Relations République Centre Africaine - Russie

  • République centrafricaine : L'armée reprend le contrôle d'une ville stratégique frontalière avec le Cameroun

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    L’armée centrafricaine a repris jeudi 11 février la ville de Beloko, frontalière avec le Cameroun, des mains des rebelles de la CPC.

    L'armée nationale et ses alliés sont rentrés jeudi 11 février 2021 à midi dans la ville de Beloko à la frontière avec le Cameroun, là où plus de 1.500 véhicules sont bloqués à cause de la présence des rebelles de la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC), indique le site Oubangui médias.

    Cette entrée triomphale sans combat intervient après la reprise des villes tout au long de ce corridor économique pour le pays, souligne le site, rappelant que les rebelles du CPC avaient bloqué il y’a plus d’un mois le corridor Bangui-Garoua-Mboulay entrainant l’asphyxie du pays et la rareté des produits alimentaires et de l’aide humanitaire.

    Ces contre-offensives de l’armée et des alliés russes et rwandais, avec l’appui de la Minusca (mission onusienne en RCA) avaient permis l'acheminement, sous escorte des casques bleus onusiens, des produits humanitaires bloqués à Beloko. Le premier convoi humanitaire est arrivé à Bangui samedi dernier.

    Le premier ministre Firmin Ngrebada s'est félicité de la reprise de cette ville. « je félicite les éléments de nos Forces Armées et les alliés qui sont partis de Bouar, et qui viennent d’arriver ce jour à Beloko. Par cette posture nous assurerons, dorénavant en toute sécurité, le trafic des personnes et des marchandises sur l’axe Bangui-Beloko dans les deux sens », a-t-il annoncé.

  • Centrafrique : La Russie veut renforcer son soutien militaire

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    La Russie semble déterminée à accroître son engagement militaire aux côtés des troupes gouvernementales en Centrafrique, face à l’intensification des attaques des groupes rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), ont rapporté mercredi des médias africains.
     
    "Dans une correspondance en date du 11 janvier 2021, attribuée à l’ambassadeur de la Fédération de Russie en République Centrafricaine, qui a fuité sur les réseaux sociaux et dans les médias locaux, Moscou demande aux autorités compétentes du pays la délivrance d’une autorisation de survol du territoire centrafricain aux avions du ministère de la Défense russe, ainsi qu’une autorisation d’atterrissage/décollage à l’aéroport international Bangui-Mpoko" indique l'agence Ecofin ( spécialisée en information économique africaine).
     
    A travers cette note, la Russie montre sa volonté de renforcer son engagement militaire en République centrafricaine, en faisant désormais intervenir son aviation, notamment contre les groupes rebelles réunis au sein de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), souligne le même média..
     
    Depuis le 18 décembre 2020, cette coalition, composée essentiellement du Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC), du Retour Réclamation Réhabilitation (3R) et des milices anti-Balaka, qui contrôle déjà près des deux tiers du territoire, a lancé une offensive en direction de la capitale Bangui, rappelle la même source.
     
    Une progression qui a été jusque-là contenue par les Forces armées centrafricaines (FACA) appuyées par les troupes de la Mission des Nations unies en Centrafrique (MINUSCA), des forces spéciales rwandaises, et plus de 300 instructeurs russes, précise l'agence Ecofin notant que la Russie a récemment acheminé du matériel militaire au profit des FACA.
     
    Le déclenchement de ce nouveau conflit armé intervenait à quelques jours des élections présidentielle et législatives du 27 décembre 2020. Un scrutin qui a toutefois pu se tenir sur une partie du territoire et dont les résultats provisoires ont donné vainqueur le président sortant, Faustin-Archange Touadéra, souligne le même média.

    Tentative de prise de Bangui repoussée
    Une tentative de prise de la capitale centrafricaine, Bangui, a été repoussée, mercredi matin, a affirmé le Premier ministre, Firmin Ngrebada, sur les réseaux sociaux.
     
    ''Nous avons connu aux premières heures de la matinée une tentative des assaillants de rentrer dans Bangui sur plusieurs fronts notamment à la sortie Nord vers PK 12 et Pk 9'', a affirmé le Premier ministre, Firmin Ngrebada ce matin sur sa page officielle Facebook.
     
    ''Les assaillants venus en effectif élevé pour prendre Bangui ont été vigoureusement repoussés'', a-t-il indiqué.
     
