Région du Lac Tchad

  • Niger : Plus de 800 combattants de Boko Haram neutralisés dans le Lac Tchad

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    La Force multinationale mixte (FMM) a annoncé avoir neutralisé plus de 800 djihadistes de Boko Haram lors d'une opération menée dans le Lac Tchad, du 28 mars au 4 juin 2022. L'annonce a été faite dans un communiqué publié mardi 7 juin 2022 par l'état-major du secteur 4 de la Force multinationale mixte, basé à Diffa au Niger.

    "Dans le but de créer un environnement sûr et sécurisé dans la région du bassin du Lac Tchad et contribuer à stabiliser la situation dans les zones touchées par les activités terroristes, la Force multinationale mixte (FMM) a conduit du 28 mars au 4 juin 2022, une opération conjointe dans les îles du Lac Tchad et les localités voisines", a indiqué le communiqué.

    "Il s'agissait de neutraliser par air, terre et sur les eaux du Lac Tchad, les terroristes de Boko Haram et de l'État islamique en Afrique de l'ouest (BH/ISWAP)", a ajouté la même source, précisant que près de trois mille (3000) soldats ont été engagés dans l'opération.

    "Sur l'ensemble de l'opération, plus de 805 terroristes ont été neutralisés", a noté le communiqué, ajoutant que "la Force déplore malheureusement la perte de sept 7soldats tombés au champ d'honneur et 41 blessés".

    La Force multinationale mixte est composée d'éléments des forces armées du Bénin, du Cameroun, du Nigeria, du Niger et du Tchad. Depuis 2015 elle participe à la lutte contre le groupe islamique Boko Haram  et l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) dans ces pays.

  • Al-Qaida : un plan d’expansion vers le Golfe de Guinée

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    Le Bénin et le Togo ont essuyé, à la fin de l'année écoulée, des attaques terroristes depuis leurs frontières communes avec le Burkina Faso, ce qui a constitué la principale menace quant à un éventuel transfert des groupes armés de leurs activités, depuis la région du Sahel, au climat sec, vers les pays du Golfe de Guinée qui ont un climat humide et des forêts denses.

    En effet, deux soldats béninois ont été tués dans une attaque terroriste perpétrée, le 2 décembre 2021, aux frontières avec le Burkina Faso et plusieurs autres ont été blessés.

    Une deuxième attaque a eu lieu dans le département de l’Atacora dans le nord du Bénin. Des éléments armés se sont attaqués à une patrouille militaire à Alibori (Nord), le 1er décembre 2021. Deux éléments armés ont été éliminés selon les médias.

    Ces deux attaques sont les premières du genre lancées contre l’armée du Bénin. Toutefois, des éléments armés avaient en 2019 kidnappé deux touristes français sur le territoire béninois avant de les transférer au Burkina Faso. 

    Le Togo a également annoncé que ses forces armées avaient repoussé, au mois de novembre 2021, une attaque terroriste. Un groupe armé avait tenté de franchir les frontières séparant le Burkina Faso du Bénin.

    C'est la première fois que le Togo annonce un affrontement avec des éléments armés, depuis 2018, lorsque l’armée avait lancé une opération militaire pour interdire l'infiltration d'éléments armés depuis le Burkina Faso vers son territoire.

    Les violents accrochages entre l'armée burkinabè et des groupuscules affiliés à Al-Qaïda ont contraint ces derniers à fuir et à se diriger vers les territoires togolais et béninois.

    Le Golfe de Guinée dans le viseur d’al-Qaida
    Les observateurs qui suivent le développement des activités des groupes terroristes en Afrique constatent que ces groupes ont débuté en Algérie, au cours de la décennie des années 90, mais qu’après après avoir perdu leur bataille face à l'armée algérienne à la fin du siècle dernier, ces groupes ont tenté de s'implanter en Mauritanie et après un deuxième échec, ils ont recouru au Nord du Mali.

    Ces groupes armés ont exploité la faiblesse des armées des Etats de la région du Sahel africain ainsi que les conflits ethniques et tribaux qui ont éclaté dans le nord du Mali, en 2012, pour s’allier au début avec les Touaregs et les Azawad.

