Qamishli

  • Syrie : Américains et Russes en compétition pour le contrôle des coeurs et des esprits des populations dans le nord-est syrien

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    Les forces russes sont de plus en plus rejetées par la population locale dans le nord-est de la Syrie alors qu'elles tentent d'étendre leur présence militaire dans cette partie du pays déchiré par la guerre.

    La semaine dernière, un convoi militaire russe est arrivé dans un village près de la frontière entre la Syrie et la Turquie où des officiers russes avaient expliqué leur intention d'établir un avant-poste militaire dans la région.

    "Environ 12 véhicules blindés russes sont arrivés dans notre village vendredi dernier", a déclaré une source locale habitant le village de Sarmsakh, dans le nord-est de la Syrie. "Plus de 200 habitants de notre village et d'un village voisin se sont rapidement rassemblés et se sont dirigés vers l'endroit où se trouvaient les Russes."

    La source locale a précisé : "Un commandant russe nous a dit qu'ils voulaient construire un avant-poste dans le village pour notre protection. Nous leur avons simplement dit que nous ne voulions pas de leur protection et que nous n'avions pas confiance dans les Russes."

    Il a ajouté, "Nous leur avons dit que s'ils ne partaient pas, nous jetterions des pierres sur leurs véhicules. Ils ont dit que si nous ne voulions pas d'eux, ils partiraient. Et c'est comme ça qu'ils ont quitté le village."

    Ce n'est pas la première fois que les forces russes font face à des protestations de la population Kurde locale dans le nord-est de la Syrie. En juin, un convoi russe avait déjà été confronté à l'hosilité de la population locale lorsqu'il est arrivé dans un village près des frontières syriennes avec la Turquie et l'Irak dans le but de construire une base.

    Ces derniers mois, la Russie, un des principaux soutiens du régime du président syrien Bachar al-Assad, a renforcé son implantation dans le nord-est du pays, qui est largement contrôlé par les Forces Démocratiques Syriennes (FDS) une coalition de groupes armés dominée par les milicins Kurdes.

    Dans la foulée de l'offensive lancée par l'armée turque et les rebelles syriens alliés d'Ankara, contre les FDS soutenues par les Etats-Unis en octobre 2019, les troupes russes sont entrées dans la région. Ils ont profité pour cela du retrait partiel des troupes américaines de la zone frontalière entre la Syrie et la Turquie.

    Un commandant kurde a déclaré que "les Russes se déplacent presque librement dans notre région" depuis octobre 2019.

    Déficit de confiance
    "La Russie souffre d'un déficit de confiance dans la plupart des régions du nord-est de la Syrie", a déclaré à la VOA Nicholas Heras, un expert du Moyen-Orient à l'Institut pour l'étude de la guerre à Washington (Study of War). "Les Russes ont essayé de se présenter comme des intermédiaires honnêtes entre les Kurdes et Damas, sans grand résultat tangible".

    Heras a noté qu'"une présence militaire russe élargie à Qamishli, où les Russes cherchent à établir une base importante, compromettrait l'influence des Kurdes syriens sur Assad, qui ne peut pas les ramener sous son règne par la seule force militaire".

    "Les Kurdes syriens essaient de dire à la Russie que c'est eux, et non pas Moscou ou Damas, qui contrôlent leur propre territoire", a-t-il ajouté.

    Défier les États-Unis
    Il reste que les tentatives de la Russie de s'étendre militairement dans le nord-est de la Syrie sont destinées principalement à concurrencer la présence militaire américaine dans la région.

    "Les Russes essaient de défier les États-Unis et d'utiliser la population locale. Il y a donc une rivalité pour le contrôle des cœurs et les esprits", a déclaré Seth Frantzman, directeur du Centre de rapport et d'analyse du Moyen-Orient.

    "Si les informations sont exactes que la population locale s'oppose à l'installation de bases russes, ce serait un énorme revirement par rapport à octobre dernier et prouverait que les États-Unis ont réussi à rétablir la confiance", a déclaré Frantzman.

