Retour des jihadistes en Europe

  • Syrie : Les forces kurdes déplacent les familles des membres de l'Etat islamique à l'extérieur du camp d'Al-Hol

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    L'administration autonome kurde a commencé à transférer des dizaines de familles de combattants de l'Etat islamique, étrangères et "moins radicales", du camp surpeuplé d'Al-Hol dans le nord-est de la Syrie vers un autre camp, a déclaré mardi un responsable local à l'AFP.

    Selon les Nations Unies, le camp d'Al-Hol dans le gouvernorat d'Al-Hasakah abrite 65000 personnes, réparties parmi les Syriens et les Irakiens déplacés, ainsi que des milliers de familles de combattants étrangers de plus de cinquante pays, et ils résident dans une section spéciale et sont soumis à de lourds contrôles de sécurité.

    Le responsable des déplacés et des camps de l'administration autonome dans le nord-est de la Syrie, Shekhmous Ahmed, a déclaré que "76 familles composées de femmes et d'enfants étrangers ont jusqu'à présent été transférées" du camp d'Al-Hol au camp de Roj, sur un total de 395 familles qui seront transférées "à leur demande".

    Depuis juillet, le transfert des femmes et des enfants a commencé par lots, après qu'Ahmed eut élargi le camp de Roj en coordination avec les Nations Unies et la coalition internationale dirigée par Washington, qui était le plus grand soutien des Forces Démocratiques Syriennes (FDS) dans la lutte contre "l'État califat".

    Ces derniers mois, le camp d'Al-Hol a été témoin de plusieurs regains de tensions, avec des tentatives fuite ou d'assassinat de gardiens par des femmes radicales, essayant d'imposer leur contrôle dans la section des femmes étrangères.

    Ahmed a déclaré que les femmes qui ont demandé à sortir avec leurs enfants d'Al-Hol "sont prêtes pour la réhabilitation, les moins endurcies et prêtes à s'engager dans des processus de réhabilitation", et elles demandent "de retourner dans leur pays et de se réintégrer dans leurs sociétés et de montrer leurs remords".

    Côté positif du camp de Roj
    Les conditions de vie dans le camp de Roj sont meilleures que dans le camp d'Al-Hol, dont les conditions difficiles ont été mises en garde par les organisations humanitaires et internationales en raison de la surpopulation et du manque de services de base. Le mois dernier, le camp a enregistré les premiers cas de coronavirus.

    Côté négatif pour les femmes jihadistes du camp de Roj
    Les femmes de Daesh lancent de nombreux messages de protestation sur Facebook contre les transferts vers le camp de Roj. Elles sont terrifiées à l'idée de quitter le camp d'Al Hol, pourtant considéré comme un enfer. La raison est qu'il ruine leurs espoirs d'évasion et on leur a dit que leurs enfants allaient dans le camp de Roj des programmes de dé-radicalisation.

    Par ailleurs, elles seront privées de téléphones portables. Elles ne seront plus autorisées à porter des niqabs, ce qui leur permettait de se cacher en restant anonymes.

    Le camp de Roj est spécifiquement destiné aux femmes étrangères originaires d'Europe. Ces femmes ont plus que les autres les moyens de s'échapper et beaucoup d'entre elles ont été prises en train d'essayer de le faire. Le nombre de gardes du camp de Roj est plus élevé qu'à al-Hol. Ces gardes connaîtront toutes les femmes jihadistes du camp car elles seront moins nombreuses qu'à al-Hol. Il sera impossible pour les passeurs d'entrer de pénétrer dans le camp pour offrir leurs services pour organiser une évasion.

    Les camps contrôlés par les Kurdes
    Les camps contrôlés par les Kurdes dans le nord-est de la Syrie abritent 12 000 enfants et femmes de familles de djihadistes étrangers, la plupart dans le camp d'Al-Hol.

