Sheikh Rashid Ahmed (ministre de l'intérieur)

  • Pakistan : Au moins deux morts et 26 blessés dans l'explosion d'une bombe à Lahore

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    Au moins deux personnes ont été tuées et 26 blessées dans l'explosion d'une bombe, jeudi 20  janvier 2022, devant une banque d'un quartier commerçant de Lahore (est), la deuxième plus grande ville du Pakistan, un attentat revendiqué par des séparatistes baloutches.

    "Les premières investigations montrent que l'explosion a été causée par un engin doté d'un dispositif de minutage et placé sur une moto", a déclaré à l'AFP Rana Arif, porte-parole de la police de Lahore.

    La police locale et une source hospitalière ont indiqué que deux personnes avaient été tuées, dont un enfant de 9 ans, et 22 blessées, dans cette violente explosion. L'attentat visait les employés d'une banque du vieux quartier commerçant d'Anarkali, a indiqué l'Armée nationale Baloutche (BNA), en le revendiquant sur Twitter. La BNA est un mouvement séparatiste baloutche récemment formé, après l'union de deux groupes plus anciens.

    Le Premier ministre pakistanais, Imran Khan, a exprimé ses regrets pour "la perte de précieuses vies humaines", selon un de ses porte-parole.

    Le Baloutchistan (sud-ouest) est la province la plus pauvre du Pakistan et est sujette à des violences ethniques, sectaires et séparatistes. Elle est riche en hydrocarbures et en minerais, mais sa population - environ 7 millions d'habitants - se plaint d'être marginalisée et spoliée de ses ressources naturelles. Elle est secouée par intermittence depuis des décennies par une rébellion séparatiste. Des groupes jihadistes y sévissent également. Au Baloutchistan, d'importants chantiers du Corridor économique Chine-pakistan (CPEC), pour lequel la Chine doit dépenser plus de 50 milliards de dollars (42 milliards d'euros), sont sortis de terre, dont le port en eaux profondes de Gwadar.

    Baloutches spoliés
    Ces projets chinois ont souvent créé un fort ressentiment dans la province, en particulier auprès des groupes séparatistes, qui estiment que la population locale n'en tire aucun bénéfice, la plupart des emplois revenant à de la main d'oeuvre chinoise.

    En mai 2019, l'hôtel de luxe surplombant le port de Gwadar avait été attaqué, au moins huit personnes trouvant la mort. Six mois auparavant, un assaut contre le consulat de Chine de Karachi, la plus grande ville du pakistan et sa capitale économique et financière, avait coûté la vie à au moins quatre personnes. Et en juin 2020, c'est la Bourse de Karachi, en partie propriété d'entreprises chinoises, qui avait été prise pour cible (au moins 4 morts).

    Ces attaques avaient été revendiquées par l'Armée de libération du Baloutchistan (BLA), qui s'était justifiée en invoquant la mainmise sur les ressources locales par Islamabad et la Chine. 

    Le Pakistan est également confronté depuis quelques semaines au retour en force du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), les talibans pakistanais, galvanisés par l'arrivée au pouvoir des talibans en août en Afghanistan.

    Le TTP, un mouvement distinct de celui des nouveaux dirigeants afghans mais qui partage avec lui des racines communes, a revendiqué plusieurs attaques rien que depuis le début de la semaine, dont celle, lundi, contre un poste de contrôle de la police à Islamabad, dans laquelle un policier a été tué et deux blessés. Ce genre d'incident est rare dans la capitale, placée sous forte surveillance policière en raison de la présence de dizaines d'ambassades étrangères, et où la sécurité s'était améliorée ces dernières années.

    Le ministre pakistanais de l'Intérieur, Sheikh Rashid Ahmed, avait mis en garde mardi contre la possibilité de nouvelles attaques et estimé que les autorités se devaient de "rester vigilantes". Le gouvernement pakistanais avait conclu une trêve d'un mois avec le TTP en fin d'année dernière, mais celle-ci a pris fin le 9 décembre, aucune avancée n'ayant eu lieu dans les négociations de paix.

  • Pakistan : attaques des talibans pakistanais dans la capitale et dans le Nord-Ouest

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    Les talibans pakistanais ont attaqué la police pakistanaise lors de multiples attaques menées dans la nuit du 17 au 18 janvier 2022, dans la capitale, Islamabad, et dans le nord-ouest du pays. Dans la fusillade, 3 policiers et 3 assaillants sont morts.

