Erdogan Recep Tayyip

  • Turquie : Après sa rencontre avec Biden, Erdogan critique le soutien américain aux forces kurdes en Syrie

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    Le 31 octobre, le président turc Recep Tayyip Erdogan a exprimé les réserves de son pays concernant le soutien continu des États-Unis aux forces kurdes en Syrie, à savoir les Unités de protection du peuple (YPG)

    Erdogan a critiqué le soutien américain aux YPG après avoir rencontré le président Joe Biden en marge du sommet du G20 à Rome. Le président turc avait pourtant qualifié les pourparlers de « positifs ».

    «Je lui ai également dit [Biden] que ces problèmes étaient des étapes qui pourraient nuire à notre solidarité. Je crois que le processus qui s'est poursuivi jusqu'à présent ne se poursuivra plus comme ça à partir de maintenant », a déclaré Erdogan aux journalistes, selon le Daily Sabah .

    La Turquie affirme que les YPG sont affiliés au Parti des travailleurs du Kurdistan, ce dernier étant désigné comme groupe terroriste par la Turquie et les États-Unis. Malgré cela, les YPG constituent le noyau des Forces démocratiques syriennes (FDS) qui contrôlent la majeure partie du nord-est de la Syrie avec le soutien direct des États-Unis.

    Un récent rapport de Reuters a révélé que l'armée et le renseignement turcs pourraient lancer une opération contre les FDS si les efforts diplomatiques ne parviennent pas à convaincre le groupe de retirer ses combattants à au moins 30 kilomètres des forces turques en Syrie.

    Erdogan est censé prendre sa décision sur l'opération après la rencontre avec Biden. Il pourrait également appeler le président russe Vladimir Poutine dont le pays maintient d'importantes forces dans les zones tenues par les FDS dans le nord et le nord-est de la Syrie.

    Les FDS se préparent à une nouvelle attaque turque. Il en va de même des forces russes et de l'armée arabe syrienne (AAS) qui ont organisé des exercices terrestres et aériens sans précédent dans le nord-est de la Syrie au moment même où Erdogan rencontrait Biden à Rome.

    La Turquie semble déterminée à affronter les FDS  dans le nord et le nord-est de la Syrie. Tout mouvement turc dans ces régions pourrait potentiellement provoquer la Russie, qui n'hésitera probablement pas à s'opposer à l'armée turque. Un risque qu'Ankara pourrait hésiter à prendre.

  • Syrie : Onze combattants pro-turcs tués dans des raids russes

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    Au moins onze combattants d'un groupe syrien pro-turc ont péri dimanche 26 septembre 2021 dans des raids russes, ce qui est rare dans une zone contrôlée par la Turquie et ses alliés locaux dans le nord de la Syrie, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

    "Onze combattants de la division Hamza ont péri et treize autres ont été blessés dans des frappes menées par l'aviation russe sur les villages de Basofan et Berrad (Brad) dans la région d'Afrine" située dans la province septentrionale d'Alep, a indiqué l'OSDH. Les raids ont visé une école faisant office de siège et de lieu d'entraînement pour le groupe rebelle, détruisant certains de ses murs. Des efforts sont en cours pour retirer d'éventuels survivants ou cadavres, coincés sous les décombres, d'après l'Observatoire.

    La veille, samedi 25 décembre déjà, au moins cinq frappes aériennes avaient touché des positions appartenant à « Jabhat al-Shamyyah » (Front levantin) soutenu par la Turquie à Basofan et Basalehiyah dans le district de Sherawa, dans le sud-ouest d'Afrin.
    FAMj0OEXIAAUmZF.jpegCe n'est pas la première fois que la Russie bombarde des groupes soutenus par la Turquie dans le nord-ouest de la Syrie, mais la Russie s'était généralement abstenue de les cibler à Afrin, une zone occupée par la Turquie.

    A noter que tous les points ciblés par la Russie dans la région d'Afrin se trouvent dans des zones où des éléments de l'armée turque et ses alliés syriens sont en contact avec les miliciens kurdes des YPG.
    FAMjF3gVUAoVbQ0.jpegLa Russie, alliée indéfectibles du régime syrien, et la Turquie, qui appuie des groupes rebelles, sont deux acteurs majeurs du conflit syrien et ont parrainé en 2020 un accord de cessez-le-feu dans la région d'Edleb, dans le nord-ouest de la Syrie, qui échappe toujours au contrôle de Damas. 

