QATAR

  • L'Orient dans tous ses États

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    (Anthony Samrani/L'Orient-le-Jour du 6 octobre 2021)

    Ils ne s’aiment pas plus qu’hier. Et rien de ce qui leur donnait envie d’en découdre n’a tout à fait disparu. On n’enterre pas des rivalités historiques, nourries par des enjeux géopolitiques et par des constructions mythico-religieuses, en quelques semaines. Et pourtant, c’est la première fois depuis des années que toutes les puissances régionales s’accordent sur le fait de donner une chance à la diplomatie. L’épidémie de coronavirus, le changement d’administration aux Etats-Unis, la crise économique et l’essoufflement général sont passés par là. Puis tout s’est enchainé, en quelques mois. L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et l’Egypte ont mis fin à leur embargo sur le Qatar et ont renoué des liens dans la foulée avec son plus proche allié, la Turquie. 

    Alors que le monde sunnite était divisé par la rivalité entre ces deux axes depuis des années, l’heure est à l’apaisement général. Pour mieux former une union sacrée contre le troisième axe, mené par l’Iran ? Pas vraiment non. Puisqu’avec la République islamique, l’heure est aussi à l’apaisement. Le royaume saoudien a confirmé avoir tenu récemment une quatrième session de pourparlers avec son rival iranien, la première avec le nouveau gouvernement, qui vise à faire baisser les tensions. 

    Le dialogue n’a pour l’instant donné aucun résultat concret mais le seul fait qu’il existe est déjà une réelle avancée en soi alors que les deux pays n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 2016. Chose inimaginable il y quelques mois, des représentants iraniens, saoudiens, turcs, qataris et encore égyptiens étaient tous réunis à Bagdad le 28 août dernier dans le cadre d’un sommet régional. 

    Cette petite trêve s’accompagne de quelques dynamiques nouvelles dans la région puisqu’elle permet à des acteurs, un temps relégués au second plan, de réapparaître. L’Egypte a fait son retour  et s’évertue à construire une nouvelle alliance, qui se voudrait non alignée par rapport aux trois axes, avec la Jordanie et l’Irak. 

    Amman a récemment repris langue avec Damas, pour la première fois depuis dix ans, et cherche désormais à ramener son voisin dans le giron arabe.

    Tout cela reste très fragile. La normalisation avec la Syrie dépend, au final, du feu vert des Etats-Unis qui ont les moyens de l’annihiler avec la loi César sanctionnant toute personne, entreprise ou Etat qui commerce avec Damas.

    Le front libyen et les tensions en Méditerranée orientale peuvent raviver à tout moment les rivalités turco-égyptienne et turco-émiratie. Les deux leaders de la péninsule arabique, Riyad et Abou Dhabi, n’ont probablement pas renoncé à faire rentrer leur petit voisin qatari dans le rang et l’épisode précédent a laissé des traces des deux côtés. Quant aux Iraniens, rien ne permet aujourd’hui de penser qu’ils soient prêts à faire la moindre concession, seul moyen pourtant de garantir une paix durable avec leur voisin arabe. La République islamique semble au contraire utiliser la diplomatie comme une arme visant à gagner du temps tout en renforçant ses positions sur le terrain. Téhéran joue la montre dans les négociations sur le nucléaire avec Washington, refusant de s’engager sérieusement dans des pourparlers tout en continuant à enrichir en parallèle de grandes quantités de matières fissiles nécessaire à la fabrication de la bombe nucléaire. Il y a moins d’une semaine, le général Gholam Ali Rachid, haut responsable au sein des Pasdaran, se vantait du fait que son pays ait réussi à créer « six armées en dehors de son territoire ». Une provocation qui rappelle que la paix froide peut s’arrêter à tout moment.
     
