Qamishli

  • Syrie: les Kurdes annoncent le rapatriement aux Pays-Bas de proches de l'Etat islamique

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    Les autorités kurdes dans le nord-est de la Syrie en guerre ont annoncé vendredi qu'elles allaient remettre ce week-end des Néerlandais liés au groupe Etat islamique à une délégation de leur pays afin qu'ils soient rapatriés.

    Le département des Affaires étrangères des autorités kurdes a indiqué que la remise de ces proches de Daech aux autorités néerlandaises aurait lieu samedi à 08H00 GMT à Qamichli sans plus de détails.

    Un haut responsable du département, Abdel Karim Omar, a déclaré à l'AFP que le transfert ne concernait pas des combattants de l'Etat islamique.

    Depuis leur proclamation en mars 2019 de la chute du "califat" de l'Etat islamique en Syrie, les Kurdes réclament le rapatriement des milliers de femmes étrangères et d'enfants de jihadistes qu'ils retiennent dans des camps surpeuplés.

    Malgré ces demandes répétées, la plupart des pays, notamment européens, rechignent à reprendre leurs citoyens. Certains, dont la France, ont rapatrié un nombre limité de mineurs, dont des orphelins.

    En 2019, deux orphelins de parents néerlandais avaient été rapatriés, avec douze enfants de jihadistes français, par l'intermédiaire d'une délégation française qui les avait remis à des représentants des Pays-Bas à Paris.

    La guerre en Syrie, déclenchée en 2011, s'est complexifiée au fil des ans avec l'implication de puissances étrangères et une multiplication des factions armées et de groupes jihadistes. Le conflit a fait près de 500.000 morts, selon une ONG.

  • Syrie : Toujours des combats à Qamishli entre forces de sécurité kurdes et miliciens pro-régime

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    105733_dsc_0016-768x512.jpegL'assassinat d'un chef de tribu arabe a provoqué une reprise des affrontements entre les Forces de défense nationale (FDN) pro-gouvernementales et les Asayish, l'aile de sécurité des Forces démocratiques syriennes (FDS), dans la ville de Qamishli dans le nord-est de la Syrie. 

    Le chef, Hayis Al-Jaryan (photo ci-contre), a été abattu  quelques minutes seulement après avoir quitté une réunion des leaders trivaux avec les dirigeants des FDN dans le district de Tayy, vendredi 23 avril. Les violents affrontements se poursuivent depuis trois jours dans le district.

    Al-Jaryan, un chef éminent de la tribu Bani Sab'a, participait aux efforts visant à négocier un accord de cessez-le-feu à Qamishli.

    Les Asayish ont accusé les FDN d'avoir assassiné al-Jaryan, qui était un partisan des FDS. Cependant, pour la tribu Tayy, ce sont les Kurdes qui sont responsables de cet assassinat. 

    La mort de Hayis Al-Jaryan a provoqué une reprise des affrontements. Les Asayish ont lancé une nouvelle attaque contre les combattants des FDN dans le district de Tayy. Les kurdes ont capturé dans la matinée du vendredi 23 avril les écoles Fadel Hassan et Ibn Sina situées dans le district.

    La veille, une délégation de la police militaire russe et de l'armée arabe syrienne s'était rendue sur les lignes de front à Tayy et rencontré des officiers des Asayish. Un cessez-le-feu avait été négocié mais il s'est effondré en quelques heures.

    Les Forces Démocratiques Syriennes (kurdes) dont font partie les Asayish, sont accusées par leurs adversaires de vouloir profiter du conflit pour renforcer leur influence à Qamishli. Le conflit est présenté comme une lutte contre le régime, tandis que les forces kurdes sont en fait confrontées à des tribus arabes locales qui défendent leur territoire.

    Pour l'instant, les affrontements se limitent toujours au district de Tayy. Cependant, la situation pourrait bientôt devenir incontrôlable. Les tribus arabes du nord-est de la Syrie pourraient rejoindre le conflit et prêter main forte aux membres de la tribu Tayy aux prises avec les forces kurdes.

    Déjà, selon nos informations, la zone des affrontements entre Asayish et FDN s'est élargie pour inclure également le quartier de Hilko, après avoir été confiné au quartier d'al-Tai.

    Une source militaire au sein des Asayish a déclaré que leurs forces avaient avancé d'environ 300 mètres lors des affrontements du jeudi et qu'elles étaient maintenant très proches du rond-point d'al-Tayy.

