes et des personnes âgées, qui n'ont pour la plupart accès ni "à de la nourriture ni à l'eau courante". "Chaque jour le nombre (de réfugiés) et les besoins augmentent mais la capacité de réponse sur le terrain n'est pas suffisante", dit Elsadig Elnour, directeur de l'ONG au Soudan.

    Au Tigray, la branche éthiopienne de la Croix-Rouge a "transporté des centaines de personnes blessées dans les zones touchées par des combats", indique dans un communiqué le Comité international de la Croix-Rouge.

    Il ajoute que les hôpitaux du Tigray et de l'Amhara, région frontalière située au sud, ont "urgemment besoin" de lits supplémentaires. La communauté internationale s'inquiète également des conséquences sur la stabilité de la Corne de l'Afrique de ce conflit qui menace de s'étendre à travers l'Ethiopie et au-delà.

    Après avoir visé deux aéroports en territoire Amhara, le TPLF a tiré samedi des roquettes sur la capitale de l'Erythrée voisine. Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo y a vu une tentative des autorités tigréennes de "déstabiliser la région". Le vice-Premier ministre éthiopien Demeke Mekonnen a été reçu par plusieurs chefs d'Etat est-africains - Ouganda, Kenya, Rwanda - qui ont tous appelé au retour rapide de la paix. Un autre responsable éthiopien s'est rendu lundi à Djibouti, qui a offert son aide pour parvenir à une résolution pacifique de la crise.

    Addis Abeba a affirmé mardi entrer dans la phase "finale" de cette opération militaire. Le même jour, le ministre de la Défense, Kenea Yadeta, a déclaré qu'elle se terminerait "probablement dans moins de 10 à 15 jours", dans une interview à la télévision allemande DW.

    Mais selon des sources diplomatiques, il est loin d'être évident que les forces fédérales parviennent à défaire rapidement le TPLF, qui possède d'importants équipements militaires et compterait quelque 250.000 soldats (force paramilitaire et milice) bien entraînés à ces terrains montagneux. Les effectifs de l'armée éthiopienne sont estimés à 150.000 hommes, sans compter les forces spéciales et les milices.

    BREAKING: Shire town has fallen to Ethiopian forces and their allies. Tigrayan forces may have pulled back to the highland areas. Report that Axum has also fallen.

    BREAKING : la ville de Shire, après d'intenses bombardements,  serait tombée aux mains des forces fédérales et de leurs alliés, des forces érythréennes et de l'Etat d'Amhara. Les forces du Tigray semblent s'être retirées dans les régions montagneuses entourant la ville. La ville d'Aksoum serait également tombée.

    A noter que Shire abrite des milliers de réfugiés érythréens.