    Selon un habitant du Pk12, joint au téléphone, "les détonations ont commencé vers 5 heures du matin et ça a duré 3 heures, des familles ont fui leurs maison, à l’instant le calme est revenu".
     
    Selon le chef du gouvernement, un ratissage des secteurs par lesquels les rebelles ont tenté de rentrer dans la ville était en cours, mercredi matin.
     
    ''La population doit rester calme et vaquer à ses occupations. Tout est fait pour assurer sa sécurité et celle du pays'', a lancé Ngrebada.
     
    Au moins 30 rebelles et un casque bleu ont été tués, selon des sources officielles.

     

  • République centrafricaine : Plusieurs personnes tuées, dont un employé de MSF, lors d’une fusillade près de Bambari

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    Plusieurs civils, dont un employé de Médecins Sans Frontières (MSF), ont étés tués lundi 28 décembre lorsqu’un véhicule de transport public a été visé par des tirs en provenance d'hommes armés à Grimari.
     
    MSF a dénoncé, dans un tweet sur sa page officielle mercredi soir, « le meurtre de plusieurs civils, dont un de ses employés, lors d’une fusillade près de Bambari », une ville située au centre de la République centrafricaine, chef-lieu de la préfecture de la Ouaka.
     
    « L'attaque a été perpétrée ce 28 décembre à l’encontre d’un camion de transport public à Grimari, dans la préfecture de Ouaka » a précisé MSF.
     
    Médecins sans frontières, se dit « choquée et profondément attristée » par le décès de son employé, dans ce conflit meurtrier où « la population civile est prise au piège » entre les protagonistes.
     
    « Cette attaque et le meurtre de notre collègue illustrent une nouvelle fois les conséquences des violences en RCA », déclare Marcella Kraay, cheffe de mission adjointe de MSF.
     
    Depuis le début des violences en Centrafrique il y a deux semaines, les organisations non gouvernementales sont visées par des attaques armées.
     
    Mardi, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé dans un communiqué qu’il est triste de devoir réduire sévèrement ses activités humanitaires à Bouar (Nana-Mambéré), après le pillage par des bandits de son bureau.
     
    Le CICR a aussi indiqué que l’hôpital qu’il soutient à Kaga-Bandoro a également fait l’objet d’une attaque, presqu’au même moment. Un individu armé a pénétré dans l’hôpital et, avec une arme, a forcé les membres du personnel de garde de lui donner leurs biens personnels.
     
    « Cette attaque est totalement inacceptable, nous ne pouvons pas travailler dans ces conditions » a déclaré Bruce Biber, le chef du bureau du CICR en Centrafrique.
    Regroupés dans une « Coalition des patriotes pour le changement » (CPC), les groupes rebelles ont lancé ces derniers jours plusieurs attaques, menaçant la capitale Bangui.

    Situation précaire dans le pays où la Russie remplace la France comme puissance protectrice
    Depuis que  la Russie a pris en charge la formation des forces de sécurité centrafricaines (FACA), on a noté une augmentation des fournitures d'armes malgré l'embargo des Nations unies. Parallèlement,  les relations entre la France et la République centrafricaine se sont détériorées, tout comme la situation sécuritaire.  7 des 14 groupes rebelles ont repris le chemin du bush avec armes et bagages. 

  • République Centrafricaine : Les rebelles s'emparent de la 4ème plus grande ville du pays

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    Mardi 22 Décembre, les rebelles ont saisi Bambari, quatrième plus grande ville du pays.  Des affrontements ont eu lieu sur une route clé dans l'ouest du pays cinq jours avant les élections dans tout le pays.
     
    Bambari est situé à 380 kilomètres (240 miles) au nord-est de la capitale Bangui.
     
    L'attaque contre la ville a déclenché une fusillade de deux heures avec les troupes centrafricaines et la force de maintien de la paix des Nations Unies, la MINUSCA, ont indiqué des sources au sein d'ONG et de l'ONU.
     
    «Il n'y a pas eu de violence envers les populations locales, mais ils ont saccagé le poste de police, la gendarmerie et les maisons des gens», a déclaré Matchipata.
     
    «La ville est sous le contrôle de groupes armés», a déclaré le maire de Bambari, Abel Matchipata, tandis qu'un haut fonctionnaire du gouvernement a confirmé «qu'ils sont dans la ville, nous attendons des renforts, qui sont en route».
     
    Les sources anonymes ont déclaré que les rebelles étaient dirigés par un groupe armé appelé l'Unité pour la paix en Afrique centrale (UPC), l'une des milices contestant le gouvernement à l'approche des élections du 27 décembre.
     
    Un convoi de camions commerciaux voyageant sous escorte de la MINUSCA a été bloqué sur la route par les forces armées centrafricaines, a constaté un journaliste de l'AFP.
     
    Les affrontements ont débuté après que le gouvernement ait accusé l'ancien président François Bozize de chercher à organiser un coup d'État avec des groupes armés avant les prochaines élections.
     
    À la demande de la République Centrafricaine, la Russie et le Rwanda ont envoyé du personnel militaire pour assurer un semblant d'ordre.
     
    Le 22 Décembre e , la Russie a dit qu'il avait envoyé 300 instructeurs militaires à la RCA à la demande de Bangui « pour former le personnel militaire de l'armée nationale » en vertu d' un accord de coopération existant.
     
    Il avait précédemment déployé 175 instructeurs militaires en RCA, selon les chiffres officiels.
     
    Le Rwanda a également envoyé «plusieurs centaines d'hommes» dans le cadre d'un accord bilatéral, a indiqué le gouvernement centrafricain.
     
    Le déploiement a été confirmé par le président rwandais Paul Kagame, bien qu'il n'ait pas donné de détails sur les chiffres.
     
    Le procureur en chef de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, a appelé au «calme et à la retenue» avant les élections.
     
    «Quiconque commet, ordonne, incite, encourage ou contribue, de toute autre manière, à la commission de crimes» serait passible de poursuites soit par les tribunaux de Bangui, soit par la CPI, a averti Bensouda.
     
    Des agents de sécurité privés employés par des entreprises russes assurent déjà la protection du président Faustin-Archange Touadéra et participent à la formation des forces armées locales.
     
    L'opposition a demandé que le vote du 27 décembre soit annulé jusqu'à ce que «la paix et la sécurité» soient rétablies.

     

  • République Centrafricaine : La Russie envoie 300 instructeurs militaires supplémentaires

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    La Russie a envoyé 300 instructeurs supplémentaires pour aider la République Centrafricaine à renforcer ses capacités de défense afin de former des militaires de l'armée nationale, a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères.
    "La Russie, dans le cadre de l'aide apportée à Bangui pour renforcer la capacité de défense de la République centrafricaine, a rapidement répondu à la demande de ses dirigeants et a envoyé 300 instructeurs supplémentaires pour former le personnel militaire de l'armée nationale. La notification correspondante a été envoyée par la partie russe au Comité 2127 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les sanctions contre la RCA", a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères.

  • République Centrafricaine : Trois groupes rebelles lancent une offensive contre la capitale

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    Les combats ont repris en République centrafricaine (RCA) à l'approche des élections présidentielles. Les forces de maintien de la paix de l'ONU ont été déployées dans la partie occidentale du pays, tandis que le président de la RCA Faustin-Archange Touadéra est gardé par des contractuels militaires privés russes.
     
    Samedi 19 décembre, trois grands groupes rebelles ont annoncé la formation d'une coalition avant les prochaines élections du 27 décembre. Pour l'instant, la nouvelle coalition se compose de «la Coalition 3R», «Anti-Balaka Ngaison», et des groupes MPC, qui gardent le contrôle sur de vastes zones du pays.
     
    Les groupes rebelles ont décidé de «regrouper tous les mouvements en une seule entité, appelée Coalition des patriotes pour le changement ou PCC, sous un commandement unifié».
     
    Tous les groupes d'opposition ont été invités à rejoindre la Coalition. Le PCC a appelé ses membres à respecter l'intégrité des civils, des forces des Nations Unies et des groupes humanitaires.
     
    Cependant, les revendications du PCC n'ont pas empêché les tensions dans l'ouest du pays, dans la région de Bangui, la capitale de la RCA. Le gouvernement a accusé l'ancien président François Bozizé d'avoir tenté un coup d'État.
     
    Environ 9 000 militants de la nouvelle coalition ont commencé à s'emparer de villes clés près de Bangui. Selon des sources humanitaires et onusiennes, des groupes armés se sont emparés de plusieurs villages le long des routes, menaçant de blocus la capitale (photos). Les rebelles lourdement armés seraient sous le commandement de l'ancien président centrafricain François Bozizé.

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    Après de violents affrontements, les rebelles peuls, principalement présents dans le nord du pays, auraient capturé la ville d'Ucole aux Forces armées centrafricaines (FACA). Des militants peuls ont attaqué la ville d'Ucole le 19 décembre au matin, forçant les soldats des FACA à battre en retraite après de violents combats.
     
    Pendant ce temps, les sources locales ont rapporté que des milices armées avaient pris la ville de Gallo dans le nord-ouest du pays samedi soir. La ville, qui se trouve près de la frontière camerounaise, a été prise sous le contrôle des rebelles sans résistance.
     
    Les groupes rebelles mènent actuellement leur offensive sur d'autres villes du nord-ouest de la RCA. Les unités de police et de l'armée préfèrent ne pas opposer de résistance et se retirent vers la capitale.
     
    Le 18 décembre, la mission de l'ONU en RCA, la MINUSCA, a déclaré que ses forces de casque bleu étaient en «alerte maximale». Des casques bleus de l'ONU ont été déployés dans les villes de Bosemptele et Bossembele, à la suite d'une offensive des milices 3R, du Mouvement patriotique pour l'Afrique centrale (MPC) et «anti-Balaka». La MINUSCA compte 11 500 soldats de la paix en RCA.
     
    Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé toutes les parties à «cesser d'urgence les actions hostiles» en RCA pour empêcher les groupes armés de perturber les élections.
     
    «La mission souligne que ces attaques coordonnées dans des zones bien identifiées impliquent une tentative délibérée de perturber les élections», indique le communiqué de la MINUSCA.
     
    Cependant, il semble que les Casques bleus de l'ONU n'arrivent pas à maintenir l'ordre en RCA par leurs propres forces.
     
    Les vidéos de la région révèlent que les forces de maintien de la paix de l'ONU sont accompagnées de contractuels militaires sans aucun signe distinctif. On pense que ce sont des PMC russes.
     
    Les PMC russes assurent la sécurité du président de la RCA lors de ses visites sur le terrain, du contrôle de la sécurité autour de la capitale Bangui et de ses territoires périphériques.
     
    Le 1er décembre, des PMC russes ont été repérés en train d'assurer la sécurité de Faustin-Archange Touadéra et de nombreux autres responsables de la RCA lors d'un défilé militaire en l'honneur de la fête de la République qui s'est tenu à Bangui.
     
    Moscou soutient activement l'administration actuelle de la RCA à la fois militaire et politique. Le 19 décembre, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhail Bogdanov a eu une conversation téléphonique avec le ministre des Affaires étrangères de la RCA, Sylvie Baipo Temon.
     
    "La partie russe a confirmé sa position inébranlable en faveur de l'indépendance, de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la RCA, ainsi que les efforts de son gouvernement pour assurer la sécurité et la stabilité de la république", a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères.
     
    Affrontement entre Chrétiens et Musulmans
    La RCA est plongé dans un conflit civil  depuis 2013, lorsque le président de l'époque, François Bozizé, a été évincé par la Séléka, une coalition rebelle largement issue de la minorité musulmane. Le coup d'État a déclenché un bain de sang entre la Séléka et les soi-disant forces d'autodéfense «anti-Balaka», principalement chrétiennes et animistes. À ce jour, l'affrontement entre le syndicat musulman «Séléka» et les unités de la milice chrétienne «Anti-Balaka» se poursuit.
     
    En 2016, la direction du pays était dirigée par l'ancien Premier ministre Faustin-Arcange Touadera, qui a souligné sa position neutre à la fois envers la «Séléka» et les «anti-Balaka».
     
    Début 2018, la Russie a répondu à la demande d'assistance militaro-technique des autorités centrafricaines. Sous la coordination de l'ONU, Moscou a envoyé un lot d'armes et de munitions en RCA. Il a également envoyé des instructeurs militaires pour former le personnel militaire local.
     
    Les «instructeurs» russes se trouvent principalement à proximité de gisements minéraux, notamment d'or, de diamants et d'uranium, dont la République africaine est riche. Apportant un soutien important aux autorités locales, la Russie poursuit à la fois ses intérêts économiques et une nouvelle stratégie de présence en Afrique centrale.

