Relations Irak-USA

  • Irak : Des missiles atterrissent près d'une base de coalition internationale

    Imprimer


    Le Commandement des opérations conjointes irakien a rapporté que, dans la soirée du 30 septembre, 6 missiles ont frappé à proximité d'une base de la coalition internationale anti-Daech dirigée par les États-Unis à Erbil, la capitale de la région du Kurdistan irakien.

    L'attaque, définie comme terroriste, a touché une base où les forces de Washington sont également stationnées. Cependant, aucune victime ni aucun dommage matériel n'a été signalé. Selon le Service antiterroriste du Kurdistan, l'attaque a été perpétrée par les Forces de mobilisation populaire (Hashd al-Chaabi), une coalition de milices paramilitaires, majoritairement chiites, soutenue par l'Iran. La même source a rapporté que les missiles avaient été lancés, vraisemblablement, depuis un village situé dans la région de Ninive, à l'est de Mossoul, et que ceux-ci, selon le Service de lutte contre le terrorisme, étaient plus "sophistiqués" que le type Katyusha. Sur les 6 lancés au total, un missile a touché le siège d'un parti d'opposition kurde iranien, le PDK, tandis que les autres se sont écrasés près de l'aéroport d'Erbil, où se trouvent les camps de la coalition internationale.

    Le ministère de l'Intérieur de la région du Kurdistan a également déclaré que les missiles avaient été tirés depuis une zone contrôlée par les Forces de mobilisation populaire, à la périphérie du village de Cheikh Amir, situé à 40 km d'Erbil, dans le gouvernorat de Ninive. Le chef du gouvernement régional du Kurdistan irakien, Masrour Barzani, a fermement condamné l'incident, tandis que le chef du Parti démocratique du Kurdistan (PDK), Hoshyar Zebari, a qualifié l'incident de "nouvelle escalade contre la sécurité de l'Irak". dont la responsabilité est la même que celle qui a frappé la capitale Bagdad.

    EjL6r8uXgAA7rk5.jpeg

    L'attaque, actuellement non revendiquée, a eu lieu quelques heures après une réunion du Premier ministre irakien, Mustafa al-Kazimi, avec environ 25 diplomates étrangers, dont l'ambassadeur des États-Unis, au cours de laquelle le premier ministre lui-même s'est engagé à garantir la sécurité des missions étrangères en Iraq et à restreindre la possession d'armes aux seules forces gouvernementales. La réunion est intervenue après que les États-Unis ont averti l'Irak le 28 septembre que l'administration actuelle avait l'intention de fermer son ambassade à Bagdad dans les trois mois, à moins que le gouvernement irakien arrête la vague de attaques de missiles lancées par des milices chiites.

    La crainte est qu’une telle initiative pourrait également pousser d’autres pays à retirer leurs représentants diplomatiques d’Irak. Pour al-Kazimi, fermer les ambassades étrangères dans le pays revient à mettre fin à la coopération économique et militaire avec ses partenaires à un moment où l’Iraq est confronté à des défis majeurs. Pour cette raison, Bagdad entend "imposer la primauté du droit" et limiter les armes entre les mains de l'Etat, protégeant les missions diplomatiques et leurs bureaux en Irak. Selon le premier ministre, le but de ceux qui mènent ce type d'attaques est de déstabiliser le pays et de saper ses relations avec ses alliés régionaux et internationaux.

    En octobre 2019, plus de 30 attaques contre des bases et des structures américaines en Irak ont ​​conduit Washington à menacer de représailles les milices iraniennes pro-iraniennes, et notamment les brigades du Hezbollah irakien, tenues pour responsables de plusieurs attaques. La série d'attaques s'est produite au tournant d'un épisode considéré comme le comble des tensions entre l'Iran et les États-Unis sur le sol irakien, à savoir la mort du général en charge de la Force al-Qods, Qassem Suleimani, et du commandant adjoint des Forces de mobilisation populaire. , Abu Mahdi al-Muhandis, tué le 3 janvier à la suite d'un raid ordonné par le chef de la Maison Blanche, Donald Trump.

    Cet épisode, ainsi que d'autres survenus entre décembre 2019 et janvier 2020, ont été considérés comme une forme de violation de la souveraineté irakienne par les Etats-Unis. C'est pourquoi le Parlement de Bagdad, le 5 janvier, avait proposé au gouvernement d'expulser toutes les forces étrangères, et en particulier les forces américaines, du pays. Dans ce contexte, Washington et Bagdad ont tenu le 11 juin la première série de pourparlers sur le soi-disant «dialogue stratégique», promu par le Premier ministre irakien Mustafa al-Kazimi. Le dialogue vise à définir le rôle des États-Unis dans les territoires irakiens et à discuter de l'avenir des relations économiques, politiques et sécuritaires entre les deux pays, dans le but ultime de créer une sorte de stabilité dans l'axe Washington-Bagdad.

  • Irak: Bagdad menace de « revoir » ses relations avec Washington après des raids meurtriers

    Imprimer

    Cet article a été aussi publié en : enEnglish (Anglais) ruРусский (Russe) arالعربية (Arabe)

    Le gouvernement irakien s’est dit lundi soir forcé de « revoir ses relations » avec les Etats-Unis après des raids aériens menés la veille par Washington contre des bases de combattants pro-Iran intégrés aux forces irakiennes et ayant fait au moins 25 morts. « Les forces américaines ont agi en fonction de leurs priorités politiques et non de celles des Irakiens », a dénoncé le gouvernement démissionnaire réuni en Conseil de sécurité réduit.
    Washington affirme avoir visé dimanche soir plusieurs bases des brigades du Hezbollah – une faction pro-Iran du Hachd al-Chaabi, coalition de paramilitaires formée pour lutter contre les jihadistes – pour mettre fin à une série d’attaques à la roquette ayant visé ses soldats et ses diplomates à onze reprises ces deux derniers mois.
    Mais, rétorque le communiqué du cabinet, « la protection de l’Irak, de ses bases militaires, des forces qui y sont présentes et des chancelleries relève de la responsabilité exclusive des forces de sécurité irakiennes ». De tels raids « violent la souveraineté de l’Irak » et « contreviennent aux règles d’engagement de la coalition » internationale présente en Irak sous commandement américain pour lutter contre les jihadistes, poursuit le texte. Ils « poussent l’Irak à revoir ses relations et son cadre de travail sur les plans sécuritaire, politique et légal pour protéger sa souveraineté ».
    En Irak, pris en étau depuis la chute de Saddam Hussein en 2003 entre ses alliés américain et iranien, des députés appellent régulièrement à dénoncer l’accord de coopération militaire irako-américain. Jusqu’ici, toutes ces tentatives ont fait long feu. Mais les frappes de dimanche soir ont suscité une indignation inédite, semblant pour un temps éclipser la révolte populaire qui va entrer dans son quatrième mois et dénonce le pouvoir à Bagdad et son parrain iranien.
    Lundi, dans la plupart des villes du sud de l’Irak, à Bagdad et à Kirkouk (centre), des manifestants ont brûlé ou piétiné des drapeaux américains, ont rapporté des correspondants de l’AFP.