Saleh Aqilah

  • Libye : "Les Kadhafistes sont de retour"...Seif el-Islam, avec l'appui de la Russie

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    Les sympathisants du Régime libyen déchu ambitionnent de retourner à nouveau au pouvoir par le biais de la réconciliation nationale et les élections présidentielle et législatives, prévues à la fin de l'année 2021 et ce, dix ans après le renversement du Régime de Mouammar Kadhafi.

    Bien que ce scénario soit peu probable, il n'en demeure pas moins que les sympathisants de Kadhafi ne dissimulent pas leur volonté de présenter la candidature de Seif el-Islam, fils de Mouammar Kadhafi, à la prochaine Présidentielle avec un soutien russe et tribal, d'autant plus que le cousin de Kadhafi, Ahmed Kadhaf al-Dam dispose toujours d'une « fortune » qui lui permet de financer le projet de retour au pouvoir.

    Première participation des sympathisants de Kadhafi au Dialogue
    Contrairement à l'Accord de Skhirat au Maroc, à la fin de l’année 2015, qui avait exclu les sympathisants de Kadhafi du Dialogue, la Mission onusienne a accepté, avec la pression de la Russie, de les faire participer au Forum de Dialogue politique, qui a démarré en Tunisie, au mois de novembre dernier.

    Mieux encore, Omar Abou Cherida, un des dirigeants loyaux à Seif el-Islam Kadhafi, s'est porté candidat aux élections du Conseil présidentiel, représentant la région du Fezzan et a obtenu 5 voix sur un total de 14 votants au premier round.

    Abou Cherida a occupé la deuxième place au premier round au niveau du la région du Fezzan (sud), distancé d’une seule voix par Abdelmajid Seif Ennasr, et devançant Moussa Kouni qui n'a obtenu que deux voix, mais qui a remporté au troisième round le siège de Fezzan au Conseil présidentiel.

    Abou Cherida s’est allié au deuxième round avec Chérif el-Wafi (candidat à la Présidence du Conseil présidentiel) et Mohamed al-Montassar (candidat à la Présidence du gouvernement) et Abdallah Balaazi (candidat au Conseil présidentiel). Ils ont obtenu 15 voix sur un total de 73 votants, occupant ainsi une 3ème place éliminatoire au dernier round.

    Un franc soutien russe
    La Russie est quasiment le seul pays qui a reçu, à titre officiel et public, des représentants de ce qu'elle a appelé « Le Mouvement de Seif el-Islam Kadhafi ». La délégation était conduite par Abou Cherida, qui s'est porté candidat par la suite au Conseil présidentiel.

    Le 15 janvier dernier, le site « Russia Today » (public) a rapporté un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères dans lequel il était écrit que « l'émissaire spécial du président russe pour la région du Moyen-Orient et en Afrique, Mickaël Bogdanov, a reçu Mefteh al-Werfelli et Omar Abou Cherida, représentants du Mouvement de Seif el-Islam Kadhafi.

    Quelques jours auparavant, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Verchinine avait mis l'accent sur la nécessité d'associer les sympathisants de Mouammar Kadhafi au Dialogue national inter-libyen.

    Rappelons que Mouammar Kadhafi était un proche allié de Moscou en Afrique du Nord et avec son départ, la Russie a perdu de son influence ainsi que d’importants marchés d'armes. Son fils Seif el-Islam est en mesure de redorer le blason de cette relation s'il parvient à accéder au pouvoir avec l'aide de Moscou.

    Dbaibah balisera-t-il la voie au retour de Seif el-Islam?
    Le Chef du gouvernement libyen désigné, Abdulhamid Dbeibah ne s'oppose pas à la candidature de Seif el-Islam à la Présidentielle, selon des déclarations antérieures faites au magazine français « Jeune Afrique » en 2018.

    De plus, ses récentes déclarations confirment son soutien à la réconciliation entre tous les Libyens, ce qui donne l'occasion aux sympathisants de Kadhafi de jouer un rôle politique plus important en cette phase transitoire, au lieu de s’engager, à nouveau, aux aventures militaires du général putschiste Khalifa Haftar.

    D'autres parties parient sur le fait que le Courant « La Libye de l’Avenir » que conduit Dbeibah n’est que le prolongement du projet « La Libye de demain » lancé par Seif el-Islam en 2006. A l'époque, Dbeibah était l'un des points cardinaux de ce plan de réforme du régime de l'Intérieur et qui visait à développer le pays.

