Sanaa

  • Yémen : Les forces pro-gouvernementales poursuivent leur offensive dans le centre du pays

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    Les forces pro-gouvernementales, fidèles au président Rabbo Mansour Hadi, continue de progresser dans la région centre-sud d' al-Bayda. Parmi les derniers zones libérées se trouve celle d'al-Zahir , conquise à la suite de violents combats avec les milices rebelles chiites houthies.

    Depuis le 2 juillet, les forces pro-gouvernementales, assistées par les  "forces de résistance" locales et la coalition dirigée par les Saoudiens, sont engagées dans une opération militaire, appelée "L'étoile perçante", visant à conquérir le gouvernorat d'al -Bayda, considéré comme le "cœur battant" du Yémen. Après avoir libéré des « hauteurs stratégiques » et de vastes zones dans les quartiers est et ouest de la ville d'al-Bayda, la capitale du gouvernorat du même nom, les affrontements du 5 juillet ont permis aux forces pro - gouvernementales de prendre le contrôle d'al-Zahir. .

    La nouvelle a également été confirmée par le ministre yéménite de l'Information, Moammar al-Eryani, qui a précisé que la conquête d'al-Zahir est intervenue après celles d'al-Jamajim et al-Ghilama. Des sources médiatiques de l'armée yéménite ont alors déclaré, tard dans la soirée du 5 juillet, que les forces pro-gouvernementales étaient en mesure de sécuriser le "triangle stratégique", constitué des montagnes al-Jamajim, al-'Ali et al-Salam d'où les rebelles Houthis ont été contraints de fuir, laissant derrière eux des armes et des munitions. En attendant, a-t-on précisé, les combats se poursuivent, tandis que le groupe rebelle chiite continue d'enregistrer des pertes tant matérielles qu'humaines et a évacué de nombreux civils à Sanaa et Dhamar.

    L'importance d'al-Bayda' est principalement due à sa position stratégique, étant donné que la province est située au sud-est de la capitale Sanaa, toujours sous le contrôle des rebelles chiites houthis. La région se trouve au centre de huit gouvernorats, Ma'rib, Shabwa, Abyan, Lahj, Al-Dhale', Ibb, Dhamar et Sana'a. Parmi ceux-ci, cinq ont déjà été libérés par l'armée yéménite, tandis que pour conquérir les trois autres, les forces pro-gouvernementales visent d'abord à occuper al-Bayda, afin de pouvoir continuer plus facilement vers Sanaa et Dhamar. La province d'al-Bayda est composée de 19 districts et, depuis 2015, des groupes de résistance locaux s'opposent à la présence de rebelles houthis.

    Tel que rapporté par le journal Asharq al-Awsat, les victoires enregistrées par les forces yéménites et les brigades locales à al-Bayda « ont ravivé l'espoir de la population locale, qui espère que la région pourra bientôt être libérée de l'emprise des rebelles chiites. Selon des sources militaires yéménites, les "forces des Géants", qui ont participé à l'opération, ont joué un rôle important, soutenant les forces de résistance populaire dans la reconquête des villages et des zones contrôlés par les Houthis depuis près de sept ans. Pour sa part, le gouvernement yéménite affirme que les récentes victoires démontrent la fragilité des milices chiites houthies. Face à cela, il est encore plus nécessaire d'unir nos forces. Certains analystes ont souligné que le véritable objectif des forces pro-gouvernementales, en réalité, n'est pas al-Bayda', mais Sanaa.

    Ces développements s'inscrivent dans le cadre plus large de la crise yéménite, qui a éclaté à la suite du coup d'État des Houthis le 21 septembre 2014. Celle-ci voit s'affronter les rebelles chiites, soutenus par Téhéran, et les forces liées au gouvernement yéménite internationalement reconnu. Depuis le 26 mars 2015, l'armée pro-gouvernementale est assistée d'une coalition internationale dirigée par l'Arabie saoudite, également formée par les Émirats arabes unis, l'Égypte, le Soudan, la Jordanie, le Koweït et Bahreïn. 

    Depuis janvier 2020, les tensions sont particulièrement vives sur les fronts nord et nord-ouest, dont Ma'rib. Depuis la première semaine de février 2021, les rebelles ont lancé une violente offensive, toujours en cours, visant à conquérir la région de Marib, une région riche en ressources pétrolières et qui leur permettrait d'achever leurs plans d'expansion dans le nord du Yémen. À ce jour, cependant, les Houthis n'ont obtenu aucun résultat significatif.