    Malgré leur incapacité à maintenir leur domination sur les grandes villes dans le nord du Mali, en raison, entre autres, de l'intervention des forces françaises (Opération Serval) en 2013, il n'en demeure pas moins que les groupes terroristes relevant d'Al-Qaïda sont parvenus à s'étendre au-delà du Fleuve du Niger après leur alliance avec le Front de Libération du Macina (FLM).

    L'alliance de quatre groupes armés au Sahel a abouti à leur extension au Niger, puis vers le Burkina Faso et leurs activités couvre désormais, selon des sources officielles, près de 80% de la superficie du Mali.

    L’émergence du groupe Boko Haram dans le nord du Nigeria, en 2009, et la scission intervenue en 2015 au sein, un groupe ralliant l'Etat islamique, a abouti à l'élargissement des activités des islamistes jusqu’au Lac Tchad, dont les rives sont partagées entre quatre pays, en l’occurrence, le Nigeria, le Niger, le Tchad et le Cameroun.

    Par la suite, la défaite de l'Etat islamique dans la ville libyenne de Syrte, à la fin de l'année 2016, a généré un renforcement de la présence de cette organisation dans les régions du Sahel et du Lac Tchad, après que les éléments qui étaient déployés en Libye trouvèrent refuge à travers les pays du Sahel et le Lac Tchad.

    Plusieurs personnalités politiques et sécuritaires de premier plan avaient mis en garde sur le fait que les pays du Golfe de Guinée étaient désormais dans le viseur des groupes terroristes pour s'étendre et assurer leur expansion.

    Parmi ces personnalités figure Bernard Emié, patron de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) française, qui avait déclaré, le 1er février 2021, au cours d'une rare apparition publique, que « l'Organisation d'Al-Qaïda dans la Région du Sahel examine actuellement un projet d'expansion vers le Golfe de Guinée, en particulier vers la Côte d'Ivoire et le Bénin ».

    Cela explique, partiellement, la création par la France de l'Académie internationale de Lutte contre le terrorisme en Côte d'Ivoire, au mois de juin 2021, ce qui sera de nature à renforcer son influence parmi les pays du Golfe de Guinée, compte tenu de la rude concurrence avec des forces régionales et mondiales dans cette région.

    Le journaliste français Nicolas Beau a écrit dans un article mis en ligne sur le site « Mondafrique » que les groupes terroristes ont affirmé, au cours de l'année écoulée, qu'ils « n'ont pas renoncé à leur plan qui prévoit le transfert de leurs activités du Sahel vers le Golfe de Guinée (Bénin, Côte d'Ivoire, Ghana, Guinée, Togo) ».

    Le Bénin et le Togo…Les maillons faibles
    Parmi les principaux pays du Golfe de Guinée, le Bénin et le Togo sont visiblement les maillons faibles.

    En effet, ces deux pays ne disposent pas d'une armée comme celle du Ghana (17éme armée africaine) ou la Côte d'Ivoire (24ème armée africaine). Les armées du Bénin et du Togo ne sont même pas classées dans la liste des 140 armées au monde, qui compte 34 armées africaines, ce qui dénote leur faiblesse.

    A titre d'exemple, l'armée du Bénin compte 11.100 soldats et officiers et dispose seulement de 10 chars chinois et de 47 blindés français, américains et chinois de fabrication ancienne, ainsi qu'un nombre réduit d'avions de transport ou de prospection, dont deux seulement parmi ces appareils sont opérationnels selon des médias français.

    De même, l'armée togolaise compte des effectifs de l’ordre de 11.000 éléments et possède 11 anciens chars soviétiques, dont la majorité sont hors service dans d'autres armés, tels que les T-34, ainsi que 15 engins blindés.

    Par ailleurs, aucun détail n'existe pour savoir si l'armée togolaise dispose d'avions de combat ou pas et quand bien même elle en disposerait, ces appareils sont plutôt destinés au transport et à la prospection et non pas au combat et à l’interception.

    Ainsi, il est possible de décrire les armées béninoise et togolaise comme étant les plus faibles parmi celles des Etats du Golfe de Guinée, ce qui fait d’elles l’un des objectifs faciles à atteindre et éventuellement une cible pour les groupes terroristes.

