Erdogan Recep Tayyip

  • Turquie : Deux partisans de Gülen capturés par les services turcs en Ouzbékistan

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    Deux partisans présumés du prédicateur Fethullah Gülen, accusé par Ankara d'être le cerveau du putsch manqué de 2016, ont été ramenés en Turquie par les services secrets turcs après avoir été capturés en Ouzbékistan, a rapporté lundi l'agence étatique Anadolu.

    Urbuz Sevilay et Tamer Avci ont été "appréhendés" en Ouzbékistan et transportés en Turquie lors d'une opérations menée par les services secrets turcs (MIT), selon Anadolu. Outre ses liens avec les réseaux du prédicateur Gülen, Urbuz Sevilay est accusé par Ankara d'avoir participé "à la fourniture d'armes" à des miliciens affiliées aux rebelles kurdes du PKK en Syrie et en Irak, selon la même source.

    Le prédicateur Gülen, installé de longue date aux Etats-Unis nie toute implication dans le putsch avorté du 15 juillet 2016 contre le président Recep Tayyip Erdogan.

    Le MIT a procédé ces dernières années à plusieurs opérations de ce genre pour ramener en Turquie des partisans présumés de M. Gülen soupçonnés d'implication dans le coup d'Etat avorté mené par des militaires factieux.

  • Turquie : Treize otages turcs exécutés par des rebelles kurdes en Irak, selon Ankara

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    La Turquie a accusé dimanche le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) d'avoir exécuté 13 de ses ressortissants qu'il retenait en captivité dans le Nord de l'Irak, où Ankara mène une opération contre les rebelles kurdes.

    Selon le ministre turc de la Défense Hulusi Akar, des militaires turcs ont découvert 13 corps sans vie dans une grotte prise après de violents affrontements contre des membres du PKK, un groupe qualifié de "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux. Les responsables turcs ont déclaré que le système de grottes souterraines, qui avait trois entrées et neuf chambres séparées, était occupé par dix combattants du PKK, dont deux ont été capturés avant que la grotte ne soit prise d'assaut par les troupes turques.

    "D'après les premiers éléments dont nous disposons, l'un de nos concitoyens a été tué d'une balle dans l'épaule et les 12 autres ont été tués d'une balle dans la tête", a déclaré M. Akar lors d'un point presse.

    Akar a ajouté que leur enlèvement n'avait pas été divulgué auparavant pour des raisons de sécurité.

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    Le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin, a affirmé qu'il s'agissait de civils. Les corps ont été découverts dans la région de Gara, où l'armée turque mène depuis mercredi une opération contre le PKK dans le cadre d'une offensive plus large baptisée "Serre d'Aigle".

    Le PKK a confirmé dimanche la mort d'un groupe de prisonniers, présentés comme des membres des forces de sécurité turques, affirmant cependant qu'ils avaient été tués dans des frappes aériennes menées par Ankara. Selon M. Akar, 48 membres du PKK et trois militaires turcs ont été tués depuis le lancement de la dernière opération mercredi.

    La Turquie mène régulièrement des attaques dans les zones montagneuses du Nord de l'Irak contre les bases arrières du PKK, qui livre depuis 1984 une sanglante guérilla sur le sol turc qui a fait plus de 40.000 morts. (combattants du PKK sur la photo ci-dessous).

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    Ces opérations suscitent des tensions avec le gouvernement irakien, mais le président turc Recep Tayyip Erdogan répète à l'envi que son pays entend "s'occuper" du PKK dans le Nord de l'Irak si Bagdad n'est "pas en mesure de le faire". En décembre, M. Erdogan avait appelé l'Irak à intensifier le combat sur son territoire contre le PKK en recevant à Ankara le Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi.

    Carte du mont Gara et répartition des différents groupes de combattants kurdes 
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  • Irak : Trois soldats turcs tués dans des affrontements avec le PKK

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    Trois soldats turcs ont été tués dans des affrontements avec des combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l'Irak, où Ankara mène une opération contre cette milice, a indiqué jeudi le ministère turc de la Défense. Les trois soldats ont été tués lors des combats avec le PKK mercredi dans la province de Dohouk, a précisé le ministère dans un communiqué.