    Plusieurs acteurs internationaux tentent depuis quelques mois à promouvoir la paix. Il s'agit notamment de l'envoyé spécial sortant des Nations Unies, Martin Griffiths, et de l'envoyé spécial des États-Unis, Timothy Lenderking. Le Sultanat d'Oman a également tenté d'ouvrir des canaux de dialogue entre les parties belligérantes. Quatre points ont fait l'objet d'une tentative de consensus entre les deux belligérants, à savoir un cessez-le-feu, une réouverture de l'aéroport de Sanaa, l'assouplissement du blocus du port de Hodeidah et la reprise du processus politique. Cependant, aucun progrès tangible n'a encore été accompli.

  • Yémen : La coalition dirigée par l'Arabie saoudite annonce avoir arrêté ses raids

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    La coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite qui intervient au Yémen contre les rebelles chiites houthis a annoncé jeudi 10 juin 2021 avoir arrêté ses raids dans ce pays en vue d'ouvrir la voie à un règlement politique.

    Cette déclaration du porte-parole de la coalition Turki al-Maliki survient sur fond d'efforts diplomatiques redoublés pour mettre fin au conflit dévastateur  qui oppose les forces loyales au pouvoir, appuyé par Riyad, et les rebelles, soutenus par l'Iran, qui contrôlent la majeure partie du nord du pays, dont Sanaa. Elle suit par ailleurs des informations selon lesquelles la coalition a attaqué jeudi des véhicules blindés de houthis près de la capitale.

    Des correspondants de l'AFP à Sanaa ont entendu de fortes explosions et vu des nuages de fumée s'élever dans le ciel. Mais selon M. Maliki, qui s'exprimait à la télévision publique saoudienne, "aucune opération militaire a été menée dans les environs de Sanaa ou dans toute autre ville yéménite dans cette période récente". Pour lui, il s'agit de "préparer un environnement politique propice pour un processus de paix".

    Plus tôt en juin, des responsables omanais, dont le pays joue régulièrement le rôle de médiateur dans les conflits régionaux, étaient venus à Sanaa pour tenter de convaincre les rebelles d'accepter un cessez-le-feu, selon des sources au sein des insurgés.

    Le ministre omanais des Affaires étrangères Badr Albusaidi est arrivé mercredi à Riyad pour y rencontrer des responsables saoudiens. Autre signe allant dans le sens d'une désescalade, les houthis ont commencé à faire réparer des routes près de l'aéroport de Sanaa, ont indiqué des sources locales à l'AFP, indiquant qu'il pourrait bientôt être rouvert.

    La coalition dirigée par Riyad contrôle l'espace aérien du Yémen depuis qu'elle a lancé son opération militaire dans le pays en 2015 pour aider le gouvernement à lutter contre les houthis.

    Les rebelles font de la réouverture de tout l'espace aérien une condition préalable à tout cessez-le-feu. Le conflit, déclenché en 2014 par la prise de Sanaa par les houthis, a fait des dizaines de milliers de morts selon des organisations humanitaires, et des millions de déplacés. Plus des deux tiers des 30 millions d'habitants, confrontés à des risques accrus d'épidémies et de famine, dépendent de l'aide internationale. C'est, selon l'ONU, actuellement la pire crise humanitaire au monde.

     

  • Yémen : La coalition saoudienne intensifie ses frappes dans le nord du pays

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    La coalition menée par l'Arabie saoudite qui intervient militairement au Yémen a mené des dizaines de frappes aériennes contre ce qu'elle a décrit comme des cibles militaires des rebelles houthis dans le nord du pays, dont la capitale Sanaa et le port de Salif sur le littoral de la mer Rouge.  Les avions de combat des Émirats arabes unis se sont joints aux Saoudiens pour bombarder des cibles houthis à Sanaa.

    Un entrepôt d'assemblage de missiles et de drones à Sanaa a été atteint dans l'offensive, a indiqué la coalition saoudienne, qui combat depuis 2015 le mouvement houthi aligné sur l'Iran. D'après les Nations unies, les frappes de la coalition ont aussi ciblé le port de Salif, contrôlé par les rebelles chiites au nord de Hodeida, et un entrepôt d'une société de production alimentaire.

