Province de Kunduz

  • Afghanistan : Trois nouvelles capitales provinciales du Nord aux mains des talibans

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    Les talibans ont renforcé dimanche 8 août 2021 leur contrôle sur le nord de l'Afghanistan, en s'emparant de trois capitales provinciales supplémentaires, dont la grande ville de Kunduz, dans une large offensive que l'armée semble incapable d'enrayer.

    A quelques heures d'intervalle, les insurgés ont, après de violents combats, pris possession de Kunduz, qu'ils encerclaient depuis quelques semaines. Ils ont ensuite pris Sar-e-Pul, puis Taleqan en fin de journée, les capitales des provinces situées au sud et à l'est de Kunduz. Ils contrôlent maintenant cinq des 34 capitales provinciales afghanes.

    Les affrontements ont débuté dans la matinée et les talibans ont fini par prendre la ville "sans beaucoup de combats" alors que les responsables et forces sécuritaires ont fui la ville. "Les talibans sont partout dans la ville avec leurs drapeaux blancs sur des pickups et Humvees. Certains tirent en l'air pour célébrer (leur victoire)" a raconté un habitant. "Nous avons peur et nous n'osons pas encore sortir de nos maisons".

    Un responsable sécuritaire a confirmé la fuite des forces afghanes et responsables locaux vers un district voisin. "Le gouvernement a échoué à nous envoyer de l'aide et nous nous sommes retirés de la ville cet après-midi", a-t-il indiqué.

    Zabihullah Mujahid, un porte-parole taliban, a confirmé la prise de Taleqan assurant que "la sécurité y a été restaurée" ainsi que celle de Kunduz et Sar-e-pul, tombées dans la matinée. "Les talibans ont pris le contrôle de tous les bâtiments clefs de la ville", a affirmé un correspondant de l'AFP à Kunduz.

    La ville d'environ 300.000 habitants, déjà tombée deux fois ces dernières années aux mains des insurgés, en 2015 et 2016, est un carrefour stratégique du nord de l'Afghanistan, entre Kaboul et le Tadjikistan. La prise de Kunduz constitue le principal succès militaire des talibans depuis le début de leur offensive en mai 2021, lancée à la faveur du retrait des forces internationales, qui doit être complètement achevé d'ici le 31 août.

    Après s'être emparés de vastes territoires ruraux, ils concentrent leurs efforts depuis le début août sur les centres urbains, encerclant plusieurs capitales provinciales. "C'est le chaos total", a affirmé Abdul Aziz, un résident du centre de Kunduz, joint au téléphone par l'AFP.

    Toujours des combats à Kunduz
    Fin juin, les talibans avaient conquis le poste-frontière de Shir Khan Bandar à Kunduz, frontalier du Tadjikistan, un axe névralgique pour les relations économiques avec l'Asie centrale.
    Des sources locales ont rapporté que la prison, les QG de la police et du renseignement (NDS) étaient tombés aux mains des talibans tandis que les forces pro-gouvernementales restantes se seraient retirées à l'aéroport de Kunduz. Vidéo des talibans à Kunduz.
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    Le ministère de la Défense a affirmé de son côté que les troupes gouvernementales tentaient de reprendre des zones clés de Kunduz. "Les forces commandos ont lancé une opération de nettoyage. Certains endroits, dont la radio nationale et les bâtiments de la télévision, ont été dégagés", a-t-il affirmé. "La capture de Kunduz est vraiment importante car elle va libérer un grand nombre de combattants talibans qui pourront ensuite être mobilisés en d'autres endroits du Nord", a souligné pour l'AFP Ibraheem Thurial Bahiss, consultant de l'International Crisis Group (ICG). Les affrontements sont également en cours entre les forces spéciales afghanes et les talibans dans des villages stratégiques autour de la ville de Kunduz. Vidéo.
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    Selon le Corps des opérations spéciales (CGRI), les commandos ont repris aux talibans le carrefour du général Abdul Raziq et le siège de la télévision nationale dans le centre de Kunduz.
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    Après Kunduz, Sar-e-Pul est aussi tombée aux mains des talibans. Ceux-ci s'étaient déjà emparés samedi de Sheberghan, plus au nord, fief du célèbre chef de guerre Abdul Rashid Dostum.

    Parwina Azimi, une activiste des droits humains, a affirmé à l'AFP par téléphone que les responsables administratifs et le reste des forces armées s'étaient retirés vers des baraquements à environ trois kilomètres de Sar-e-Pul. Mirwais Stanikzai, porte-parole du ministère de l'Intérieur, a quant à lui indiqué que des renforts, dont des forces spéciales, avaient été envoyés à Sar-e-Pul et Sheberghan. "Les villes que les talibans veulent prendre seront bientôt leurs cimetières", a-t-il ajouté.

