Shekau Abubakar

  • Nigeria : 13 morts dans une attaque de l'Etat islamique (ISWAP)

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    13 personnes ont perdu la vie, dimanche 27 février 2022, dans une attaque terroriste perpétrée par l'Etat islamique dans la province d'Afrique de l'Ouest (ISWAP), dans le nord-est du Nigeria.

    Les islamistes ont attaqué le village de Sabon Gari dans l'État de Borno.

    Treize personnes ont perdu la vie suite à l'attaque tandis qu'un grand nombre de personnes ont été blessées ou enlevées.

    La région de Chibok, dans l'État de Borno a fait l'objet de plusieurs attentats commis dernièrement par l'organisation djihadiste Boko Haram, concurrente de l'ISWAP.

    Malgré les opérations menées ces dernières années par les forces nigérianes de sécurité, les groupes armés islamistes posent toujours un sérieux problème de sécurité au Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique.

    Abu Musab al-Barnawi, fils de Mohammed Yusuf, le fondateur de l'organisation islamiste Boko Haram au Nigeria, est devenu le porte-parole de Boko Haram après la mort de son père en 2009.

    Depuis 2009, plus de 20.000 personnes sont mortes dans les attentats perpétrés par Boko Haram, qui est présent dans le pays depuis le début des années 2000.

    La crise de leadership qui a commencé au sein de Boko Haram en 2016 a provoqué la scission du groupe armé islamiste entre les leadership de Barnawi et d'Abou Bakr Shekau. Alors que Shekau était à la tête de Boko Haram, Barnawi a poursuivi ses activités en fondant ISWAP.

  • Nigeria : attaque présumée de Boko Haram dans l'Etat du Niger

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    Un groupe d'hommes armés, composé d'environ 100 militants, a tué 11 agents de sécurité et un nombre indéterminé de civils lors d'une attaque contre des villages isolés dans un État du centre-nord du Nigéria. 

    La nouvelle a été rapportée à l' agence de presse Reuters par le gouverneur de l'Etat nigérian du Niger, Alhaji Bello, le lundi 31 janvier 2021. Selon la source, l'agression a eu lieu dans l'après-midi de la veille, le 30 janvier, dans une zone connue sous le nom de Shiroro, et est imputable à un groupe de "terroristes". Certains responsables locaux ont ajouté que des militants présumés de Boko Haram étaient présents dans la région l'année dernière. "Les terroristes, plus de 100, auraient envahi la localité en plein jour, tuant environ 11 membres de la Joint Security Taskforce, plusieurs villageois et faisant de nombreux blessés", a déclaré Bello, ajoutant que des dizaines de militants étaient également morts lors des affrontements avec les forces de sécurité. Un habitant du village de Galadiman Kogo, à Shiroro a déclaré à Reuters par téléphone qu'au moins 30 villageois avaient été tués et des dizaines d'autres kidnappés après que des hommes armés à moto aient attaqué trois villages et incendié des maisons de villageois. Il a ajouté que plusieurs personnes avaient fui vers la capitale de l'Etat du Niger, Minna. 

    Début janvier 2022, le président nigérian Muhammadu Buhari a annoncé que les forces armées avaient lancé une opération majeure dans l'État du Niger pour contrer les  "bandits" et djihadistes.  Les islamistes de Boko Haram auraient fui l'offensive  gouvernementale. 

    Le nord du Nigéria est en proie à la violence sur plusieurs fronts. Près du bassin du lac Tchad, dans le nord-est, un soulèvement jihadiste qui dure depuis plus de 13 ans a coûté la vie à près de 350.000 personnes. Dans cette zone, la faction Boko Haram connue sous le nom de Jama'at Ahl al-Sunna li-Da'wa wal-Jihad (JAS) est en déroute après le meurtre de son chef, Abubakar Shekau, en mai 2021, mais elle semble toujours capable de commettre des attaques. 

    Toujours dans le nord du pays, il y a aussi la faction rivale. Il s'agit de l'Etat islamique de la province de l'Ouest (ISWAP)  (ISWAP) qui contrôle de vastes zones rurales de la province de Borno de tous les côtés de la capitale provinciale, Maiduguri. 

    Enfin, dans le nord-ouest du pays, les activités des forces de sécurité ciblent à la fois des groupes de soi-disant « bandits », qui agissent à des fins lucratives en kidnappant des civils pour demander des rançons, et des organisations djihadistes, avec de probables collaborations entre les deux. 

    Dans ce contexte, il est intéressant de souligner que l'Etat de Sokoto, situé dans le nord-ouest du Nigeria, est éloigné de la zone où se concentraient habituellement les activités des islamistes de Boko Haram, c'est à dire l'Etat de Borno.  Enfin, l'État du centre-ouest et du centre-nord du Niger est également touché par une violence croissante. 

    Le 6 janvier , la police locale a signalé l'enlèvement de 3 citoyens chinois et le meurtre de 2 ouvriers dans le village de Gussase. En particulier, des hommes armés ont attaqué le personnel d'une entreprise chinoise qui installait une tour pour la transmission de la ligne dans l'État du Niger. Le porte-parole de la police nigériane, Wasiu Abiodun, a déclaré que 3 citoyens chinois avaient été enlevés et 4 autres secourus après une fusillade entre des hommes armés et la police. L'ambassadeur de Chine au Nigeria, Cui Jianchun, a demandé aux autorités nigérianes d'aborder la question des crimes contre les citoyens chinois avec une approche de "tolérance zéro".

    De manière générale, la situation sécuritaire dans la région désertique du Sahel, dont le Nigeria fait partie, est particulièrement critique depuis 2012. Cette année-là, le Mali a d'abord fait face à un coup d'État, avec l'éviction du président de l'époque, Amadou Toumani Touré, puis une révolte armée a éclaté dans le Nord et menée par des membres touaregs alliés à certains combattants d'al-Qaïda. Depuis le 20 janvier 2013, les insurgés ont été progressivement expulsés des territoires du Nord grâce aux opérations conjointes des troupes franco-maliennes. Depuis lors, des attaques et des affrontements ont continué de se produire périodiquement, entraînant la mort de soldats et de civils. Le conflit, qui dure maintenant depuis 12 ans, s'est étendu au Burkina Faso, au Niger, au Tchad, au Nigeria et au Cameroun, faisant plus de 300 000 victimes.

  • Nigeria : 7 soldats tués dans une attaque djihadiste dans le nord-est du pays

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    Sept soldats nigérians ont été tués, vendredi 3 décembre 2021, dans une attaque djihadiste contre un poste de l'armée dans le nord-est du Nigeria près de la frontière avec le Cameroun, ont confirmé à l'AFP des sources militaires.

    Des combattants de la « Province de l'État islamique en Afrique de l'Ouest » (ISWAP), arrivés à bord de plusieurs camions équipés d'armes automatiques, ont attaqué cette base située dans la ville de Rann vers 1H00 GMT, provoquant de violents affrontements avec les militaires nigérians, selon les sources. .

    "Les forces ont repoussé cette attaque, mais nous avons perdu sept soldats", a déclaré à l'AFP une source militaire.

    L'attaque a contraint les habitants de cette ville à fuir leur domicile, selon une source qui a requis l'anonymat.

    Rann est situé à 175 kilomètres de Maiduguri, la capitale de l'État de Borno, où l'armée cherche à mettre fin à une rébellion qui a éclaté il y a 12 ans.

    Attaque également de l'Etat islamique à Maiduguri
    Samedi matin 4 décembre, les djihadistes de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) ont attaqué à l'arme légère et aux RPG (Rocket Propelled Guns) le "lotissement 1000" à Maiduguri et la ville de la communauté aéroportuaire de Gomari. Les bombes ont complètement détruit plusieurs maisons. Le nombre de victimes n'est pas encore connu.
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    Les djihadistes de l'ISWAP de plus en plus actifs
    Le 17 septembre, au moins 16 soldats nigérians avaient été tués dans une embuscade de l'Etat islamique-Afrique de l'Ouest (ISWAP) sur l'autoroute entre Maiduguri et la ville de Monguno dans la région du lac Tchad.

    Une semaine plus tard, huit soldats étaient tués dans une attaque du groupe djihadiste près de la ville de Dikwa dans la même zone.

    La province de l'État islamique d'Afrique de l'Ouest (ISWAP) s'est renforcée ces derniers mois dans la région du lac Tchad après l'assassinat d'Abou Bakr Shekau, le chef du groupe rival «Boko Haram», lors d'une bataille entre les deux groupes.

