Raïssi Ebrahim (président)

  • Iran : Un centre de recherche du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique en feu

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    Dans la soirée du 26 septembre, un incendie s'est déclaré dans l'un des centres de recherche du Corps desGardiens de la Révolution Islamique (CGRI) près de la capitale iranienne, Téhéran.

    À la suite de l'incident, trois membres du CGRI ont été blessés. Deux des blessés sont décédés des suites des blessures subies lors de l'incident.

    Les victimes ont été identifiées comme étant Seyed Mortaza Karimi et Hossein Abadi.

    Compte tenu du niveau élevé de sécurité dans les installations du CGRI, aucune information spécifique sur l'emplacement du centre ou ses tâches n'a été révélée. Les CGRI gèrent de nombreuses installations à la périphérie de la capitale. Il a été dit que l'incendie avait éclaté dans un entrepôt du centre de recherche qui visait l'autosuffisance du CGRI.

    Le centre touché par l'incendie pourrait faire partie de l'Organisation du Jihad pour la recherche et l'autosuffisance du CGRI, impliquée dans le développement des armes iraniennes. L'organisation a été sanctionnée par le Trésor américain en 2017 pour "recherche et développement de missiles balistiques".

    Cependant, il n'est toujours pas clair si l'installation était impliquée dans les activités de l'Organisation de recherche et d'autosuffisance du Jihad. 

    Comme il n'y a eu aucun détail sur la raison de l'incident, cela a naturellement provoqué diverses spéculations sur la possibilité d'une opération de sabotage israélienne.

    Juste après l'incident, le 27 septembre, l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis et à l'ONU, Gilad Erdan, a affirmé que les États-Unis et d'autres puissances mondiales envisageaient de plus en plus un « plan B » pour arrêter le programme nucléaire iranien.

    « La communauté internationale et les Américains commencent à nous parler davantage d'un plan B sur l'Iran », a affirmé Erdan. « Dans le passé, on estimait qu'il y avait 80 % de chances que [l'Iran] revienne à l'accord [nucléaire de 2015], aujourd'hui, ce chiffre est tombé à environ 30 %.

    « Si l'Iran ne revient pas [à l'accord], cela change toute la situation pour le monde », a-t-il ajouté.

    Plus tôt ce mois-ci, de hauts responsables israéliens et la Maison Blanche ont repris des négociations sur un éventuel « Plan B » et le partage de renseignements axés sur l'Iran. Il n'y a toujours pas de revendications officielles sur ce que le plan alternatif impliquerait.

    Washington et Tel Aviv prévoient des actions « alternatives » contre l'Iran au cas où les pourparlers nucléaires à Vienne échoueraient, sans attendre la reprise des négociations. Le ministère iranien des Affaires étrangères a assuré que les négociations reprendraient à l'automne, car le gouvernement du nouveau président Ibrahim Raisi, qui a remporté les élections en juin, devrait enfin être formé en Iran.

    De son côté, Tel-Aviv menace régulièrement Téhéran. Le mois dernier, le ministre israélien de la Défense Benny Gantz a évoqué dans ses discours la possibilité d'une intensification des opérations de sabotage.

    « Les États-Unis et Israël partagent des informations de renseignement, et la coopération avec les États-Unis dans ce domaine ne fait que se renforcer. Nous travaillons avec eux afin d'établir un "Plan B" et de démontrer que s'il n'y a pas d'accord, d'autres activités commenceront…»

    Il faut dire que l'Iran ne fait rien pour calmer la situation. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a déclaré que ses inspecteurs s'étaient vu refuser l'accès à un site de fabrication de centrifugeuses à Karaj, près de la capitale Téhéran.

  • Iran : Qui est Mohammad Eslami, le nouveau responsable de l'énergie atomique iranienne ?

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    Eslami Mohammad.jpegUne décision surprenante et étrange du président iranien, Ebrahim Raisi, de nommer l'ancien ministre des Routes et du Développement urbain, Mohammad Eslami (photo ci-contre), comme son adjoint et chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, à la place d'Ali Akbar Salehi, le plus éminent scientifique nucléaire dans le pays, et l'un des architectes de l'accord nucléaire de 2015.