    Le port de Salif est l'une des zones dites neutres sur le littoral de la mer Rouge aux termes de l'accord de Stockholm signé en 2018 sous l'égide de l'ONU entre les parties prenantes du conflit. Le ministère du Commerce, contrôlé par les houthis, a décrit les attaques contre le port comme une "guerre économique contre le peuple yéménite".

    Selon la chaîne de télévision al-Massira, basée à Sanaa, d'autres frappes aériennes ont visé la ville de Ma'rib, où les combats se sont intensifiés ces derniers mois suite à une offensive des houthis pour prendre le contrôle de la région.

    Le traffic aérien arrêté au-dessus de Riyad 
    Le traffic aérien semble être suspendu au-dessus de l'aéroport de Riyad. Il semble que les autorités saoudiennes s'attendent à des tirs de missilles des rebelles chiites houthis en représailles aux bombardements de la coalition.

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  • Yémen : Frappes de la coalition dirigée par Riyad sur la capitale sous contrôle rebelle

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    La coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite a lancé dimanche une opération contre les rebelles au Yémen avec des frappes notamment sur la capitale Sanaa, les premières depuis des mois, après l'interception de drones houthis, selon Riyad, sur le territoire saoudien.

    Ces attaques de drones n'ont pas été revendiquées, mais l'agence officielle saoudienne SPA a accusé les rebelles houthis, qui ont multiplié les tirs contre le royaume saoudien ces dernières semaines et menacé de nouvelles attaques. Parallèlement, les rebelles ont repris leur offensive contre la ville pétrolière de Marib, dernier bastion du nord du Yémen encore aux mains des loyalistes. "L'opération militaire prend pour cible les capacités militaires des houthis à Sanaa et dans d'autres provinces" du Yémen, a indiqué dimanche la coalition citée par SPA.

    Les raids aériens ont provoqué d'énormes explosions à Sanaa, envoyant des colonnes de fumée dans le ciel, selon un correspondant et un photographe de l'AFP sur place. Les houthis ont fait état de sept frappes aériennes sur la capitale.

    Ces raids surviennent après l'annonce par la coalition de l'interception en Arabie saoudite de 12 drones, selon un dernier bilan, lancés dimanche contre le royaume, dans ce qui constitue une escalade des attaques contre le territoire saoudien. Selon la coalition, qui soutient militairement le gouvernement yéménite depuis 2015 dans sa guerre contre les rebelles, les drones étaient dirigés contre des cibles "civiles".

    "Ligne rouge"
    Prendre les civils pour cible en Arabie saoudite est "une ligne rouge", a déclaré la coalition après les frappes aériennes menées sur Sanaa.

    Cette recrudescence des violences intervient alors que l'administration américaine de Joe Biden a exhorté les houthis à la désescalade après les avoir retirés de la liste des "organisations terroristes" pour ne pas entraver selon elle l'acheminement de l'aide humanitaire au Yémen. Mais "le retrait des houthis de la liste des groupes terroristes a été interprété de manière hostile par la milice" des houthis, affirme la coalition citée par SPA.

    Les "victoires" des forces pro-gouvernementales face aux houthis à Marib, ont poussé les rebelles à intensifier leurs attaques contre le royaume, a-t-elle ajouté.

    Samedi, des sources militaires gouvernementales ont fait état d'au moins 90 combattants tués des deux côtés en 24 heures de violents affrontements à Marib. Les houthis tentent d'arracher cette ville stratégique depuis un mois aux forces loyalistes soutenues par l'aviation saoudienne.

    Les rebelles sont soutenus eux par l'Iran, grand rival région de Riyad. Mais Téhéran dément fournir des armes aux houthis. Partis en 2014 de leur bastion du nord du Yémen, les rebelles ont pris le contrôle de vastes régions, dont la capitale Sanaa et la ville portuaire de Hodeida (ouest). Issus de l'importante minorité zaïdite, ils s'estimaient marginalisés par le gouvernement central. Des années de bombardements n'ont pas réussi à ébranler la mainmise des houthis sur Sanaa. La prise de Marib par les rebelles constituerait un revers cuisant pour le pouvoir yéménite et son allié saoudien.

    La guerre au Yémen a fait des dizaines de milliers de morts, d'après diverses ONG internationales, et entraîné la pire crise humanitaire actuelle au monde selon l'ONU. Peu après son arrivée à la Maison Blanche, Joe Biden avait annoncé la fin du soutien américain à la campagne militaire saoudienne au Yémen, affirmant qu'elle avait "créé une catastrophe humanitaire et stratégique". Mais il a aussi réaffirmé le soutien de Washington à l'Arabie saoudite dans la défense de son territoire.