    L'armée turque a lancé mercredi une série d'opérations contre le PKK dans le nord de l'Irak, inaugurant une nouvelle phase dans son offensive "Griffes du Tigre" déclenchée en juin contre cette organisation kurde classée "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux. 

    La Turquie mène régulièrement des raids aériens contre les bases arrières du PKK dans les zones montagneuses du nord de l'Irak, où il a aménagé des camps d'entraînement et des caches d'armes. Des forces spéciales mènent épisodiquement des incursions d'ampleur limitée. Les opérations turques suscitent des tensions avec le gouvernement irakien, mais le président turc Recep Tayyip Erdogan répète à l'envie que son pays entend "s'occuper" du PKK dans le nord de l'Irak si Bagdad n'est "pas en mesure de le faire". En décembre, M. Erdogan avait appelé l'Irak à intensifier le combat sur son territoire contre le PKK en recevant à Ankara le Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi.

  • Turquie : L'administration Biden maintient l'exigence qu'Ankara renonce aux missiles russes

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    L'administration de Joe Biden veut que la Turquie renonce aux missiles russes S-400, maintenant ainsi la position de l'administration Trump qui avait exclu Ankara du juteux programme de fabrication de l'avion furtif F-35.

    "Notre position n'a pas changé", a déclaré vendredi le porte-parole du Pentagone, John Kirby. "Nous appelons la Turquie à renoncer au système S-400". 

    En réaction à la livraison en 2019 à la Turquie de la première batterie du système de défense antiaérienne russe S-400, les Etats-Unis ont exclu Ankara du programme de fabrication de l'avion furtif F-35, faisant valoir que les missiles russes pourraient en percer les secrets technologiques et étaient incompatibles avec les dispositifs de l'OTAN.

    "La Turquie est un allié de longue date et un membre estimé de l'OTAN, mais sa décision d'acheter des S-400 est incompatible avec ses engagements d'allié des Etats-Unis et de l'OTAN", a ajouté le porte-parole au cours d'un point presse.

    "La Turquie a eu de multiples occasions ces dix dernières années d'acheter le système de défense Patriot aux Etats-unis, mais elle a préféré acheter les S-400, qui donnent à la Russie revenus, accès et influence", a-t-il noté.

    Outre l'exclusion de la Turquie du programme F-35, Washington a interdit en décembre l'attribution de tout permis d'exportation d'armes au SSB, l'agence gouvernementale turque en charge des achats militaires, pour punir Ankara de l'acquisition des missiles russes.

    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a émis en janvier l'espoir de parvenir avec l'administration de Joe Biden à un compromis permettant la réintégration d'Ankara au programme de l'avion de combat F-35, mais les contacts entre la nouvelle administration américaine et la Turquie ont été limités.

    Si Ankara a fait savoir mardi que le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin et le conseiller à la sécurité nationale américain Jake Sullivan avaient exprimé lors d'un entretien téléphonique "la volonté d'établir des relations fortes, durables et constructives entre les deux pays dans la période qui s'ouvre", M. Biden n'avait pas encore eu vendredi d'échange téléphonique avec M. Erdogan.

  • Ouïghours : La Chine ratifie un traité d'extradition avec la Turquie

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    La Chine a annoncé la ratification d'un traité d'extradition avec la Turquie, un texte que Pékin veut notamment utiliser pour accélérer le retour de certains Ouïghours musulmans soupçonnés de "terrorisme" et réfugiés en Turquie. Même si le parlement turc n'a pas encore ratifié cet accord bilatéral signé en 2017, l'initiative devrait susciter l'inquiétude au sein de l'importante diaspora ouïghoure (estimée à 50.000 personnes) présente en Turquie. S'estimant victimes de persécution, des Ouïghours ont fui en Turquie. 
     
    La Turquie a des liens linguistiques et culturels avec les Ouïghours, des musulmans parlant une langue turcique. Ankara a ainsi longtemps été l'un des principaux défenseurs de leur cause sur la scène internationale, avant d'être plus discret.
     
    La Chine a engagé dans sa région du Xinjiang (nord-ouest) une politique de surveillance maximale des Ouïghours après de nombreux attentats meurtriers commis contre des civils. Pékin accuse la mouvance séparatiste et islamiste ouïghoure.
     