    Le nouveau chef de l'organisation iranienne de l'énergie atomique n'a aucune expérience nucléaire
    La décision majeure de nommer un islamiste de 65 ans pour gérer les installations nucléaires est intervenue quelques jours après l'obtention de la confiance parlementaire du gouvernement. Ali Akbar Saleh a été ministre des Affaires étrangères à la fin du gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad, avant d'être nommé par l'ancien président Hassan Rohani à la tête de l'Organisation de l'énergie atomique en 2013.

    Qui est Muhammad Islami ?
    Quant à Islami, originaire de la ville d'Ispahan, il a occupé de nombreux postes, dont le ministère de la Défense et des Industries de défense et l'Organisation de l'aviation iranienne depuis 1987, et il a été agent des industries aérospatiales pendant une période d'un an, à la fin de la présidence de Mohammad Khatami. Pendant un certain temps, il a été gouverneur de la province septentrionale de Mazandaran et il est membre de la cellule de crise iranienne depuis des années.
    Contrairement à Ali Akbar Salehi, physicien nucléaire, le nouveau responsable n'a aucune formation en matière nucléaire.

    Aucune position stricte n'est connue sur Muhammad Islami, proche des réformistes et du courant "modéré" auquel appartenait l'ancien président Hassan Rohani, bien qu'il ait un passé dans les Gardiens de la Révolution.

    La nomination de Muhammad Eslami à ce poste est porteur de certains messages . A l'heure où le dossier nucléaire iranien reste l'un des grands sujet des tensions entre Téhéran et les capitales occidentales, notamment Washington, la nomination d'Eslami vise certainement à forcer la partie américaine à annuler les sanctions.

    Depuis avril dernier, l'Iran et les Etats-Unis se sont engagés dans six rounds des pourparlers de Vienne, indirectement, via les parties à l'accord (Russie, Chine, Grande-Bretagne, France et Allemagne). Les négociations se sont arrêtées en juin 2021 à la demande de Téhéran, sous prétexte de la période de transition du pouvoir exécutif iranien. Aucune date n'a été fixée pour un septième tour.

    Les négociations visent à relancer l'accord nucléaire en renvoyant Washington et Téhéran à leurs engagements.

  • Iran : Cinq manifestants et 1 policier tués au cours de manifestations au Khouzestan

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    Un policier iranien a été tué par des "émeutiers" au Khouzestan, a rapporté mercredi l'agence officielle Irna, dans un contexte de tensions dans cette province du sud-ouest de l'Iran frappée par une pénurie d'eau. Cinq manifestants est ont également été tués par les forces de l'ordre.

    Le Khouzestan, qui abrite les principaux gisements de pétrole iraniens, est frappé depuis fin mars par une sécheresse à l'origine de manifestations dans plusieurs villes depuis la semaine dernière. "Lors des émeutes mardi soir à Talaqani (un quartier de la ville portuaire de Mahshar), des officiers (...) se sont fait tirer dessus depuis un toit", selon Fereydoun Bandari, gouverneur par intérim du comté, cité par Irna.

    Un policier a été tué et un autre blessé à la jambe, a-t-il ajouté, sans préciser si les manifestations à Mahshahr étaient liées à celles qui secouent le reste de la province.

    Cinq manifestants ont également été  tués  lors de rassemblements dans la même province, selon Irna. Ci-dessous les photos de 4 des cinq manifestants tués :

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    L'accès à internet est perturbé à Ahvaz, capitale de la province de Khouzestan, et complètement coupé à Chadégan, a écrit mardi soir aux alentours de minuit le quotidien réformateur Etemad. Le "peuple courageux" du Khouzestan, province dévastée par la guerre entre l'Iran et l'Irak (1980-1988), "veut de l'eau, c'est tout", a écrit mardi un autre titre réformateur, Arman-e Melli.

    "J'ai soif"
    Ces derniers jours, des médias en persan émettant de l'étranger ont parlé de manifestations réprimées par les forces de l'ordre, alors que les médias iraniens se montraient dans un premier temps plutôt silencieux sur le sujet.

