Reconstruction irakienne

  • Irak : Restauration à Mossoul de deux églises détruites par l'Etat islamique

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    Le monastère pluri-centenaire de Saint-Georges dans la ville de Mossoul a célébré, vendredi 19 novembre 2021, la restauration de ses deux églises avec une cérémonie rythmée par la liturgie de rite chaldéen et des prières, six ans après sa destruction par les jihadistes.

    Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées dans l'une des deux églises reconstruites en pierre de taille. Certains fidèles avaient fait le déplacement depuis les régions voisines dans le nord de l'Irak, a constaté un correspondant de l'AFP.

    Dans son habit de cérémonie blanc et or richement décoré, le clergé de l'Eglise catholique chaldéenne a entamé au son des cymbales des prières en arabe et des chants liturgiques dans la langue de la communauté.

    Les deux églises ont été rénovées grâce au financement du département d'Etat américain et avec le soutien de l'ONG chrétienne L'Oeuvre d'Orient, indique à l'AFP le père Samer Yohanna, supérieur de l'ordre des moines antonins chaldéens.

    Certaines parties du monastère attendent encore d'être restaurées. Ravagé par l'Etat islamique (Daech) en 2015, le monastère avait été détruit à 70%, selon le père Yohanna. "On peut voir des murs qui tiennent encore debout, mais ils sont délabrés et doivent être renforcés."

    Dans la cour, sur une reproduction murale représentant Saint-Georges terrassant le dragon, les visages ont été démolis par les jihadistes. Dans le cimetière attenant, une unique pierre tombale s'élève presque miraculeusement au milieu des décombres et des monticules de pierres.

    Les jihadistes de l'Etat islamique avaient fait de Mossoul leur "capitale" en Irak après sa prise en juin 2014. Ils en ont été chassés en 2017 par l'armée irakienne et une coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.

    L'arrivée des jihadistes avait poussé des dizaines de milliers de chrétiens à fuir Mossoul et la province de Ninive, jadis hauts lieux du christianisme.

    Forte de plus de 1,5 million de personnes en 2003 avant l'invasion américaine de l'Irak, la communauté chrétienne du pays s'est réduite à quelque 400.000 âmes, beaucoup ayant fui les violences qui ont ensanglanté le pays.

    L'Etat islamique avait transformé le monastère en tas de "décombres", déplore l'évêque chaldéen Thabet Habib du diocèse d'al-Qosh. "Les églises du monastère ont été reconstruites, nous attendons la reconstruction des autres parties du monastère pour qu'il retrouve sa splendeur."

  • L’Egypte conclut un accord de reconstruction avec l’Irak en échange de pétrole

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    L’Irak et l’Égypte ont signé, samedi 31 octobre, 15 mémorandums d’accord et un programme de coopération dans plusieurs domaines, y compris la reconstruction. Les deux pays ont opté pour l’accélération de la mise en œuvre des projets menés par les entreprises égyptiennes dans le cadre du mécanisme du Pétrole en échange de la reconstruction.

    Dans le cadre de la réunion de la Haute commission mixte irako-égyptienne, sous la présidence du premier ministre irakien, Moustapha Al-Kadhimi et son homologue égyptien Moustapha Madbouli, qui est arrivé, samedi, en Irak.

    Le gouvernement irakien a déclaré dans un communiqué que «15 mémorandums d’accord et un programme de coopération ont été signés avec l’Egypte dans les domaines du transport, des ressources hydriques, de la santé, de l’environnement, de la justice, de l’investissement, du logement, de la construction, de l’industrie, du commerce et de la finance ».

    Selon le communiqué du Conseil des ministres égyptien, Madbouli a affirmé lors de son discours à la réunion de la commission qu’ « il y a un accord préliminaire entre les deux pays pour l’accélération de la mise en œuvre du mécanisme "pétrole en échange de la reconstruction" ».

    Et de préciser que « les entreprises égyptiennes seront chargées d’exécuter des projets de développement en Irak en échange de quantités de pétrole importées par l’Egypte ».

    Lors de la conférence de presse tenue à l’issue de la réunion de la commission mixte, Mustapha Madbouli a affirmé : « Nous avons discuté avec Al-Khadimi, la situation du mécanisme spécial du projet de reconstruction en échange du pétrole, et de la nécessité de l’accélération de la mise en œuvre, pour démarrer le partenariat des entreprises entre les deux pays ».

    De son côté, Al-Kadhimi a déclaré lors de la conférence de presse « Nous avons une volonté réelle de hausser le niveau des relations stratégiques dans l’intérêt des deux pays ».

    Et d’ajouter « l’Irak et l’Egypte constituent une base d’équilibre dans la région », sans mentionner le mécanisme indiqué par l’Egypte.

    L’infrastructure en Irak a été endommagée en raison des décennies de guerres et d’embargo. Bagdad œuvre aujourd’hui à attirer les investissements dans le secteur de la reconstruction, néanmoins, les investisseurs craignent toujours pour leur sécurité.

    Depuis la fin de la guerre contre « Daech » en 2017, Bagdad a déclaré avoir besoin de 88 milliards de Dollars pour sa reconstruction d'après-guerre.

    L’Irak exporte 12 millions de barils de pétrole annuellement vers l’Egypte, selon les déclarations antérieures du porte-parole du ministère du pétrole, Assem Jihad.

    La Haute commission irako-égyptienne mixte a débuté, mercredi dernier, ses travaux préparatoires dans les secteurs de collaborations potentiels, avec la participation de plusieurs ministres des deux pays réunis dans la capitale Bagdad, avant l’organisation de la session principale, aujourd’hui.

    C’est en effet la première réunion de la commission sous l’ère du nouveau régime irakien. La Haute commission mixte s’est réunie seulement deux fois auparavant, en 1988 et en 1989.