    Le ministère afghan de la Défense a déclaré que des avions de chasse américains B-52 ont attaqué des positions talibanes à Sheberghan, la capitale de la province de Jawzhan (carte ci-dessous). Fouad Aman, porte-parole adjoint du ministère, a écrit sur Twitter que l'attaque a eu lieu à 18h30, samedi 7 août, et  fait de lourdes pertes parmi les talibans.
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    De leur côté, les talibans ont affirmé que le chef du conseil provincial de Jawzhan les avait rejoints.
    Zabihullah Mujahid, porte-parole des talibans, a écrit sur Twitter que Babar Ishchi et 20 de ses hommes avaient rejoint les talibans
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    Province de Herat
    Les talibans du district de Karkh, dans la province d'Herat, ont rassemblé aujourd'hui un certain nombre de veuves sous prétexte d'aide alimentaire, puis ont demandé un mollah du groupe et les ont mariées de force à leurs combattants

    Province de Samangan
    Au moins sept insurgés talibans ont été tués et cinq autres blessés lors d'une opération conjointe de la police nationale afghane, des forces de sécurité nationales afghanes et du soulèvement national afghan dans le district de Hazrat Sultan de la province de Samangan.
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    Rapidité de l'avancée des talibans
    L'incapacité de Kaboul à tenir le nord du pays pourrait s'avérer cruciale pour les chances de survie du gouvernement. Le nord de l'Afghanistan a toujours été considéré comme une place forte anti-talibans, où la résistance à leur encontre avait été la plus forte lors de leur accession au pouvoir dans les années 1990.

    Les talibans ont dirigé le pays entre 1996 et 2001, en imposant leur version ultra-rigoriste de la loi islamique, avant d'être chassés par une coalition internationale menée par les États-Unis. Vendredi, les insurgés s'étaient aussi emparés de la ville de Zaranj, capitale de la province de Nimruz (sud), à la frontière avec l'Iran.

    Kandahar (sud) et Hérat (ouest), deuxième et troisième villes du pays, sont aussi soumises à leurs assauts depuis plusieurs jours, tout comme Lashkar Gah (sud), capitale de la province du Helmand, un des bastions des insurgés. La rapidité de l'avancée talibane a pris par surprise les forces de sécurité afghanes, malgré l'aide reçue de l'armée de l'air américaine.

    Les États-Unis ont intensifié leurs frappes aériennes, a reconnu le commandant Nicole Ferrara, porte-parole du Commandement central de l'armée américaine, qui a déclaré samedi à l'AFP : "Les forces américaines ont procédé ces derniers jours à plusieurs frappes aériennes pour défendre nos partenaires afghans". Les combats et bombardements ont poussé des centaines de milliers d'Afghans à fuir leurs maisons.

    Samedi, douze passagers d'un bus ont été tués dans l'explosion d'une mine placée en bord de route alors qu'ils tentaient de fuir la ville de Gardez, dans la province de Paktia (sud-est). "J'ai perdu ma mère, mon père, mes deux frères, mes deux belles-soeurs et d'autres membres de la famille", a raconté Noor Jan.

  • Afghanistan : Les talibans s'emparent d'une deuxième capitale provinciale

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    Les talibans se sont emparés, samedi 7 août 2021, de la ville de Shabarghan (nord), deuxième capitale provinciale à tomber aux mains des insurgés en moins de 24 heures et depuis le début du retrait définitif des forces étrangères d'Afghanistan en mai.

    "Les forces (afghanes) et les responsables ont fui vers l'aéroport" a indiqué à l'AFP Qader Malia, vice-gouverneur de la province de Jawzhan, dont Shabarghan est la capitale, alors qu'à Kaboul, les inquiétudes montent déjà après la chute d'une autre capitale provinciale la veille.

    La province de Jawzhan est le bastion du maréchal Abdul Rashid Dostom, puissant dirigeant de milice ouzbek, réputé pour sa loyauté changeante et sa barbarie. Si son bastion de Shabarghan devait rester aux mains des talibans, ce serait un nouveau revers pour le gouvernement qui a récemment fait appel aux anciens chefs de guerre pour tenter d'endiguer l'avancée des insurgés. Les talibans s'étaient déjà rendus maîtres vendredi d'une première capitale provinciale, Zaranj (sud), sans réelle résistance des forces afghanes.