    Située dans la province d'Alep, la région kurde d'Afrin avait été conquise en mars 2018 par des forces turques et leurs alliés syriens, qui en avaient délogé la principale milice des kurdes dans le cadre d'une opération portant le nom de code « Branche d'olivier ». À l'époque, la Russie avait autorisé la Turquie à utiliser l'espace aérien pour bombarder Afrin et avait retiré la police militaire russe de la région. Depuis lors, il y a eu des bombardements et des affrontements entre les forces soutenues par les YPG dans le nord d'Alep (y compris dans certains villages près de Sherawa) et les groupes soutenus par la Turquie à Afrin.

    Le secteur, comme tous les territoires tenus par les rebelles pro-turcs, est régulièrement secoué par des assassinats ciblés, des attentats ou des explosions, imputés généralement par Ankara aux milices kurdes.

    Les frappes aériennes russes ont eu lieu quelques jours avant une rencontre prévue entre le président turc Recep Tayyip Erdoğan et le président russe Vladimir Poutine à Sotchi le 29 septembre.

    Lors d'une réunion le 13 septembre entre Poutine et le président syrien Bachar al-Assad à Moscou, les deux avaient appelé les forces étrangères à quitter la Syrie, une déclaration considérée comme un message à la Turquie et aux États-Unis, qui ont tous deux des troupes dans le pays déchiré par la guerre. Il est clair que les frappes aériennes russes soient destinées à faire pression sur la Turquie.

  • Syrie : Erdogan accuse Biden d'avoir armé des terroristes en Syrie

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    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a confirmé qu'Ankara ne resterait pas les bras croisés, au milieu d'informations confirmant que le président américain Joe Biden a commencé à transférer des armes et des munitions à ce qu'il appelle des "terroristes" dans le nord de la Syrie.

    La Turquie accuse le Pentagone d'armer, d'entraîner et de soutenir les forces kurdes dans le nord de la Syrie 


    Pour Erdogan, "les choses ont mal commencé" entre la Turquie et Biden
    Les relations avec le président américain Joe Biden "n'ont pas "bien commencé", a déclaré jeudi le président turc Recep Tayyip Erdogan devant des médias turcs en évoquant les avions de combat F-35 dont son pays a été écarté.

    "Mon souhait est d'avoir des relations amicales et pas hostiles (avec les Etats-Unis). Mais le cours des choses, entre deux alliés de l'OTAN, n'est pas actuellement de bon augure" a déploré M. Erdogan en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, selon l'agence étatique Anadolu. "J'ai bien travaillé avec (le président George W) Bush, le fils. J'ai bien travaillé avec M. (Barack) Obama et M. (Donald) Trump. Mais je ne peux pas dire qu'on ait bien commencé avec M. Biden", a-t-il insisté.

    M. Erdogan est revenu notamment sur le dossier des avions de combat américains F-35, dont la Turquie avait commandé une centaine d'exemplaires avant d'en être écartée pour avoir acheté des missiles russes S-400. "Nous avons acheté les F-35, payé 1,400 milliard de dollars et les F-35 ne nous ont pas été livrés" a-t-il dit.

    "Pour nous, l'affaire des (missiles russes) S-400 est réglée. Il n'est pas possible de faire marche arrière. Les Etats-Unis doivent bien le comprendre (...) Nous, en tant que Turquie, nous sommes honnêtes mais les Etats-Unis ne l'ont malheureusement pas été et ne le sont pas", a-t-il poursuivi. "Nous allons de l'avant (...) Nous frapperons à d'autres portes": "La Turquie achète ce qu'il faut pour sa défense" a-t-il prévenu.

    Par ailleurs, considérant la situation nouvelle en Afghanistan, créée par le retrait des forces américaines et l'arrivée des talibans au pouvoir, le chef de l'Etat turc a estimé que "ce sont les Etats-Unis qui doivent en payer le prix" en cas d'exode massif des Afghans. "Où vont aller ces réfugiés maintenant? Il est impensable que la Turquie ouvre ses portes et les accepte. Ce n'est pas un corridor ouvert à tous", a-t-il martelé.

    Recep Tayyip Erdogan fait régulièrement valoir que son pays de 84 millions d'habitants accueille déjà cinq millions de migrants et de réfugiés, dont environ 3,7 millions en provenance de Syrie et jusqu'à 420.000 Afghans.

  • Turquie : Erdogan prépare sa succession

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    Les médias turcs disent que le président Erdogan prépare Selcuk Bayraktar comme son successeur au poste de président de la nation.
    En plus d'être le créateur des drones Bayraktar et Akinci, Selcuk Bayraktar est un gendre du président Erdogan.