    Depuis la défaite de l'Etat islamique en mars 2019, les Kurdes ont appelé les pays concernés à reprendre leurs ressortissants qui se trouvent sous leur garde ou à créer un tribunal international pour juger les djihadistes. Cependant, la plupart des pays, notamment européens, refusent de reprendre les jihadistes originaires de leurs pays.

    Plusieurs pays européens, dont la France, se sont bornés à récupérer un nombre limité d'enfants orphelins de djihadistes originaires de France.

  • France: Neuf enfants et deux femmes jihadistes, parmi lesquelles Jennifer Clain, de retour en France

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    Cet article a été aussi publié en : enEnglish (Anglais) ruРусский (Russe) deDeutsch (Allemand) itItaliano (Italien) nlNederlands (Néerlandais)

    Deux femmes jihadistes françaises et neuf enfants les accompagnant ont atterri mardi matin à l’aéroport de Roissy, près de Paris, de retour de Turquie où ils avaient été arrêtés, a appris l’AFP de sources concordantes.
    L’une des deux mères de famille soupçonnées d’appartenir au groupe Etat islamique pourrait être Jennifer Clain (photo ci-dessus), la nièce des frères Fabien et Jean-Michel Clain, qui ont revendiqué au nom de l’EI les attentats du 13 novembre 2015 en France, ont indiqué ces sources, confirmant une information de la radio France Inter.
    Pour « la filiation, il reste à effectuer des vérifications mais c’est l’orientation », a déclaré une source proche du dossier.
    Les neuf enfants, âgés de 3 à 13 ans, ont été confiés par la justice à l’Aide sociale à l’enfance, selon une source proche.
    Jennifer Clain avait été arrêtée par les autorités turques avec deux autres femmes en juillet dans la province de Kilis, frontalière avec la Syrie.
    Elle est mariée à Kévin Gonot, un Français condamné à mort en Irak le 26 mai pour appartenance à l’EI.
    Fabien et Jean-Michel Clain, vétérans du jihadisme français qui furent au coeur de l’appareil de propagande du groupe Etat Islamique, sont donnés pour morts depuis février, victimes selon plusieurs sources concordantes d’une frappe de la coalition.
    Depuis leur départ de France – le cadet avait rejoint la Syrie avant l’aîné, qui s’y rendra début 2015 – les deux hommes demeuraient introuvables. Les autorités restaient convaincues qu’ils se trouvaient toujours dans le pays.
    Cette opération, distincte des rapatriements au cas par cas d’enfants en provenance du Kurdistan syrien, s’inscrit dans le cadre des expulsions régulières des jihadistes par la Turquie.

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  • Frontlive-Chrono – Mardi 11 juin 2019

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    Liste des articles publiés sur Frontlive-Chrono le mardi 11 juin 2019

    • Afghanistan : Daech a repris le recrutement à grande échelle en Afghanistan, a déclaré Kaboul – Abonnés
    • Arabie saoudite: Riyad dit avoir intercepté deux drones rebelles en provenance du Yémen – Abonnés
    • France: Neuf enfants et trois jihadistes remis à la justice française par la Turquie – Abonnés
    • Irak : Derniers incidents de sécurité – Abonnés
    • Syrie : Des dizaines de personnes ont été victimes des bombardements syriens et russes – Abonnés
  • Mali: Une centaine de tués dans un village dogon du centre du pays, « rasé » par des assaillants

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    Au moins 95 habitants ont été tués dans la nuit de dimanche à lundi dans un village dogon du centre du Mali, « rasé » par des hommes armés non identifiés, deux mois et demi après un massacre de 160 Peuls dans cette région devenue la plus touchée du pays par cette vague de meurtres, ont annoncé lundi un élu local et une source sécuritaire.
    « Nous avons pour le moment 95 civils tués, les corps sont calcinés, nous continuons de chercher des corps », a déclaré sous le couvert de l’anonymat un élu de la commune où se situe le village de Sobane-Kou, 300 habitants, dans le cercle de Koro, non loin de la frontière avec le Burkina Fasso. « Selon les civils, ce sont des hommes armés qui sont venus tirer, piller et brûler. C’est vraiment la désolation ».
    « C’est un village dogon qui a été quasiment rasé », a expliqué une source sécuritaire malienne. « Nous sommes sur le terrain avec des élus, nous avons déjà compté 95 civils tués ».
    L’association de chasseurs dogons Dan Nan Ambassagou « a constaté (lundi) avec beaucoup d’indignation l’attaque barbare et ignoble commise sur le village de Sobane » et « condamne avec la dernière énergie cet acte terroriste et génocidaire intolérable ».
    « C’est un choc, une tragédie » qui se produit « alors qu’on discute du renouvellement du mandat », a déclaré lundi à l’AFP au siège des Nations unies à New York le chef de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma), Mahamat Saleh Annadif, en regrettant que l’Etat malien ne soit pas assez présent dans centre pour empêcher les affrontements interethniques.
    Une réunion sur les pays contributeurs de troupes à la Minusma est prévue mercredi après-midi aux Nations unies, dont le Conseil de sécurité doit se prononcer le 27 juin sur le mandat de cette force. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, recommande qu’elle ne soit pas réduite, malgré les appels des Etats-Unis.
    Depuis l’apparition en 2015 dans le centre du Mali du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l’agriculture, qui ont créé leurs « groupes d’autodéfense ».
    Elles ont culminé le 23 mars avec le massacre à Ogossagou, près de la frontière burkinabè, de quelque 160 villageois peuls par des membres présumés de groupes de chasseurs dogons. Au lendemain de cette tuerie, le gouvernement malien avait prononcé la dissolution de « Dan Nan Ambassagou ». Le groupe a démenti toute implication dans la tuerie mais son chef militaire, Youssouf Toloba, a rejeté cette dissolution et refusé de « déposer les armes ».
    Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes, en grande partie dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit. Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, malgré la signature en 2015 d’un accord de paix censé isoler définitivement les jihadistes, dont l’application accumule les retards.
    Depuis 2015, ces violences se sont propagées du Nord vers le centre du pays, voire parfois vers le sud. Elles se concentrent surtout dans le centre, se mêlant très souvent à des conflits intercommunautaires, un phénomène que connaissent également le Burkina Faso et le Niger voisins.
    Depuis janvier 2018, la Minusma a recensé 91 violations des droits humains commises par des chasseurs traditionnels contre des membres civils de la population peule, dans les régions de Mopti et de Ségou, ayant fait au moins 488 morts et 110 blessés. Inversement, des groupes armés d’autodéfense de la communauté peule ont commis 67 violations des droits humains contre la population civile de la région de Mopti dans la même période, ayant causé 63 morts et 19 blessés.

    Liste des articles publiés sur Frontlive-Chrono du lundi 10 juin 2019

    • Burkina: au moins 19 morts dans une attaque dans le Nord – Abonnés
    • Mali: Une centaine de tués dans un village dogon du centre du pays, « rasé » par des assaillants – Lire l’article
    • Syrie: L’armée loyaliste déploie des renforts de troupes dans le nord de la province de Hama pour contrer la progression continue des djihadistes – Abonnés
    • Syrie : les Kurdes remettent à la France 12 orphelins de familles jihadistes – Abonnés
  • Frontlive-Chrono – Jeudi 18 avril 2019

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    Liste des articles publiés sur Frontlive-Chrono le jeudi 18 avril 2019

    • Belgique: Plus d’une centaine d’organisations musulmanes salafistes découvertes en Belgique – Abonnés seulement
    • Espagne: Un attentat pour les fêtes de Pâques déjoué à Séville – Voir ci-dessous
    • Etat islamique : Environ 1.500 jihadistes sont revenus en Europe en provenance du Moyen-Orient – Abonnés seulement

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