    L'« État islamique - Province d'Afrique de l'Ouest » a été créé en 2016 à la suite d'une scission de « Boko Haram ».

    Le conflit a déplacé près de deux millions de personnes dans le nord-est du Nigeria et s'est également propagé aux pays voisins.

     

  • Nigeria : Trois soldats tués dans une embuscade jihadiste

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    Au moins trois soldats ont été tués dans l'embuscade de leur convoi militaire, tendue par des jihadistes dans l'État de Yobe, dans le nord-est du Nigeria, ont indiqué samedi deux sources de sécurité.

    Les convois militaires sont de plus en plus la cible d'attaques du groupe État islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP), dans le nord-est du Nigeria où les soldats luttent pour mettre fin à une insurrection de 12 ans qui a tué plus de 40.000 civils.

    Les assaillants ont arrosé le convoi à l'arme lourde lors de l'embuscade vendredi, dans le village de Tamsu Kawu, le long de l'autoroute de 120 kilomètres reliant Maiduguri et Damaturu, la capitale de l'État de Yobe, ont indiqué deux sources militaires à l'AFP. "Nous avons perdu trois soldats dans l'embuscade des terroristes de l'ISWAP", a déclaré l'un de ces deux officiers, selon lequel les jihadistes ont saisi un véhicule militaire. Un second officier militaire a confirmé le bilan. L'attaque s'est produite alors que l'armée revendique une série de succès contre les djihadistes, notamment des raids sur leurs camps.

    Le 17 septembre, au moins 16 soldats nigérians ont été tués dans une embuscade de l'ISWAP le long de l'autoroute reliant Maiduguri et la ville de garnison de Monguno, dans la région du lac Tchad. Une semaine plus tard, huit soldats sont morts lorsque d'une attaque par le groupe djihadiste près de la ville de Dikwa, dans la même région.

    L'ISWAP a consolidé son territoire ces derniers mois dans la région du lac Tchad après la mort d'Abubakar Shekau, le commandant du groupe rival Boko Haram, dans des combats entre les deux forces djihadistes. Reconnu par le groupe État islamique, l'ISWAP est né en 2016 d'une scission avec Boko Haram, auquel il reproche notamment des meurtres de civils musulmans.

    Depuis 2019, l'armée a fermé ses plus petites bases pour s'installer dans des garnisons plus grandes et fortifiées, appelées "super camps", pour tenter de mieux résister aux attaques. Une stratégie qui a laissé davantage de liberté de mouvement aux jihadistes dans les zones rurales, estiment les critiques de ces "super camps". Le conflit qui a provoqué le déplacement d'environ deux millions de personnes dans le nord-est du pays, s'est étendu aux pays voisins, ce qui a conduit à la mise en place d'une coalition militaire régionale contre les groupes islamistes.

  • Nigeria : L'armée nigériane annonce la mort du leader de l'EI Abou Musab al-Barnawi

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    Le chef du groupe islamique nigérian ISWAP, affilié à l'Etat islamique, Abou Musab al-Barnawi, est mort, a affirmé jeudi un haut responsable de l'armée nigériane. L'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) n'a pas confirmé la mort d'al-Barnawi. 

    "Je peux affirmer avec certitude qu'al-Barnawi est mort", a déclaré devant des journalistes le chef de l'état-major de défense, le général Lucky Irabor. Il n'a pas précisé les circonstances du décès du leader jihadiste, déjà donné pour mort par les autorités nigérianes par le passé. 

    L'ISWAP, reconnu par l'Etat islamique, est né en 2016 d'une scission avec l'autre groupe jihadiste nigérian Boko Haram, auquel il reproche notamment des meurtres de civils musulmans. Après être monté en puissance, ISWAP est devenu le groupe jihadiste dominant dans le nord-est du Nigeria, multipliant les attaques d'ampleur contre l'armée nigériane.

    Le chef de l'ISWAP a pris de l'importance après avoir fait scission avec Boko Haram en 2016 en raison de différends avec son commandant Abubakar Shekau, décédé plus tôt cette année lors de luttes intestines entre les deux factions.