    Boko Haram…une éventuelle menace
    Si l'organisation d'Al-Qaïda se focalise, dans son projet d'expansion vers le Golfe de Guinée, sur ses bastions au Burkina Faso pour s'infiltrer vers le Bénin à travers ses frontières nord, l'organisation de Boko Haram s'emploierait à attaquer le Bénin à travers ses frontières de l'est que ce pays partage avec le Nigeria.

    En effet, après avoir perdu la majorité de ses fiefs dans la forêt de Sambisa et au Lac Tchad dans le nord-est du Nigeria, suite à de sanglants affrontements avec l'Etat islamique d'Afrique de l'Ouest (ISWAP), Boko Haram a déplacé ses activités vers des régions éparpillées, en particulier, dans le centre-nord du Nigeria juxtaposant les frontières avec le Bénin.

    Le Bénin a participé à la Coalition régionale mise sur pied pour combattre Boko Haram dans la région du Lac Tchad, aux côtés du Nigéria, du Tchad, du Niger et du Cameroun et représente le seul pays qui n'est pas riverain du Lac.

    La participation du Bénin à cette Coalition, composée de cinq pays, reflète son inquiétude quant à l'extension des activités des groupes terroristes vers son territoire, d'autant plus que cette menace pèse désormais directement sur le pays.

    De plus, des groupes armés évoluent dans le nord-ouest du Nigeria, près des frontières orientales du Bénin, à l'instar du groupe « Ansaru » proche d'Al-Qaïda et qui s’est allié à des bandes organisées locales dans la région. Ce groupe constitue, à son tour, une menace contre ce petit pays du Golfe de Guinée.

    Quant à l'organisation de l'Etat islamique, elle se déploie davantage dans la région des trois frontières (Mali, Niger, Burkina Faso). L'épicentre de son activité s’oriente davantage vers l'est en direction du Lac Tchad et ne semble pas intéressée, particulièrement, par une expansion vers l'ouest du Nigéria, en direction du Golfe de Guinée.

    La situation dans le Golfe de Guinée laisse entrevoir de multiples dangers, d'autant plus qu'al-Qaïda, l'Etat islamique et Boko Haram ciblent les petites armées et les régions pauvres, tout en maîtrisant le jeu des alliances avec les bandes organisées opérant dans les domaines du trafic en tout genre, du kidnapping et du pillage, voire avec les groupes tribaux marginalisés.

    Cette situation contraint les pays du Golfe de Guinée à se préparer à la prochaine phase, aux niveaux sécuritaire, social et politique et à prendre en considération les expériences des autres pays dans la lutte contre le terrorisme, à l'instar de l'Algérie et de la Mauritanie, pour en tirer les leçons requises, tout en suivant de près les évolutions et autres développements dans les Etats du Sahel et de la Coalition du lac Tchad.

  • Benin : Les récentes attaques signalent une menace djihadiste croissante dans le nord du pays

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    La petite nation ouest-africaine du Bénin a été relativement épargnée par les insurrections djihadistes qui font rage au Nigeria, au Burkina Faso et au Niger voisins. Cependant, les développements récents semblent indiquer une menace croissante pour la sécurité au nord du pays.

    Au cours de la semaine du 14 décembre, des détails ont émergé d'une attaque le long de la frontière entre le Bénin et le Burkina Faso. Il s'agissait du deuxième incident de ce type en l'espace de quelques jours seulement. Des militants islamistes avaient mené une opération similaire, le 3 décembre, qui aurait fait deux morts.

    Le chercheur Caleb Weiss de "Long War Journal" attribue la propagation de l'instabilité dans cette région à la montée de la violence au Burkina Faso voisin, probablement provoquée par le Groupe de Soutien à l'Islam et aux Musulmans (GSIM) lié à Al-Qaïda. Il est significatif qu'Al-Qaida ait revendiqué sa première attaque officielle au Bénin début décembre.