    Selon un journaliste de Shabarghan qui a demandé l'anonymat, les combats ont débuté vers 04H00 du matin avec des "coups de feu et explosions", avant le retrait des forces pro-gouvernementales vers midi. "Maintenant les talibans sont partout, avec leurs drapeaux (...) les rues sont désertes et nous n'osons pas quitter nos maisons", a-t-il raconté. Un conseiller du maréchal Dostom a confirmé la chute de Shabarghan. "Les forces de sécurité et les responsables se sont retirés dans une zone située à environ 20 km de la ville. Ils s'étaient déjà préparés, notamment en y transférant assez de munitions pour se défendre face à une attaque des talibans", a-t-il précisé. Ehsan Niro, un porte-parole de M. Dostom, a cependant assuré que des miliciens continuent de combattre les talibans aux abords de la ville.

    Les talibans se sont emparés ces trois derniers mois de vastes territoires ruraux et dirigent désormais leurs offensives sur les grandes villes, encerclant plusieurs capitales provinciales, dont Kandahar (sud) et Hérat (ouest), deuxième et troisième villes du pays.

    La peur à Kaboul
    A Kaboul, des résidents interrogés par l'AFP samedi matin ont exprimé leurs inquiétudes suite à la prise de Zaranj. "Si le gouvernement ne prend pas la situation sécuritaire sérieusement (...) toutes les provinces pourraient tomber aux mains des talibans", a déploré Walid Ahmad, 20 ans, qui a fui les combats à Takhar (nord) il y a deux semaines.

    Mohammad Qaim, 35 ans, a quant à lui fui Lashkar Gah, ville du Sud ravagée par les combats. "Les talibans pourront peut-être prendre plus de villes", s'est-il alarmé, martelant que la situation dépendait de l'interférence de pays tiers. "La guerre est imposée aux Afghans, et les Afghans brûlent."

    Povince de Nimruz : Les talibans contrôlent la ville de Zaranj, la capitale provinciale
    Zaranj est une ville relativement reculée, qui compte environ 63 000 habitants. Un porte-parole de la police de Nimruz, qui a préféré garder l'anonymat pour des raisons de sécurité, a déclaré à l' agence de presse Reuters que les talibans avaient réussi à prendre la ville en raison de l'échec du gouvernement de Kaboul à envoyer des renforts. 
    Un commandant taliban a souligné que la ville est d'une importance stratégique car elle est située à la frontière avec l'Iran. "C'est le début et d'autres provinces vont tomber entre nos mains très bientôt", a-t-il ajouté.
    Aux premières heures du 6 août, les talibans avaient annoncé qu'ils avaient libéré les prisonniers de la prison de Zaranj et pris le contrôle du quartier général provincial des renseignements. Le groupe avait ensuite demandé aux autorités locales de se rendre, en envoyant une demande écrite, accompagnée de photos et de vidéos des combattants à proximité des bâtiments du gouvernement. Les photos montraient les combattants talibans stationnés à l'extérieur de l'enceinte du gouverneur provincial.
    Sur les réseaux sociaux, les vidéos diffusées par les talibans suggèrent un accueil plus chaleureux de la part des civils à Zaranj. Ces publications montrent les talibans brandissant leurs drapeaux sur des véhicules militaires alors que des jeunes hommes et garçons les acclament. Il est cependant difficile de savoir si ces réactions suggèrent un réel soutien aux insurgés ou si les civils doivent montrer leur soutien afin d'assurer leur sécurité.
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    Province de Kunduz : Civils pris au piège à Kunduz
    Depuis Kunduz, ville du Nord assiégée par les talibans depuis des semaines, l'activiste Rasikh Marof a raconté à l'AFP par téléphone que les combats ont fait rage la nuit dernière dans des villages stratégiques autour de la ville de Kunduz et près du centre-ville, sans que les talibans ne puissent gagner du terrain. Les assauts sont menés par un nombre considérable de talibans. Les forces gouvernementales ont "sérieusement défendu" la ville pour empêcher les talibans d'entrer, a-t-il expliqué, précisant que ces derniers utilisaient "des mortiers et des armes lourdes".

    Les forces afghanes ont eu recours à des frappes aériennes, selon M. Marod et un responsable local. "De nombreux magasins ont fermé et les gens restent chez eux pour se protéger", a continué l'activiste. Selon le Dr Fazli, responsable de la santé pour la province de Kunduz, contacté par l'AFP dans la matinée, 38 blessés et 11 morts civils avaient été emmenés à l'hôpital principal de la ville depuis la reprise des violences la nuit dernière. "Les ambulances ne peuvent pas se déplacer à cause des combats", a-t-il ajouté, précisant que ces chiffres pourraient augmenter dans la journée.
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    Province de Baghlan
    Huit talibans ont été tués et trois autres blessés après que l'Armée afghane ait repoussé les attaques des talibans dans le district de Khost.
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    Les États-Unis envoient des bombardiers en Afghanistan pour combattre les talibans
    Les États-Unis ont envoyé des bombardiers B-52 Stratofortress en Afghanistan pour combattre les militants talibans, écrit le journal Times, citant des sources de la communauté de défense des États-Unis.
    Le nombre d'avions n'a pas été précisé. Le rapport dit que les Américains frappent dans les provinces de Kandahar, Herat, Lashkar Gah et Helmand.