    Ayant occupé plusieurs postes, dont celui de Directeur général de la Compagnie d'Investissement national intérieur et de président du Conseil d'administration d'une holding qui compte 15 entreprises internationales dans le domaine du développement ainsi que celui de président du Conseil d'administration de la Compagnie libyenne pour le développement et l'investissement, Dbeibah est considéré comme faisant partie du premier cercle proche de Seif el-Islam.

    Toutefois, Dbelbah a adhéré à la Révolution après son enclenchement, le 17 février 2011, et a, ensuite, contribué au financement des forces du gouvernement libyen pour faire face aux milices de Haftar, ce qui a poussé la chambre des députés de Tobrouk à l'inscrire, en juin 2017, sur la liste des personnalités et des entités accusées de « terrorisme ».

    Le Chef du gouvernement désigné et bien qu'il ait annoncé sa dissension prématurée du Régime de Kadhafi, il n'en demeure pas moins qu'il reste un homme pragmatique qui favorise la réconciliation.

    Il n'est pas, d’ailleurs, exclu qu'il ait obtenu l'appui de parties considérées comme proches de l'ancien Régime, lors de l'ultime et décisif round du vote, qu'il a remporté avec Mohamed al-Manfi, contre la liste de Aguila Salah, Oussama Jouili et Fathi Bachagha.

    Sur la base de cela, il est attendu que les sympathisants de Seif el-Islam Kadhafi multiplient leurs activités au cours de la phase transitoire, dans le cadre du mouvement « Rachahnak » (Nous t’avons désigné candidat).

    Une condamnation à mort et un rêve de la Présidence
    Néanmoins, une série de d'obstacles d'ordre juridique empêche la candidature de Kadhafi fils à la Présidentielle du 24 décembre prochain.

    Seif el-Islam a été, en effet, condamné à mort par contumace, par un tribunal de Tripoli, mais ses sympathisants espèrent qu'il bénéficiera d'une amnistie générale dans le cadre d'une Réconciliation nationale.

    De plus, la Cour Pénale Internationale (CPI) réclame son extradition, étant accusé de crimes contre l'Humanité. A la fin de l'année 2019, la CPI a affirmé qu'il est encore dans la ville de Zenten (sud-ouest de Tripoli), bien que le régiment de « Abou Bakr al-Seddik », qui le séquestrait depuis 2011, avait annoncé sa libération en juin 2017.

    Depuis cette date, Seif el-Islam n'a pas été aperçu en public, à telle enseigne que le journal « Al-Ounwan » (Le Titre, proche de Haftar) avait rapporté qu'il était décédé après avoir été atteint de la tuberculose dans son lieu de détention, quelques jours avant l'annonce de sa libération.

    Cependant, ce qui met en doute cette hypothèse, est l’affirmation par deux chercheurs russes, emprisonnés par le gouvernement de l'Entente pendant deux ans, étant accusés d'espionnage, qu’ils ont rencontré Seif el-Islam plus d'une fois, selon des forces du gouvernement libyen qui menaient l’interrogatoire des deux russes.

    Cela atteste que Seif el-Islam est encore en vie, du moins jusqu'au mois de mai 2019. A défaut, Moscou ne se serait pas aventuré à accueillir des représentants du fils de Kadhafi, au début de l'année 2021.

    L'administration Biden maintient ses sanctions contre Seif el-Islam
    L’écoulement de dix ans, depuis le déclenchement de la Révolution libyenne, n’a pas intercédé en faveur de Seif el-Islam et de ses sympathisants, auprès de la nouvelle Administration américaine. Le président Biden a annoncé le 11 février courant avoir notifié au Congrès la décision portant prolongation, d’une année, des sanctions contre les fils et proches de Mouammar Kadhafi.

    Les sanctions américaines prises contre Seif el-Islam et ses sympathisants consistent en la prise de mesures pour empêcher « la mauvaise utilisation de leurs fonds et d’autres biens », ce qui est synonyme que la famille est dépourvue de ses soutiens financiers, estimés par certains médias à des milliards de dollars, ce que démentent les sympathisants de l’ancien Régime.

    Cette position américaine hostile à l’endroit de Seif el-Islam et de sa fratrie entrave son retour au pouvoir en dépit du soutien russe.

    Des médias libyens rapportent que des sympathisants de l'ancien Régime à Syrte et à Béni Walid ont procédé à la collecte de dons pour la construction de deux maisons, afin d'accueillir la famille de Kadhafi, qu’il s’agisse des membres qui sont en exil ou ceux qui sont en prison.