    Des vidéos publiées par ces médias et sur les réseaux sociaux et dont l'AFP n'a pas pu vérifier l'authenticité montrent des centaines de personnes manifester, encadrées par la police anti-émeute.  

    Les manifestants ont également envahi plusieurs axes de circulation, menaçant le pouvoir de Téhéran : "Nous couperons les routes, les ponts, les voies et les points de vente, et nous perturberons votre économie". Vidéo.

    Des vidéos ont montré un char en feu à Soosangerd, dans la province du Khuzestan. Il s'agit d'un char irakien déclassé qui servait de monument à la guerre Iran-Irak de 1980-88. Il se trouvait autrefois sur le marché principal, mais avait récemment été déplacé vers l'une des entrées de la ville. Vidéo.

    De son côté, le le gouverneur du Khouzestan, Qassem Soleimani-Dachtaki, affirme que les forces de l'ordre restent soucieuses de la sécurité de la population : "Nous avons fortement insisté sur le fait que les forces de sécurité n'affrontent pas violemment la population, et encore moins qu'elles ouvrent le feu", a-t'il affirmé mardi. "Le peuple nous est cher", a-t-il ajout.

    Il reste que la sécurité dans la province de Khuzestan est assurée par lHassan Shahvarpour Najafabad, général de brigade du CGRI et commandant de la base de Vali Asr du CGRI, ce qui n'augure rien de bon. Les États-Unis l'ont déjà sanctionné en 2020 en partie pour la répression des manifestations qu'il avait organisé dans la province en novembre 2019. Vidéo de la répression à Ahvaz. La vidéo est censée prouver que les Gardiens de la Révolution Islamique (CGRI) tirent à balles réelles sur les manifestants.

    Le Khouzestan abrite une importante minorité arabe. La population se plaint régulièrement d'être laissée pour compte par les autorités. La province avait été l'un des points chauds de la vague de contestation -- violemment réprimée -- contre le pouvoir en novembre 2019.

    "Il y avait des signes avant-coureurs de protestations dans la province depuis un moment, mais les autorités, comme toujours, ont attendu jusqu'à la dernière minute" pour les prendre en compte, estime Etemad. Le hashtag "J'ai soif" en arabe est largement utilisé sur les réseaux sociaux locaux pour attirer l'attention sur le sort du Khouzestan, selon le quotidien.

    Et selon le chercheur iranien Wejdan Abdel Rahman, les manifestations pourraient gagner diverses provinces iraniennes. l y a déjà eu au moins 31 manifestations à travers l'Iran lundi et mardi, y compris des rassemblements de travailleurs et d'agriculteurs, selon l'agence de presse dissidente des militants des droits de l'homme (HRANA).

    Sécheresse chronique
    Le journal réformateur Sazandegi a appelé le président sortant, Hassan Rohani, et son successeur élu, Ebrahim Raïssi, à se rendre dans la province pour parler aux manifestants, "promettre des améliorations et leur demander de rentrer chez eux".

    Le gouvernement y avait envoyé vendredi une délégation de ministres adjoints. Mercredi, la télévision d'Etat a montré des images de longues files de camions transportant de l'eau, indiquant qu'ils avaient été envoyés au Khouzestan par les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique.

    Pays aride, l'Iran connaît une sécheresse chronique depuis plusieurs années. Depuis le début du mois, de nombreuses villes du pays sont soumises à des coupures d'électricité fréquentes, résultat, selon le gouvernement, d'une sécheresse d'une ampleur sans précédent depuis 11 ans ayant fortement affecté les lacs de retenue des barrages hydroélectriques du pays.

    Jadis très fertile (elle fut le berceau de la civilisation élamite, qui connut son apogée au deuxième millénaire avant Jésus-Christ), la plaine du Khouzestan est régulièrement frappée par la sécheresse et par des tempêtes de sable venues d'Irak ou de la péninsule Arabique, phénomènes qui prennent de l'ampleur depuis plus d'une quinzaine d'années.a