  • Afghanistan : Derniers incidents sécuritaires

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    Afghanistan : Troisième jour de combats autour d'Hérat, la grande ville de l'ouest
    Les combats entre talibans et forces afghanes ont repris samedi 31 juillet 2021, pour la troisième journée consécutive, aux abords d'Hérat, la grande ville de l'ouest de l'Afghanistan, où des locaux de l'ONU ont été attaqués la veille.
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    Dans la matinée, les forces afghanes semblaient pourtant avoir desserré l'étau autour de la ville de 600.000 habitants, la troisième d'Afghanistan. Des militaires, dont des membres des unités de commandos (photo ci-dessus), et des policiers afghans étaient largement déployés dans les chefs-lieux du district d'Injil, qui enserre Hérat, et de celui de Guzara, au sud de la ville, théâtres d'intenses combats la veille, où le calme était revenu.

    Les troupes afghanes étaient notamment déployées dans la zone de Pashtun Pol, à proximité des locaux à Hérat de la Mission de l'ONU en Afghanistan (MANUA), attaqués vendredi.

    Mais les combats ont repris dans l'après-midi dans les faubourgs de la ville et ces deux districts, selon le gouverneur de la province d'Hérat, Abdul Saboor Qani. "En ce moment, il y a des combats dans les faubourgs sud et sud-est de la ville d'Hérat", notamment dans les zones de Pashtun Pul et Pul Malan, deux ponts situés à une dizaine de km au sud de la ville, a-t-il déclaré à l'AFP samedi après-midi. Vidéo d'une frappe d'hélicoptère à Herat.

    "Les forces afghanes de sécurité et les +forces de résistance+ (milices anti-talibans) se battent pour repousser et détruire les talibans. Nous avons essayé au maximum d'épargner la population, mais l'ennemi a pris position dans des domiciles privés. Nous nous déplaçons prudemment pour éviter les pertes civiles", a ajouté le gouverneur.

    Des combats se déroulent également à proximité immédiate de l'aéroport, selon M. Qani, apparu à la télévision afghane en treillis de combat, fusil d'assaut à l'épaule, au côté d'Ismail Khan, puissant chef de guerre local opposé aux talibans, dont les miliciens prêtent main forte à Hérat aux forces afghanes.
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    "Terreur chez les habitants" d'Herat
    "Des gens ont abandonné leurs maisons pour fuir vers la ville d'Hérat (...) cela crée la terreur chez les habitants", a raconté à l'AFP Gul Ahmad, qui habite le district d'Injil. Les talibans se sont récemment emparés de plusieurs districts de la province d'Hérat, ainsi que de deux postes-frontière qui y sont situés, celui d'Islam Qala (photo ci-dessous), principal point de passage avec l'Iran, et celui de Torghundi avec le Turkménistan.
    E7s5ttyWEAQtc5F.jpegLes talibans utilisent désormais leurs propres timbres « Emirat islamique » au bureau de douane d'Islam Qalah le long de la frontière entre l'Afghanistan et l'Iran.
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    Jeudi et vendredi, ils s'étaient déjà rapprochés des limites de la ville, autour de laquelle s'étaient déployés forces afghanes et miliciens d'Ismail Khan.

    Combats dans le sud
    Les insurgés ont aussi accru ces derniers jours leur pression sur deux autres capitales provinciales du sud de l'Afghanistan: Kandahar, deuxième ville du pays et berceau des talibans, et Lashkar Gah, capitale du Helmand. Des combats se sont poursuivis samedi dans les faubourgs de Kandahar (650.000 habitants), où des hélicoptères de l'armée afghane ont bombardé les talibans, selon un correspondant de l'AFP. Des milliers d'habitants ont fui ces dernières semaines les zones alentour, touchées par les affrontements, pour se réfugier en ville.

    Dans ce contexte, on apprenait que le 1er août cinq civils avaient été tués lorsqu'un obus de mortier a touché un taxi dans le secteur PD-7 de Kandahar, a rapporté Ariana News . Parmi les morts il y a deux enfants et une femme.

