Ricard Jean-François (PNAT)

  • France : Le Parquet National Antiterroriste n'exclut pas une action terroriste visant la France (BFM TV)

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    Ricard (PNAT).jpegSur BFMTV, le procureur national antiterroriste, Jean-François Ricard (photo), a mis en garde face à une possible action menée depuis l'extérieur sur le territoire hexagonal, alors que le procès de l'attentat de Nice doit s'ouvrir lundi 5 septembre 2022.

    Jean-François Ricard, procureur national antiterroriste, a mis en garde ce vendredi 2 septembre, sur BFMTV, sur une menace terroriste extérieure sur le territoire français.

    "On ne peut pas exclure une action projetée, c'est-à-dire des actions menées par des individus venant de zones d'actions terroristes, notamment la zone irako-syrienne", estime-t-il.

    La menace est croissante, selon le procureur qui précise: "je n'aurais peut-être pas dit cela il y a deux ans". 

    "Depuis deux ans, on a pu constater comment l'État islamique reconstituait certaines poches", explique-t-il, évoquant notamment l'attaque jihadiste menée contre une prison à Hassaké, en Syrie, faisant 373 morts en janvier 2022.

    Des signaux inquiétants
    Pour expliquer cette inquiétude, le procureur évoque plusieurs signaux parmi lesquelles l'existence de personnes ayant combattu en zone irako-syrienne qui parviennent à regagner l'Europe par leurs propres moyens. Aucun n'a été détecté en France, mais certains d'entre eux ont rejoint l'Allemagne.

    Depuis deux à trois ans, la DGSI reçoit aussi plus de signalements de sources humaines qui leur disent que des cellules cherchent à frapper l'Europe.

    La propagande du groupe État islamique est par ailleurs en hausse depuis deux ans.

    "Être réaliste" face aux risques de récidives d'attaques terroristes
    Le procureur antiterroriste souligne les difficultés de réinsertion des personnes déjà condamnées pour des actes terroristes.

    "Nous sommes dans un terrorisme idéologique. Et par conséquent ce serait très naïf de croire que l'immense majorité de ceux qui ont été condamnés pour des actes terroristes de type jihadistes ont aujourd'hui abandonné leur idéologie. On constate même fort souvent qu'ils n'ont rien perdu de leurs convictions", explique-t-il.

    S'il évoque des "suivis administratifs" et "judiciaires" pour tenter d'empêcher des récidives, Jean-François Ricard prévient: "il faut être réaliste" face à ce risque.

    "C'est une vraie problématique, il ne faut certainement pas la nier", met-il en garde.