    Anthony Samrani

  • Arabie saoudite : Le prince héritier Ben Salman refuse de rencontrer le secrétaire américain à la Défense

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    Austin.jpegLe secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin (photo) est rentré dans son pays après une visite dans les pays du Golfe sans visiter l'Arabie saoudite, le plus grand allié de son pays dans la région, tandis que des militants ont évoqué le refus du prince héritier Mohammed bin Salman de fixer une date de rencontre.

    Le ministre américain espèrait rencontrer le prince héritier saoudien
    Selon certaines informations, le ministre américain, qui a annulé une visite prévue en Arabie saoudite, "espèrait" rencontrer le prince héritier du Royaume, le prince Mohammed ben Salman, tandis que le porte-parole du Pentagone, John Kirby, a indiqué que la visite d'Austin en Arabie saoudite "n'avait pas eu lieu pour des raisons liées au calendrier de la partie saoudienne." Il a indiqué que la visite avait été proposée au dernier moment, dans l'urgence.

    Il a ajouté : "Nous espérions surtout, lors de cette visite, rencontrer le prince héritier. C'est le ministre saoudien de la Défense, et nous avons un partenariat de défense solide avec l'Arabie saoudite", soulignant qu'il a été "reporté et non annulé".

    Peut être l'expression de la mauvaise humeur de Ben Salmane face à la décision américaine de retirer les batteries Patriot
    Rappelons qu’au cours des dernières semaines, les États-Unis ont retiré les batteries de missiles Patriot d'Arabie saoudite.

    Une image satellite prise par la société privée américaine Planet Labs, a montré que les Etats-Unis avaient retiré, ces dernières semaines, plusieurs de leurs systèmes de défense avancés, dont les batteries de missiles Patriot d'Arabie saoudite, malgré la fréquence des attaques des rebelles yéménites Houthis contre le royaume.

    Le retrait des systèmes de défense de la base aérienne Prince Sultan, dans les environs de Riyad, “a eu lieu à un moment où les États du Golfe observaient avec inquiétude le retrait chaotique des forces américaines d'Afghanistan“

    Christian Ulrichsen, un chercheur dont le propos ont été rapportés par l’agence de presse américaine Associated Press, a expliqué que "du point de vue saoudien, ils (les Saoudiens) voient maintenant Obama, Trump et Biden - trois présidents successifs - prendre des décisions qui indiquent un certain abandon".

    La base aérienne Prince Sultan a accueilli plusieurs milliers de soldats américains, à la suite d'une attaque de missiles et de drones en 2019, contre la compagnie pétrolière Saudi Aramco.

    En juin dernier, le Wall Street Journal avait révélé que l'administration du président Joe Biden avait décidé de réduire considérablement le nombre de systèmes anti-missiles américains (Patriot) au Moyen-Orient.

    Et de faire savoir que l'administration américaine avait décidé de "retirer 8 batteries Patriot de l'Irak, du Koweït, de la Jordanie et de l'Arabie saoudite".

    Le journal a attribué cette décision au désir de Washington de "réorganiser sa présence militaire pour se concentrer sur la Chine et la Russie".

    Visite du golfe d'Austin
    La tournée du secrétaire d'État américain dans le Golfe comprenait le Qatar, Bahreïn et le Koweït. Il prévoyait une escale en Arabie saoudite. Ces visites étaient officiellement destinées à remercier les alliés américains pour le soutien qu'ils avaient apporté au gigantesque pont aérien mis en place par Washington après la chute soudaine du gouvernement afghan et la prise du pouvoir par les talibans à Kaboul en août. 

     

  • Qatar : Escarmouches entre les tribus Al-Murra et les forces de sécurité qataries

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    Après les escarmouches entre les tribus Al-Murra et les forces de sécurité qataries sur fond d'opposition à la loi électorale, le ministère qatari de l'Intérieur a mis en garde les citoyens contre toute atteinte à la sécurité du pays.