    La veuve de Kadhafi, Safia Ferkache, réside actuellement en Egypte et ses enfants Mohamed et Aicha sont au Sultanat d’Oman, tandis que Hannibal est détenu au Liban. Al-Saadi est emprisonné à Tripoli alors que Seif el-Islam est caché quelque part en Libye.

    Mais en décembre 2020, l'interdiction de voyage infligée à Safia, Mohamed et Aicha, par le Comité des Sanctions du Conseil de sécurité, a été provisoirement suspendue. Le ministère libyen de la Justice a salué cette décision, dans la mesure où ces 3 personnes ne sont pas impliquées dans des actes de torture ou dans des meurtres.

    Seif el-Islam compte à son actif plusieurs points forts, principalement la loyauté de plusieurs tribus, notamment celles qui habitent dans la région qui s'étend de l'axe Syrte (est de Tripoli) jusqu’à Barrak al-Chott (sud de Tripoli) en passant par Béni Walid (sud-est de Tripoli).

    Ces régions sont habitées par les tribus des Guededfa, des Ouerfella et des M’guerha, les plus loyales au régime de Kadhafi ainsi que par les tribus des Werchfena (sud de Tripoli) et d'autres tribus, telles que les Sai’an et les al-Orben.

    Cependant, les régiments sécuritaires qui ont défendu le Régime de Kadhafi jusqu'au bout ont été intégrés dans les milices de Haftar avec le soutien de l’Egypte, à l'instar du 9ème régiment de Tarhouna, qui a commis les pires crimes contre les civils, en particulier, les « rebelles du 17 février ».

    Les Libyens qui ont participé à la révolution du 17 février 2011, qui a renversé le Régime de Mouammar Kadhafi, craignent que Seif el-Islam ne se venge d’eux après son accession à la Présidence.

    Il est donc peu probable que cette frange de Libyens autorise Seif el-Islam de se porter candidat à la prochaine Présidentielle mais ses sympathisants pourraient en revanche accéder au Parlement.

    Mona Saanouni  (Anadolu)

  • Libye: les consultations se poursuivent, mais des "désaccords" éclatent

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    Les 75 représentants libyens, membres du Forum de dialogue politique, continuent de se consulter pour déterminer qui dirigera le pays dans la phase de transition. Cependant, les controverses et les désaccords ne manquent pas.

    Le cycle de négociations a commencé le 1er février et devrait durer jusqu'au 5 février. La réunion a lieu à Genève, sous les auspices des Nations Unies, et devrait conduire à la nomination d'un nouveau chef du Conseil présidentiel et d'un nouveau Premier ministre, en remplacement de celui qui occupe actuellement les deux bureaux, Fayez al-Sarraj . Cependant, comme le rapporte le journal al-Arabiya , il existe des "différends juridiques" impliquant certains candidats, dont le président de la Chambre des représentants de Tobrouk, Aguila Saleh, l'actuel ministre de l'Intérieur du Gouvernement d'accord national (GNA), Fathi Bashagha, et le ministre de la Défense, Salah al-Din al-Namroush, accusés par certains d'avoir violé certaines règles et réglementations.

    Comme l'explique le journal, parmi les 45 personnes qui ont présenté leur candidature au poste de Premier ministre ou parmi les dirigeants du Conseil présidentiel, 11 candidats occupent actuellement des postes politiques, judiciaires et militaires élevés et 5 candidats ont la double nationalité. À la lumière de cela, certains membres du Forum ont déclenché un débat, invoquant l'article 177 du règlement intérieur de la Chambre des représentants libyenne, qui établit qu'un membre de la Chambre, toujours en fonction, ne peut pas se porter candidat au poste de premier ministre ou de ministre. En outre, ceux qui possèdent la double nationalité, en vertu de la loi libyenne, ne peuvent pas occuper des postes  souverains, tout comme ceux qui travaillent dans l'armée ou dans la magistrature ne peuvent pas postuler à des postes similaires,

    À la lumière de cela, certains représentants du Forum ont demandé l'exclusion des candidats qui enfreignent ces règles, comme établi avec la feuille de route esquissée à Tunis. Cependant, certains juristes ont souligné que la candidature des personnalités dont l'exclusion est demandée, dont Saleh, al-Nimroush et Bashagha, s'inscrit dans le cadre d'un accord politique, qui n'est pas soumis aux règles précitées. Celles-ci, a-t-on précisé, s'appliquent en cas de candidature aux élections générales, tandis que les organes qui devraient être constitués avant le 5 février sont temporaires, en attendant ceux qui seront démocratiquement élus le 24 décembre 2021. En tout cas, il est demandé que les personnalités considérées responsables de "l'effusion de sang" provoquée par la crise libyenne soient exclues.