    Les récentes attaques n'étaient pas totalement inattendues, car il y a eu un certain nombre de signes avant-coureurs au cours des mois qui ont précédé les affrontements. En février, des reportages dans les médias français citaient Bernard Emie , le chef du renseignement français, avertissant que le GSIM étendait ses activités vers le sud en direction du golfe de Guinée, et le Bénin était l'un des pays visé par le groupe djihadiste. Des groupes affiliés à l'État islamique opèrent également à proximité.

    Auparavant, les activités de djihadistes et de bandits au Bénin incluaient l'enlèvement en mai 2019 de deux touristes français et le meurtre de leur guide touristique dans le parc national de la Pendjari, une attaque contre la police des frontières en février 2020 et l'arrestation d'un djihadiste en mars 2021.

    Il a également été rapporté que des djihadistes se déplaçaient entre le Burkina Faso et le Nigeria en transitant par le Bénin. Ces groupes djihadistes suivent certaines routes commerciales, y compris celles qui sont connues pour être utilisées dans le trafic des stupéfiants . Les djihadistes utilisent ces routes pour transiter dans toute l'Afrique de l'Ouest, et il semble que le Bénin soit utilisé comme point de transit.

    Face à la menace djihadiste rampante dans le nord, le Bénin est confronté à des problèmes de capacités militaires et policières limitées et doivent également faire face à divers types d'autres problèmes de sécurité. 

    Par rapport à certains de ses voisins, le Bénin a une petite armée par rapport à la taille de sa population et celle-ci est dans un mauvais état de préparation. Un facteur qui pourrait être un obstacle à la réponse aux activités djihadistes est le manque de capacité de frappe de l'armée de l'air béninoise. Elle dispose actuellement de 14 avions de transport et hélicoptères offrant la possibilité de répondre rapidement à une agression interne, mais toute contre-attaque nécessaire pour repousser une incursion devra très probablement être fournie par un tiers.

    Les tensions le long de la frontière avec le Burkina Faso ne sont pas la seule menace sécuritaire potentielle à laquelle le Bénin est confronté. En mars 2016, le Bénin a annoncé envoyer 150 soldats pour rejoindre la force multinationale avec le Nigeria, le Tchad, le Niger et le Cameroun qui combattent le groupe djihadiste Boko Haram et l'Etat islamique de la  Province d'Afrique de l'Ouest (ISWAP) dans la région du bassin du lac Tchad. Les groupes djihadistes de la région du Lac Tchad ont été assez actifs et se sont avérés très meurtriers.

    Le Bénin consacre également une partie de ses ressources limitées à la lutte contre la piraterie au large de ses côtes dans le golfe de Guinée, qui est devenu le premier foyer mondial d'activités maritimes illicites. Le dernier rapport Stable Seas note que le Bénin est l'un des pays les plus proches de la majeure partie des opérations de piraterie régionales et a dû augmenter ses dépenses pour acquérir de nouveaux bateaux pour tenter de faire face à la menace.

    À l'heure actuelle, le Bénin ne fait pas face au niveau de la menace djihadiste observé sur de vastes étendues du bassin voisin du lac Tchad, cependant, il y a des indications claires que des opérations djihadistes s'infiltrent dans le nord du pays. Le Bénin fait face au spectre d'attaques majeures, et peut-être d'une insurrection prolongée si les militants continuent de faire pression sur la région frontalière et si les forces gouvernementales sont incapables d'établir efficacement un tampon de sécurité pour briser cette progression.

  • Nigeria : Les avions de guerre Super Tucano nouvellement acquis par le Nigeria frappent les positions de l'Etat islamique (ISWAP) près du lac Tchad

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    Les avions de combat A-29 Super Tucano COIN [contre-insurrection] nouvellement acquis par la Force aérienne nigériane (NAF) ont effectué une série de frappes aériennes contre la branche de l'Etat islamique au Nigeria (ISWAP), a rapporté PRNigeria le 1er décembre 2021.

    Selon le rapport, les frappes aériennes ont visé une armurerie et des bases d'entraînement de l'ISWAP situées près du lac Tchad, plus précisément à Kayowa, Tumbum Jaki et Tumbun Akawu. Des centaines de combattants et de commandants de l'ISWAP se seraient trouvés sur les positions ciblées.