    La source a ajouté que les Asayish avait trouvé une grande quantité d'armes et de munitions dans le détachement de Lilo, dont les Asayish ont pris le contrôle tard dans la nuit de mercredi.

    Dernière nouvelle : 
    L'Administration autonome vient d'annoncer vendredi soir 23 avril un accord sur un cessez-le-feu humanitaire à Qamishli. Malheureusement, en début de nuit, malgré le cessez-le-feu, un poste de contrôle des Asayish près du rond-point d'al-Shabab a été la cible de tirs depuis des zones contrôlées par le régime. Les nouveaux affrontements ont duré très peu de temps et le calme est revenu presqu'aussitôt. Ils démontrent cependant la fragilité de la situation sur le terrain.



     

  • Syrie : Une dispute privée déclenche plusieurs heures de combats entre les forces pro-régime et les forces de sécurité kurdes à Qamishli

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    Tard dans la soirée du 20 avril 2021, de violents affrontements ont éclaté entre les Forces de défense nationale syriennes (FDN) pro-gouvernementales et les Asayish, l'aile de sécurité des Forces démocratiques syriennes (SDF) soutenues par les États-Unis dans la ville de Qamishli, dans le nord-est de la Syrie.

    Les Asayish ont affirmé que les FDN avaient attaqué l'un de leurs points de contrôle près du district de Tayy dans la ville. Un officier connu sous le nom de Khaled Haji a été tué et quatre autres ont été blessés dans l'incident. Les Asayish ont répliqué en lançant une attaque contre les positions des FDN à Tayy. 

    Les affirmations des Asayish ont été réfutées par le cheikh Mohamad al-Fars, chef de la tribu Tayy à Qamishli, qui a fourni des détails sur ce qui s'est exactement passé.

    Al-Fars a déclaré à l'agence U-News que des membres des 'Asayish avaient ouvert le feu sur le chef des FDN à Tayy alors qu'il conduisait une personne malade à l'hôpital. Le chef des FDN était accusé d'avoir violé un couvre-feu imposé par les FDS dans le cadre de mesures préventives contre la COVID-19.

    Vidéo de Khaled Haji (tué au cours des affrontements) parlant ici du couvre-feu dans le cadre de la crise sanitaire de la Covid-19

    Au cours des affrontements, qui ont duré jusqu'au matin du mercredi 21 avril, les unités Asayish ont capturé un certain nombre de postes des FDN. Quatre membres de la force pro-gouvernementale ont été blessés.

    Les affrontements à Qamishli sont juste entre les Asayish et les Forces de Défense Nationale (FDN - milice pro-régime). Les forces des Forces Démocratiques Syriennes (FDS - kurdes)  et de l'Armée Arabe Syrienne (l'armée du régime) n'ont pas pris part aux combats.

    Les affrontements se sont calmés suite à une intervention de la police militaire russe, qui maintient une base sur l'aéroport de Qamishli. Les FDN et les Asayish seraient actuellement en pourparlers pour désamorcer la crise et rétablir la stabilité à Qamishli.

    Ce ne sont pas les premiers affrontements entre les FDN et les Asayish à Qamishli, mais ce sont les combats les plus violents. La ville, qui est divisée entre les forces gouvernementales et les Forces Démocratiques Syriennes (kurdes), est encore loin d'être stable.

     

  • Syrie : Tensions dans le nord-est

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    Pendant des jours, les régions du nord-est de la Syrie et, en particulier, les villes de Hasakeh, Qamishli et al-Shahba, ont été témoins de tensions impliquant des groupes affiliés au gouvernement de Damas et les  Forces démocratiques syriennes (FDS), majoritairement kurdes. .

    Depuis le 31 janvier, de violentes manifestations ont éclaté dans la ville syrienne de Hasakeh, au cours desquelles un partisan de Bachar al-Assad, a été tué, tandis que 3 autres personnes étaient blessées. Les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance multi-ethnique et multi-religieuse, composée de majoritairement de Kurdes, mais aussi d'Arabes, de Turkmènes, d'Arméniens et de Tchétchènes, sont accusées d'avoir tiré sur la foule de manifestants.