    De son côté, Aguila Saleh a déclaré, à l'ouverture du cycle, qu'il s'engagera à respecter les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies et ce qui a été établi au cours des forums internationaux et du Forum de dialogue politique. Pour le président de la chambre de Tobrouk, les priorités sont l'unification des institutions et la réconciliation nationale. 

    L'Envoyée spéciale intérimaire de l'ONU, Stephanie Williams, a souligné à quel point les 75 représentants libyens ont beaucoup de travail à faire, mais en même temps ils ont une belle opportunité à saisir, ce qui pourrait permettre à la Libye d'avoir un gouvernement unitaire. Le but ultime est de mettre fin à la crise persistante qui caractérise le pays d'Afrique du Nord depuis le 15 février 2011, date du début de la révolution et de la guerre civile. L'Armée nationale libyenne (ANL), dirigée par le général Khalifa Haftar, et le gouvernement de Tripoli (GNA), dirigé par le Premier ministre al-Sarraj, se sont affrontés sur les fronts de combat. L'accord de cessez-le-feu a été signé le 23 octobre 2020, lors d'une réunion du Comité militaire mixte 5 + 5, formé par des représentants des deux camps en guerre. Bien que des progrès aient été accomplis sur la voie politique, nous attendons le retrait des forces étrangères et des mercenaires, principalement turcs et russes, comme prévu par l'accord du 23 octobre.

  • Libye: annonce des candidats à la direction de l'exécutif de transition

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    La Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL ) a annoncé le 30 janvier qu'un comité d'examen composé de trois membres du Forum de dialogue politique libyen avait approuvé une liste de candidats pour diriger le gouvernement de transition qui conduirait la Libye aux élections prévues le 24 décembre 2021. Le Forum de dialogue politique libyen en Suisse se réunira donc du 1er au 5 février pour voter sur les candidats proposés.

    La MANUL a publié deux listes, la première contenant les 24 candidats au Conseil présidentiel et la seconde avec les 21 noms pour le poste de Premier ministre. Toutes les personnes indiquées se sont engagées à respecter la voie indiquée par le Forum de dialogue politique libyen pour amener le pays aux élections et, dans le cas où elles seraient choisies, à soumettre une déclaration des biens meubles et immeubles détenus en Libye et à l'étranger, y compris celles des conjoints et des enfants. Les candidats se sont alors engagés à ne pas se présenter aux élections à la fin de la période de transition.   

    Parmi les personnes nommées pour siéger au conseil présidentiel du nouvel exécutif figurent le président de la Chambre des représentants de Tobrouk, Aguila Saleh, et le ministre de la Défense du gouvernement d'accord national (GNA) de Tripoli, Saleh Namroush. Les candidats au poste de Premier ministre comprennent le ministre de l'Intérieur du GNA, Fathi Bashagha, et le vice-premier ministre du GNA, Ahmed Maiteeg.

     Le vote aura lieu en Suisse du 1er au 5 février prochain lors d'une réunion interactive au cours de laquelle la MANUL invitera les candidats à s'adresser aux 75 membres du Forum de dialogue politique pour présenter la manière dont ils entendent mettre en œuvre la voie tracée vers les élections et répondre aux les questions auxquelles ils seront soumis. L'exécutif qui résultera de ces votes sera composé du Conseil présidentiel, lui-même composé d'un président et de deux vice-présidents, et des bureaux du Premier ministre.

    Comme le rapporte Al-Arabiya , malgré les progrès réalisés par les dialogues promus par l'ONU, plusieurs personnalités libyennes ont exprimé des craintes que la compétition créée au niveau politique ne conduise à de nouveaux affrontements sur le terrain. 

    En ce moment, en Libye, il y a un cessez-le-feu convenu le 23 octobre dernier par les délégations libyennes de l'Armée nationale libyenne (ANL) et du GNA de Tripoli, réunies à Genève dans le cadre du Comité militaire mixte 5 + 5. Suite à cet accord, plusieurs initiatives ont été organisées pour parvenir à une solution politique au conflit et aux divisions en Libye, y compris la formation du Forum de dialogue politique qui rassemble les différentes composantes de la population libyenne sous l'égide de l'ONU.