    Selon des experts étrangers, les autorités chinoises ont interné au moins un million de personnes, notamment ouïghoures, dans des "camps". Pékin parle de "centres de formation professionnelle" destinés à aider la population à trouver un emploi et ainsi l'éloigner de l'extrémisme. 
     
    "Le comité permanent de l'Assemblée nationale populaire a ratifié" le "traité d'extradition" sino-turc, a indiqué samedi soir dans un court communiqué le parlement chinois sur son site internet.
     
    Le texte prévoit toutefois plusieurs motifs de refus. C'est notamment le cas si l'Etat auquel est soumis la demande d'extradition l'estime liée à un "crime politique", si la personne visée est l'un de ses citoyens, ou encore si cette dernière bénéficie du droit d'asile.
     
    "Ce traité d'extradition va provoquer la panique parmi les Ouïghours ayant fui la Chine et n'ayant pas encore la citoyenneté turque", déclare à l'AFP Dilxat Raxit, porte-parole du Congrès mondial ouïghour, organisation d'exilés basée en Allemagne.
     
    "Nous appelons le gouvernement turc (...) à empêcher que ce traité devienne un instrument de persécution", indique-t-il, assurant que Pékin exerce une pression économique sur la Turquie afin qu'elle ratifie le traité.
     
    La question est délicate pour Ankara, car les Turcs sont globalement sensibles à la cause ouïghoure. Des articles de presse accusant la Turquie de déjà discrètement expulser des Ouïghours vers la Chine ont ainsi provoqué un tollé dans l'opinion.
     
    La Turquie est le seul pays à majorité musulmane à avoir jusqu'ici dénoncé publiquement le traitement des Ouïghours. Le ministre turc des Affaires étrangères l'avait ainsi qualifié début 2019 de "honte pour l'humanité". Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait cependant vanté l'an passé en Chine la politique menée au Xinjiang, y jugeant les gens "heureux", selon des propos rapportés par l'agence officielle Chine nouvelle.

  • Turquie : Le Conseil de l'Europe redemande la libération du leader pro-kurde Demirtas

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    Le Conseil de l'Europe a redemandé mercredi 23 décembre la libération du leader pro-kurde Selahattin Demirtas, emprisonné depuis 2016 en Turquie, au lendemain d'une condamnation d'Ankara par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) dans ce dossier qui a provoqué l'ire du président Recep Tayyip Erdogan.
     
    "Selahattin Demirtas doit être libéré de prison -- et libre d'exercer de nouveau sans plus de délais ses droits politiques dans une société démocratique", ont indiqué dans un communiqué les rapporteurs de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) pour le suivi de la Turquie.
     
    Ancien député et ex-coprésident du Parti démocratique des peuples (HDP, pro-Kurde), Selahattin Demirtas est emprisonné depuis novembre 2016, quelques mois après le putsch manqué de juillet contre M. Erdogan. Il est accusé par Ankara de "terrorisme" et risque jusqu'à 142 années de prison dans son principal procès. Il est détenu depuis plus de quatre ans dans les geôles turques, ont rappelé deux des rapporteurs, Thomas Hammarberg et John Howell. "Notre assemblée a souligné à plusieurs reprises que la place des députés est au Parlement, pas en prison", ont-ils ajouté.
     
    "La libération immédiate de Selahattin Demirtas constituerait (...) un signal fort et significatif de la volonté de la Turquie de respecter les jugements" de la CEDH ainsi que son "engagement fort" à respecter "les valeurs fondamentales liées à son appartenance au Conseil de l'Europe", vigie des droits de l'homme sur le continent et qui avait déjà demandé, en vain, la libération de M. Demirtas, ont estimé les rapporteurs. Émanation du Conseil de l'Europe, la CEDH a rendu mardi un arrêt cinglant dans le dossier Demirtas, relevant plusieurs violations de la Convention européenne des droits de l'homme.
     
