Radio Omdurman

  • Soudan : Tentative de coup d'Etat - la situation est encore confuse

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    Les médias officiels soudanais ont annoncé mardi 21 septembre 2021 une tentative de coup d'État « ratée » contre le gouvernement de transition au pouvoir, appelant le peuple soudanais à y faire face. L'armée a annoncé que cette tentative avait été déjouée et affirmé que les choses étaient actuellement sous contrôle.

    La télévision d'État a interrompu ses émissions annonçant la tentative de coup d'État.

    La radio Omdurman a également interrompu ses émissions, annonçant la survenue d'une tentative de coup d'État au Soudan, et a appelé les masses à y faire face.

    Dans une brève annonce, la télévision soudanaise a cité Abu Haja, le conseiller médiatique du commandant en chef des forces armées, affirmant que "la tentative de coup d'État pour s'emparer du pouvoir a été déjouée".

    40 officiers ont été arrêtés pour leur implication dans la tentative de coup d'Etat manquée.

    Des sources de sécurité soudanaises ont indiqué que les putschistes prévoyaient d'arrêter des membres du Conseil de souveraineté et du Conseil militaire. Une source gouvernementale de haut rang a confirmé que les auteurs de l'opération avaient tenté de s'emparer du siège des médias officiels, mais ils ont "échoué". 

    Les putschistes ont tenté de prendre le contrôle de la radio Omdurman, qui est située sur l'autre rive du Nil en face de la capitale, Khartoum.

    Des unités de chars sont actuellement présentes dans un certain nombre de quartiers de la capitale. Elles bloquent notamment la route menant au pont Omdurman, près du siège du parlement.  Des forces militaires sont déployées massivement dans la capitale soudanaise, sans savoir si ces forces  militaires appartiennent au groupe putschiste ou aux forces fidèles au gouvernement.

    Selon un correspondant au sein de la sécurité soudanaise, la situation dans le pays est trouble. Le sort du coup d'État est encore ambigu. La seule chose que l'on sait est que la télévision officielle est toujours sous le contrôle des autorités soudanaises.

    Muhammad Al-Faki Suleiman, membre du Conseil de souveraineté soudanais et porte-parole officiel du Conseil, a appelé tous les Soudanais à défendre le pays. Dans un commentaire sur son compte Facebook, il a déclaré : "Courez pour défendre votre pays et protéger la transition".

    Il a ajouté un nouveau commentaire peu après pour affirmer que  "les choses étaient sous contrôle et la révolution victorieuse."

    Il a indiqué que l'interrogatoire des suspects de la tentative de coup d'État commencerait sous peu, ajoutant qu'une déclaration serait publiée prochainement par l'armée.

    Khartoum attribue la tentative de coup d'Etat à des partisans de l'ex-président islamiste Bachir
    "Une tentative de coup d'Etat manqué, menée par un groupe d'officiers des forces armées et de civils issus de l'ancien régime (...), a été maîtrisée à l'aube (mardi)", a déclaré à la télévision d'Etat le ministre de l'Information, Hamza Baloul. 

    Une transition difficile
    Cette tentative de coup d'Etat n'est pas la première à viser le gouvernement de transition soudanais formé après l'éviction en avril 2019 d'Omar el-Bachir, renversé après 30 ans de règne sans partage. Le Soudan a connu plusieurs coups d'Etat au XXe siècle, dont le dernier en date -- un coup d'Etat militaire avec le soutien des islamistes -- avait porté M. Bachir au pouvoir en 1989. Emprisonné à Khartoum depuis sa destitution, ce dernier est actuellement jugé pour sa participation à ce même coup.

    Mardi, le puissant chef paramilitaire et membre du Conseil de souveraineté, Mohamed Hamdan Daglo surnommé "Hemeti", a déclaré dans un discours à ses combattants: "Nous ne permettrons pas un coup d'Etat". "Nous voulons une véritable transition démocratique avec des élections libres et justes", a-t-il ajouté, rapporte l'agence officielle Suna.

    En place depuis plus de deux ans, le cabinet civilo-militaire, né d'un accord avec les factions politiques qui ont mené la mobilisation populaire contre M. Bachir, était censé emmener le Soudan vers un pouvoir entièrement civil en trois ans. Mais son mandat a été réinitialisé lors de la signature en octobre 2020 d'un accord de paix historique avec une coalition de groupes rebelles, lui laissant jusqu'en 2023 pour mener à bien sa mission.

    La transition est grevée par de graves difficultés économiques et des divisions politiques profondes. Le pays ne s'est pas encore doté d'assemblée législative, symbole de ces dissensions. Dirigé par le Premier ministre Abdalla Hamdok, le gouvernement a entrepris une série de réformes économiques difficiles pour pouvoir bénéficier d'un programme d'allègement de la dette du Fonds monétaire international (FMI). Ces mesures, portant notamment sur la réduction des subventions et l'instauration d'un flottement contrôlé de la monnaie locale, ont été jugées trop sévères par de nombreux Soudanais. Des manifestations sporadiques ont récemment eu lieu à travers le pays pour protester contre ces réformes et l'augmentation du coût de la vie.