    La Libye est le théâtre d'une longue guerre civile qui a débuté le 15 février 2011 qui a été suivie, en octobre de la même année, par la chute du régime dictatorial de Mouammar Kadhafi. Depuis cet événement, le pays n'a jamais réussi à réaliser une transition démocratique et, pour le moment, il voit, au niveau politique, la présence de deux administrations rivales, celle de la Chambre des représentants de Tobrouk (HoR), dirigée par Aguila Saleh, et que du GNA, dirigé par Fayez Al-Sarraj, et, sur le plan militaire, la confrontation des milices liées au GNA et l'Armée Nationale Libyenne (ANL), qui relève du général Khalifa Haftar.

    Le GNA d'al-Sarraj est le gouvernement officiellement reconnu par l'ONU en Libye, il est né le 17 décembre 2015 avec les accords de Skhirat, signé au Maroc puis expiré le 17 décembre 2017. Il est formellement soutenu par la Turquie, le Qatar et l'Italie. Les forces de l'ANL sont plutôt proches du gouvernement de Tobrouk qui contrôle l'est de la Libye et est dirigé par Aguila Saleh, et, au niveau international, elles sont soutenues par l'Égypte, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, la Jordanie, la Russie et, d'une façon plus discrète, par la France..

  • Libye : Colère de la Turquie après la saisie d'un navire turc par les forces de Haftar

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    La Turquie a "fermement" dénoncé, mardi 8 décembre, la saisie d'un navire commercial par les forces du maréchal Khalifa Haftar en Libye, les sommant de libérer les membres de son équipage sous peine de "graves conséquences".

    L'"Armée nationale libyenne" (ANL) de M. Haftar, homme fort de l'Est libyen qui combat le gouvernement de Tripoli soutenu par Ankara, a annoncé lundi soir avoir intercepté dimanche un navire battant pavillon jamaïcain appartenant à un armateur turc. Selon l'ANL, le navire commercial, baptisé Mabrooka, était entré dans une "zone d'opérations militaires" dans la région de Ras Al-Hilal. Il a été remorqué au port et une enquête a été ouverte. Son équipage est composé de 17 personnes, dont neuf marins turcs.

    Le ministère turc des Affaires étrangères a "fermement condamné cette mesure". "Le navire doit être autorisé à poursuivre sa route sans tarder", a-t-il ajouté dans un communiqué. "Nous rappelons une fois de plus que si les intérêts turcs en Libye sont pris pour cible, il y aura de graves conséquences et les auteurs de (ces atteintes) seront considérés comme des cibles légitimes", a-t-il mis en garde. Selon les autorités turques, le navire transporte du matériel humanitaire et a été intercepté par des vedettes.

    Par ailleurs, l'ambassadeur de Turquie en Libye a  informé le 7 décembre Fathi Bashagha, le ministre de l'Intérieur du gouvernement d'accord national (GNA), de l'énervement du président turc Recep Tayyip Erdogan à propos de la visite de Bashaga en Égypte et en France.

    L’ambassadeur de Turquie a également informé le chef du Conseil suprême du gouvernement d’accord national, Khaled al-Mishri, de l’inconfort du président turc face au rapprochement entre le Conseil suprême et la Chambre des représentants (HoR) basée à Tobrouk, ajoutant qu'Ankara considérait  tout rapprochement entre al-Mishri et Aqila Saleh, le président du Parlement (HoR),  à moins que ce dernier n’accepte l’accord entre la Turquie et le gouvernement. d'accord national.

    Rappelons que Fathi Bashagha a rencontré des hauts fonctionnaires égyptiens au cours de la première semaine de novembre lors d'une visite au Caire.

     

  • Libye: Les représentants des deux chambres adverses promettent de mettre fin à leurs divisions

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    Les 123 députés des deux chambres des représentants de la Libye, qui ont participé au sommet de Tanger, au Maroc, ont prêté serment de mettre fin aux divisions à l'intérieur du pays, en commençant par la convocation d'une seule session parlementaire, le 28 novembre, pour créer un organe législatif unique.

    Les 123 participants ont également convenu de tenir des élections législatives pour achever la transition dans les meilleurs délais et de convoquer une seule session en présence de la Chambre des représentants dès leur retour en Libye depuis le Maroc. La session aura lieu à Ghadames, une ville oasis située près de la frontière libyenne avec l'Algérie et la Tunisie, loin des centres de pouvoir en Libye, mais la date officielle n'a pas encore été décidée.

    Lors de la réunion de Tanger, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a déclaré que le fait d'avoir 123 députés libyens assis à la même table était déjà un succès en soi. Pour Bourita, la Libye a besoin d'une Chambre des représentants pour jouer son rôle et une prochaine réunion en Libye aura un impact important sur le dialogue politique entre les parties.

    À l'heure actuelle, en Libye, il y a deux organes parlementaires, l'un à Tobrouk et l'autre à Tripoli. À l'origine, une seule Chambre des représentants avait été formée à la suite des dernières élections législatives en Libye, qui ont eu lieu le 25 juin 2014, pour remplacer le Congrès général national. Cependant, la Cour suprême constitutionnelle de Libye avait invalidé les élections, notamment en raison de la faible participation des électeurs et ordonné la dissolution de la chambre. De nombreux élus n'ont pas accepté cette décision et ont décidé de transférer la Chambre des représentants de Tripoli à Tobrouk. Un Congrès Général National a cependant été établi dans la capitale, puis dissous en 2016. Le 17 décembre 2015, les deux institutions concurrentes avaient signé les accords de Skhirat, au Maroc, se mettant d’accord pour établir le Gouvernement d’Accord National (GNA) et le Conseil présidentiel. Cependant, malgré plusieurs négociations successives, aucune solution n'a été trouvée pour organiser de nouvelles élections législatives et, à l'expiration des accords de Skhirat, le 17 décembre 2017, les positions sont restées figées et le pays s’est retrouvé divisé entre deux pouvoirs, l’un à Tobrouk et l’autre à Tripoli. 

La nouvelle Chambre des représentants, résultat de l’accord de Tanger serait composée de 180 membres répartis en deux groupes, l'un basé à Tripoli, fief du et dirigé par le Premier ministre Fayez al-Sarraj, et l'autre basé à Tobrouk sous la direction d’Aguila Saleh.

    La rencontre de Tanger était l'une des initiatives en cours pour mettre fin au conflit et à la reconstruction de la Libye. 

Un cessez-le-feu est actuellement en cours. Il avait été annoncé le 21 août dernier par al-Sarraj et Saleh, puis officialisé par la signature d'un accord de cessez-le-feu permanent dans toute la Libye le 23 octobre. L'accord a été conclu à la suite d'une réunion entre les délégations libyennes rivales, à savoir l'Armée nationale libyenne (ANL) proche des institutions de Tobrouk et le GNA, qui se sont réunies à Genève dans le cadre du Comité militaire mixte 5 + 5 du 19 octobre précédent. Outre les négociations entre les parties pour une résolution politique du conflit en Libye, des dialogues sont également en cours pour donner au pays une nouvelle structure politique et c’est dans ce contexte que les parties sont parvenues à un accord pour organiser les prochaines élections dans le pays le 24 décembre 2021. L’accord a été conclu le 13 novembre 2020 à l'occasion du « Forum de dialogue politique», qui a débuté le 9 novembre précédent, à Tunis, entre 75 représentants des différentes composantes de la population libyenne, sous l'égide de l'ONU.

    Rappelons que la Libye est le théâtre d'une longue guerre civile qui a débuté le 15 février 2011, qui a été suivie, en octobre de la même année, par la chute du régime dictatorial de Mouammar Kadhafi. Depuis, le pays n'a jamais réussi à réaliser une transition démocratique et s’est retrouvé entre deux administrations rivales, celle de la Chambre des représentants de Tobrouk et celle du GNA de Tripoli et, au niveau militaire, un affrontement entre les milices liées au GNA et l’Armée Nationale Libyenne (ANL), dirigée par le général Khalifa Haftar.

    Le GNA d'al-Sarraj est le gouvernement libyen officiellement reconnu par l'ONU. Il est né le 17 décembre 2015 avec les accords de Skhirat et a été formellement soutenu par l'Italie, le Qatar et la Turquie. Les forces de l'ANL qui sont proches du gouvernement de Tobrouk, contrôlent l'est de la Libye. Au niveau international, elles sont soutenues par l'Égypte, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, la Jordanie, la France et la Russie.

  • Libye, le gouvernement de Tripoli (GNA) accuse Haftar : "Les mercenaires continuent de creuser des tranchées"

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    Le gouvernement de Tripoli, également connu sous le nom de gouvernement d'accord national (GNA), a accusé les forces de l'Armée nationale libyenne (ANL), dirigée par le général Khalifa Haftar de poursuivre des travaux défensifs. Il les accusent également d'atrocités après la découverte d'un nouveau charnier à Tarhuna. .