  • Irak : Deux civils tués dans un nouveau bombardement turc au Kurdistan

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    Deux civils irakiens ont été tués dimanche 22 août 2021 par un bombardement mené par l'armée turque alors qu'elle affrontait des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) au Kurdistan irakien, a-t-on appris auprès de responsables, un nouvel incident survenu six jours avant un sommet régional à Bagdad.

    Ankara bombarde régulièrement les bases arrières et les camps d'entraînement du PKK installés dans le nord de l'Irak ainsi qu'au Kurdistan irakien, une région autonome frontalière de la Turquie. Le PKK, qualifié de "terroriste" par la Turquie et ses alliés occidentaux, livre une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984, un conflit qui a fait plus de 40.000 morts.

    Le bombardement qui a coûté la vie aux deux civils irakiens dimanche s'est produit dans le district de Zakho, frontalier de la Turquie, a indiqué Farhad Mahmoud, maire de Batifa.

    Les victimes étaient "des touristes" originaires de Mossoul, dans le nord de l'Irak, et "il semble qu'ils se soient rendus dans une zone où il est formellement déconseillé d'aller. Ils ont été pris dans un bombardement turc et sont morts".

    Selon les rebelles du PKK, les combats se poursuivaient dans cette région dimanche.

    Depuis que l'armée turque a lancé au printemps une nouvelle opération contre le PKK en avril, des dizaines de villages de la zone ont été vidés de leurs habitants.

    Les raids turcs suscitent des tensions avec le gouvernement de Bagdad, mais le président turc répète régulièrement que son pays entend "s'occuper" du PKK dans ces régions si l'Irak n'est "pas en mesure de le faire".

    M. Erdogan a été invité à un sommet régional qui doit se tenir en fin de semaine à Bagdad en présence, notamment, du président français Emmanuel Macron. Mais on ignore encore s'il fera le déplacement et si les opérations turques en Irak seront évoquées.

  • Irak : Raid aérien turc - Bagdad accuse la Turquie d'avoir bombardé une clinique

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    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a démenti, samedi soir 21 août 2021, que la cible du raid aérien turc qui a fait huit morts mardi dans le nord-ouest de l'Irak était une clinique, affirmant qu'il s'agissait d'une base du groupe rebelle du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

    "Contrairement aux allégations de l'organisation terroriste, la cible frappée n'était pas un hôpital ou un centre médical, mais un des lieux d'hébergement de cette organisation", a affirmé M. Erdogan lors d'un entretien téléphonique avec le Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi, selon un communiqué de la présidence turque.

    M. Erdogan a aussi estimé que l'encerclement du PKK le poussait à adopter "ce genre de mensonges" et que la Turquie agissait avec "une haute sensibilité" lors de ce type d'opérations. Le raid aérien mené mardi par la Turquie contre une clinique du Sinjar, dans le nord-ouest de l'Irak, où était soigné un membre du PKK, a fait huit morts. Selon les autorités locales, quatre employés de la clinique et quatre combattants ont été tués.

    Les combattants faisaient partie de la 80ème brigade du Hachd al-Chaabi, une coalition de milices chiites irakiennes pro-iraniennes. La 80ème brigade est considérée comme proche du PKK et composée de Yezidis, une minorité qui avait été persécutée par le groupe Etat islamique à partir de 2014.

    Les forces turques mènent fréquemment des opérations contre les bases arrières du PKK dans le nord de l'Irak. Les raids turcs suscitent des tensions avec le gouvernement de Bagdad, mais le président turc répète régulièrement que son pays entend "s'occuper" du PKK dans ces régions si l'Irak n'est "pas en mesure de le faire".

    Dans un communiqué diffusé mercredi, le conseil irakien de sécurité nationale a "condamné les actions militaires unilatérales" et "rejeté l'utilisation des terres irakiennes pour régler des comptes", sans toutefois citer la Turquie.

  • Tunisie : La situation s'aggrave, le siège d'al-Jazeera investi par la police

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    Après l'annonce par le président tunisien, Kais Saied, de limoger le premier ministre, Hichem Mechichi, et de suspendre les activités du Parlement, de violents affrontements ont éclaté dans la capitale, à proximité du siège parlementaire. Enfin, les bureaux d'al-Jazeera à Tunis ont été pris d'assaut par les forces de police locales.

    Tel que rapporté par le Réseau de télévision par satellite basé au Qatar, environ 20 agents de sécurité en civil sont entrés dans le bureau local d'al-Jazeera, invitant les journalistes et les employés à quitter le bâtiment. Comme l'a indiqué le directeur du bureau de Tunis, Lotfi Hajji, ils n'ont reçu aucun avertissement quant à une éventuelle expulsion, tandis que les forces de sécurité ont déclaré avoir agi sur les instructions de la justice tunisienne. Les journalistes ont alors déclaré que les agents de sécurité leur avaient ordonné d'éteindre leurs téléphones portables et qu'ils n'avaient pas été autorisés à revenir récupérer leurs affaires. Enfin, leur équipement aurait été confisqué. 