    Les États-Unis comptent actuellement environ 500 soldats dans le nord-est syrien qui, selon les responsables américains, protègent les champs pétrolifères de la région et empêchent la réapparition de l'État islamique.

    Le mois dernier, des responsables américains ont déclaré qu'une société américaine avait conclu un accord avec les autorités kurdes du nord-est de la Syrie pour développer et exporter du pétrole brut dans les zones sous leur contrôle.

    Cet accord a provoqué la colère des gouvernements russe et syrien, qui l'ont tous deux qualifié d'illégal.

    La compétition entre Russes et Américains a donné lieu à des tensions entre les militaires des deux super-puissances en Syrie. Fin août, des responsables militaires américains ont déclaré que quatre soldats américains avaient été blessés lors d'une altercation avec les forces russes dans le nord-est syrien.

     

  • Syrie : Deux soldats du régime tués par un raid de la coalition internationale

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    Deux soldats du régime syrien ont été tués lundi dans un raid aérien de la coalition internationale contre leur point de contrôle à Tel Dahab, près de la ville de Qamishli, dans le nord-est de la Syrie, a rapporté une ONG.

    "Un avion de la coalition a pris pour cible un barrage militaire qui avait empêché le passage d'un convoi" des forces de la coalition internationale dirigée par Washington, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

    De son côté, l'agence de presse étatique syrienne Sana a confirmé la mort d'un soldat et fait état de deux blessés dans un raid "mené par un avion américain contre un barrage de l'armée" près de Qamishli. Le raid a eu lieu après que les soldats d'un "checkpoint aient empêché le passage d'une patrouille américaine", précise Sana.

    La frappe de lundi est le premier incident meurtrier depuis six mois dans cette région, où les tensions ne sont pas rares, selon l'OSDH.

    Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, mais aussi les forces de la coalition internationale qui les soutiennent, sont présentes dans le nord-est syrien, où sont également déployées des troupes de Damas et de la police militaire russe.

    La coalition internationale a nié dans un communiqué avoir mené un raid aérien. Elle indique toutefois qu'après être passée par un point de contrôle tenu par des combattants pro-régime, une patrouille conjointe de troupes de la coalition et de forces kurdes avait essuyé des tirs "d'individus dans les environs". La patrouille de la coalition a alors "riposté par des tirs pour se défendre".

    Le 12 février 2020, un civil partisan du régime avait été tué lors d'un échange de tirs avec une patrouille de la coalition internationale alors qu'elle était tombée "par erreur" sur un poste des forces pro-régime, selon l'Observatoire. La coalition internationale avait déclaré à l'époque qu'elle avait répondu à des tirs inconnus "en légitime défense.

  • Syrie : Russie-Turquie: les patrouilles conjointes sur l'autostrade M4 à Edleb suspendues

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    La Russie et la Turquie ont suspendu les patrouilles militaires conjointes menées le long de la route internationale M4, qui relie Alep et Lattaquié, en raison de l'augmentation des attaques de combattants armés dans la province d'Edleb, au nord-ouest de la Syrie. C'est ce que le ministère russe des Affaires étrangères a annoncé jeudi 13 août, précisant que des patrouilles conjointes étaient organisées sur la M4 depuis le 5 mars 2020, lorsque Moscou et Ankara avaient signé une trêve dans le gouvernorat d'Edleb. L'objectif de la Turquie était de créer une zone démilitarisée, une "zone de sécurité", à environ 30 km de la frontière syro-turque.

    Les patrouilles, bien qu'elles aient réussi à mener plusieurs opérations, ont souvent été gênées non seulement par des groupes rebelles locaux, mais aussi par l'organisation jihadiste, d'idéologie salafiste, Hayat Tahrir al-Sham (HTS), affiliée à al-Qaïda et impliquée. dans la guerre civile syrienne. Le groupe a tenté à plusieurs reprises de parvenir à un accord avec les forces du régime pour créer un passage dans le Nord-Ouest pour permettre des échanges commerciaux. L'objectif était d'alléger les difficultés économiques rencontrées par les militants du groupe et d'éviter un démantèlement de l'organisation, ce qui n'allait pas manquer de représenter un avantage pour la Turquie.