    Le porte-parole de la salle des opérations de Syrte et d'al-Jufra , Abdul Hadi Dara, a déclaré le 18 novembre que les forces de Tripoli continuaient à surveiller les mouvements de leur adversaire, l'ANL, ainsi que des groupes qui lui sont affiliés, et a noté que les mercenaires des milices soudanaises Janjawid et de la société privée russe Wagner continuaient de creuser des tranchées près de la ville côtière de Syrte et n'avaient pas encore quitté la base d'al-Jufra et la ville de Hun, dans le centre de la Libye . Par conséquent, a souligné le porte-parole Abdul Hadi Dara, l'accord de cessez-le-feu signé à Genève le 23 octobre par les délégations du Comité militaire mixte 5 + 5 ne peut pas encore être considéré comme mis en œuvre.

    L'un des points concerne le retrait des forces et des combattants de chacune des deux parties belligérantes, y compris des mercenaires étrangers, des fronts de combat et de Syrte et al-Jufra, deux endroits où une "bataille imminente" était attendue avant la trêve annoncée le 21 août. . De son côté, le gouvernement de Tripoli s'est déclaré prêt à respecter l'accord et le cessez-le-feu qui en a résulté, à condition que l'autre partie s'engage également à mettre en œuvre les dispositions. A cet égard, le GNA a souligné que l'ouverture de la route reliant Syrte et Misrata dépend du retrait des mercenaires et des opérations de déminage.

    En parallèle, l'Autorité générale de recherche et d'identification des personnes disparues en Libye a annoncé la découverte d'un nouveau charnier dans la ville de Tarhuna, ajoutant que des travaux sont actuellement en cours pour récupérer les corps dont le nombre n'est pas encore connu. . Le nombre de corps découverts à Tarhuna, depuis le 5 juin dernier, a atteint 27. L'une des dernières découvertes remonte au 15 novembre.

    La Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL) avait exprimé le 11 juin son "horreur" après la première découverte d'au moins 8 charniers dans la ville de Tarhuna, reprise par l'armée de Tripoli le 5 juin des forces de Haftar. La Mission a immédiatement appelé à des enquêtes rapides, efficaces et transparentes conformément au droit international,

    Au niveau politique, les acteurs libyens continuent de se mobiliser pour mettre en œuvre ce qui a été décidé lors des réunions de ces dernières semaines, notamment le Forum de dialogue politique accueilli à Tunis du 9 au 15 novembre. L'un des résultats est l'organisation des élections présidentielles et législatives pour le 24 décembre 2021. Il faudra tout d'abord désigner les membres des nouveaux organes exécutifs, à savoir une équipe gouvernementale et un conseil présidentiel.

    Le but ultime est de mettre fin à une situation d'instabilité persistante qui caractérise la Libye depuis le 15 février 2011, date qui a marqué le début de la révolution et de la guerre civile. En octobre de la même année, le régime du dictateur Mouammar Kadhafi est tombé, mais la Libye n'a jamais réussi à faire une transition démocratique, laissant deux camps s'affronter sur les fronts de bataille. D'une part, le gouvernement de Tripoli, né des accords de Skhirat du 17 décembre 2015, dirigé par le Premier ministre Fayez al-Sarraj et reconnu par l'ONU. De l'autre, le gouvernement Tobrouk, avec le général Haftar. Le gouvernement de Tobrouk a reçu le soutien de l'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, de l'Égypte, de la Russie et de la France. L'Italie, le Qatar et la Turquie, en revanche, soutiennent le gouvernement internationalement reconnu.

    Un premier cessez-le-feu remonte au 21 août et a été annoncé par le Premier Ministre al-Sarraj et la Présidente du Parlement de Tobrouk, Aguila Saleh. Cela a déclenché une forte mobilisation diplomatique aux niveaux régional et international qui a incité les délégations des deux parties belligérantes à se rencontrer à l'occasion de différentes conférences.

  • Libye: Les pourparlers de paix en Tunisie confirment des élections dans 18 mois

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    Les participants au Forum de dialogue politique de Tunis sont parvenus à un accord sur une feuille de route pour l'avenir politique de la Libye, qui prévoit l'organisation d'élections dans un délai maximum de 18 mois.

    Selon ce qui a été rapporté par l'envoyée spéciale par intérim de l'ONU, Stephanie Williams , dans la soirée du 11 novembre, les 75 participants au Forum tunisien ont fait des progrès significatifs sur la voie tant politique que militaire, marquant un tournant vers une résolution de la crise libyenne. Les pourparlers organisés en Tunisie, dans le district de Gammarth, ont débuté le 9 novembre. L'objectif principal était de mettre fin à la situation instable en Libye, par la formation de nouveaux organes exécutifs et l'organisation d'élections présidentielles et parlementaires, sur la base de la résolution 2510 du Conseil de sécurité des Nations unies et des résultats de la conférence de Berlin. du 19 janvier.

