Relations Russie-EAU

  • Bin Salman et Bin Zayed refusent de recevoir un appel téléphonique de Biden

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    Mercredi 9 mars 2022, un journal américain a révélé que le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman et le prince héritier d'Abou Dhabi Mohammed bin Zayed ont refusé de recevoir un appel téléphonique du président américain Joe Biden, qui voulait les persuader d'augmenter la production de pétrole de leur pays.

    Le «Wall Street Journal» a déclaré que les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite refusent d'augmenter la production de pétrole et confirment leur engagement envers un plan approuvé par «l'OPEP» et un groupe de producteurs dirigé par la Russie.

    Le journal américain a indiqué que ben Zayed et ben Salmane se sont entretenus la semaine dernière avec le président russe Vladimir Poutine et le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

    Le Wall Street Journal a déclaré que le refus de Bin Salman et Bin Zayed de recevoir l'appel de Biden exprime leur mécontentement quant à l'étendue du soutien de Washington à la guerre au Yémen, ainsi que leur mécontentement quant aux négociations de Vienne.

    détérioration des relations
    Le journal a souligné que les relations des Saoudiens avec Washington se sont détériorées sous l'administration Biden, car ils veulent plus de soutien pour leur intervention dans la guerre au Yémen et une assistance dans leur programme nucléaire face aux progrès de l'Iran.

    Il a ajouté que, selon des responsables saoudiens, Mohammed bin Salman souhaite également l'immunité légale aux États-Unis, où le prince héritier fait face à plusieurs poursuites, dont l'affaire du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi en 2018.

    Arabie saoudite et Émirats arabes unis
    Le journal a déclaré que la Maison Blanche a travaillé pour réparer les relations avec l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, car elle en a besoin à ses côtés à un moment où les prix du pétrole ont atteint plus de 130 dollars le baril pour la première fois en près de 14 ans.

    Il poursuit : "L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont les seuls grands producteurs de pétrole capables de pomper des millions de barils de pétrole supplémentaires, une capacité qui, si elle est utilisée, pourrait aider à calmer le marché du pétrole brut, à un moment où les prix de l'essence aux États-Unis sont à niveaux élevés."

    Dans le même contexte, le site américain "Axios" a révélé que les conseillers du président américain Joe Biden envisageaient de lui organiser une visite en Arabie saoudite ce printemps pour aider à rétablir les relations et persuader le royaume de pomper plus de pétrole.

    Le site Web a déclaré que ce voyage montre la gravité de la crise énergétique mondiale causée par l'opération militaire russe en Ukraine.

    Le prince héritier saoudien, Mohammed bin Salman, a déclaré au magazine américain "Atlantic", que "les États-Unis sont conscients de ce qui doit être fait pour développer leurs intérêts politiques et économiques avec nous".

    Et ben Salmane de souligner : "Tout comme nous avons l'opportunité de faire avancer nos intérêts avec Washington, nous avons l'opportunité de les réduire".

  • Les Emirats Arabes Unis refusent de condamner l'offensive russe en Ukraine

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    Les relations entre les États-Unis et les Émirats arabes unis sont "mises à l'épreuve" après une série de désaccords, a déclaré jeudi 3 mars 2022 un haut diplomate émirati, le pays du Golfe refusant de condamner l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

    Les Émirats arabes unis, qui accueillent des troupes américaines sur leur sol, restent un partenaire régional stratégique de Washington depuis des décennies. Mais comme d'autres États du Golfe, Abou Dhabi tente de trouver un équilibre entre ses différents partenaires, dont les grands rivaux des Américains, la Russie et la Chine.

    "Notre relation avec les États-Unis est comme toute relation. Il y a des jours où elle se porte bien et des jours où elle est remise en question", a déclaré l'ambassadeur des Émirats arabes unis aux États-Unis, Youssef Al Otaïba. "Aujourd'hui, nous vivons une mise à l'épreuve. Mais je suis convaincu que nous nous en sortirons et que nous arriverons à une meilleure situation", a-t-il ajouté lors d'une conférence à Abou Dhabi sur l'industrie de la défense et la sécurité.

    Les Émirats qui président en mars le Conseil de sécurité de l'ONU en tant que membre non-permanent, se sont abstenus vendredi lors du vote à l'ONU d'une résolution soumise notamment par les États-Unis condamnant l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Les pays du Golfe, à commencer par l'Arabie saoudite, évitent de prendre position contre Moscou, les relations avec les Russes s'étant développées ces dernières années, en particulier dans les domaines du pétrole et de la sécurité.

    Ni Abou Dhabi ni Ryad n'ont manifesté une volonté de limiter l'envolée des prix de l'or noir provoquée par la guerre en Ukraine. Le niveau de production est contrôlé par le cartel des pays exportateurs de l'OPEP+, mené par l'Arabie saoudite et la Russie. En décembre dernier, les Émirats arabes unis avaient menacé d'annuler l'achat d'avions de combat américains F-35, protestant contre les conditions strictes imposées par Washington sur fond de défiance contre l'influence chinoise dans le Golfe.

    Fin février, Abou Dhabi avait annoncé son intention de commander à Pékin 12 avions militaires L15 Falcon, tout en assurant que le pays continuerait à "travailler avec ses partenaires stratégiques pour développer (ses) capacités de défense".