    Les gens sont inquiets et plus des trois-quarts des commerces de Kandahar sont fermés, a indiqué le correspondant. A Lashkar Gah, un petit hôpital privé d'une dizaine de lits, dans lequel des talibans avaient trouvé refuge, a été largement détruit samedi au cours de combats. "Des combattants talibans sont entrés dans l'hôpital de force et en ont chassé le personnel. Des commandos (afghans) sont arrivés et ont ensuite appelé un soutien aérien", a raconté à l'AFP Agha Mohammed qui habite à proximité. Le directeur provincial de la Santé publique, le Dr Sher Ali Shakir, a confirmé que "l'hôpital Ariana Afghan avait été bombardé et détruit pour l'essentiel".
    On a appris, dimanche 1er août 2021 que l'aéroport de Kandahar avait été la cible de trois roquettes au cours de la nuit du samedi au dimanche. Deux roquettes ont atteint la piste, obligeant les autorités à annuler les vols. Les talibans ont expliqué que le bombardement de l'aéroport de Kandahar était une réponse aux bombardements aériens de leurs positions par les avions de guerre. 
    Aux dernières nouvelles, la piste de l'aéroport de Kandahar a été réparée dans l'après-midi du 1er août et les vols civils devraient reprendre lundi 2 août.
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    Kandahar : Objectif majeur des talibans
    Les talibans encerclent la ville et la population n'a plus aucun moyen de s'échapper.
    Un membre du parlement de Kandahar a averti que la ville était en danger de tomber aux mains des talibans, avec des dizaines de milliers de personnes déjà déplacées et une catastrophe humanitaire imminente. Selon Gul Ahmed Kamin, la situation empire d'heure en heure. Il a ajouté que les combats à l'intérieur de la ville étaient les plus intenses depuis 20 ans.
    Kamin a expliqué que les talibans considéraient désormais Kandahar comme leur objectif majeur car ils veulent faire de la ville leur capitale temporaire.
    Il a averti que si les talibans parvenaient à s'emparer de Kandahar, le gouvernement finirait par prendre le contrôle de cinq ou six autres districts de la région. Le parlementaire a déclaré que plus de trois millions de personnes se trouvaient dans la ville et qu'il y avait un besoin urgent de ravitaillement.

    Jalalabad : Un membre des services de renseignement assassiné par l'Etat islamique
    L'Etat islamique a revendiqué avoir assassiné un responsable du renseignement afghan et blessé un autre dans le district 1 de la ville de Jalalabad, dans l'est de l'Afghanistan.

    Province de Faryab : Attaque des talibans repoussée dans différents quartiers de la ville de Maimana
    Maimana  : la police de la province de Faryab affirme que cinq talibans et un civil ont été tués et trois autres blessés lors d'une attaque des talibans dans différentes parties de Maimana.

    Abdul Karim Yurash, porte-parole de la police de Faryab, a déclaré à que les talibans ont attaqué les forces de sécurité la nuit dernière dans le village de Deh Seydan du 6ème district et le village de Jat de Deh Azizan, Kuhikhaneh et le district de Baba Qashqar de la ville de Maimana, Les affrontements ont duré plusieurs heures. Cinq talibans ont été tués et trois autres blessés.

    Il n'y a pas eu de victimes parmi les forces de sécurité, mais un civil a été tué par un obus de mortier des talibans.

    Les Faryab nient avoir subi des pertes et affirment que le civil a été tué par un obus de mortier du gouvernement.

    D'autre part, les habitants des premier et sixième arrondissements de la ville de Maimana affirment que depuis près d'un mois maintenant, leurs quartiers résidentiels sont devenus des lignes de front. Ils sont touchés par des tirs de mortiers et des balles des deux côtés. Des dizaines de personnes ont été tuées et blessées et des dizaines de maisons ont été endommagées.
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    Bilan des pertes civiles au cours des six premiers mois de 2021
    La Commission indépendante des droits de l'homme d'Afghanistan a écrit dans un rapport que les pertes civiles au cours des six premiers mois de 2021 ont augmenté de 80 %. Selon le rapport, 1677 personnes ont été tuées et 3644  blessées au cours des six premiers mois de cette année.

    La Turquie s'occupera de l'aéroport de Kaboul
    Le ministre turc de la Défense Khulusi Akar a déclaré que le gouvernement afghan avait donné son accord pour qu'Ankara reprenne la gestion de l'aéroport de Kaboul.

    Le communiqué indique que le ministre turc de la Défense a également exprimé la volonté de son pays de soutenir et de former les forces de sécurité afghanes.Le ministre turc de la Défense Khulusi Akar a déclaré que le gouvernement afghan avait donné son accord pour qu'Ankara reprenne la gestion de l'aéroport de Kaboul.

     Le communiqué indique que le ministre turc de la Défense a également exprimé la volonté de son pays de soutenir et de former les forces de sécurité afghanes.

    Province de Kunduz : Inqiétude pour les pays d'Asie centrale voisins de l'Afghanistan
    L'assassinat d'un agent de la circulation dans la plaine d'Abdan de la province de Kunduz, près de la frontière tadjike, au nom de l'Etat islamique, a tiré la sonnette d'alarme pour les pays d'Asie centrale ainsi que pour la Russie et la Chine.
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  • Afghanistan : Les forces gouvernementales lancent des contre-attaques dans le nord du pays

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    Les forces gouvernementales afghanes, soutenues par des milices locales dirigées par les dirigeants politiques Turan Ismail Khan et Abdul Rashid Dostum, ont lancé des contre-attaques dans le nord du pays. Ensemble, ils ont réussi à reprendre plusieurs zones aux talibans.

    Les forces d'Abdul Rashid Dostum soutenues par la Turquie
    Les forces d'Abdul-Rashid Dostum, sous le commandement de son fils, seraient actives dans les provinces de Sar-i-Pul, Badghis, Jowzjan, Faryab, Samangan et Kunduz. Ces milices locales reçoivent l'aide de la Turquie.

    Les forces de Turan Islmail Khan soutenues par l'Iran
    Turan Ismail Khan, principalement soutenu par l'Iran, mène des attaques dans la province d'Herat.

    De leur côté, les talibans poursuivent leur offensive dans la province de Kandahar, s'emparant d'avant-postes militaires, d'armes, d'équipements et de routes clés.

  • Afghanistan : Les talibans attaquent une première grande ville

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    Les talibans ont lancé mercredi 7 juillet 2021 leur première offensive contre une capitale provinciale d'Afghanistan, Qala-i-Naw, depuis le début de leur offensive contre les forces afghanes, déclenchée en mai  dès l'annonce du retrait des troupes américaines du pays, désormais quasiment terminé.

    Quelques heures après que l'armée américaine ait annoncé avoir achevé "à plus de 90%" son retrait d'Afghanistan, les talibans, qui se sont emparés depuis mai de vastes portions rurales du territoire et rapprochés de plusieurs grandes villes, sont entrés mercredi matin dans Qala-i-Naw, une ville d'environ 75.000 habitants, capitale de la province de Badghis (nord-ouest).

    "Il faut le reconnaître, la guerre fait rage et nous sommes dans une situation militaire très délicate", a admis peu après le ministre afghan de la Défense, Bismillah Mohammadi. "Mais ce n'est pas la première fois que l'Afghanistan vit des moments difficiles" et "je veux tous vous rassurer, nos forces nationales (...) useront de toute leur puissance et leurs ressources pour défendre notre patrie et notre peuple", a-t-il ajouté.

    Fusil d'assaut sur l'épaule et poitrine bardée de chargeurs, le gouverneur de Badghis, Hessamuddin Shams, a assuré dans une vidéo publiée sur Facebook que "toutes les forces de sécurité (...) défendent la ville" et que "l'ennemi a subi des pertes et est défait", alors que continuaient de résonner derrière lui des tirs nourris.

    En fin d'après-midi, le ministère de la Défense a affirmé que les talibans avaient "subi des pertes dans leur tentative ratée de s'emparer de Qala-i-Naw". Mais des tirs continuaient d'être entendus dans certaines parties de la ville.

    L'armée "a sécurisé la plupart des zones" de Qala-i-Naw et toutes le "seront dans les prochaines heures", a affirmé le porte-parole du ministère, Fawad Aman, sur Twitter.

    Dans la matinée, le gouverneur Shams avait annoncé que "l'ennemi était entré dans la ville, tous les districts alentoursont tombés, les combats ont commencé en ville".

    Le chef du conseil provincial de Badghis, Abdul Aziz Bek, a affirmé mercredi à l'AFP que "la nuit dernière, des responsables des services de sécurité de la province se sont rendus aux talibans et ces derniers étaient en ville ce mercredi matin".

    Membre du conseil provincial, Zia Gul Habibi a indiqué mercredi après-midi à l'AFP que "la ville ne tombait pas" aux mains des talibans. "Mais les talibans sont toujours à l'intérieur de la ville et des avions et des hélicoptères frappent (leurs) positions".

    "Effet psychologique"
    "Tout le monde était terrifié dans la matinée quand les gens ont entendu que les talibans étaient entrés en ville (...) On a rapidement entendu des tirs et des explosions", a raconté à l'AFP un habitant de Qala-i-Naw. "Désormais les explosions sont audibles au loin, des hélicoptères et avions survolent la ville et frappent parfois des endroits de la ville".

    Les talibans avaient brièvement tenté en juin d'attaquer Kunduz, capitale de la province du même nom dans le nord du pays. Mais l'entrée des talibans dans Qala-i-Naw devrait porter un nouveau coup au moral - déjà considérablement affaibli - des forces afghanes, selon les analystes.

    La prise de Qala-i-Naw par les talibans serait "un succès stratégique, car cela aura un effet psychologique sur les forces afghanes qui perdent du terrain rapidement, comme des dominos face à une force inarrêtable", explique Nishank Motwani, chercheur spécialisé sur l'Afghanistan.

    Les talibans se sont récemment rapprochés d'Hérat, capitale de la province du même nom, frontalière de l'Iran.

    Discussions inter-afghanes sous l'égide de l'Iran
    Parallèlement mercredi, des délégations du gouvernement afghan et des talibans se sont rencontrées à Téhéran, a annoncé le ministère iranien des Affaires étrangères, après des mois de négociations au point mort au Qatar.

    "Aujourd'hui, le peuple et les dirigeants d'Afghanistan doivent prendre des décisions difficiles pour l'avenir de leur pays", a souligné le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, à l'ouverture des discussions, en saluant le départ américain du territoire de son voisin de l'Est.

    Le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a confirmé qu'une "délégation de haut niveau" était en Iran "à l'invitation officielle" de Téhéran pour y rencontrer des "personnalités afghanes" et discuter de "la situation actuelle du pays et trouver des solutions via des pourparlers".

     

     

  • Afghanistan : les talibans progressent dans de nombreuses provinces

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    Province de Badakhshan
    14 districts de la province de Badakhshan sont tombés aux mains des Talibans en moins de 48 heures, des centaines de soldats se sont rendus sans aucune résistance. Vidéo.

    Des sources pro-talibans affirmant que les talibans ont capturé les centres d'Argo et de du district Raghistan dans la province de Badakhshan.

    Près de Faizabad, la capitale de la province du Badakhshan; les talibans ont capturé un avant-poste au sommet d'une colline. Vidéo.

    Province de Faryab
    En raison du rapprochement des combats qui ont lieu actuellement à une dizaine de kilomètres du port de commerce d'Aqina, l'activité du port est à l'arrêt depuis plus d'une semaine. Le manque d'importations de marchandises à Aqina, les pénuries alimentaires se font déjà sentir.
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    Province de Kandahar
    Les talibans ont capturé le district clé de Myanshine dans leur ancien bastion de Kandahar après de violents combats nocturnes avec les forces gouvernementales afghanes, selon des responsables. C'est la dernière zone à avoir été saisie depuis que les troupes américaines ont commencé leur retrait définitif. Aucune revendication officielle des talibans pour le moment.

    Les talibans ont également capturé le district de Panjwai dans la province de Kandahar.
    Situé à une quinzaine de km de la ville de Kandahar, Panjwai fut longtemps un foyer taliban et le théâtre au cours des années d'importants combats entre rebelles et troupes de l'OTAN.
    Le président du conseil provincial de Kandahar, Jan Khakriwal, a confirmé la chute de Panjwai, tout en accusant les forces afghanes "en nombre suffisant" de "s'être retirées intentionnellement".  
    Sadiq Isa, porte-parole adjoint de l'armée nationale afghane, a déclaré : « Les forces de sécurité ont fait preuve de tactique en évacuant les civils du district de Panjwai à Kandahar afin d'éviter des pertes. Isa affirme que deux talibans ont été tués et un a été blessé lors des affrontements. Selon Radio Free Afghanistan de RFE/RL, il s'agit du sixième district de Kandahar à tomber aux mains des talibans ce mois-ci. Les districts de Shah Wali Kot, Khakriz, Maiwand, Maruf et Arghistan ont déjà été rapportés.
    Kandahar est la province de naissance du mouvement des talibans, qui s'empara du pouvoir en Afghanistan en 1996, mettant en place un régime islamique ultra-rigoriste avant d'être renversé par une coalition menée par les Etats-Unis en 2001, après les attentats du 11-Septembre.
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    Province de Kunduz
    Au moins deux insurgés talibans ont été tués et deux autres capturés lors d'une embuscade tendue par la police nationale afghane dans le district d'Aliabad, dans le nord de la province de Kunduz. Une moto, des armes et du matériel ont également été récupérés sur les islamistes.

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    Province de Takhar
    Les talibans contrôlent désormais 16 districts de la province, il ne reste désormais que Taloqan, la capitale provinciale qui est encerclée.

    Après la chute d'une grande partie de la province de Takhar, le gouverneur  des talibans pour la province de Takhar, Mawlawi Noor Uddin, a fait une apparition dans la ville de Chaman à Takhar
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  • Tadjikistan : Les talibans menacent déjà  les frontières entre l'Afghanistan, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan

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    Des dizaines de localités et de bases militaires occupées, des centaines de morts et de blessés - les talibans accélèrent le rythme de leur offensive en Afghanistan. Des régions entières du pays sont déjà passées sous leur contrôle. Les talibans n'ont pas mis longtemps à profiter de la décision des États-Unis de laisser l'armée afghane seule face aux islamistes radicaux. 

    Selon les dernières données, les talibans se sont emparés d'environ 60 comtés en peu de temps, et dans la plupart des cas, même sans affrontements sérieux, les troupes gouvernementales démoralisées ont simplement fui devant les islamistes s qui progressent vers les centres administratifs.

    L'administration américaine avait averti les talibans que toute tentative de profiter du retrait des troupes américaines pour lancer une offensive serait sévèrement punie. Cependant, tout s'est passé comme de nombreux experts l'avaient prévu : l'Afghanistan s'est instantanément « embrasée ». Les combats se sont déroulés dans presque tout le pays. Les forces gouvernementales ne cachent plus qu'elles sont incapables de faire face à la pression des radicaux.

    Moscou doute que Washington ait imaginé une évolution différente et soupçonne que derrière le retrait hâtif des troupes américaines se cache un plan américain, de susciter des tensions aux frontières de la Russie. 

    Déjà, les échos des combats acharnés de l'armée afghane avec les unités du mouvement radical taliban ont atteint le Tadjikistan. À en juger par les derniers rapports de la frontière tadjiko-afghane, la situation est extrêmement tendue.

    Le service frontalier du pays a récemment rapporté : à la suite de l'attaque des talibans contre le poste frontière d'Ukchuk dans le district de Kaldar de la province afghane de Balkh, une vingtaine de militaires se sont repliés sur le territoire tadjik. Et le 22 juin, des militants ont attaqué le commissariat de Sherkhan-Bandar dans la province de Kunduz, à la frontière même. Plus de 130 soldats afghans n'ont pu résister, ont abandonné leurs positions et ont demandé refuge au Tadjikistan. Pour des raisons humanitaires et de bon voisinage, les gardes-frontières les ont laissé passer. Au total, l'armée afghane a perdu, au cours des combats à Sherkhan Bandar, une centaine de soldats blessés, tués et faits prisonniers.

    La situation est similaire à la frontière ouzbek-afghane. L'administration du Président de l'Ouzbékistan a fait état de plusieurs tentatives de la part des militaires et des civils de se réfugier à l'intérieur du pays. Le premier incident de ce type s'est produit le 23 juin - 53 personnes voulaient traverser la frontière. Tous ont finalement été renvoyés en Afghanistan. Mais il est déjà évident que le flux de réfugiés ne s'arrêtera pas.

    Il est à noter que les combats dans les provinces du nord du pays en proie à la guerre civile ne se déroulent qu'à 70 kilomètres de l'emplacement de la plus grande installation militaire russe à l'étranger - la 201e base de Kurgan-Tyube.

    Les autorités tadjikes se sont tournées vers l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) pour demander un soutien pour faire face à la situation à la frontière avec l'Afghanistan.

    Jeudi 1er juillet, une réunion du Conseil de l'Assemblée parlementaire de l'OTSC s'est tenue à Douchanbé. Ses participants ont noté la détérioration de la situation à proximité immédiate des frontières sud des États membres de l'organisation, et ont également noté le niveau élevé d'activité militaire en Afghanistan, en particulier dans les provinces du nord.

    Selon le docteur en sciences militaires Konstantin Sokolov, l'OTSC prendra dans tous les cas des mesures de mobilisation et renforcera la présence militaire le long des frontières avec l'Afghanistan. Sokolov a même comparé la situation en Afghanistan à la situation qui prévalait en Syrie. Si la Russie n'était pas intervenue en Syrie, les forces gouvernementales auraient été défaites et le gros des rebelles islamisés se seraient déplacés vers vers les frontières russes. "Ici, c'est la même chose - une menace presque directe pour notre sécurité et celle de nos plus proches alliés", a souligné l'expert.

    Moscou se montre pourtant confiant. Le ministère des Affaires étrangères russes pense qu'après la saison des combats, la situation militaire pourrait se stabiliser, ouvrant ainsi la vois à de nouvelles négociations de paix. L'optimisme russe signifie-t-il que Moscou pourrait plus s'impliquer en soutien du gouvernement de Kaboul après le départ des forces de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis ? C'est ce que la comparaison faite par Sokolov entre l'Afghanistan et la Syrie pourrait laisser supposer. 

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