  • Yémen : Plus 60 morts dans des combats acharnés entre rebelles et loyalistes dans la région de Marib

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    Plus de 60 combattants ont été tués vendredi 26 février 2021 dans la bataille à Marib, la journée la plus sanglante depuis la reprise début février de l'assaut des rebelles chiites contre cette province sous contrôle du pouvoir, selon des sources gouvernementales.

    Dans le pays en guerre depuis 2014, les rebelles Houthis tentent de s'emparer depuis plus d'un an de Marib, à 120 km à l'est de la capitale Sanaa, une région située près de champs pétroliers et dernier bastion du gouvernement dans le Nord.

    Après une forte réduction des combats pendant plusieurs mois, les rebelles ont repris le 8 février leur offensive contre Marib. Depuis, les affrontements ont fait des dizaines de morts parmi les combattants des deux camps et forcé à la fuite des centaines de familles.

     Brigadier Abdulghani Shaalan (tué).jpegVendredi, lors des "plus violents combats" depuis la reprise de l'assaut, au moins 27 membres des forces loyalistes ainsi que 34 rebelles ont été tués sur plusieurs fronts de la province, ont indiqué les sources gouvernementales à l'AFP.  Parmi les personnes décédées, on compte le commandant des forces spéciales gouvernementales du front de Marib, le brigadier Abdulghani Shaalan (photo)

    Les affrontements les plus intenses ont eu lieu au sud-est du chef-lieu éponyme de la province, selon une source militaire. Les forces pro-gouvernementales soutenues par l'aviation de la coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite, ont réussi à repousser les attaques rebelles.

    Dans le secteur d'Ablah (sud), des "combats acharnés ont fait des morts dans les deux camps", a ajouté la source militaire sans être en mesure de donner un bilan précis. De même sur le front nord d'Al-Kassara, les Houthis ont perdu des hommes, a-t-elle ajouté.

    Les Houthis ne divulguent généralement pas leurs pertes.

    Raids de la coalition sunnite dirigée par l'Arabie saoudite
    Selon des sources militaires gouvernementales, la coalition militaire soutenant depuis 2015 le pouvoir yéménite, a mené en appui aux forces au sol à Marib des raids pour empêcher les rebelles d'avancer. Ces raids ont été confirmés par la chaîne des rebelles Al-Massirah.

    Les forces gouvernementales ont en outre appelé ces derniers jours les tribus locales armées à les soutenir, selon des habitants.

    Soutenus par l'Iran qui dément leur fournir des armes, les rebelles tentent depuis un an d'arracher ce dernier bastion loyaliste du nord du Yémen au pouvoir du président Abd Rabbo Mansour Hadi. Cette région est l'une des rares restées aux mains des loyalistes, alors que le nord du pays est largement contrôlé par les Houthis.

    Un succès des insurgés serait un coup dur pour le pouvoir yéménite. Le royaume saoudien sunnite voisin est le rival régional de l'Iran chiite et ces deux pays se livrent une guerre par procuration au Yémen selon des experts.

    Recrudescence des combats alors que la nouvelle administration Joe Biden met fin au soutien à Riyad dans la guerre contre les rebelles yéménites
    La recrudescence des violences à Marib, ainsi que les attaques lancées ces dernières semaines par les rebelles contre le territoire saoudien, sont intervenues alors que la nouvelle administration américaine a décidé de mettre fin à son soutien à Riyad dans cette guerre et de retirer les Houthis de la liste des "organisations terroristes".

    Jeudi, lors d'un premier entretien téléphonique avec le roi Salmane d'Arabie saoudite, Joe Biden a entre autres évoqué "l'engagement des Etats-Unis à aider l'Arabie saoudite à défendre son territoire face aux attaques de groupes pro-Iraniens".

    Le conflit au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, a été déclenché en 2014 par une vaste offensive des rebelles chiites Houthis qui se sont emparés de vastes pans du territoire, y compris la capitale Sanaa qu'ils contrôlent toujours. La guerre a plongé le pays dans la pire crise humanitaire au monde, selon l'ONU, et fait des dizaines de milliers de morts, d'après des ONG internationales. Sans oublier les millions de déplacés et une population au bord de la famine.

    A Sanaa, une foule de partisans des rebelles est descendue vendredi dans la rue pour protester contre le blocus aérien imposé par la coalition.