    La première attaque a eu lieu le 17 janvier à Islamabad, faisant craindre que les insurgés ne soient présents dans l'une des villes les plus sûres du pays. Au cours de l'incident, un officier et 2 agresseurs sont morts. Par la suite, selon les autorités, 2 policiers ont été tués dans des attaques menées dans les districts de Dir et du Nord Waziristan dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, qui borde l'Afghanistan. Le porte-parole des talibans pakistanais, également connu sous le nom de Tehrik-e-Taliban Pakistan, Mohammad Khurasani, a revendiqué la responsabilité du groupe sur Twitter, affirmant que l'un des combattants était mort dans l'attaque dans le district nord-ouest de Bajur.

    Le ministre pakistanais de l'Intérieur, Sheikh Rashid Ahmed, a assisté aux funérailles du policier tué à Islamabad. Ahmed a déclaré que les deux militants tués impliqués dans l'attaque ont été identifiés. Bien que les militants ciblent souvent les forces de sécurité au Pakistan, la capitale du pays a été largement épargnée ces dernières années. Les talibans pakistanais, encouragés depuis que les talibans afghans ont pris le pouvoir en Afghanistan, ont averti qu'ils pourraient mener d'autres attaques contre les forces de sécurité pakistanaises dans un proche avenir.

    Ces événements sont survenus après qu'un chef de l'organisation talibane pakistanaise, Khalid Balti, nommé Mohammad Khurasani, a été tué le 10 janvier 2022 dans la province orientale de Nangarhar, en Afghanistan. Originaire de la région nord du Gilgit-Baltistan, Balti a été commandant opérationnel du TTP ces dernières années. En 2007, il rejoint le groupe Tehreek Nifaz Shariat-i-Muhammadi dans le district de Swat et noue des liens étroits avec le mollah Fazlullah, ancien chef du TTP. Balti entretenait des relations étroites avec les membres du TTP à tous les niveaux et a joué un rôle essentiel dans la campagne de propagande du groupe. Selon des responsables d'Islamabad, Balti utilisait une planque dans la ville de Miramshah, dans la province de Khyber Pakthunkhwa, et s'est enfui en Afghanistan à la suite de l'opération Zarb-i-Azab, menée entre 2014 et 2017. En 2014, il était à la tête du comité des médias du TTP et a revendiqué la responsabilité de l'attaque de 2014 contre l'école publique de l'armée à Peshawar. En 2015, il a été arrêté à Nangarhar par les forces afghanes. Il a été incarcéré dans les prisons de Bagram et de Pul-i-Charkhi. Balti, et d'autres militants du TTP, ont ensuite été libérés en août 2021, lors de l'offensive militaire des talibans afghans.

    Les talibans pakistanais sont une émanation du groupe taliban afghan formé à partir de groupes talibans présents et opérant au Pakistan, qui se sont rencontrés en 2007 et sont fidèles à la direction des talibans afghans. L'objectif du TTP est d'introduire la charia au Pakistan et de renverser le gouvernement d'Islamabad en attaquant l'armée et les autorités. Comme les talibans afghans, le TTP promeut également une ligne conservatrice de l'islam et son idéologie est proche de celle d'Al-Qaïda.

     Le  9 novembre 2021, le gouvernement pakistanais et les talibans pakistanais avaient conclu un accord de cessez-le-feu pour poursuivre les pourparlers entre les parties. Cependant, le  9 décembre 2021, le TTP a annoncé la fin du cessez-le-feu accusant l'exécutif de ne pas respecter la trêve et de ne pas avoir libéré 102 de ses combattants.

  • Pakistan: Le gouvernement pakistanais compte expulser l'ambassadeur de France pour calmer la colère de la rue

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    Les manifestations contre la France, après la décapitation par un islamiste du professeur Samuel Paty et la déclaration du président Macron que la France ne renoncera pas au "droit au blasphème", ont paralysé plusieurs villes pakistanaises, provoquant des morts parmi la police.

    Le ministre pakistanais de l'Intérieur, Cheikh Rashid Ahmed, a déclaré que le gouvernement pakistanais soumettrait mardi au vote du Parlement, une décision d'expulser l'ambassadeur de France, après les manifestations islamiques contre la France.

    L'expulsion est l'une des quatre principales revendications du groupe extrémiste Tehreek Labbaik Pakistan (TLP), qui proteste depuis le 12 avril contre les caricatures représentant le prophète Mahomet publiées en France. Le TLP avait fixé un ultimatum, avertissant le gouvernement qu'il avait jusqu'au 20 avril pour la mise en œuvre. cette demande.

    Lundi, le Pakistan a entamé des pourparlers avec des représentants de ce groupe islamiste radical qu'il avait pourtant interdit.