    Les tribus Al-Murra manifestent contre la loi électorale.  7 de leurs membres ont été arrêtés en raison de leur opposition à la loi électorale. Ls autorités qataries les accusent de diffuser de fausses information. De son côté, la tribu a averti qu'elle se révolterait si les membres arrêtés n'étaient pas libérés. 

    La nouvelle loi stipule que « Toute personne de 18 ans et plus, dont la nationalité d'origine est qatarie, peut 'élire les membres du Conseil de la Choura.

    Toute personne ayant acquis la nationalité qatarie sera considérée comme qatarie, à condition que son grand-père soit qatari et né dans l'État du Qatar.

    Tout candidat doit être de nationalité qatarie et être âgé d'au moins 30, le jour de la cloture des candidatures aux élections du Conseil de la Choura.

    L'exigence que le candidat soit d'origine qatarie, a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux.

    Opposition en ligne
    Dans un clip vidéo largement rediffusé sur les réseaux sociaux, l'avocate Hazza Al-Marri s'est adressé à l'émir du Qatar, déclarant : « Je vous demande de vous éviter, vous et votre peuple, un grand conflit... Nous ne vivrons pas comme du bétail, nous mangeons et buvons... Nous revendiquerons nos droits même si la mort est écrite pour nous dans les prisons."

    L'avocate répondait à Sheikha Maryam Al Thani, membre de la famille régnante du Qatar, qui a déclaré sur son compte « Twitter » : « Votre bataille juridique est gagnée par la loi ! La loi a ses portes ! Nous ne sommes pas dans une jungle ! » Il y a un droit général qu'il ne faut pas transgresser, qui est de parler poliment au public, et de parler poliment au chef de l'Etat !

    Cheikh Hamad bin Jassim Al Thani, ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, a mis en garde contre les tentatives de déstabilisation de son pays et de détournement d'un débat public autour d'observations concernant la loi électorale et d'enflammer l'atmosphère parmi la population.

    En 2003, les Qataris avaient voté lors d'un référendum sur la première constitution de cet État du Golfe.

    Le Conseil de la Choura est l'organe législatif et l'une de ses tâches est de discuter de ce qui lui est envoyé par le Conseil des ministres, tels que les projets de loi, la politique générale de l'État et les budgets des grands projets, afin qu'il fasse des recommandations à cet égard. .

  • Tunisie : La situation s'aggrave, le siège d'al-Jazeera investi par la police

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    Après l'annonce par le président tunisien, Kais Saied, de limoger le premier ministre, Hichem Mechichi, et de suspendre les activités du Parlement, de violents affrontements ont éclaté dans la capitale, à proximité du siège parlementaire. Enfin, les bureaux d'al-Jazeera à Tunis ont été pris d'assaut par les forces de police locales.

    Tel que rapporté par le Réseau de télévision par satellite basé au Qatar, environ 20 agents de sécurité en civil sont entrés dans le bureau local d'al-Jazeera, invitant les journalistes et les employés à quitter le bâtiment. Comme l'a indiqué le directeur du bureau de Tunis, Lotfi Hajji, ils n'ont reçu aucun avertissement quant à une éventuelle expulsion, tandis que les forces de sécurité ont déclaré avoir agi sur les instructions de la justice tunisienne. Les journalistes ont alors déclaré que les agents de sécurité leur avaient ordonné d'éteindre leurs téléphones portables et qu'ils n'avaient pas été autorisés à revenir récupérer leurs affaires. Enfin, leur équipement aurait été confisqué. 

    Des affrontements et échanges de jets de pierres se sont produits près du bâtiment du Parlement entre partisans du parti islamiste Ennahda et partisan du président Kais Saied. La situation de chaos et de désordre fait suite à la décision de Saied, annoncée dans la soirée du 25 juillet, concernant le limogeage de Mechichi et l'interruption des activités parlementaires pendant 30 jours. Cette décision, à son tour, est la conséquence d'une journée de protestations qui, le 25 juillet , a vu des milliers de Tunisiens descendre dans les rues du pays pour protester contre un environnement économique, mais aussi politique, en détérioration continue, encore exacerbée par la pandémie de Covid-19. Ce dernier a ensuite souligné la fragilité d'un système de santé, qui, pour la population, est victime d'années de mauvaise gestion.  

    Après l'annonce de Saied, dans la matinée du 26 juillet, l'armée tunisienne a empêché le président du Parlement et les membres de la Chambre des représentants d'accéder au siège parlementaire, les informant qu'ils avaient reçu l'ordre de fermer le siège. Le président du corps législatif, Rachid Ghannouchi, a dénoncé le déploiement de troupes tunisiennes en exécution es décisions de Saied, considéré comme une violation de la constitution tunisienne et des principes de la révolution. "La Constitution n'autorise pas la dissolution du Parlement, mais autorise la suspension de ses travaux", a plutôt déclaré Saied, citant l'article 80 qui autorise une telle mesure en cas de "danger imminent".

    De son côté, Ghannouchi a exhorté les officiers de l'armée à rejoindre la population pour sauvegarder la liberté conquise avec la révolution, tandis que tous les blocs parlementaires ont été invités à défendre le corps législatif et la Constitution de la Tunisie. "Les institutions sont toujours en place, les partisans d'Ennahda et le peuple tunisien défendront la révolution", a déclaré plus tard Ghannouchi. Pour les tenants d'Ennahda, un parti tunisien d'orientation islamiste, qui détient actuellement la majorité des sièges au Parlement, ce qui s'est passé est "un coup contre la légitimité".

    Selon certains, les événements de ces dernières heures constituent la pire crise survenue dans le pays d'Afrique du Nord depuis l'été 2013, lorsque les tensions menaçaient de renverser la démocratie tunisienne. En même temps, c'est l'un des plus grands défis à la Constitution elle-même, adoptée en 2014, avec laquelle les pouvoirs du chef de l'État, du premier ministre et du président du Parlement ont été définis, tandis que le partage du pouvoir exécutif entre le Président de la République et le chef du gouvernement. À cet égard, Saied a indiqué le 25 juillet que, pour le moment, il occupera le poste de Premier ministre, en collaboration avec un nouveau gouvernement et un premier ministre qui sera nommé par le président lui-même.

    Les épisodes des 25 et 26 juillet représentent l'aboutissement d'une crise qui dure depuis des mois et qui voit s'opposer les chefs des trois principaux piliers politiques, Saied, Mechichi et Ghannouchi. L'exécutif tunisien s'est retrouvé dans une impasse après que Kais Saied ait refusé d'accueillir onze des nouveaux ministres choisis par Mechichi dans le cadre d'un remaniement gouvernemental dans son palais présidentiel. Depuis le 26 janvier, ils attendaient de prêter serment après que Saied, en plus d'avoir qualifié le remaniement d'"inconstitutionnel" d'un point de vue procédural, se soit opposé à la nomination de quatre des ministres élus, accusés de corruption ou centre d'un conflit d'intérêts. Or, en vertu de la Constitution tunisienne, tant que les ministres ne prêteront pas serment, ils ne pourront accomplir les tâches qui leur sont confiées, il n'approuve pas non plus les mesures et les réformes dont le pays a besoin. Pour le moment, ce qui pourrait arriver n'est pas clair. Les litiges constitutionnels devraient être jugés par une Cour constitutionnelle qui, sept ans après la ratification de la Constitution, n'a pas encore été mise en place.

    Les pays proches des Frères musulmans condamnent
    Pendant ce temps, parmi les premiers pays à commenter les événements en Tunisie figuraient la Turquie du président Recep Tayyip Erdogan et le Qatar, considérés comme  partisans des Frères musulmans, au même titre que le parti Ennahda. "Nous rejetons la suspension du processus démocratique", a écrit le 26 juillet le conseiller d'Erdogan, Ibrahim Kalin, sur son compte Twitter, ajoutant : "Nous condamnons les initiatives qui manquent de légitimité constitutionnelle et de soutien populaire".

