Sefrioui Abdelhakim (imam radical)

  • France : Le collectif pro-palestinien Cheikh Yassine dissous

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    Le conseil des ministres français a prononcé mercredi 21 octobre la dissolution du collectif pro-palestinien Cheikh Yassine, "impliqué" dans l'assassinat d'un enseignant vendredi, en région parisienne, a indiqué le porte-parole du gouvernement français Gabriel Attal.

    "Nous avons ce matin prononcé la dissolution du collectif Cheikh Yassine, impliqué, lié à l'attentat de vendredi dernier et depuis bien longtemps, le faux nez d'une idéologie antirépublicaine qui diffuse la haine", a-t-il indiqué lors du compte-rendu du conseil.

    Le président Emmanuel Macron, qui avait annoncé cette dissolution mardi soir, a souligné lors du conseil des ministres que "le mal a été nommé: c'est l'islamisme politique, qui entretient méthodiquement une déconstruction de la République", a rapporté M. Attal. C'est une "bataille sécuritaire, éducative, culturelle, et une bataille qui va durer", a aussi dit le chef de l'Etat, selon M. Attal.

    Le collectif Cheikh Yassine - du nom du fondateur du mouvement islamiste palestinien Hamas tué par l'armée israélienne en 2004 - avait été créé par Abdelhakim Sefrioui, un militant islamiste radical actuellement en garde à vue dans l'enquête sur l'attentat de vendredi. M. Sefrioui avait notamment diffusé il y a quelques jours sur Youtube une vidéo dans laquelle il dénonçait le professeur assassiné, qualifié de "voyou".

    Cette mesure s'ajoute à la fermeture prévue mercredi soir de la mosquée de Pantin, en banlieue nord de Paris, pour avoir notamment relayé une vidéo dénonçant le cours de Samuel Paty, ainsi qu'aux "expulsions des personnes radicalisées en situation irrégulière".

    Soulignant le "renforcement massif" de l'action du gouvernement avec les orientations posées par le chef de l'Etat lors de son discours du 2 octobre sur les séparatismes, Gabriel Attal a précisé que depuis février 2018, "356 lieux de radicalisation - débits de boisson, associations, mosquées, clubs de sport - ont été fermés", et que "rien que le mois dernier, nous en avons fermé un tous les trois jours". Plus de 1.200 personnels ont aussi été recrutés depuis 2017 dans le renseignement.

    Le gouvernement entend aussi apporter un "soutien" à l'école, a souligné M. Attal en évoquant la volonté de "renforcer l'enseignement moral et civique" et la nécessité de placer la rentrée des vacances scolaires le 2 novembre "sous le signe des valeurs républicaines et de liberté selon des modalités que le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer détaillera dans les prochains jours".

  • France : Opérations en France contre la mouvance islamiste et la haine en ligne

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    Les autorités françaises ont lancé lundi une vaste opération policière contre la mouvance islamiste, après la décapitation vendredi d'un professeur d'histoire-géographie victime d'une "fatwa", selon le ministre de l'Intérieur, pour avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet.

    Dans le viseur : "des dizaines d'individus" qui n'ont pas un "lien forcément avec l'enquête" mais auxquels le gouvernement a "manifestement envie de faire passer un message : (...) pas une minute de répit pour les ennemis de la République", a dit le ministre, Gérald Darmanin, à la radio Europe 1.

    Selon une source proche du dossier, il s'agit de personnes connues des services de renseignement pour des prêches radicaux et des messages de haine sur les réseaux sociaux.

    Depuis l'assassinat de Samuel Paty qui enseignait à Conflans Sainte-Honorine, à l'ouest de Paris, "plus de 80 enquêtes" ont par ailleurs été ouvertes contre "tous ceux qui de façon apologique ont expliqué d'une manière ou d'une autre que ce professeur l'avait bien cherché", a indiqué M. Darmanin, affirmant que des interpellations avaient eu lieu.

    Le président Emmanuel Macron a réuni dans la soirée du dimanche 18 octobre un conseil de défense, durant lequel il a martelé : "La peur va changer de camp" ; "les islamistes ne doivent pas pouvoir dormir tranquilles dans notre pays", selon le palais présidentiel de l'Élysée.

    À l'issue de 2H30 de réunion avec le Premier ministre Jean Castex, cinq ministres ainsi que le procureur anti-terroriste Jean-François Richard, le chef de l'État a annoncé un "plan d'action" contre "les structures, associations ou personnes proches des milieux radicalisés" et qui propagent des appels à la haine.

    Selon M. Darmanin, 51 structures associatives "verront toute la semaine un certain nombre de visites des services de l'État et plusieurs d'entre elles (...) se verront dissoudre en Conseil des ministres". Le ministre veut notamment dissoudre le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) -- "un certain nombre d'éléments nous permettent de penser que c'est un ennemi de la République" -- et l'association humanitaire Baraka City, fondée par des musulmans au profil salafiste.

    "Fatwa"
    Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti a de son côté convoqué en urgence les procureurs généraux lundi matin, afin notamment, selon son entourage, qu'ils s'assurent "une parfaite collaboration avec les préfets et les forces de sécurité intérieure dans la mise en œuvre et le suivi des mesures nécessitées par la situation".

    Le ministre de l'Intérieur a par ailleurs accusé le père d'une collégienne de Conflans Saint-Honorine et le militant islamiste radical Abdelhakim Sefrioui d'avoir "manifestement lancé une fatwa" contre M. Paty pour avoir montré en classe des caricatures de Mahomet. Les deux hommes qui avaient lancé une campagne de mobilisation pour dénoncer l'initiative du professeur, font partie des onze personnes gardées à vue dans l'enquête sur cet attentat perpétré vendredi par un Russe tchétchène de 18 ans.

    Ce dernier Abdoullakh Anzorov, né à Moscou, a été tué de neuf balles par la police. Les enquêteurs cherchent à savoir s'il a été "piloté" ou s'il a décidé lui-même décidé de s'en prendre au professeur.

    Parallèlement, le gouvernement espère répondre aux inquiétudes d'une communauté éducative fortement secouée en renforçant la sécurité des établissements scolaires à la rentrée après les vacances d'automne.

    Hasard du calendrier, le Sénat doit examiner à partir de lundi une proposition de loi du parti Les républicains (droite), majoritaire à la chambre haute, qui vise à inscrire dans la Constitution la prééminence des règles de la République.