    Une source militaire a déclaré à PRNigeria que les frappes aériennes avaient été menées après une mission de surveillance et de reconnaissance.

    "Les emplacements avaient été précédemment signalés par des sources de renseignement comme les endroits où se trouve l'usine d'IED [Improvised Explosive Device], car des activités de soudage dissimulées sous une végétation dense étaient suspectées", a déclaré la source. « Pendant la frappe, des explosions ont été observées, confirmant qu'il y avait du matériel de fabrication de bombes sur les lieux.

    La source anonyme a poursuivi en affirmant qu'un certain nombre de commandants de haut rang de l'ISWAP avaient été éliminés lors des frappes.

    Le Nigeria a commandé 12 avions de combat A-29 Super Tucano à la société américaine Sierra Nevada Corporation en 2018. Les avions de combat sont entrés en service dans la NAF en août 2021.

    L'A-29 a été conçu pour effectuer des missions de renseignement, de surveillance, de reconnaissance ainsi que des frappes air-sol de précision.

    Les forces militaires et de sécurité nigérianes luttent sans relâche contre l'ISWAP dans la région nord-est du pays. Pourtant, le groupe islamique maintient une forte présence dans la région, notamment dans les États de Borno et de Yobe.

  • Nigeria : L'armée nigériane annonce la mort du leader de l'EI Abou Musab al-Barnawi

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    Le chef du groupe islamique nigérian ISWAP, affilié à l'Etat islamique, Abou Musab al-Barnawi, est mort, a affirmé jeudi un haut responsable de l'armée nigériane. L'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) n'a pas confirmé la mort d'al-Barnawi. 

    "Je peux affirmer avec certitude qu'al-Barnawi est mort", a déclaré devant des journalistes le chef de l'état-major de défense, le général Lucky Irabor. Il n'a pas précisé les circonstances du décès du leader jihadiste, déjà donné pour mort par les autorités nigérianes par le passé. 

    L'ISWAP, reconnu par l'Etat islamique, est né en 2016 d'une scission avec l'autre groupe jihadiste nigérian Boko Haram, auquel il reproche notamment des meurtres de civils musulmans. Après être monté en puissance, ISWAP est devenu le groupe jihadiste dominant dans le nord-est du Nigeria, multipliant les attaques d'ampleur contre l'armée nigériane.

    Le chef de l'ISWAP a pris de l'importance après avoir fait scission avec Boko Haram en 2016 en raison de différends avec son commandant Abubakar Shekau, décédé plus tôt cette année lors de luttes intestines entre les deux factions.

    Depuis la mort d'Abubakar Shekau, selon des sources sécuritaires, Abou Musab al-Barnawi avait consolidé le contrôle de l'ISWAP dans le nord-est du Nigeria et la région du lac Tchad, où des fidèles de Boko Haram les combattent toujours. Depuis le début de la rébellion du groupe islamisque radical Boko Haram en 2009 dans le nord-est du Nigeria, le conflit a fait près de 36.000 morts et deux millions de déplacés.

  • Nigeria : Les combats fratricides entre jihadistes ont fait des dizaines de morts dans la région du lac Tchad

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    Les luttes intestines entre les deux principales factions djihadistes nigérianes ont fait des dizaines de morts, évoquant la possibilité d'un conflit interne prolongé entre les deux groupes islamiques, ont indiqué mardi à l'AFP des sources civiles et sécuritaires.

    L'État islamique de la Province d'Afrique de l'Ouest (ISWAP) est devenue la faction dominante dans le conflit au Nigeria, en particulier après la mort du commandant rival de Boko Haram, Abubakar Shekau, celui-ci ayant déclenché sa ceinture explosive à l'issue d'une réunion houleuse avec des représentants de l'ISWAP..

    Sa mort a marqué un changement majeur dans l'insurrection de 12 ans qui a fait 40 000 morts, mais des sources de sécurité affirment que les fidèles de Shekau ont résisté à la tentative hégémonique de l'ISWAP.