    Comme le souligne le journal al-Arabiya, Hasakeh, une ville située près de la frontière avec la Turquie, continue d'être au centre d'un "siège mutuel" entre les forces d'Assad et les FDS. En fait, le gouvernement de Damas détient le contrôle d'une partie de la ville, y compris le centre et certains bâtiments gouvernementaux, tandis que  le reste de la ville est placé sous le contrôle de l'administration autonome du nord et de l'est de la Syrie. Cette dernière constitue une région autonome de facto, non reconnue par Damas, et considérée par les kurdes comme l'une des quatre parties du Kurdistan. Selon al-Arabiya,  l'administration autonome kurde accuse le régime d'essayer de créer une discorde entre Arabes et Kurdes à Hasakeh et Qamishli.

    Depuis 22 jours, les forces de sécurité intérieure kurdes (Asayish) assiègent les zones d'influence du régime à Hasakeh et Qamishli, bien qu'elles prétendent ne pas impliquer les civils dans ce blocus. De leur côté, les forces pro-gouvernementales assiègent plusieurs villes et villages contrôlés par les FDS dans la banlieue nord d'Alep, dans ce qu'on appelle la zone d'al-Shahba, où la quatrième division et les postes de contrôle militaires de Damas empêchent l'entrée de farine, carburant et médicaments, imposant d'énormes redevances à ceux qui souhaitaient y entrer.

    La province de Hasakeh a une importance stratégique, car elle est considérée comme le principal «grenier alimentaire» de la Syrie. Elle fournit des cultures agricoles définies comme stratégiques, telles que le coton, le blé, l'orge et les lentilles. La richesse de la région est également associée à la présence de champs pétrolifères, qui satisfont une grande partie des besoins syriens. Il s'agit notamment des champs d'al-Jabsa et de Rumailan, qui comprennent environ 1 322 puits, et une usine de production de gaz qui, avant la révolution de 2011, satisfaisait les besoins de la population syrienne. Malgré la présence d'un grand nombre de Kurdes syriens dans la province, ce sont les Arabes qui constituent la majorité de la population, tandis qu'une minorité de Syriaques habite plusieurs zones rurales, dont Tell Tamr.

    Bien que les forces d'Assad et les FDS vivent apparemment en paix depuis des années, Damas accuse les forces kurdes de continuer à "imposer un siège étouffant" et d'empêcher l'entrée de machines et de fournitures dans les régions du nord du pays. Les FDS, en revanche, accusent le régime d'avoir assiégé plusieurs zones à majorité kurde dans la province d'Alep, dans le nord de la Syrie, et d'imposer des procédures et des tarifs pour l'entrée des marchandises. Pourtant, ce sont précisément ces groupes kurdes qui ont demandé l'aide d'Assad lorsque, le 9 octobre 2019, Ankara avait lancé l'opération «Source de la paix», visant à retirer les forces kurdes de la «zone de sécurité» à la frontière entre la Syrie et la Turquie.

    Les États-Unis s'inscrivent également dans ce contexte, considérant les SDF comme un allié important dans la lutte contre l'Etat islamique. À cet égard, selon ce qui a été rapporté par des sources syriennes, au cours des dernières semaines, Washington a envoyé du matériel militaire et du matériel logistique dans la région de Yaroubia, dans la banlieue est de Hasakeh. En outre, 10 véhicules de transport de troupes ont été transférés à Al-Malikiyah, une ville également située à la périphérie de Hasakeh, près de la frontière avec la Turquie, où une mobilisation militaire croissante est surveillée, probablement par crainte d'une nouvelle opération militaire d'Ankara. Pour Damas, la présence des forces américaines en Syrie est «illégale».

    Parallèlement, le 1er février, le quotidien al-Araby al-Jadeed a rapporté qu'un avion-cargo russe avait atterri à l'aéroport de Qamishli, à la périphérie de Hasakeh, transportant 75 mercenaires de la société russe "Wagner" soutenue par Moscou, cela, dans un contexte de tension croissante entre Damas et l'administration autonome kurde. Selon des sources locales, les mercenaires ont ensuite été transférés vers la base aérienne russe de Khmeimim.

    Selon les dernières données de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), 113 civils ont été tués en janvier. Parmi les victimes, il y a 36 enfants et 6 femmes.

  • Syrie : Regain de tension à Qamichli après l'arrestation d'agents des services de renseignement syriens par la sécurité des FDS (Kurdes)

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    Les tensions sont montées d'un cran dans la ville de Qamichli, dans le nord-est de la Syrie, entre les forces gouvernementales et les Forces Démocratiques Syriennes (kurdes).
     
    Tard le 26 décembre, les forces de sécurité des FDS, communément appelées Asayish, ont arrêté trois officiers de la Direction du renseignement de l'armée de l'air syrienne. L'arrestation a eu lieu en réponse à une opération de sécurité des forces gouvernementales, au cours de laquelle plusieurs membres des FDS et des employés de son administration ont été placés en détention.
     