    De son côté, le Ministère des Affaires étrangères du Qatar a appelé les parties tunisiennes à faire prévaloir la voix de la sagesse, à éviter l'escalade et à adopter la voie du dialogue pour surmonter la crise.

    La réaction de la Turquie et du Qatar n'est pas une surprise car il est considéré proche du mouvement Ennahda. Il est clair que la décision du président tunisien porte un coup sévère au parti des Frères musulmans qui perdent un nouveau bastion, après l'Egypte et la Libye. Il ne fait d'ailleurs aucun doute que certains pays du Moyen-Orient (EAU, Arabie saoudite et Égypte) se réjouiront des difficultés auxquelles est confronté le parti Ennahda, représentant les Frères musulmans en Tunisie.

    Pour le libyen Haftar, ce qui se passe en Tunisie est un soulèvement populaire contre les Frères musulmans
    Lundi 26 juillet, le commandant en chef de l'armée nationale libyenne, le maréchal Khalifa Haftar, a qualifié les événements en Tunisie de soulèvement populaire contre les Frères musulmans.

    Lors de déclarations à "Libya Al-Hadath TV", Haftar a salué le président tunisien Qais Saied et les mesures et décisions qu'il a prises, et a déclaré : "Nous félicitons le soulèvement du peuple en Tunisie contre les Frères musulmans, qui ont épuisé la Tunisie et pillé ses capacités".

    "Nous attendons avec impatience le lancement de la Tunisie vers la réalisation des aspirations de son peuple à un avenir prospère, après avoir éliminé l'obstacle le plus important sur la voie de son développement", a-t-il déclaré. 

    La police ferme le bureau d'Al-Jazeera TV à Tunis
    Des agents de police ont fermé lundi le bureau de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera à Tunis, après avoir expulsé tous les journalistes sur place, a indiqué à l'AFP son directeur Lotfi Hajji. 

    Tel que rapporté par le Réseau de télévision par satellite basé au Qatar, environ 20 agents de sécurité en civil sont entrés dans le bureau local d'al-Jazeera, invitant les journalistes et les employés à quitter le bâtiment. Comme l'a indiqué le directeur du bureau de Tunis, Lotfi Hajji, ils n'ont reçu aucun avertissement quant à une éventuelle expulsion, tandis que les forces de sécurité ont déclaré avoir agi sur les instructions de la justice tunisienne. Les journalistes ont alors déclaré que les agents de sécurité leur avaient ordonné d'éteindre leurs téléphones portables et qu'ils n'avaient pas été autorisés à revenir récupérer leurs affaires. Enfin, leur équipement aurait été confisqué. 

    Depuis la chute en 2011 du régime de Zine el Abidine Ben Ali, la Tunisie jouissait d'une importante liberté de la presse, considérée comme une des réussites de la révolution.

    De leur côté, des membres du mouvement Annahda ont attaqué le journaliste et le staff de la chaîne al-Hadath alors qu'ils filmaient les tentatives des partisans du mouvement de prendre d'assaut le Parlement après que l'armée ait empêché leur chef, Ghannouchi, d'y entrer. Vidéo.

    Les décisions du président sont constitutionnelles, selon un puissant syndicat
    L'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), influente centrale syndicale, a implicitement soutenu lundi la suspension du Parlement par le président tunisien Kais Saied, estimant que ses décisions étaient "conformes" à la Constitution, tout en appelant à la poursuite du processus démocratique.

    Ces "mesures exceptionnelles prises par le président de la République conformément à l'article 80 de la Constitution" visent à "prévenir un danger imminent et à rétablir le fonctionnement normal des rouages de l'Etat, au vu de l'épidémie de Covid-19", souligne le syndicat dans un communiqué. "Il est temps" que les parties responsables de la situation "dégradée" dans le pays "assument leurs responsabilités" et de "mettre fin à cette ère qui a mis le feu à la Tunisie", poursuit l'UGTT.