    Pour Williams, la Libye a actuellement la meilleure opportunité de mettre un terme aux divisions internes. Selon ce qui a émergé des discussions du 11 novembre, les parties sont parvenues à un accord préliminaire sur un plan qui conduira à des élections parlementaires et présidentielles, ainsi qu'à des élections "libres, justes et inclusives", ce qui devrait faciliter l'unification des différentes institutions libyennes. Les discussions doivent maintenant porter sur la formation d'un gouvernement de transition, dont la tâche sera de surveiller le processus électoral. Les 75 participants sont appelés, en particulier, à définir les rôles et compétences exigés des membres qui formeront les nouveaux organes exécutifs, à savoir le gouvernement et le Conseil présidentiel.

    Selon Williams, la mission principale du futur gouvernement sera de lutter contre le phénomène de la corruption et de restaurer la détérioration continue des services publics. Ces deux questions ont été à l’origine des mouvements de protestation ces derniers mois. L'envoyé spécial de l’ONU a également déclaré que la feuille de route prévoyait les étapes à suivre pour lancer un processus de « réconciliation nationale et de justice transitionnelle» et pour mettre fin aux difficultés des personnes déplacées. Concernant l’aspect militaire, Stephanie Williams a indiqué que les participants au Forum avaient confirmé les résultats positifs en ce qui concerne la mise en œuvre de l'accord de cessez-le-feu signé à Genève le 23 octobre.

    Comme l'a précisé l'envoyé de l'ONU, cette question était au centre des discussions qui ont eu lieu, à partir du 10 novembre, à Syrte, et qui ont impliqué les délégations du Comité militaire mixte 5 + 5. Pour Williams, les résultats obtenus jusqu'à présent par le Comité doivent être préservés et, en parallèle, on espère que les pourparlers de Tunis seront également couronnés de succès, sachant que la Libye a devant elle une occasion historique de créer un système de gouvernement unifié et la tenue d'élections démocratiques.

    Selon ce qui a fui d'un projet d'accord final éventuel, la nouvelle autorité exécutive en Libye sera composée d'un conseil présidentiel, à son tour formé d'un président et de deux vice-présidents qui refléteront l'équilibre géographique entre les régions du pays, et par un gouvernement unifié composé d'un Premier ministre, qui devra alors prendre en charge la formation du gouvernement. Contrairement à ce qui s'est passé jusqu'à présent, le premier ministre de l'exécutif sera différent du chef du conseil présidentiel.

    Le plus grand défi pour les 75 représentants de Tunis semble être la nomination de ceux qui participeront au nouveau gouvernement, ainsi que de surmonter les divisions internes persistantes. Jusqu'à présent, le nom de la Présidente du Parlement, Aguila Saleh, a circulé en tant que chef du nouveau Conseil présidentiel et représentant de la région orientale de la Cyrénaïque. Un de ses adjoints devrait donc venir du Sud, de la région du Fezzan, et l'ambassadeur de Libye au Maroc, Abd al-Majid Saif al-Nasr, du gouvernorat de Sabha est l'un des candidats favoris à ce poste. Le troisième adjoint devra venir de la région ouest de Tripoli, où plusieurs personnalités semblent se disputer le rôle.

    Quant aux candidats potentiels au poste de Premier ministre, on pense au ministre de l'Intérieur Fathi Bashagha, soutenu par des alliés extérieurs tels que les États-Unis, la Turquie, la Grande-Bretagne et l'Égypte. Cependant, Bashagha fera face à un concurrent tout aussi puissant, l'homme d'affaires Ahmed Maitiq, ancien premier ministre et vice-président du Conseil présidentiel. Maitiq semble être particulièrement favorisé dans l'est de la Libye, surtout après avoir conclu un accord avec les représentants de l'ANL (Armée Nationale Libyenne – fidèle au maréchal Haftar) pour reprendre les activités pétrolières.

    La Libye connaît une crise continue depuis le 15 février 2011, date du début de la révolution et de la guerre civile. Après le cessez-le-feu annoncé le 21 août par le Premier ministre de Tripoli, Fayez al-Sarraj, et par le président de la Chambre des représentants de Tobrouk, Aguila Saleh, le 23 octobre, les délégations du GNA et de l'Armée nationale libyenne (ANL), participants au Comité militaire mixte 5 + 5, ont signé un accord avec lequel ils s'engagent officiellement à garantir une trêve permanente dans le pays, sous les auspices des Nations Unies.