    Selon plusieurs sources, dont l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les forces de sécurité gouvernementales et les unités Asayish à Qamichli ont été placées en état d'alerte à la suite des arrestations. Néanmoins, aucun affrontement n'a été signalé.
     
    «Les forces de sécurité intérieure des FDS [Asayish] contrôlent la ville de Qamichli, bien que les forces du régime y soient stationnées à plusieurs endroits», a déclaré l'OSDH.
     
    La police militaire russe, qui maintient une grande base sur l'aéroport de Qamichli, est intervenue pour empêcher toute escalade en patrouillant à l'intérieur de la ville.
     
    Ces dernières années, des affrontements limités entre les forces gouvernementales et Asayish ont éclaté à plusieurs reprises dans la ville de Qamichli. En aucun cas, cependant, les affrontements ne se sont transformés en guerre ouverte.
     
    Les FDS, qui comptent sur le soutien de la Russie et de Damas pour dissuader les forces turques, relâcheront probablement les officiers des renseignements syriens, mais ce nouvel accès de fièvre ne devrait pas jouer en faveur des Forces Démocratiques Syriennes contrôlée par les Kurdes.

  • Syrie : Les forces kurdes libèrent plus de 600 prisonniers liés à l'Etat islamique

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    Les forces kurdes du nord de la Syrie ont libéré jeudi plus de 600 prisonniers syriens détenus pour leurs liens avec le groupe jihadiste Etat islamique (EI), a annoncé une responsable de l'administration autonome kurde.

    Cette libération a eu lieu dans le cadre d'une première amnistie générale décrétée il y a quelques jours par les autorités kurdes du nord-est syrien, et en vertu de laquelle 631 prisonniers condamnés pour terrorisme et ayant purgé la moitié de leur peine seraient libérés jeudi.

    Des dizaines milliers de détenus soupçonnés d'appartenir à l'EI, dont des centaines d'étrangers de diverses nationalités, se trouvent dans les prisons des Forces démocratiques syriennes (FDS), liées à l'administration autonome kurde dans cette région de Syrie.

    Amina Omar, coprésidente du Conseil démocratique syrien --vitrine politique des FDS--, a déclaré jeudi lors d'une conférence de presse à Qamishli (nord-est) que "tous ceux qui ont été libérés sont des Syriens" ayant collaboré avec l'EI, mais "n'ayant pas commis d'actes criminels".

    La libération des prisonniers a été obtenue par l'intermédiaire "et à la demande des chefs des tribus arabes" qui constituent la majorité de la population dans plusieurs zones contrôlées par les Kurdes, en particulier dans l'est de la Syrie.

    Devant la prison d'Alaya à la périphérie de la ville de Qamishli, un correspondant de l'AFP a vu des dizaines de prisonniers à leur sortie, certains portant des sacs, d'autres amputés d'un ou plusieurs membres, sous haute surveillance sécuritaire. Ils étaient attendus par leurs familles, y compris des femmes et des enfants. "Mon frère est en prison depuis huit mois pour trafic de femmes du camp (de déplacés) d'Al-Hol" dans le nord-est du pays, a indiqué Ahmad al-Hussein, en attendant la sortie de son frère Hamid, 50 ans et originaire de la province de Deir ez-Zor (est).

    L'administration autonome kurde avait décidé récemment de permettre à des milliers de Syriens, dont des déplacés et des proches de combattants de l'EI, de quitter le camp bondé d'Al-Hol, abritant plus de 64.000 personnes, y compris des étrangers.

    Depuis la chute du "califat" autoproclamé de l'EI en mars 2019, à l'issue d'une ultime offensive menée par les forces kurdes, soutenues par une coalition dirigée par Washington, les autorités kurdes appellent les pays concernés à rapatrier les jihadistes qu'elles détiennent ou de créer un tribunal international pour les juger.

    Cependant, la plupart des pays, notamment européens, rechignent à rapatrier leurs citoyens. Certains, dont la France, ont rapatrié un nombre limité d'enfants orphelins de jihadistes.

  • Syrie : Américains et Russes en compétition pour le contrôle des coeurs et des esprits des populations dans le nord-est syrien

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    Les forces russes sont de plus en plus rejetées par la population locale dans le nord-est de la Syrie alors qu'elles tentent d'étendre leur présence militaire dans cette partie du pays déchiré par la guerre.