    Les récentes attaques des "extrémistes" ont cependant réussi à provoquer la suspension des patrouilles russo-turques, selon ce qui a été annoncé par la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova. «Les terroristes ont multiplié les bombardements contre les troupes gouvernementales et les localités voisines, sans cesser leurs provocations dans le« couloir de sécurité »le long de l'autoroute M4. Par conséquent, les patrouilles conjointes ont été suspendues », a-t-elle déclaré le 13 août lors d'une conférence de presse. Les deux armées ont effectué 24 patrouilles conjointes le long de la route internationale M4, qui relie l'est et l'ouest de la Syrie. La dernière a eu lieu à hauteur de Trumbah et Ayn Al Havron mercredi 12 août, selon les déclarations du ministère turc de la Défense. Auparavant, deux patrouilles avaient déjà été interrompues en raison de problèmes de sécurité.

    Autoroute M-4
    L'autoroute M4 est considérée comme une voie de communication très importante pour le nord de la Syrie, parallèle à la frontière avec la Turquie. La M4 s'étend de la frontière avec l'Irak à la ville côtière de Lattaquié dans le nord-est de la Syrie, en passant par Qamishli, Tell Tamer, Ain Issa, Manbij, mais aussi Alep et Edleb. L'artère avait été fermée à la suite de l'opération lancée par la Turquie le 9 octobre, connue sous le nom de "Source de la paix", contre les Forces démocratiques syriennes (FDS)n une coalition de miliciens majoritairement kurdes. C'est étalement une route commerciale qui améliorerait les échanges économiques de la Syrie. La M4 représente enfin une voie d'approvisionnement pour les forces kurdes.

    Pendant ce temps, le conflit syrien en cours, qui a éclaté le 15 mars 2011, est maintenant entré dans sa dixième année. L'armée du régime syrien est assistée par Moscou, tandis que de l'autre côté il y a les rebelles, qui reçoivent le soutien de la Turquie. La trêve du 5 mars a été pratiquement respectée ces derniers mois, à l'exception des violations sporadiques principalement commises par les forces gouvernementales syriennes et des attaques contre des patrouilles conjointes russo-turques sur la route internationale M4. Cependant, le cessez-le-feu a été accueilli avec scepticisme par les résidents, qui ont vu d'innombrables initiatives échouer ces dernières années, et craignent de voir bientôt de nouvelles offensives et une escalade reprendre.

    Le Réseau syrien des droits de l'homme a rapporté le 2 août qu'il avait documenté la mort d'environ 120 civils au total en juillet à la suite d' attaques et d'offensives menées par toutes les parties impliquées dans le conflit. Parmi les victimes, rapporte le Réseau, il y avait aussi 26 enfants et 11 femmes. À ce bilan, il faut également ajouter 13 civils qui sont morts des suites de la torture, perpétrée par les forces d'Assad ainsi que par les forces d'opposition et par les Forces démocratiques syriennes (FDS).

  • Frontlive-Chrono des samedi 19 et dimanche 20 janvier 2019

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    Mali: Attaque contre l’ONU – Au moins huit Casques bleus tchadiens tués

     

    Somalie: Attaque à la voiture piégée contre un base militaire gouvernementale dans le sud du pays

     

    Syrie: Photo du kamikaze de Manbij

     

    Syrie: Attentat au sud de Damas – Un dirigeant du Hezbollah pris pour cible

     

    Syrie: Explosion d’une bombe dans un bus à Afrine et manifestation à Qamichli contre « l’occupation turque »

     

    Syrie : la défense anti-aérienne réplique à des raids « israéliens » dans le Sud, rapporte l’agence Sana

     
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  • Articles mis sur le site Frontlive-Chrono le 19 février 2018 :

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    FRONTLIVE CHRONO 
    Lundi 19 février 2018  
    Articles mis sur le site Frontlive-Chrono le 19 février 2018 :
     
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    Egypte : 3 soldats égyptiens tués dans le Sinaï au cours des opérations anti-jihadistes - Cliquer
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    Syrie :
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    Jean René Belliard
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  • Les Kurdes de Syrie préparent les premières élections dans la "région fédérale"