    L'UGTT a souligné "la nécessité d'assurer le respect de la légitimité constitutionnelle (...) dans cette étape délicate que traverse le pays". L'objectif est notamment de poursuivre le "processus démocratique et restaurer la stabilité du pays", selon le communiqué. Pour le syndicat "les mesures exceptionnelles prises par le président doivent s'accompagner d'un ensemble de garanties constitutionnelles".

    Par contre, les partis ouvriers, le pôle démocratique moderniste, le bloc démocratique et la volonté populaire expriment leur rejet des décisions du président de la République.

     

  • Qatar Petroleum signe un autre contrat de 1,9 milliard

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    Le  Qatar Petroleum , la compagnie pétrolière d'État du Qatar, a annoncé, lundi 1er mars, avoir signé un contrat avec la société coréenne Samsung C & T Corporation pour l'expansion des installations de stockage et le chargement de gaz naturel liquéfié (GNL) situé à l'intérieur de la ville industrielle de Ras Laffan. L'accord fait partie du projet North Field East (NFE), relatif au plus grand champ de gaz naturel non associé au monde.

    Selon ce qui a été précisé par la société qatarie, le contrat signé, d'une valeur de 1,9 milliard de dollars, comprend des opérations «d'ingénierie, d'approvisionnement et de construction» (EPC). Il a été signé par le ministre d'État à l'Énergie, ainsi que par le président-directeur général de Qatar Petroleum, Saad Sherida al-Kaabi, et Oh Se-chul, président-directeur général de Samsung C&T, lors d'une cérémonie qui s'est tenue le 1er mars au siège de la société qatari, en présence de hauts fonctionnaires de Qatar Petroleum et de Qatargas. Comme spécifié par Qatar Petroleum lui-même, le contrat, attribué sur une base forfaitaire, est le deuxième type EPC onshore pour le projet NFE. Le premier a été atteint le 8 février avec CTJV, la joint-venture entre TechnipFMC et Chiyoda, et envisage la construction de quatre lignes avec les infrastructures associées qui leur sont associées.

    La signature du deuxième contrat en un mois pour l'extension des installations de stockage et de chargement de GNL représente une nouvelle étape importante pour Doha, qui vise à augmenter sa capacité de production de gaz naturel. En outre, les deux contrats représentent l'aboutissement d'un travail de conception entrepris depuis début 2018. Une fois achevé, North Field East devrait permettre au Qatar de passer de 77 millions à 110 tonnes par an de GNL. La deuxième phase d'expansion, relative au projet North Field South (NFS), permettra ensuite d'augmenter encore la capacité de production de 110 à 126 tonnes d'ici 2027.

    Comme l'a souligné al-Kaabi, les contrats permettront à Doha de renforcer de plus en plus sa position de producteur de GNL le plus grand et le plus fiable au niveau international. C'est le ministre lui-même qui a précisé que les contrats signés prévoient l'extension des infrastructures existantes nécessaires pour garantir la sécurité des opérations de chargement et la livraison en temps voulu du GNL aux «clients internationaux du monde entier».

    Le soi-disant North Field a des réserves qui s'élèvent à plus de 900 billions de pieds cubes standard, soit environ 10% des réserves mondiales. Le champ, partagé par l'Iran et le Qatar, est situé au large de la côte nord-est de la péninsule du Qatar et couvre une superficie de plus de 6 000 kilomètres carrés, soit environ la moitié de la superficie du pays du Golfe. Le développement d'une telle ressource est considéré comme une étape importante dans la croissance économique de Doha. Ce dernier, pendant plus de vingt ans, a été le seul à investir dans North Field, les sanctions américaines empêchant l'Iran d'exploiter son côté du champ gazier, surnommé South Pars par Téhéran.

