Sayyed al-Shuhada

  • Irak : Une milice irakienne pro-iranienne promet de couper les jambes des soldats turcs

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    الولائي.jpegUne milice irakienne soutenue par l'Iran a juré samedi de "couper les jambes" des soldats turcs s'ils venaient à "occuper" une partie du pays.

    « Tentez votre chance en venant à pied, et vous verrez comment nous avons coupé les jambes de vos garçons, et demandez à votre dame America à ce sujet », a déclaré le commandant des brigades Sayyid al-Shuhada, Abu Ala' al-Walai (photo ci-contre). dans un tweet sur Twitter samedi.

    L'armée turque a lancé des attaques intensives contre des militants kurdes, qu'elle considère comme des terroristes, à la fois en Irak et en Syrie, affirmant qu'il s'agissait d'une réponse à des attaques menées ou planifiées par des éléments du « PKK », que la Turquie combat depuis 37 ans à l'intérieur. et à l'extérieur du pays.

    Le ministre turc de l'Intérieur Suleyman Soylu a récemment déclenché une colère généralisée parmi les Irakiens en déclarant : "Les jours où nous irons en Irak et en Syrie à pied ne sont pas loin, car ils sont proches, si Dieu le veut."

    Dans son tweet, Al-Wala'i a déclaré : « Les niveaux de honte de l'étranger à traiter avec la souveraineté de l'Irak varient ces jours-ci, alors que l'occupant américain n'a pas honte et insiste pour rester sous prétexte d'amour pour l'Irak, l'occupant turc , qui ne se contente pas de violer la souveraineté de notre pays, veut maintenant venir à pied occuper l'Irak!".

    Il a souligné qu'"aucun soldat ou officier américain ou britannique ou toute autre nationalité ou force combattante ne restera sur le sol irakien".

    Il a ajouté : "Nous ne sommes pas intéressés par les promesses faites par un comité de négociation au nom de la nation à moins qu'il n'exige et ne travaille officiellement pour expulser toute présence occupante d'Irak."

    Simultanément, des négociations ont lieu à Washington sur la question du retrait des forces américaines d'Irak au milieu d'une forte insistance des factions irakiennes soutenues par l'Iran pour qu'aucun soldat étranger ne reste dans le pays.

     

  • Irak : Un drone kamikaze cible l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad

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    Dans les toutes premières heures du 6 Juillet 2021, un drone "suicide" chargé d' explosifs a été abattu une arme anti-aérienne C-RAM de la base Union 3 alors qu'il approchait de l'ambassade américaine dans la Zone verte lourdement fortifiée de Bagdad.

    Il s'agit de la 47e attaque contre les forces américaines en Irak depuis le début de 2021, dont six impliquant des drones, selon l'AFP.

    Cette nouvelle attaque de drone est intervenue quelques heures seulement après que trois roquettes aient frappé la base aérienne d'Ain al-Asad dans la province irakienne d' al-Anbar, le 5 Juillet.

    Les missiles n'ont fait ni mort ni blessé. Les dommages à la base sont toujours en cours d'évaluation.

    En avril, un drone bourré d'explosifs a frappé le quartier général irakien de la coalition dans la partie militaire de l'aéroport d'Erbil, la capitale régionale kurde irakienne.

    Le mois suivant, un drone bourré d'explosifs a frappé la base aérienne d'Ain Al-Asad abritant des troupes américaines.

    Le 9 juin, trois drones chargés d'explosifs ont visé l'aéroport de Bagdad, où des soldats américains étaient également déployés. L'un des drones a été intercepté par l'armée irakienne.

    Signe que les États-Unis sont préoccupés par les nouvelles attaques de drones, ils ont récemment offert jusqu'à 3 millions de dollars pour des informations sur les attaques visant leurs intérêts en Irak.

    Ni l'attaque à la roquette, ni l'attaque de drone ont été revendiqués par un groupe, mais les Etats-Unis accuse les factions soutenues par l' Iran qui font partie de la coalition de milices chiites Hashd al-Chaabi. En représailles, les forces américaines ont ciblé les positions du Hashd al-Chaabi le 27 juin, tuant quatre miliciens.

    Le président Joe Biden a ordonné une série de frappes sur les installations utilisées par deux milices soutenues par l'Iran en Irak et en Syrie, Kata'ib Hezbollah et Kata'ib Sayyid al-Shuhada, affirmant que cette décision était destinée à « dissuader » de futures attaques. Bagdad, cependant, a condamné l'opération comme une « violation flagrante et inacceptable » de sa souveraineté nationale.

    Vidéo 1 : Tirs de C-Ram
    Vidéo 2 : Tirs de C-Ram

  • Irak : L'armée de l'air américaine attaque des milices pro-iraniennes à la frontière syro-irakienne

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    L'armée américaine a lancé des frappes aériennes sur des positions de milices pro-iraniennes dans l'est de la Syrie. Les raids aériens ont été réalisés en représailles au bombardement de cibles américaines, a déclaré le porte-parole du Pentagone, John Kirby. Selon un haut responsable du ministère de la défense U.S., les raids ont été menés par deux F15-E Strike Eagles qui ont largué sept JDAM de 250 kg sur 7 cibles. Toutes les bombes ont atteint leurs cibles.

    Il a ajouté que les frappes avaient été ordonnées par le président américain Joe Biden "en réponse aux récentes attaques contre le personnel militaire américain et de la coalition en Irak, et à la menace continue pesant sur ces troupes".

    Les frappes ont pris pour cible le secteur de la base Imam Ali, dans la région de la ville syrienne de Boukamal, à la frontière syro-irakienne. Les infrastructures de la base sont  notamment utilisées par les milices Kataëb Hezbollah et les brigades Sayyid al-Shuhada qui font partie du Hashd al-Chaabi, la coalition de groupes para-militaires principalement chiites et pro-iraniens. A noter que le Hashd al-Chaabi est intégré à l'armée irakienne. Les frappes ont également pris pour cible un passage utilisé par les milices pour déplacer des armes et d'autres marchandises à travers la frontière.

    Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a précisé que les frappes avaient été menées avec le soutien des autorités irakiennes, qui ont fourni des informations de renseignement.

    Sayed Rahi Al-Sharifi.jpegL'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a rapporté qu'au moins trois camions chargés d'armes et de munitions avaient été détruits. Les rapports divergent sur le nombre des combattants pro-iraniens tués et blessés. L'OSDH parle de 22 combattants pro-iraniens tués. Mais, selon le porte-parole du Pentagone, John Kirby, le raid aurait tué un milicien et blessé deux autres.

    De leur côté, les milices pro-iraniennes n'ont reconnu qu'un mort et plusieurs blessés légers. Les médias iraniens affirment que les milices avaient été informées à l'avance et évacué leurs positions, ce qui explique, selon eux, le faible nombre de victimes.Photo du combattant chiite irakien pro-iranien Sayed Rahi Al-Sharifi, tué au cours des bombardements.

    Les autorités syriennes ont confirmé les frappes aériennes, sans fournir d'informations sur les pertes.

    Le ministère russe des Affaires étrangères a condamné les actions des États-Unis en Syrie. A noter que le Pentagone avait informé Israéliens et Russes que des frappes aériennes allaient être menées, quelques minutes avant qu'elles n'aient lieu.

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  • Rivalité entre forces U.S. et milices chiites en Irak

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    Rivalité entre forces U.S. et milices chiites en Irak
    À mesure que l'État islamique s'affaiblit en Irak et en Syrie, les forces qui combattent le groupe jihadiste se regardent désormais en chiens de faïence.
    Les États-Unis et l'Iran rivalisent en l'Irak. Les deux pays se livrent à une sourde compétition, notamment pour le contrôle de la frontière irako-syrienne. Et les accusations volent de part et d'autre. Le 7 août dernier, par exemple, les milices chiites irakiennes ont accusé les Etats-Unis d'avoir bombardé une position de la milice chiite irakienne Sayyed al-Shuhada, une faction armée des Hashed al-Shaabi, ou Unités de Mobilisation Populaire (PMU). Dans une déclaration fortement formulée le même jour, le groupe a
    promis de venger ses pertes. Les positions des Sayyed al-Shuhada avaient en fait été pris pour cibles par les jihadistes de l'Etat islamique et la milice chiite le savait parfaitement.  
    Le 8 août, le Commandement des opérations conjointes irakiennes a nié toute implication dans l'attaque des positions des Sayyed al-Shuhada, ajoutant que "les incidents signalés par les médias ont eu lieu en dehors de la frontière irakienne". Le porte-parole de la coalition, le colonel de l'armée américaine Ryan Dillon, a déclaré sur son compte Twitter officiel, "Les allégations de frappes de la coalition contre les mobilisations populaires [Unités] près de la frontière irako-syrienne sont inexactes. Aucune frappe de la coalition n'a eu lieu là-bas [à ce moment-là]." Même le commandement des PMU a publié une déclaration le lendemain faisant écho à la dénégation de la coalition. 
    D'ailleurs, l'Etat islamique a effectivement revendiqué la responsabilité de l'attaque, vidéo à l'appui.  
    La milice chiite irakienne était accompagnée par des membres du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique d'Iran  (CGRI), et l'Etat islamique a revendiqué la capture et la mort de l'un d'entre eux, Mohsen Hajji. Le chef adjoint des CGRI, le brigadier général Hussein Salami a
    déclaré lors d'une interview télévisée le 14 août que l'attaque avait eu lieu sur le territoire syrien et avait été réalisée par Daech, contredisant les affirmations des Sayyed al-Shuhada. 
    "Le martyr Hajji était avec d'autres combattants dans leur quartier général dans une zone entre al-Tanf et Abu Kamal, qui a été ciblée par les forces terroristes de l'I en utilisant plusieurs voitures piégées.
    Dans le même temps, une force offensive a réussi à contourner le quartier général et prendre les combattants en embuscade", a déclaré Salami. 
    Il apparait que  certaines factions chiites essaient de susciter un sentiment anti-américain pour débarrasser l'Irak des forces américaines après la défaite de l'Etat islamique. 
    Ahmed al-Maksousi, secrétaire général adjoint des brigades, a déclaré lors d'une interview télévisée du 8 août: «Si nous ne dissuadons pas les Américains et ne leur répondons pas, ils vont continuer à dépasser les limites.
    C'est pourquoi nous devons avoir une réponse claire." 
    Pendant ce temps, l'agence de presse semi-officielle iranienne Fars a signalé que les États-Unis établissaient une base dans la province occidentale de Mossoul. Cette affirmation n'a été confirmée
    ni par les Irakiens ni par les Américains. 
    Selon Michael Knights, membre de l'Institut de Washington, "Les Brigades Sayyed al-Shuhada et leur faction mère, les Brigades du Hezbollah [qui font également partie des PMU, se sont chargées de surveiller les mouvements des forces américaines dans les zones où se situent les PMU.
    Les brigades se sont positionnées à l'extérieur des bases militaires américaines, les surveillant de près pour les intimider. "
    La frontière irako-syrienne 
    La frontière irako-syrienne est devenue l'objet de cette rivalité. Les factions chiites proches de l'Iran, avec l'aide de conseillers et de combattants du CGRI, cherchent à s'établir à la frontière pour empêcher les États-Unis d'en prendre le contrôle.
    Les Brigades du Hezbollah, qui sont également proches de l'Iran et présents en Irak et en Syrie, ont affirmé que leur objectif est d'empêcher les États-Unis de prendre le contrôle de la frontière irako-syrienne.
    La base militaire U.S. d'al-Tanf 
    La base militaire d'al-Tanf, établie en 2015 à l'intersection des frontières irakienne, jordanienne et syrienne, est le principal sujet de controverse.
    Les forces américaines utilisent cette base pour former une unité de combattants rebelles dans le but officiel de lutter contre l'EI. 
    Dans une déclaration du 3 août, le Hezbollah a déclaré qu'"après une série d'opérations tactiques par les Brigades de la résistance islamique (Hezbollah et d'autres factions), la base d'al-Tanf a perdu de son importance dans la réalisation du prétendu projet américain". Il a ajouté: "
    Les Américains et leurs alliés doivent se retirer de la frontière jordanienne". 
    En juin, les factions chiites irakiennes qui combattent aux côtés des forces du régime syrien ont pu atteindre la frontière irako-syrienne, bloquant la route entre al-Tanf et les zones sous contrôle de l'Etat islamique.
    Mais l'attaque récente contre les Brigades de Sayyed al-Shuhada a montré combien les positions chiites sont coincées dans un couloir étroit au nord d'al-Tanf avec un soutien logistique insuffisant et un manque de couverture aérienne et de soutien d'artillerie dans une région désertique et ouverte. 
    Une source au sein de l'armée irakienne a expliqué que "Les Brigades du Hezbollah et Asaib Ahl al-Haq [une autre faction chiite irakienne proche d'Iran] ont tenté de trouver un couloir pour relier les factions chiites à la fois syrienne et irakienne Mais n'ont pu le faire en l'absence de soutien, de couverture aérienne ou même de véhicules blindés des forces irakiennes ". 
     
    Jean René Belliard