    Des affrontements et échanges de jets de pierres se sont produits près du bâtiment du Parlement entre partisans du parti islamiste Ennahda et partisan du président Kais Saied. La situation de chaos et de désordre fait suite à la décision de Saied, annoncée dans la soirée du 25 juillet, concernant le limogeage de Mechichi et l'interruption des activités parlementaires pendant 30 jours. Cette décision, à son tour, est la conséquence d'une journée de protestations qui, le 25 juillet , a vu des milliers de Tunisiens descendre dans les rues du pays pour protester contre un environnement économique, mais aussi politique, en détérioration continue, encore exacerbée par la pandémie de Covid-19. Ce dernier a ensuite souligné la fragilité d'un système de santé, qui, pour la population, est victime d'années de mauvaise gestion.  

    Après l'annonce de Saied, dans la matinée du 26 juillet, l'armée tunisienne a empêché le président du Parlement et les membres de la Chambre des représentants d'accéder au siège parlementaire, les informant qu'ils avaient reçu l'ordre de fermer le siège. Le président du corps législatif, Rachid Ghannouchi, a dénoncé le déploiement de troupes tunisiennes en exécution es décisions de Saied, considéré comme une violation de la constitution tunisienne et des principes de la révolution. "La Constitution n'autorise pas la dissolution du Parlement, mais autorise la suspension de ses travaux", a plutôt déclaré Saied, citant l'article 80 qui autorise une telle mesure en cas de "danger imminent".

    De son côté, Ghannouchi a exhorté les officiers de l'armée à rejoindre la population pour sauvegarder la liberté conquise avec la révolution, tandis que tous les blocs parlementaires ont été invités à défendre le corps législatif et la Constitution de la Tunisie. "Les institutions sont toujours en place, les partisans d'Ennahda et le peuple tunisien défendront la révolution", a déclaré plus tard Ghannouchi. Pour les tenants d'Ennahda, un parti tunisien d'orientation islamiste, qui détient actuellement la majorité des sièges au Parlement, ce qui s'est passé est "un coup contre la légitimité".

    Selon certains, les événements de ces dernières heures constituent la pire crise survenue dans le pays d'Afrique du Nord depuis l'été 2013, lorsque les tensions menaçaient de renverser la démocratie tunisienne. En même temps, c'est l'un des plus grands défis à la Constitution elle-même, adoptée en 2014, avec laquelle les pouvoirs du chef de l'État, du premier ministre et du président du Parlement ont été définis, tandis que le partage du pouvoir exécutif entre le Président de la République et le chef du gouvernement. À cet égard, Saied a indiqué le 25 juillet que, pour le moment, il occupera le poste de Premier ministre, en collaboration avec un nouveau gouvernement et un premier ministre qui sera nommé par le président lui-même.

    Les épisodes des 25 et 26 juillet représentent l'aboutissement d'une crise qui dure depuis des mois et qui voit s'opposer les chefs des trois principaux piliers politiques, Saied, Mechichi et Ghannouchi. L'exécutif tunisien s'est retrouvé dans une impasse après que Kais Saied ait refusé d'accueillir onze des nouveaux ministres choisis par Mechichi dans le cadre d'un remaniement gouvernemental dans son palais présidentiel. Depuis le 26 janvier, ils attendaient de prêter serment après que Saied, en plus d'avoir qualifié le remaniement d'"inconstitutionnel" d'un point de vue procédural, se soit opposé à la nomination de quatre des ministres élus, accusés de corruption ou centre d'un conflit d'intérêts. Or, en vertu de la Constitution tunisienne, tant que les ministres ne prêteront pas serment, ils ne pourront accomplir les tâches qui leur sont confiées, il n'approuve pas non plus les mesures et les réformes dont le pays a besoin. Pour le moment, ce qui pourrait arriver n'est pas clair. Les litiges constitutionnels devraient être jugés par une Cour constitutionnelle qui, sept ans après la ratification de la Constitution, n'a pas encore été mise en place.

    Les pays proches des Frères musulmans condamnent
    Pendant ce temps, parmi les premiers pays à commenter les événements en Tunisie figuraient la Turquie du président Recep Tayyip Erdogan et le Qatar, considérés comme  partisans des Frères musulmans, au même titre que le parti Ennahda. "Nous rejetons la suspension du processus démocratique", a écrit le 26 juillet le conseiller d'Erdogan, Ibrahim Kalin, sur son compte Twitter, ajoutant : "Nous condamnons les initiatives qui manquent de légitimité constitutionnelle et de soutien populaire".