    Depuis la mort d'Abubakar Shekau, selon des sources sécuritaires, Abou Musab al-Barnawi avait consolidé le contrôle de l'ISWAP dans le nord-est du Nigeria et la région du lac Tchad, où des fidèles de Boko Haram les combattent toujours. Depuis le début de la rébellion du groupe islamisque radical Boko Haram en 2009 dans le nord-est du Nigeria, le conflit a fait près de 36.000 morts et deux millions de déplacés.

  • Nigeria : Les combats fratricides entre jihadistes ont fait des dizaines de morts dans la région du lac Tchad

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    Les luttes intestines entre les deux principales factions djihadistes nigérianes ont fait des dizaines de morts, évoquant la possibilité d'un conflit interne prolongé entre les deux groupes islamiques, ont indiqué mardi à l'AFP des sources civiles et sécuritaires.

    L'État islamique de la Province d'Afrique de l'Ouest (ISWAP) est devenue la faction dominante dans le conflit au Nigeria, en particulier après la mort du commandant rival de Boko Haram, Abubakar Shekau, celui-ci ayant déclenché sa ceinture explosive à l'issue d'une réunion houleuse avec des représentants de l'ISWAP..

    Sa mort a marqué un changement majeur dans l'insurrection de 12 ans qui a fait 40 000 morts, mais des sources de sécurité affirment que les fidèles de Shekau ont résisté à la tentative hégémonique de l'ISWAP.

    Les djihadistes de Boko Haram ont lancé lundi une attaque contre des militants rivaux de l'ISWAP sur la rive nigériane du lac Tchad, bastion de l'ISWAP, s'emparant d'une île stratégique, ont indiqué des pêcheurs et une source sécuritaire.

    Un grand nombre d'insurgés de Boko Haram lourdement armés, arrivés dans des bateaux rapides, ont envahi l'île de Kirta Wulgo après avoir éliminé les points de contrôle de l'ISWAP au cours d'un combat de plusieurs heures, ont indiqué ces sources.

    Combat mutuellement destructeur' -
    La saisie de l'île de Kirta Wulgo serait un énorme revers pour l'ISWAP car l'île servait de port pour l'importation d'armes et de fournitures sur son territoire, selon des sources sécuritaires et des pêcheurs locaux.

    "C'était un combat mutuellement destructeur qui a duré plus de neuf heures, de 16 heures hier aux premières heures de ce matin", a déclaré un pêcheur de la région.

    Il ne pouvait pas donner de chiffre sur le nombre des victimes, mais son récit était soutenu par deux autres pêcheurs de la région.

    Une source sécuritaire locale a confirmé les affrontements à l'AFP.

    Selon la source sécuritaire, Boko Haram a mobilisé ses combattants des camps de Gegime et Kwatar Mota du côté nigérien du lac et Kaiga-Kindjiria du côté tchadien.

    "Ils se sont rassemblés sur l'île de Tumbun Ali du côté nigérian du lac et ont délogé six postes de contrôle de l'ISWAP avant de s'emparer de l'île de Kirta Wulgo", a déclaré la source sécuritaire.

    "C'était un combat mortel. On parle de plus de 100 morts", a déclaré la source.

    L'ISWAP s'est séparé de Boko Haram en 2016 et est devenu le groupe djihadiste dominant, se concentrant sur l'attaque de bases militaires et l'embuscade des troupes.

    Les deux factions sont devenues de farouches ennemis depuis la scission et se battent régulièrement pour la domination.

    Depuis la mort de Shekau en mai à la suite de luttes intestines avec les militants de l'ISWAP dans son enclave forestière de Sambisa, l'ISWAP a combattu les restes de Boko Haram qui ont refusé de lui prêter allégeance pour consolider son emprise dans le nord-est.

    Plus de deux millions de personnes ont été déplacées par le conflit nigérian depuis son début en 2009, et la violence s'est propagée au-delà des frontières jusqu'au Niger, au Tchad et au Cameroun.

    Batailles à venir -
    Après la mort de Shekau, les rebelles de Boko Haram dirigés par Bakoura Bodu, alias Buduma, un ancien lieutenant de Shekau, ont fui Sambisa vers le territoire sous son contrôle dans l'axe Gegime-Bosso du lac Tchad au Niger, selon des sources sécuritaires.