  • Yémen : Les combats se poursuivent à Ma'rib, 20 Houthis tués

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    Le gouvernement yéménite légitime, lié au président Rabbo Mansour Hadi, a accusé les milices rebelles houthies d'être responsables de la prolongation de la guerre et de l'exacerbation de la situation humanitaire au Yémen. Pendant ce temps, les batailles sur les fronts de Ma'rib se poursuivent.

    Dans un communiqué publié le soir du 9 février , le gouvernement yéménite a déclaré que les "crimes de guerre" perpétrés par les milices houthis et la violation persistante du droit international humanitaire ne doivent pas être ignorés ni rester impunis. Un comportement similaire, a-t-il souligné, est à l'origine de la perpétuation des tensions sur le terrain et devrait aggraver encore le cadre humanitaire déjà fragile. Plus précisément, le ministère yéménite des Affaires étrangères a mentionné Ma'rib, l'un des derniers bastions du nord-ouest du Yémen contrôlé en grande partie par les forces pro-gouvernementales, au centre de tensions croissantes depuis janvier 2020.

    Les Houthis, qui cherchent à prendre le contrôle de la région riche en pétrole, ont été accusés d'avoir mené une «agression barbare», visant même les quartiers résidentiels. À cet égard, selon des sources du gouvernement yéménite, le 9 février, le tir de  8 missiles balistiques ont été enregistrés en 48 heures contre le gouvernorat de Ma'rib, causant la mort de 4 civils et en blessant 12 autres. En même temps, le ministère de la Défense du Yémen a déclaré que 20 combattants houthis avaient été tués et d'autres blessés à la suite d'une attaque de l'armée pro-gouvernementale dans la région de Hilan du district de Sirwah, à l'ouest de Ma'rib. Pour le moment, les batailles se poursuivent principalement sur les fronts de Ma'rib et d'al-Jawf.

    Face à une escalade dangereuse, le gouvernement yéménite a appelé la communauté internationale à intervenir pour mettre fin au conflit en cours. Même l'envoyé spécial de l'ONU au Yémen, Martin Griffiths, s'est dit préoccupé par la reprise des "hostilités" dans le gouvernorat de Ma'rib.

    Ma'rib, était relativement calme au cours des dernières années. La ville était restée jusqu'au début de 2020 à l'écart des tensions et des conflits, grâce à la présence de ressources telles que le pétrole et le gaz et sa proximité avec l'Arabie saoudite, ainsi que le soutien des tribus locales. Cela a permis à la région de se développer, contrairement aux autres régions environnantes, permettant l'ouverture de restaurants et le démarrage de projets de construction. Cependant, la situation s'est considérablement détériorée depuis que les Houthis se sont tournés vers cette province pour poursuivre leurs plans d'expansion. La province de Marib, qui abrite également le ministère yéménite de la Défense, est d'une grande importance stratégique pour les Houthis, car il constitue une porte d'entrée vers Sanaa qui leur permettrait de consolider leur contrôle du pays.

    Les batailles entre les forces gouvernementales yéménites et les rebelles houthis dans la province de Ma'rib ont provoqué le déplacement de plus de 90000 personnes et menacent particulièrement les 140 camps de réfugiés, dans lesquels entre 750.000 et un million de Yéménites originaires d'autres régions ont trouvé refuge ces dernières années. L'Organisation internationale des Nations Unies pour les migrations (OIM) a précédemment indiqué que ce chiffre équivaut à plus de la moitié de toutes les personnes déplacées causées par le conflit yéménite en 2020, et que la situation «est sur le point de s'aggraver», car des centaines de milliers de personnes pourraient l'être. contraintes de fuir,  «pour la deuxième, la troisième ou même la quatrième fois» pour un grand nombre d'entre elles. En attendant, plus de 3,3 millions de Yéménites vivent dans des écoles et des camps, où l'eau potable est rare et où le risque de propagation de maladies, dont le choléra, est élevé.

  • Yémen : Nouvelle offensive des rebelles vers le bastion loyaliste de Marib

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    Les rebelles Houthis ont repris leur offensive vers la ville de Marib, bastion du gouvernement à l'est de Sanaa, capitale du Yémen en guerre sous contrôle rebelle, ont affirmé lundi des responsables loyalistes, faisant état de dizaines de morts dans les deux camps.

    Les opérations ont repris après plusieurs semaines de calme, à la faveur de l'arrivée de renforts des Houthis dans la région, selon ces responsables.