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    Les autorités kurdes en Syrie ont commencé à préparer la tenue des premières élections locales dans le cadre du système fédéral qu'elles ont mis en place dans le nord du pays, a indiqué samedi à l'AFP une responsable.
    Hadiya Youssef, co-présidente de l'assemblée constituante du système fédéral, a tenu samedi 26 août une réunion à Qamishli devant des Kurdes, des Arabes, des Syriaques et des représentants d'autres communautés pour les informer de la façon dont se tiendraient les trois phases du processus électoral.
    La première phase aura lieu le 22 septembre, selon Mme Youssef, et verra les habitants voter pour des représentants au niveau de leur quartier. Les élections pour les conseils exécutifs des villes et régions se tiendront le 3 novembre. Enfin, le 19 janvier 2018, les habitants éliront des conseils législatifs pour chacun des trois cantons (Afrine, Fourat et Jaziré), ainsi qu'une unique assemblée législative.
    Chaque canton pourra voter des lois "pourvu que celles-ci ne contredisent pas le +contrat social+", a précisé Mme Youssef.
    "Contrat social"
    Fin 2016, les Kurdes s'étaient dotés d'un "contrat social", une Constitution pour la "région fédérale" autonome qu'ils avaient proclamée dans le Nord en janvier de la même année. Les élus des assemblées législatives auront un mandat de quatre ans, ceux des autres instances de deux ans.
    Régime syrien, opposition et Turquie ont mal accueille la proclamation de "Région fédérale"
    Le régime et l'opposition en Syrie ou encore la Turquie voisine avaient mal accueilli la proclamation de la "région fédérale" en 2016, mettant en garde contre un morcellement du pays. Mme Youssef s'est défendue samedi de toute velléité de partition de la Syrie, pays déjà morcelé par plus de six ans de guerre. "Notre système fédéral est géographique et ne vise pas à diviser la Syrie", a-t-elle dit à l'AFP.
    Les Kurdes, fers de lance dans la bataille contre l'Etat islamique
    En difficulté dans plusieurs régions face à la rébellion, le régime avait retiré ses forces dans le nord et le nord-est du pays en 2012. Depuis, les Kurdes se sont évertués à y créer une région autonome. Ils sont devenus un acteur incontournable dans le conflit et sont notamment les fers de lance dans la bataille visant à chasser l'Etat islamique (Daech) de la ville de Raqqa (nord), son fief dans le pays.
    La Turquie farouchement opposée à la tenue du référendum kurde
    La Turquie, qui qualifie de "terroriste" le principal parti kurde en Syrie, le Parti de l'union démocratique kurde, est par ailleurs vigoureusement opposée au référendum qui doit se tenir le 25 septembre sur l'indépendance du Kurdistan irakien.

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  • Kurdes et Assyriens hostiles au plan de paix de l'opposition syrienne - 14 septembre 2016

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    Blog sur le Moyen Orient et l’Afrique du nord du 13 septembre  2016

    Allemagne-Belgique-France : Allemagne : Trois jihadistes syriens arrivés dans le flot des réfugiés détenus
    Allemagne-Belgique-France : Belgique : Nouvelle perquisition visant le jihadiste Oussama Atar

    Egypte : La Conférence de Grozny sur le sunnisme provoque une brouille entre Egyptiens et Saoudiens

    Irak : Des blindés français sont arrivés sur la base de Makhmour (sud de Mossoul)

    Israël-Cisjordanie-Gaza :Riposte israélienne à un tir de mortier sur la partie israélienne du Golan

    Libye : Poursuite de l'offensive du général Haftar dans le croissant pétrolier

    Syrie : Des militaires russes sur la route du Castello
    Syrie : Un convoi humanitaire en route vers Alep
    Syrie : Pour le département d'Etat américain, la trêve s'applique également aux Kurdes et aux Turcs
    Syrie : Kurdes et Assyriens hostiles au plan de paix de l'opposition syrienne
    Syrie : Nouvelle vidéo d'horreur de Daech avec un message de menaces pour la France

     

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