    Le mois dernier, Boko Haram a subi de lourdes pertes lors d'une tentative infructueuse d'envahir l'île de Kirta Wulgo, où ils ont été repoussés par l'ISWAP, ont indiqué à l'AFP deux sources dans la région.

    "Ce n'est que le début d'une bataille intestine entre les deux factions. Ce sera une bataille à mort", a déclaré la source sécuritaire locale.

    Boko Haram voudra peut-être affirmer sa présence du côté nigérian du lac pour obtenir sa part des revenus de la pêche revenant à l'ISWAP grâce aux prélèvements sur les pêcheurs nigérians.

    Après ce revers soudain, l'ISWAP devrait normalement chercher à repousser les militants envahisseurs de Boko Haram.

    Boko Haram est désormais à une distance de frappe des principaux bastions de l'ISWAP de Sabon Tumbu, Jibillaram et Kwalleram, selon une source proche de la région.

    "Le chef de l'ISWAP Abu Musab Al-Barnawi est connu pour résider à Sabon Tumbu où sont détenus des commandants de haut niveau de Boko Haram capturés ", a déclaré la source.

    L'adjoint d'Al-Barnawi vit à Jibillaram avec d'autres lieutenants de haut niveau tandis que les îles Sigir et Kusuma, proches de l'île de Kirta Wulgo, abritent de nombreux commandants supérieurs du groupe.

    "Toutes ces îles sont désormais sous la menace de Boko Haram", a déclaré la source.

    "L'ISWAP utiliserait tous les moyens pour assurer leur sécurité contre les combattants de Boko Haram qui feraient tout leur possible pour les voir tomber sous leur contrôle."

  • Nigeria : le chef du groupe djihadiste Boko Haram, Abubakar Shekau, se suicide lors de la capture de la forêt de Sambisa par les djihadistes de l'Etat Islamique (ISWAP)

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    Nigeria : le chef du groupe djihadiste Boko Haram, Abubakar Shekau, se suicide lors de la capture de la forêt de Sambisa par les djihadistes de l'Etat Islamique (ISWAP)
    Shekau s'était rendu et s'était engagé dans une réunion de plusieurs heures avec les combattants de l'ISWAP, où il lui avait été demandé de renoncer volontairement au pouvoir. Il a refusé et a plutôt choisi de se faire exploser.

    Le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, est mort. Plusieurs sources l'ont confirmé
    Il est mort mercredi 19 mai soir à la suite de l'invasion du bastion du groupe djihadiste Boko Haram dans la zone forestière de Sambisa par une colonne de combattants de l'Etat islamique de la Province d'Afrique de l'Ouest (ISWAP).

    L'ISWAP, qui s'était détaché de la faction Boko Haram dirigée par Shekau en 2016 et prêté allégeance à l'État islamique, a attaqué en force le repaire du groupe Boko Haram.

    Le repaire de Shekau a été retrouvé par les djihadistes de l'ISWAP. Un échange de coups de feu a eu lieu entre les combattants de l'Etat islamique et les gardes du corps de Shekau. Ses gardes du corps mis hors de combat, Shekau s'est rendu et s'est engagé dans une réunion de plusieurs heures avec les combattants de l'ISWAP. Pendant les pourparlers, on lui a demandé de renoncer volontairement au pouvoir et d'ordonner à ses combattants dans d'autres régions de déclarer la "bai'a" (allégeance) à l'autorité de l'ISWAP. Ils ont demandé à Shekau de publier une déclaration.

    Des sources au sein de l'insurrection ont rapporté que Shekau, qui portait secrètement un gilet suicide, s'est finalement fait exploser aux côtés de toutes les personnes présentes lors des négociations.

    L'identité des personnes au sein de la direction de l'ISWAP qui ont perdu la vie dans l'explosion reste incertaine pour le moment.

    Shekau était à la tête de Boko Haram depuis 2009 à la suite du décès du fondateur du groupe, Mohammed Yusuf. Selon la rumeur, il aurait été tué au moins quatre fois entre juillet 2009 et août 2015. En août 2016, l'armée de l'air nigériane a affirmé qu'il avait été «mortellement blessé» par des bombardements militaires, mais le groupe djihadiste a publié une vidéo seulement un mois plus tard, montrant qu'il était vivant et en bonne santé.