    La semaine dernière, un convoi militaire russe est arrivé dans un village près de la frontière entre la Syrie et la Turquie où des officiers russes avaient expliqué leur intention d'établir un avant-poste militaire dans la région.

    "Environ 12 véhicules blindés russes sont arrivés dans notre village vendredi dernier", a déclaré une source locale habitant le village de Sarmsakh, dans le nord-est de la Syrie. "Plus de 200 habitants de notre village et d'un village voisin se sont rapidement rassemblés et se sont dirigés vers l'endroit où se trouvaient les Russes."

    La source locale a précisé : "Un commandant russe nous a dit qu'ils voulaient construire un avant-poste dans le village pour notre protection. Nous leur avons simplement dit que nous ne voulions pas de leur protection et que nous n'avions pas confiance dans les Russes."

    Il a ajouté, "Nous leur avons dit que s'ils ne partaient pas, nous jetterions des pierres sur leurs véhicules. Ils ont dit que si nous ne voulions pas d'eux, ils partiraient. Et c'est comme ça qu'ils ont quitté le village."

    Ce n'est pas la première fois que les forces russes font face à des protestations de la population Kurde locale dans le nord-est de la Syrie. En juin, un convoi russe avait déjà été confronté à l'hosilité de la population locale lorsqu'il est arrivé dans un village près des frontières syriennes avec la Turquie et l'Irak dans le but de construire une base.

    Ces derniers mois, la Russie, un des principaux soutiens du régime du président syrien Bachar al-Assad, a renforcé son implantation dans le nord-est du pays, qui est largement contrôlé par les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) une coalition de groupes armés dominée par les milicins Kurdes.

    Dans la foulée de l'offensive lancée par l'armée turque et les rebelles syriens alliés d'Ankara, contre les FDS soutenues par les Etats-Unis en octobre 2019, les troupes russes sont entrées dans la région. Ils ont profité pour cela du retrait partiel des troupes américaines de la zone frontalière entre la Syrie et la Turquie.

    Un commandant kurde a déclaré que "les Russes se déplacent presque librement dans notre région" depuis octobre 2019.

    Déficit de confiance
    "La Russie souffre d'un déficit de confiance dans la plupart des régions du nord-est de la Syrie", a déclaré à la VOA Nicholas Heras, un expert du Moyen-Orient à l'Institut pour l'étude de la guerre à Washington (Study of War). "Les Russes ont essayé de se présenter comme des intermédiaires honnêtes entre les Kurdes et Damas, sans grand résultat tangible".

    Heras a noté qu'"une présence militaire russe élargie à Qamishli, où les Russes cherchent à établir une base importante, compromettrait l'influence des Kurdes syriens sur Assad, qui ne peut pas les ramener sous son règne par la seule force militaire".

    "Les Kurdes syriens essaient de dire à la Russie que c'est eux, et non pas Moscou ou Damas, qui contrôlent leur propre territoire", a-t-il ajouté.

    Défier les États-Unis
    Il reste que les tentatives de la Russie de s'étendre militairement dans le nord-est de la Syrie sont destinées principalement à concurrencer la présence militaire américaine dans la région.

    "Les Russes essaient de défier les États-Unis et d'utiliser la population locale. Il y a donc une rivalité pour le contrôle des cœurs et les esprits", a déclaré Seth Frantzman, directeur du Centre de rapport et d'analyse du Moyen-Orient.

    "Si les informations sont exactes que la population locale s'oppose à l'installation de bases russes, ce serait un énorme revirement par rapport à octobre dernier et prouverait que les États-Unis ont réussi à rétablir la confiance", a déclaré Frantzman.

    Les États-Unis comptent actuellement environ 500 soldats dans le nord-est syrien qui, selon les responsables américains, protègent les champs pétrolifères de la région et empêchent la réapparition de l'État islamique.

    Le mois dernier, des responsables américains ont déclaré qu'une société américaine avait conclu un accord avec les autorités kurdes du nord-est de la Syrie pour développer et exporter du pétrole brut dans les zones sous leur contrôle.

    Cet accord a provoqué la colère des gouvernements russe et syrien, qui l'ont tous deux qualifié d'illégal.

    La compétition entre Russes et Américains a donné lieu à des tensions entre les militaires des deux super-puissances en Syrie. Fin août, des responsables militaires américains ont déclaré que quatre soldats américains avaient été blessés lors d'une altercation avec les forces russes dans le nord-est syrien.