    De son côté, le Ministère des Affaires étrangères du Qatar a appelé les parties tunisiennes à faire prévaloir la voix de la sagesse, à éviter l'escalade et à adopter la voie du dialogue pour surmonter la crise.

    La réaction de la Turquie et du Qatar n'est pas une surprise car il est considéré proche du mouvement Ennahda. Il est clair que la décision du président tunisien porte un coup sévère au parti des Frères musulmans qui perdent un nouveau bastion, après l'Egypte et la Libye. Il ne fait d'ailleurs aucun doute que certains pays du Moyen-Orient (EAU, Arabie saoudite et Égypte) se réjouiront des difficultés auxquelles est confronté le parti Ennahda, représentant les Frères musulmans en Tunisie.

    Pour le libyen Haftar, ce qui se passe en Tunisie est un soulèvement populaire contre les Frères musulmans
    Lundi 26 juillet, le commandant en chef de l'armée nationale libyenne, le maréchal Khalifa Haftar, a qualifié les événements en Tunisie de soulèvement populaire contre les Frères musulmans.

    Lors de déclarations à "Libya Al-Hadath TV", Haftar a salué le président tunisien Qais Saied et les mesures et décisions qu'il a prises, et a déclaré : "Nous félicitons le soulèvement du peuple en Tunisie contre les Frères musulmans, qui ont épuisé la Tunisie et pillé ses capacités".

    "Nous attendons avec impatience le lancement de la Tunisie vers la réalisation des aspirations de son peuple à un avenir prospère, après avoir éliminé l'obstacle le plus important sur la voie de son développement", a-t-il déclaré. 

    La police ferme le bureau d'Al-Jazeera TV à Tunis
    Des agents de police ont fermé lundi le bureau de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera à Tunis, après avoir expulsé tous les journalistes sur place, a indiqué à l'AFP son directeur Lotfi Hajji. 

    Tel que rapporté par le Réseau de télévision par satellite basé au Qatar, environ 20 agents de sécurité en civil sont entrés dans le bureau local d'al-Jazeera, invitant les journalistes et les employés à quitter le bâtiment. Comme l'a indiqué le directeur du bureau de Tunis, Lotfi Hajji, ils n'ont reçu aucun avertissement quant à une éventuelle expulsion, tandis que les forces de sécurité ont déclaré avoir agi sur les instructions de la justice tunisienne. Les journalistes ont alors déclaré que les agents de sécurité leur avaient ordonné d'éteindre leurs téléphones portables et qu'ils n'avaient pas été autorisés à revenir récupérer leurs affaires. Enfin, leur équipement aurait été confisqué. 

    Depuis la chute en 2011 du régime de Zine el Abidine Ben Ali, la Tunisie jouissait d'une importante liberté de la presse, considérée comme une des réussites de la révolution.

    De leur côté, des membres du mouvement Annahda ont attaqué le journaliste et le staff de la chaîne al-Hadath alors qu'ils filmaient les tentatives des partisans du mouvement de prendre d'assaut le Parlement après que l'armée ait empêché leur chef, Ghannouchi, d'y entrer. Vidéo.

    Les décisions du président sont constitutionnelles, selon un puissant syndicat
    L'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), influente centrale syndicale, a implicitement soutenu lundi la suspension du Parlement par le président tunisien Kais Saied, estimant que ses décisions étaient "conformes" à la Constitution, tout en appelant à la poursuite du processus démocratique.

    Ces "mesures exceptionnelles prises par le président de la République conformément à l'article 80 de la Constitution" visent à "prévenir un danger imminent et à rétablir le fonctionnement normal des rouages de l'Etat, au vu de l'épidémie de Covid-19", souligne le syndicat dans un communiqué. "Il est temps" que les parties responsables de la situation "dégradée" dans le pays "assument leurs responsabilités" et de "mettre fin à cette ère qui a mis le feu à la Tunisie", poursuit l'UGTT.

    L'UGTT a souligné "la nécessité d'assurer le respect de la légitimité constitutionnelle (...) dans cette étape délicate que traverse le pays". L'objectif est notamment de poursuivre le "processus démocratique et restaurer la stabilité du pays", selon le communiqué. Pour le syndicat "les mesures exceptionnelles prises par le président doivent s'accompagner d'un ensemble de garanties constitutionnelles".

    Par contre, les partis ouvriers, le pôle démocratique moderniste, le bloc démocratique et la volonté populaire expriment leur rejet des décisions du président de la République.