    Les djihadistes de Boko Haram ont lancé lundi une attaque contre des militants rivaux de l'ISWAP sur la rive nigériane du lac Tchad, bastion de l'ISWAP, s'emparant d'une île stratégique, ont indiqué des pêcheurs et une source sécuritaire.

    Un grand nombre d'insurgés de Boko Haram lourdement armés, arrivés dans des bateaux rapides, ont envahi l'île de Kirta Wulgo après avoir éliminé les points de contrôle de l'ISWAP au cours d'un combat de plusieurs heures, ont indiqué ces sources.

    Combat mutuellement destructeur' -
    La saisie de l'île de Kirta Wulgo serait un énorme revers pour l'ISWAP car l'île servait de port pour l'importation d'armes et de fournitures sur son territoire, selon des sources sécuritaires et des pêcheurs locaux.

    "C'était un combat mutuellement destructeur qui a duré plus de neuf heures, de 16 heures hier aux premières heures de ce matin", a déclaré un pêcheur de la région.

    Il ne pouvait pas donner de chiffre sur le nombre des victimes, mais son récit était soutenu par deux autres pêcheurs de la région.

    Une source sécuritaire locale a confirmé les affrontements à l'AFP.

    Selon la source sécuritaire, Boko Haram a mobilisé ses combattants des camps de Gegime et Kwatar Mota du côté nigérien du lac et Kaiga-Kindjiria du côté tchadien.

    "Ils se sont rassemblés sur l'île de Tumbun Ali du côté nigérian du lac et ont délogé six postes de contrôle de l'ISWAP avant de s'emparer de l'île de Kirta Wulgo", a déclaré la source sécuritaire.

    "C'était un combat mortel. On parle de plus de 100 morts", a déclaré la source.

    L'ISWAP s'est séparé de Boko Haram en 2016 et est devenu le groupe djihadiste dominant, se concentrant sur l'attaque de bases militaires et l'embuscade des troupes.

    Les deux factions sont devenues de farouches ennemis depuis la scission et se battent régulièrement pour la domination.

    Depuis la mort de Shekau en mai à la suite de luttes intestines avec les militants de l'ISWAP dans son enclave forestière de Sambisa, l'ISWAP a combattu les restes de Boko Haram qui ont refusé de lui prêter allégeance pour consolider son emprise dans le nord-est.

    Plus de deux millions de personnes ont été déplacées par le conflit nigérian depuis son début en 2009, et la violence s'est propagée au-delà des frontières jusqu'au Niger, au Tchad et au Cameroun.

    Batailles à venir -
    Après la mort de Shekau, les rebelles de Boko Haram dirigés par Bakoura Bodu, alias Buduma, un ancien lieutenant de Shekau, ont fui Sambisa vers le territoire sous son contrôle dans l'axe Gegime-Bosso du lac Tchad au Niger, selon des sources sécuritaires.

    Le mois dernier, Boko Haram a subi de lourdes pertes lors d'une tentative infructueuse d'envahir l'île de Kirta Wulgo, où ils ont été repoussés par l'ISWAP, ont indiqué à l'AFP deux sources dans la région.

    "Ce n'est que le début d'une bataille intestine entre les deux factions. Ce sera une bataille à mort", a déclaré la source sécuritaire locale.

    Boko Haram voudra peut-être affirmer sa présence du côté nigérian du lac pour obtenir sa part des revenus de la pêche revenant à l'ISWAP grâce aux prélèvements sur les pêcheurs nigérians.

    Après ce revers soudain, l'ISWAP devrait normalement chercher à repousser les militants envahisseurs de Boko Haram.

    Boko Haram est désormais à une distance de frappe des principaux bastions de l'ISWAP de Sabon Tumbu, Jibillaram et Kwalleram, selon une source proche de la région.

    "Le chef de l'ISWAP Abu Musab Al-Barnawi est connu pour résider à Sabon Tumbu où sont détenus des commandants de haut niveau de Boko Haram capturés ", a déclaré la source.

    L'adjoint d'Al-Barnawi vit à Jibillaram avec d'autres lieutenants de haut niveau tandis que les îles Sigir et Kusuma, proches de l'île de Kirta Wulgo, abritent de nombreux commandants supérieurs du groupe.

