Relations Egypte-France

  • Egypte : Achat de 30 avions Rafale à la France

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    L'Egypte a confirmé avoir signé avec la France un contrat pour l'achat de trente avions de combat Rafale supplémentaires de la société Dassault, dans un communiqué de l'armée publié dans la nuit du lundi 3 au mardi 4 avril 2021.

    "L'Egypte et la France ont signé un contrat pour la fourniture de 30 avions Rafale", a indiqué le communiqué égyptien quelques heures après la révélation de ce contrat par le média d'investigation français Disclose. L'achat se fera via un prêt sur dix ans, ajoute l'armée égyptienne dans son communiqué, sans autre précision.

    Le Caire est l'un des plus gros clients de l'industrie française d'armement. L'Egypte avait été en 2015 le premier pays étranger à acheter des Rafale, avec une commande de 24 avions de combat. Les ventes d'armes à l'Egypte se sont considérablement renforcées après l'arrivée au pouvoir d'Abdel Fattah al-Sissi en 2014, essentiellement entre 2014 et 2016 à la faveur de la vente de Rafale, d'une frégate, de quatre corvettes et de deux porte-hélicoptères Mistral.

    La vente annoncée cette semaine confirme le succès à l'exportation, tardif mais réel, de l'avion de combat français. Egalement commandé par le Qatar (36) et par l'Inde (36), il a été vendu en janvier à la Grèce à 18 exemplaires, dont douze d'occasion. Selon les détails dévoilés par Disclose lundi, la France et l'Egypte ont conclu le 26 avril un contrat d'un montant de 3,95 milliards d'euros, comprenant la vente de trente avions de chasse Rafale, ainsi que deux autres contrats au bénéfice du missilier MBDA et de Safran Electronics et Defense.

    Disclose a également indiqué que les versements de l'Egypte se feraient "principalement à crédit" et que Le Caire avait "obtenu un prêt garanti par la France à hauteur de 85%". Selon le média d'investigation, "le Trésor public s'est porté caution auprès de plusieurs établissements bancaires français" --Crédit agricole, Société générale, BNP Paribas et CIC-- pour permettre le prêt.

    M. Sissi a été reçu en décembre 2020 à Paris. Une visite décriée par des organisations de défense des droits humains qui accusent régulièrement l'Egypte de bafouer les libertés individuelles et de limiter notamment la liberté d'expression. Depuis l'arrivée au pouvoir de M. Sissi en 2014, l'Etat égyptien mène une répression féroce contre toute forme d'opposition, religieuse ou libérale. Mais le président français Emmanuel Macron a refusé en décembre de conditionner la question des droits humains au partenariat stratégique entre Paris et Le Caire, tout en plaidant pour une "ouverture démocratique" et "une société civile active".

    Les importations égyptiennes d'armements français se sont élevées à 7,7 milliards d'euros entre 2010 et 2019, faisant du Caire le quatrième pays client de la France en matière d'armements, selon le rapport annuel au Parlement français.

  • Egypte : Le président égyptien Al-Sissi discute avec le chef des services de renseignement français de la coopération sécuritaire

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    Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, a discuté mercredi 10 mars 2021 avec le directeur général de la sécurité extérieure française (DGSE), Bernard Émié, du renforcement de la coopération sécuritaire et militaire entre les deux pays.

    Les deux parties se sont entretenues lors d’une réunion au Caire en présence du chef des renseignements généraux égyptiens, Abbas Kamel, rapporte un communiqué de la présidence égyptienne.

    Al-Sissi et Émié, ont discuté « de la coopération bilatérale aux niveaux sécuritaire et militaire, et ont échangé les points de vue sur diverses questions régionales et internationales, dans le cadre de la coopération en matière de sécurité et de renseignement, particulièrement dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et les organisations extrémistes ».

    Le président égyptien a souligné « l'importance de la coordination régulière avec la France pour développer les efforts de lutte contre la violence et le terrorisme, et pour accroître et maintenir la pression sur les organisations et groupes armés ».

    Il pourrait cependant y avoir des divergences entre les deux pays pour ce qui concerne le traitement à accorder à l'organisation des Frères Musulmans qui ont pignon sur rue en France alors qu'elle est considérée comme une organisation terroriste en Egypte. 

    Il a également informé le responsable français des « derniers développements relatifs aux questions régionales en Méditerranée orientale, de la situation en Libye et du soutien au processus de négociation politique sur la question palestinienne ».

    De son côté, le patron de la DGSE a fait valoir « la coopération de l'Egypte avec la France et la poursuite de la coordination sur toutes les questions d'intérêt commun dans la région », souligne ledit communiqué.

    Au cours des dernières années, l'Égypte a intensifié sa coordination avec la France sur de nombreuses questions régionales, tandis que les accords et les contrats d’armement militaire étaient le «fer de lance» des relations entre les deux pays.

    La France est devenue l'une des sources les plus importantes de l'armement égyptien, avec les États-Unis et la Russie, après la prise de pouvoir de Abdel Fattah Al-Sissi en juin 2014.