    Le ministre, Cheikh Rashid Ahmed, a déclaré dans un communiqué vidéo: "Après de longues négociations avec (le mouvement Tehreek Labbaik Pakistan), il a été convenu de présenter une décision au Parlement aujourd'hui pour expulser l'ambassadeur de France" du pays.

    La décision pakistanaise reviendrait de facto à une rupture des relations diplomatiques. Elle aurait également pour effet de renforcer la position du parti islamiste radical Tehreek Labaik Pakistan en le faisant apparaître comme le grand vainqueur face au gouvernement pakistanais, renforçant son influence sur une population déjà passablement radicalisée.

     

  • Pakistan : Libération des policiers pris en otage par des manifestants anti-France

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    Onze policiers pakistanais pris en otage par des manifestants anti-France du parti islamiste radical Tehreek -e-Labbaik Pakistan (TLP) ont été libérés à l'issue de négociations, a annoncé lundi 19 avril 2021 le ministère de l'Intérieur.

    Les policiers avaient été enlevés et conduits dimanche dans la mosquée du Tehreek-e-Labbaik Pakistan à Lahore, au cours de violentes manifestations. Une vidéo mise en ligne dimanche, dont l'authenticité a été confirmée à l'AFP par la police, montrait des policiers blessés, certains en sang et contusionnés, un bandage autour de la tête.

    Le ministre de l'Intérieur Sheikh Rashid Ahmed a indiqué que les policiers avaient été libérés tôt lundi à l'issue de "négociations" avec le parti Tehreek-e-Labbaik Pakistan  (TLP), officiellement interdit depuis la semaine dernière par le gouvernement qui l'a classifié comme organisation terroriste.

    Les officiers étaient retenus dans une mosquée appartenant au TLP, dans laquelle se sont regroupés des partisans de ce mouvement. Elle était encerclée par la police.

    "Des premières négociations ont été entamées avec le TLP, elles ont réussi", a déclaré M. Rashid dans une vidéo sur Twitter. "Ils ont libéré les 11 policiers qui avaient été pris en otage", a-t-il ajouté, précisant qu'une deuxième série de négociations aura lieu plus tard lundi, sans que l'on connaisse leur objet.

    Les islamistes avaient fixé au 20 avril la date limite pour l'expulsion de l'ambassadeur français. Des manifestations anti-France ont eu lieu dans plusieurs villes du pays, entraînant la mort de six policiers et conduisant l'ambassade de France à appeler ses ressortissants à quitter provisoirement le pays.

    Le parti est depuis des mois à l'origine d'une campagne anti-France depuis que le président Emmanuel Macron a défendu le droit à la caricature au nom de la liberté d'expression. Le dirigeant français s'était exprimé au cours de l'hommage rendu à un enseignant tué le 16 octobre après avoir montré des dessins satiriques à sa classe, dans la foulée de la republication de représentations du prophète Mahomet par l'hebdomadaire Charlie Hebdo.

    - Seconde série de négociations -
    La semaine dernière, l'ambassade de France au Pakistan a recommandé à ses ressortissants de quitter provisoirement le Pakistan, un appel qui semble avoir été largement ignoré.

    "Les partisans du TLP sont entrés dans la mosquée et la police s'est également retirée", a déclaré M. Rashid. "Espérons que les autres questions seront réglées lors de la seconde série de négociations".

    Les islamistes protestent depuis la semaine dernière contre la détention de leur chef, qui a été arrêté pour avoir demandé l'expulsion de l'ambassadeur de France.

    Des dirigeants du TLP affirment que plusieurs de ses partisans ont été tués lors des affrontements de dimanche. "Nous ne les enterrerons pas tant que l'ambassadeur de France ne sera pas mis à la porte", a déclaré dans une déclaration vidéo Allama Muhammad Shafiq Amini, un dirigeant du TLP.

    Le gouvernement du Premier ministre Imran Khan a interdit la semaine dernière le TLP, le qualifiant d'organisation terroriste.

    Pourtant, samedi, il a laissé entendre que le parti n'avait pas été interdit en raison de son idéologie mais plutôt pour ses méthodes.

    "Laissez-moi être clair avec les gens d'ici et d'ailleurs: notre gouvernement n'a pris des mesures contre le TLP, en vertu de notre loi antiterroriste, que lorsqu'il a contesté l'autorité de l'Etat, eu recours à la violence dans la rue et attaqué la population et les forces de l'ordre", a-t-il tweeté.

    Enterrement des membres du TLP tués pas les forces de l'ordre
    Une grande foule de partisans du TLP désormais interdit s'est réunie devant Masjid Rehmat ul lil Aalameen à Lahore pour offrir les prières funéraires de l'un des membres du groupe tué lors des affrontements avec la police.
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