    "Toutes ces îles sont désormais sous la menace de Boko Haram", a déclaré la source.

    "L'ISWAP utiliserait tous les moyens pour assurer leur sécurité contre les combattants de Boko Haram qui feraient tout leur possible pour les voir tomber sous leur contrôle."

  • Nigéria : Les forces tchadiennes et camerounaises  se joignent à une nouvelle offensive dans le nord-est du Nigéria

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    Des forces multinationales conjointes du Tchad et du Cameroun sont arrivées dans l'État de Borno pour soutenir une offensive en cours contre les groupes islamistes dans le nord-est du Nigéria et le bassin du lac Tchad.
     
    Depuis 2009, Jama'atu Ahlis Sunna Lidda'awati Wal-Jihad (Boko Haram) et dernièrement, l'État islamique dl'Afrique de l'Ouest (ISWAP) ont mené une insurrection sanglante qui a fait plus de 30.000 morts et déplacé plus de 2,3 millions de personnes de la région.
     
    Les forces transnationales équipées d'armes lourdes sont arrivées en renfort des troupes nigérianes qui mènent actuellement une opération dans le secteur de la forêt d'Alagarno.
     
    L'opération de nom de code Tura Takai Bango, filiale de l'opération Lafiya Dole de contre insurrection (COIN), bénéficie d'une mobilité améliorée grâce au véhicule d'appui-feu ST-1. armé d'un canon de 105 mm et du véhicule d'artillerie automoteur SH5 armé d'un obusier de 155 mm. Elle bénéficie également des conditions de la saison sêche.
     
    Au cours des derniers jours, l'Etat islamique (ISWAP) avait ciblé des troupes avec des véhicules bourrés d'explosifs, des engins explosifs improvisés en bord des routes et mené des raids contre des villes et une base militaire dans le but probable de ralentir la progression de l'armée.
     
    Les forces multinationales devraient renforcer les troupes nigérianes dans le nord, le sud et le centre de Borno, considéré comme l'épicentre de l'insurrection.
     
    Les troupes tchadiennes dans la région de Damasak auraient déjà affronté l'ISWAP au cours d'une bataille.
     
    Il y a quelques semaines, Abakar Chachaimi, l'ambassadeur du Tchad au Nigéria, avait rendu visite au ministre nigérian de la Défense, Bashir Magashi, dans son bureau à Abuja.
     
    Magashi, un général à la retraite, aurait déclaré à l'ambassadeur du Tchad: «Le moment est venu pour une résolution agressive et collective des deux pays pour arrêter les crimes transfrontaliers qui alimentent les activités de Boko Haram et de l'ISWAP.
     
    Babagana Zulum, le gouverneur de l'État de Borno, avait recommandé en 2020 que le gouvernement fédéral recherche le soutien de ses voisins, en particulier les gouvernements du Tchad, du Cameroun et de la République du Niger, pour nettoyer les restes de Boko Haram cachés dans la région du lac Tchad.
     
    En janvier de l'année dernière, 1 200 soldats tchadiens s'étaient retirés après la fin de leur mission de plusieurs mois de combat contre les islamistes aux côtés de l'armée nigériane dans le nord de Borno.
     
    Les troupes tchadiennes avaient déjà  joué un rôle important dans la reprise des villes sous le contrôle de Boko Haram en 2015. L'offensive s'était déroulée en même temps que celles lancées par l'armée nigériane pour reprendre les villes.
     
    Le Groupe de travail conjoint multinational remodelé a été institué par le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine pour contrer Boko Haram dans le bassin du lac Tchad.
     
    Le Tchad, le Nigéria, le Niger, le Cameroun et la République du Bénin ont déployé des troupes et du matériel au quartier général de la FMM à N'Djamena et au quartier général de section à Bagasola au Tchad, Baga au Nigéria, Diffa au Niger et Mora au Cameroun.
     
    Des opérations conjointes telles que Gama Aiki, Rawan Kada et Yancin Tafki ont permis la coopération militaire nécessaire pour déloger les camps des insurgés  islamistes sur les frontières communes, les îles et les vastes zones non gouvernées du bassin du lac Tchad.