    Le conflit au Yémen oppose depuis plus de six ans les Houthis, soutenus par l'Iran, aux forces du gouvernement, appuyées depuis 2015 par une coalition menée par l'Arabie saoudite. Les rebelles contrôlent une grande partie de l'ouest et du nord du pays, dont Sanaa depuis 2014.

    Cette nouvelle offensive intervient au moment où l'administration du nouveau président américain Joe Biden revoit sa politique au Yémen, avec l'arrêt du soutien aux opérations militaires de l'Arabie saoudite et le retrait des rebelles de la liste des "organisations terroristes".

    Quelque soit la politique menée par Joe Biden " à propos du conflit yéménite, une solution au conflit est peu probable sur le terrain dans l'immédiat. Une des lignes de front se trouve à "quelque 10 km à l'ouest de Marib", chef-lieu de la province éponyme situé à 140 km à l'est de Sanaa.

    Ces dernières années, les rebelles ont tenté plusieurs fois de conquérir cette province dont de larges parties restent sous contrôle du gouvernement. 

    Au cours des dernières 24 heures, les forces loyalistes ont repoussé "cinq tentatives d'incursion des Houthis en direction de Marib", a indiqué ce responsable, déplorant la perte d'environ 20 soldats gouvernementaux et faisant état de 24 blessés dans leurs rangs. Le bilan côté rebelle n'est pas connu. Dimanche, trois soldats du gouvernement ont été tués et quatre autre blessés dans leur camp à Marib par un missile tiré par les Houthis, selon d'autres responsables gouvernementaux.

    La guerre au Yémen a fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés, selon des organisations internationales, et provoqué la pire crise humanitaire au monde, d'après l'ONU.

    L'Arabie saoudite intercepte quatre drones kamikazes lancés par les Houthis vers l'Arabie saoudite
    La coalition dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen a annoncé qu'elle avait intercepté, dimanche 7 février,  quatre drones kamikazes chargés d'explosifs lancés par les Houthis, alliés de l'Iran, vers le Royaume.

    Le site Internet Al-Arabiya a déclaré que la coalition avait intercepté, dimanche soir, deux drones kamikazes  houthis ciblant l'Arabie saoudite.

    Quelques heures plus tôt, le porte-parole des forces de la coalition, Turki Al-Maliki, avait déclaré que les forces de la coalition avaient pu, dimanche, intercepter et détruire un drone piégé "lancé par la milice yéménite houthie pour cibler des biens civils. et les civils dans la région du sud. " Et à l'aube de dimanche, la coalition a également annoncé qu'elle avait intercepté et détruit un autre drone explosif lancé par la milice houthie vers le Royaume.

    Les rebelles yéménites Houthis ont intensifié l'utilisation de drones kamikazes, qui, selon le Comité d'experts des Nations Unies, sont presque identiques en termes de conception, de dimensions et de capacités aux drones de fabrication iranienne. Ces drones sont assemblés à partir de composants  expédiés au Yémen.

    Washington appelle les Houthis à mettre fin à leurs actions militaires contre l'Arabie saoudite et à l'intérieur du Yémen
    Le département d'État américain a appelé le groupe yéménite «Ansarullah» (le bras armé des rebelles Houthis) à arrêter immédiatement leurs attaques contre l'Arabie saoudite et à s'abstenir de mener des actions militaires à l'intérieur du Yémen.

    Le département d'État américain a déclaré dans un communiqué : "Les États-Unis sont profondément troublés par les attaques incessantes des Houthis et les appellent à cesser immédiatement leurs attaques contre des installations civiles en Arabie saoudite et à s'abstenir de mener de nouvelles actions militaires à l'intérieur du Yémen, qui ne font qu'aggraver les souffrances du peuple yéménite. "

    Dans sa déclaration, le ministère du Département d'Etat a appelé les Houthis à s'abstenir de tout acte de déstabilisation et à démontrer leur engagement dans le cadre des efforts de l'envoyé de l'ONU, Martin Griffiths, pour parvenir à la paix, soulignant que le moment est venu de trouver une fin au conflit.

    Vendredi dernier, le département d'État américain avait informé le Congrès de l'intention du secrétaire d'État Anthony Blinken de retirer le nom «Ansarullah» et ses dirigeants de la liste du terrorisme.

    Cette étape, qui entrera en vigueur prochainement, intervient au lendemain de l'annonce par Biden de la fin du soutien américain aux opérations militaires de la coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen