Sawan Fady (juge d'instruction du tribunal militai

  • Liban : Des membres des tribus arabes bloquent des axes routiers à Khaldé

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    Des dizaines de membres des tribus dites "arabes de Khaldé" ont bloqué vendredi 5 novembre 2021 plusieurs axes routiers de cette localité afin de protester contre la décision du juge d'instruction près le tribunal militaire, Fady Sawan, de garder en détention les personnes impliquées dans des affrontements armés ayant éclaté en août. 

    La route principale de Khaldé, au sud de Beyrouth, a ainsi été fermée dans les deux sens de la circulation au moyen de pierres, de pneus enflammés et de camions, tandis que d'autres protestataires ont bloqué le carrefour menant à la localité voisine de Costa Brava. Ces barrages de fortune ont provoqué un important embouteillage sur l'autoroute côtière reliant Khaldé à Saïda, selon des informations de l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle). 

    Fin juillet, des éléments armés sunnites appartenant à ces "tribus arabes", des groupes sunnites vivant dans des conditions traditionnelles et conservatrices sur les hauteurs de Khaldé et de Aramoun, avaient pris en embuscade un convoi funéraire d'un partisan du Hezbollah, Ali Chebli, tué la veille sur fond de vendetta, ce qui avait provoqué une fusillade. Ces tribus accusaient Ali Chebli du meurtre de l’adolescent Hassan Ghosn un an plus tôt. Au lendemain de ces accrochages, le cheikh Omar Ghosn et son fils ont été arrêtés par les services de renseignement de l’armée. Omar Ghosn est considéré comme évoluant dans la mouvance du Courant du Futur tout en étant d’obédience salafiste. Le cheikh s’est imposé comme chef de file du courant sunnite hostile au Hezbollah dans la région, multipliant les frictions avec les chiites présents entre Khaldé et Ouzaï.

  • Liban : Des habitants du quartier chrétien d'Aïn el-Remmaneh tiennent un sit-in pour réclamer la libération de leurs proches

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    Des dizaines d'habitants du quartier chrétien d'Aïn el-Remmaneh, dans le sud de Beyrouth, ont tenu jeudi matin 4 novembre 2021 un sit-in devant le tribunal militaire afin de réclamer la libération des personnes arrêtées dans le cadre de l'enquête sur les affrontements meurtriers de Tayouné. Ces accrochages avaient éclaté le 14 octobre dernier entre des habitants de ce quartier à prédominance chrétienne, où les Forces libanaises (FL) ont une forte présence, et des partisans du tandem chiite Amal-Hezbollah. 

    Rassemblés devant le tribunal militaire, les habitants d'Aïn el-Remmaneh ont réclamé que l'enquête sur les incidents soit à nouveau reprise, déplorant le fait que les personnes arrêtées aient été interrogées par les services de renseignements de l'armée libanaise en l'absence de leurs avocats. Un des avocats des personnes mises à l'arrêt a dans ce contexte a précisé avoir demandé au juge d’instruction près le tribunal militaire, Fadi Sawan, d'"annuler les enquêtes préliminaires". 

    Le magistrat devrait poursuivre aujourd’hui les interrogatoires de 18 personnes interpelées dans le cadre des combats de Tayouné qui ont fait 7 morts et une trentaine de blessés. Ces accrochages avaient éclaté en marge d'une mobilisation du tandem chiite contre le juge Tarek Bitar, en charge de l'instruction sur l'explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth. 

    Les habitants d'Aïn el-Remmaneh ont par ailleurs déploré que les procédures engagées par le tribunal militaire aient essentiellement visées des partisans FL, alors que peu de personnes affiliées au tandem chiite ont été arrêtées. Parmi les 18 individus retenus, seuls trois seraient affiliés au camp du tandem chiite, tandis que 15 sont des sympathisants des Forces libanaises ou des habitants d'Aïn el-Remmaneh. "Nous réclamons la poursuite en justice de l'agresseur et non de la personne agressée", pouvait-on lire sur une pancarte brandie par une des manifestantes, qui critique d'une manière à peine voilée, le mouvement Amal et le Hezbollah.

    Les habitants de Aïn el-Remmaneh ont enfin appelé le patriarche maronite Béchara Raï et le commandant en chef de l'armée, le général Joseph Aoun, de les soutenir

  • Liban : Sit-in d'habitants du quartier chrétien d'Aïn el-Remmané pour réclamer la libération de détenus

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    Plusieurs dizaines de personnes, se disant originaires du quartier d'Aïn el-Remmaneh,  ont manifesté lundi matin devant le tribunal militaire afin de réclamer la libération des personnes détenues dans le cadre de l'enquête sur les affrontements ayant opposé, le 14 octobre, des habitants de ce quartier à prédominance chrétienne et où les Forces libanaises (FL) ont une forte présence, à des manifestants chiites. Ces violences avaient fait sept morts. Les personnes présentes sur les lieux ont dénoncé "l'inégalité de traitement" des personnes arrêtées dans cette affaire. 

    Antoine Saad, l'avocat des détenus présent à ce sit-in, a déploré le fait que ce sont "les personnes qui ont été attaquées qui sont actuellement en prison", effectuant un parallèle avec l'"affaire de Khaldé", en référence aux échanges de tirs meurtriers qui avaient eu lieu début août entre des membres de "tribus arabes" de cette localité au sud de Beyrouth et des partisans du Hezbollah. "Le juge ne traite pas de manière égale toutes les personnes impliquées dans cette affaire", a ajouté l'avocat, dénonçant une atmosphère de "règlements de compte". "Nous ne voulons pas qu'Aïn el-Remmaneh devienne un bouc émissaire ou un second +Notre-Dame de la délivrance+", a-t-il ajouté, en référence à un attentat à la bombe en 1994 dans une église du Kesrouan, que le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, avait été accusé d'avoir commandité et pour lequel il a fait onze ans de prison, de 1994 à 2005, à l'époque de la tutelle du régime syrien au Liban. Il a toutefois assuré avoir confiance dans le premier juge d'instruction par intérim près le tribunal militaire, Fady Sawan, désormais en charge de ce dossier. 

    Le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, Fady Akiki, avait clôturé le dossier la semaine dernière, sans avoir interrogé le chef des FL comme il l'avait souhaité. Au moment du transfert du dossier au juge Sawan, il lui a demandé d'entendre comme témoin M. Geagea. Ce dernier avait déclaré, après une première annonce de sa convocation, qu'il était prêt à comparaître devant la justice si le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, le faisait également. 

    Les accrochages de Tayouné s'étaient produits le 14 octobre en marge d'une mobilisation du tandem chiite Amal-Hezbollah contre le juge Tarek Bitar, en charge de l'instruction sur l'explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth.