Relations Soudan-Egypte

  • Risque de guerre entre l'Ethiopie et le Soudan

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    L'expert soudanais en droit international, Ahmed Al-Mufti, a mis en garde contre un risque de guerre entre l'Éthiopie et le Soudan à cause du terrain sur lequel le barrage de la Renaissance éthiopienne a été construit.

    L'expert soudanais en droit international a appelé le Conseil de sécurité de l'ONU et les États-Unis d'Amérique à intervenir pour restaurer la région de "Benishangul" sur laquelle le barrage de la Renaissance éthiopienne a été construit à la souveraineté soudanaise afin d'éviter le déclenchement d'une guerre entre Soudan et Éthiopie, justifiant qu'Addis-Abeba a violé la Convention de 1902.

    Al-Mufti a déclaré dans un communiqué de presse, mercredi 26 mai, que le Soudan avait précédemment abandonné la région de «Qambela» à l'Éthiopie en 1957 sans guerre, et il demande à l'Amérique et au Conseil de sécurité, d'exhorter l'Éthiopie à rendre la région de «Benishangul» au Soudan, afin pour éviter le déclenchement d'une guerre, en application de l'article 4 de la Convention de 1902.

    Selon lui, l'Éthiopie avait demandé au Soudan, en 1955, de rendre la région "Qambela" à sa souveraineté. Selon l'accord, la région devait revenir à l'Éthiopie après l'indépendance du Soudan, et de fait, en 1957, le retour pacifique de cette région à la souveraineté éthiopienne a été achevée.

    Mais il y avait une clause à cet accord. L'article 3 stipulait que la région soudanaise de "Benishangul" était concédée à l'Éthiopie, à la condition qu'aucune installation d'eau ne soit établie sur le Nil Bleu, le lac Tana ou la rivière Sobat, sauf avec l'approbation du gouvernement soudanais.

    L'Éthiopie aurait donc violé l'article 3 de l'accord en ne requérant pas l'approbation du Gouvernement soudanais avant de commencer la construction du barrage de la Renaissance. Le Soudan avait alors entamé des négociations avec l'Éthiopie pour que cette dernière tienne compte de ses demandes, mais l'Éthiopie a continué de violer ses obligations et a effectué le premier remplissage du barrage sans tenir compte des demandes du gouvernement du Soudan, de l'Égypte, de l'Union africaine et du Conseil de sécurité des Nations Unies.

    Addis-Abeba ne pouvait pourtant ignorer cet accord, pour quelque raison que ce soit, d'autant plus que elle s'était précédemment appuyée sur l'article 4 de ce même accord, pour exiger la récupération du territoire de "Cambella".

    Al-Mufti a ajouté que le Soudan et l'Égypte ont épuisé tous les moyens pacifiques pour persuader l'Éthiopie d'arrêter le deuxième remplissage jusqu'à ce qu'un accord soit conclu, mais l'Ethiopie est passé outre, et le Conseil de sécurité n'a pas exercé son autorité pour obtenir un changement du comportement éthiopien. Les risques de guerre sont d'autant plus probables que le second remplissage du barrage menacerait la vie de plus de 20 millions de Soudanais.

     

  • L'Égypte et le Soudan continuent de se disputer le triangle Halayeb

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    Les territoires de Halayeb et Shalateen font depuis longtemps l'objet de controverses entre l'Égypte et le Soudan. Le différend avait ressurgi après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, soit apparu dans une vidéo avec une carte en arrière-plan dans laquelle la région de Halayeb et Shalateen était incluse parmi les terres soudanaises.

    Dans ce contexte, le 31 octobre, une délégation militaire égyptienne, conduite par le chef d'état-major de l'armée, Mohammed Hegazy, s'était rendue à Khartoum pour s'entretenir avec des responsables soudanais sur un certain nombre de questions de coopération militaire. Selon le journal al-Araby al-Jadeed , parmi les points à l'ordre du jour figurait également le différend relatif au triangle Halayeb et à la région de Shalateen. Cependant, la question n'avait pas été mentionnée lors d'une conférence de presse tenue le lendemain, 1er novembre, bien que Hegazy ait signalé que l'Égypte et le Soudan avaient décidé de renforcer leurs relations militaires, en particulier en ce qui concerne les activités de formation et de protection des frontières. Il en a été de même pour les déclarations de Mohamed Othman Hussein, chef d'état-major de l'armée soudanaise.

    La question de la région contestée était revenue sur le devant de la scène, à la suite de l'accord de normalisation entre Israël et le Soudan, annoncé le 23 octobre dernier. Bien que les détails ne soient pas encore connus, Israël a promis son soutien à la revendication du Soudan sur le triangle Halayeb-Shalateen, et le 27 octobre, parlant d'un avion israélien qui avait traversé l'espace aérien soudanais, le Premier ministre israélien avait montré une carte sur laquelle les territoires contestés apparaissaient comme appartenant au Soudan. Comme l'ont souligné les médias soudanais, cela a laissé entendre la reconnaissance par Israël de la souveraineté du Soudan sur le Triangle, tandis que plusieurs analystes et politiciens égyptiens condamnaient la vidéo.

    Il est probable, selon un chercheur spécialistes des affaires israéliennes, que Netanyahu ait simplement tenté de plaire au Soudan ou d'apaiser l'opinion publique soudanaise, opposé à tout accord de normalisation entre les deux pays. La démarche de Benyamin Netanyahu pourrait au contraire contribuer à raviver les tensions entre l'Egypte et le Soudan.

    Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, s'était félicité de la normalisation entre Israël et les pays arabes. À cet égard, le 23 octobre, le chef de l’État égyptien avait félicité Washington, Tel Aviv et Khartoum pour leurs efforts visant à promouvoir la paix et la stabilité dans la région. Ces déclarations sont intervenues après qu'al-Jazeera eut déclaré en août qu'al-Sissi pouvait reconnaître la souveraineté du Soudan sur le triangle Halayeb, sous la pression de Washington, et que c'était l'une des conditions. pour que le Soudan d'accepte une normalisation de ses relations avec Israël.

    Cependant, Mamdouh Amara, membre du parlement égyptien représentant la région de Halayeb-Shalateen, a nié l'intention du Caire de céder la souveraineté du Triangle au Soudan. Il a rappelé que la région disputée avec le Soudan se situe à l'intérieur des frontières historiques de l'Égypte, reconnue depuis des milliers d'années. La preuve en est que les élections concernant l'Égypte, comme les dernières des 25 et 26 octobre, se tiennent également à Halayeb et à Shalateen.

    Ahmad Moukhar, chercheur spécialisé dans les affaires soudanaises à l'Institut d'études et de recherche africaines de l'Université du Caire, a déclaré qu'Israël utilisait la question du triangle Halayeb et Shalateen à son avantage, mais ne serait pas en mesure d'exercer beaucoup de pression. Selon Moukhar, l'Arabie saoudite pourrait jouer un rôle plus important sur cette question, étant donné la proximité de ses côtes par rapport à la région contestée. À cet égard, il a été souligné que l'accord de démarcation de la frontière maritime saoudo-égyptienne le long de la côte de la mer Rouge, où se trouvent Halayeb et Shalateen, indique la reconnaissance officielle par l'Arabie saoudite de la souveraineté de l'Égypte sur la région.