    L'arrêt, qui exigeait déjà la libération "immédiate" de l'opposant, a suscité mercredi les foudres du président turc, M. Erdogan condamnant une "décision entièrement politique" et "hypocrite". Par ailleurs, quelques heures après la publication de cet arrêt, le site internet de la CEDH a été victime d'une cyberattaque massive qui l'a rendu inaccessible entre mardi à partir de 17H40 jusqu'en milieu de matinée mercredi, a indiqué le service de presse de la Cour. La CEDH dit ignorer pour l'instant l'origine de cette attaque qui n'a a priori pas occasionné de perte de données, relevant simplement qu'elle s'était produite après la publication de l'arrêt condamnant Ankara.

  • Turquie : Nouvelles de notre correspondant en Turquie et de la justice turque

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    Notre correspondant en Turquie est détenu en isolement depuis plus de 40 mois - en l'absence de soupçons et de motifs raisonnables d'arrestation - sur la base de preuves exclusivement illégales, y compris des déclarations obtenues à la suite de graves tortures. 

    Le dossier de notre correspondant  est un résumé de toutes les violations systématiques des droits de l'homme en Turquie (torture par la mise à un isolement prolongé - arrestation injustifiée - torture des témoins pendant la garde à vue - propositions illégales faites pendant la garde à vue, notamment des menaces faites à notre correspondant pendant sa garde à vue pour déclarer que l'Allemagne planifiait des activités subversives en Turquie afin d'obtenir d'être libéré - enlèvement d'un témoin impliqué dans le dossier pour obtenir des déclarations illégales.  

    Le traitement infligé à notre correspondant reflète toutes les violations systématiques qui ont lieu en Turquie actuellement. 

    Or, aujourd'hui le Conseil européen des Droits de l'Homme semble  fermer les yeux face à la masse des dossiers d'arrestations arbitraires de personnes qui n'ont rien à voir, ni avec le putsch manqué des militaires, ni avec le religieux Fethullah Gülen.. 

    Le pire, pour toutes ces personnes incarcérées, est qu'elles se trouvent dans un cul de sac judiciaire, tant en termes de recours nationaux, que vis-à-vis de l'inaction de la Cour européenne des droits de l'homme. La CEDH est impotente et se maintient dans l'inaction face à ce problème. 

    L'Allemagne semble également avoir adopté une attitude de grande patience face à Erdogan, sans doute pour des raisons de politique intérieure, mais elle ne devrait pas ignorer que c'est précisément en raison des relations avec l'Allemagne qu'entretiennent nombre de personnes incarcérées, parmi lesquelles des citoyens allemands d'origine turque,  qui sont utilisées par la justice turque comme prétendues preuves d'espionnage au profit d'un pays étranger et participation à un organisation terroriste. Le gouvernement allemand devrait être conscient de cette situation et se sentir responsable, au moins indirectement. 

    Si l'Allemagne veut continuer à garder le silence devant le sort infligé à ses ressortissants, qu'au moins la France, les Pays Bas et la Suisse agissent et demandent aux délégués allemands pourquoi ils gardent le silence ? 

    Les pays européens devraient agir et déposer conjointement une plainte à la Cour européenne des droits de l'homme (étant donné que les demandes individuelles ne sont tout simplement pas efficaces) et exiger des sanctions en raison des violations des droits de l'homme envers de nombreux journalistes, écrivains,  hommes politiques,  universitaires et tant d'autres. Et il ne s'agit pas seulement des personnes détenues qui sont concernées, mais aussi des tranches entières de la population qui vivent aujourd'hui dans la crainte d'une arrestation arbitraire sur simple dénonciation. 

    Si les pays européens, comme ils l'affirment,  se soucient un tant soit peu des droits de l'homme, ils ont l'obligation d'appeler le président Recep Tayyip Erdogan à la raison et de rétablir la vraie justice dans son pays.

    Nous en profitons pour dire qu'il ne s'agit pas pour nous de porter un jugement de valeur sur la politique de grandeur menée par le président Erdogan, mais simplement de faire cesser les abus de sa justice vis-à-vis des personnes réellement innocentes. Si le président Erdogan veut renouer des relations avec l'Union européenne, qu'il se borne à punir les vrais responsables de la tentative de putsch et qu'il libère tous ceux, et ils sont nombreux, qui sont innocents..