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  • Russie : Un "Africom russe" pour rivaliser avec l'Africom américain

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    Alors que le paysage libyen reste caractérisé par l'instabilité, certaines sources suggèrent que la Russie vise à étendre sa sphère d'influence à l'ensemble du continent africain, en créant une force qui pourrait concurrencer le commandement africain de l'armée américaine (AFRICOM).
    La révélation a été faite par le journal al-Arab du 5 août, à un moment où les forces positionnées sur les fronts de bataille libyens semblent attendre de nouveaux renforts et des ordres pour lancer la bataille de la ville occidentale de Syrte et celle de la base de Joufra.
    Dans ce contexte, Moscou a été accusée à plusieurs reprises, principalement par les États-Unis, d'envoyer des armes et des munitions pour soutenir l'Armée nationale libyenne (ANL), dirigée par le général Khalifa Haftar, ainsi que des mercenaires appartenant à la société militaire privée Wagner.
    Déjà en 2015, selon les diplomates occidentaux, Moscou avait déjà établi une base en Egypte occidentale pour fournir un soutien technique et réparer plus facilement les équipements. En 2018, des conseillers militaires ont été envoyés pour soutenir les forces de l'armée du Haftar à Benghazi. Cependant, selon les informations d'al-Arab, se basant un rapport allemand, le rôle de la Russie dépasserait les frontières libyennes. L'objectif du pays serait notamment de créer des bases militaires dans le reste de l'Afrique et, selon les experts militaires, cela pourrait conduire à la formation d'un "Africom russe" capable de rivaliser avec les forces américaines déjà présentes sur le continent.
    À cet égard, le rapport allemand indique que la Russie a obtenu des permis pour établir des bases militaires dans six pays africains, dont l'Égypte et le Soudan, ce qui montre la volonté de Moscou de protéger son rôle en Libye. La Russie, en particulier, créerait ainsi une "ceinture de bases" qui la préserverait de toute offensive, car attaquer un pays avec une telle présence serait risqué pour quiconque. Une telle stratégie, souligne le journal, est la même que celle employée en Syrie et démontre la validité de l'idée de la Turquie, selon laquelle la présence russe en Libye vise, en réalité, à obtenir davantage de concessions de Damas.
    Selon un rapport secret du ministère allemand des affaires étrangères, la Russie a conclu des accords de coopération militaire avec 21 pays africains depuis 2015, dont l'Égypte, la République centrafricaine, l'Érythrée, Madagascar, le Mozambique et le Soudan. Avant cette année-là, Moscou entretenait des relations similaires avec seulement quatre États sur le continent africain. Dans ce cadre, la Russie a ensuite secrètement et parfois formellement formé les forces de ces pays, dont 180 soldats en République centrafricaine et une vingtaine de soldats par an au Mali. En parallèle, le Nigeria a signé un accord pour l'achat de 12 hélicoptères militaires, tandis que le Cameroun, l'Afrique du Sud et l'Erythrée font partie des pays qui ont exprimé le souhait d'acheter des avions, des chars et des armes lourdes à la Russie.
    En outre, la République centrafricaine, en proie à des années de guerre civile, a signé un accord de coopération militaire avec la Russie, en vertu duquel des conseillers militaires russes seront officiellement présents dans la capitale pour former leurs unités de sécurité à faire face aux menaces des groupes armés et des extrémistes. Cependant, selon certains analystes, l'objectif de Moscou est non seulement d'agir militairement de manière directe, mais aussi de renforcer sa présence économique, à un moment où l'Afrique est devenue un terrain de jeu vital pour plusieurs pays tels que la Chine, la Turquie, l'Iran, les États-Unis et la France.
    Pour sa part, Washington, par le biais du commandement de l'AFRICOM, n'a pas caché son inquiétude quant au rôle croissant de Moscou en Libye, ce qui laisse supposer que ce qui s'est passé en Syrie se reproduira également dans ce pays d'Afrique du Nord. C'est la raison pour laquelle les forces américaines ont étroitement surveillé les mouvements de la compagnie Wagner et ont signalé l'envoi d'avions russes à la base de Joufra, dont des MiG-29 et des Su-24. Enfin, le 25 juillet, Washington a déclaré que, grâce aux images satellites, il était possible de constater la présence d'équipements de défense aérienne russes en Libye, dont le SA-22, qui est exploité par le groupe Wagner ou des forces affiliées. Pour les États-Unis, le type et la taille de ces armements montrent l'intention de développer des "capacités de combat offensif". La Russie, cependant, a toujours nié les déclarations de l'armée américaine.
    Face à ce scénario, comme le souligne al-Arab, le conflit libyen mettra à l'épreuve l'efficacité des stratégies des grandes puissances, en particulier les États-Unis et la Russie, et l'issue du conflit entraînera un renforcement ou une limitation de l'expansion russe en Afrique.

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