    Dynamique changeante
    La zone forestière de Sambisa était un bastion du groupe Boko Haram, également connu sous le nom de Jamā'at Ahl as-Sunnah lid-Da'wah Wa'l-Jihād (JAS).

    Bien que la confrontation et les escarmouches entre les deux factions rivales (JAS et ISWAP) aient été courantes, les tensions avaient récemment atteint de nouveaux sommets. 

    Les divergences, suivies d'affrontements, portaient selon les communications du groupe, sur la sur-utilisation par boko Haram des désignations de takfir (non-croyants) ou de le faire de manière incorrecte.

    Pour l'ISWAP, le contrôle  de la forêt de Sambisa signifie une protection accrue pour les combattants de l'ISWAP contre les frappes aériennes de l'armée nigériane, une protection que n'offraient pas les bastions de l'ISWAP dans la région du lac Tchad.

    Les développements récents font suite à des attaques persistantes de l'ISWAP contre des bases militaires et des garnisons, ainsi qu'à des événements au sein du groupe, notamment l'arrivée de renforts djihadistes et la réémergence d'Abu Musab Al-Barnawi (Habib Yusuf) en tant que chef intérimaire.  

    Abu Musab, un fils du fondateur de Boko Haram, Mohammed Yusuf, était auparavant le porte-parole du groupe. Mais il a ensuite rejoint un sous-groupe de combattants, dont le lieutenant Mamman Nur, qui s'est séparé en raison des méthodes rigides de Shekau et de sa position extrême sur le takfir. 

    La faction séparatiste, maintenant connue sous le nom d'ISWAP, s'est installée dans le bassin d'Alagarno et du lac Tchad, délogeant ou prenant le contrôle des positions de Boko Haram dans ces zones et devenant par la suite le groupe djihadiste dominant dans ce secteur.

    Les affrontements entre les deux groupes ne sont pas rares
    Selon une étude publiée par International Crisis Group, basé à Bruxelles, à la suite de leur scission il y a cinq ans, des dizaines de combattants de l'ISWAP ont été tués au cours d'affrontements entre les deux groupes djihadsites en juillet 2016, près de Chukungudu, au Nigéria, sur les rives du lac Tchad. 

    Le rapport ajoutait que, depuis lors, les combats entre les factions avaient diminué en intensité et que les deux groupes auraient conclu un accord de cessez-le-feu, qui comprenait un accord pour que Boko Haram libère les familles des commandants de l'ISWAP qu'elle détenait depuis la rupture entre Boko Haram et l'ISWAP. 

    Des affrontements occasionnels se produisaient encore, en particulier lorsque les partisans de Shekau cherchaient à voler et kidnapper des civils dans les zones contrôlées par l'ISWAP sur les rives nigériennes et nigérianes du lac Tchad, ainsi que dans la région du gouvernement local de Konduga au Nigéria, ce qui obligeait les unités de l'ISWAP  a les affronter pour les repousser. , a déclaré Crisis Group. 

    En février, Al Thabat, un groupe de médias affilié à Al-Qaïda, a révélé qu'une féroce bataille entre les deux groupes djihadistes, ISWAP et Boko Haram, avait eu lieu dans une zone frontalière entre le Nigéria et la République du Niger, où l'ISWAP avait perdu plusieurs de ses combattants.

    Les affrontements ont  eu lieu après que l'ISWAP ait enlevé des dizaines de femmes liées à Boko Haram. Boko Haram a alors attaqué la base de l'ISWAP et récupéra les femmes. 

    L'avancée de l'ISWAP dans les enclaves traditionnelles de Boko Haram est susceptible d'augmenter les risques sécuritaires sur les routes et les menaces pour les villes de garnison comme Maiduguri et Konduga.

    En contrôlant Sambisa, Alagarno et le lac Tchad , l'ISWAP peut peser de manière décisive sur toutes les principales routes d'accès à Maiduguri", a déclaré Vincent Foucher, analyste principal de Crisis Group, dans un tweet .

    La défaite de Boko Haram et la mort de Shekau pourraient créer davantage de problèmes pour la population civile et les forces de sécurité compte tenu de l'approche différente de l'ISWAP et de l'augmentation de ses capacités de guerre.