    Les grandes entreprises énergétiques ont attendu une dizaine d'années une nouvelle opportunité d'investissement au Qatar, qui a jusqu'à présent gelé de nouveaux projets de développement pour garantir que North Field puisse maintenir les niveaux de production prévus. Exxon, Shell, Total et ConocoPhillips participent aux terminaux méthaniers du Qatar depuis que le pays s'est lancé dans l'aventure pour devenir un acteur majeur du secteur il y a vingt ans. Cependant, selon des sources qui ont participé aux négociations le 8 février, les perspectives des prix du gaz naturel ont conduit les grandes entreprises à abaisser leurs attentes en matière de taux de rendement pendant la phase d'expansion au Qatar. Pour contribuer à la baisse des attentes, il y a aussi le lancement de projets au niveau international, du Canada au Mozambique en passant par le Nigéria,

    Dans ce contexte, les contrats signés par Qatar Petroleum avec des acheteurs pakistanais et bangladais remontent à février. Avec le premier, sur le long terme, la société qatari s'est engagée à fournir au Pakistan 3 millions de tonnes de GNL par an, ce qui porte la quantité totale expédiée de Doha à 6,75 millions de tonnes par an, jusqu'en 2031. Le second accord, sur le d'autre part, a été signé par l'intermédiaire du néerlandais Vitol et prévoit la fourniture de 1,25 million de tonnes de GNL par an au Bangladesh.

  • Le Qatar et l'Égypte rétablissent leurs relations diplomatiques

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    Le Qatar et l'Égypte ont officiellement déclaré qu'ils étaient prêts à rétablir les relations diplomatiques mercredi 20 janvier, au moment où Doha a exprimé sa volonté de servir de médiateur entre l'Iran et les autres pays du Golfe.
     
    Ces mesures sont le résultat de la déclaration dite d'al-Ula, un accord signé le 5 janvier en Arabie saoudite qui a définitivement mis fin à la crise du Golfe. Après une ouverture progressive des voies de communication, terrestres et aériennes, entre le Qatar et les pays qui soutiennent l'embargo, l'Égypte a également rouvert ses portes à Doha. En particulier, dans une déclaration du Ministère égyptien des affaires étrangères, il a été signalé que le Caire avait échangé deux mémorandums officiels avec le pays du Golfe, dans lesquels les parties étaient convenues de rétablir les relations au niveau diplomatique.
     
    La réouverture des voies diplomatiques fait suite à celle de l'espace aérien égyptien, qui a eu lieu le 12 janvier, qui a permis d'opérer un vol par jour entre les deux capitales, tandis que les autorités des compagnies aériennes qatarie et égyptienne s'emploient à définir l'horaire des vols quotidiens entre les deux pays. Parallèlement, la nomination des ambassadeurs des missions diplomatiques respectives devrait avoir lieu dans les semaines à venir, vraisemblablement d'ici la fin du mois de mars.
     
    Par ailleurs, quelques heures à peine après la signature de la déclaration d'al-Ula, le ministre égyptien des Finances, Mohamed Maait, et son homologue américain, Steven Mnuchin, avaient assisté à la cérémonie d'ouverture d'un hôtel appartenant à Qatari Diar. société, située dans la capitale égyptienne, à laquelle assistait également le ministre des Finances de Doha, Ali Shareef al-Emadi. Selon certaines sources, la visite du ministre qatari avait également été à l'origine de discussions économiques avec des responsables égyptiens, au cours desquelles a été mis un terme à un différend entre le groupe Diar et une société égyptienne concernant un projet immobilier mis en pause suite à la crise. 
     
    La  «crise du Golfe» avait éclaté le 5 juin 2017 et avait opposé le Qatar, d'un côté, à l'Égypte, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et Bahreïn, de l'autre. Plus précisément, Doha était accusée de soutenir et de financer des groupes terroristes tels que le Hamas et le Hezbollah et de soutenir l'Iran, le principal rival de Riyad dans la région. En punition, un embargo diplomatique, économique et logistique lui avait été imposé. Après des mois de dégel progressif des tensions, le 5 janvier, les pays soutenant le blocus ont décidé de le mettre officiellement fin et, dans la déclaration finale d'al-Ula, ils ont déclaré qu'ils voulaient unir leurs efforts pour faire face. aux menaces communes, principalement l'Iran.
     
    Dans ce contexte, quelques semaines après l'accord, le 18 janvier, le ministre qatari des Affaires étrangères, Mohammed bin Abdulrahman Al Thani, a déclaré que son gouvernement espèrait que les pays arabes voisins pourront reprendre le dialogue avec Téhéran, et, dans ce cas, Doha était prête à servir de médiateur avec quiconque le souhaite, y compris les États-Unis. À la suite de cette déclaration, le 20 janvier, l'homologue iranien, Mohamad Javad Zarif , a salué la disponibilité de Doha, car l'Iran estime que la solution aux défis communs réside dans la collaboration. et dans la formation d'une "région forte" ainsi que "pacifique, stable, prospère et exempte d'hégémonies internationales ou régionales".
     
    Cependant, ces déclarations contredisaient les propos de l'Arabie saoudite  lors de la signature de la déclaration d'al-Ula. En effet, pour le pouvoir saoudien, l'objectif du rapprochement avec le Qatar était de permettre aux pays du Golfe de mieux faire face aux menaces posées par les programmes de missiles et nucléaire du régime iranien, considéré comme un danger imminent. Notons enfin que les propos de Doha et de Téhéran n'ont pas eu de suite du côté des monarchies de la région, qui n'ont pas apprécié les exercices militaires menés ces dernières semaines par l'Iran, visant à montrer à Washington leurs forces offensives et défensives .

  • Le Qatar appelle les pays arabes du Golfe à un dialogue avec l'Iran

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    cheikh Mohammed Abderrahmane Al-Thani.jpgLe Qatar a appelé les pays arabes du Golfe à tenir des discussions avec l'Iran, a déclaré le ministre des Affaires étrangères dans une interview diffusée mardi, deux semaines après la réconciliation entre Doha et ses voisins.
     
    Cheikh Mohammed Abderrahmane Al-Thani (photo) a émis l'espoir de voir un tel "dialogue se produire", dans une interview diffusée mardi par la télévision Bloomberg. "C'est aussi un désir d'autres pays du Conseil de coopération du Golfe", a-t-il ajouté en référence au CCG qui regroupe, outre son pays, l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, Oman et le Koweït.
     
    Le Qatar, boycotté depuis juin 2017 par quatre pays arabes, dont trois de ses voisins du Golfe en raison notamment de ses liens jugés trop proches de l'Iran, s'est réconcilié avec eux lors d'un sommet du CCG le 5 janvier en Arabie saoudite. Le Qatar et l'Iran se partagent l'un des plus grands gisements offshore de gaz au monde, et Doha entretient des relations cordiales avec Téhéran.
     
    Doha est un proche allié de Washington et sa prise de position en faveur d'un dialogue régional intervient au moment où le président américain, Donald Trump, artisan de la politique de "pression maximale" sur l'Iran, s'apprête à quitter la Maison Blanche.
     
    Riyad, grand rival régional de Téhéran, qui a souvent accusé son voisin d'ingérence, semble peu enclin à engager un dialogue avec l'Iran. Le prince héritier saoudien, Mohammad ben Salmane (MBS), a vu dans le rapprochement entre monarchies du Golfe un atout pour faire face aux "menaces posées par le programme nucléaire et de missiles balistiques du régime iranien".
     
    "Le Qatar facilitera les discussions si les parties prenantes le demandent, et soutiendra qui que ce soit pour le faire", a souligné cheikh Mohammad à la télévision Bloomberg.