Province de Kunar

  • Afghanistan : Explosion dans une mosquée chiite de Kandahar (au moins 63 morts - dernier bilan)

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    Un attentat complexe a été perpétré, vendredi midi 15 octobre 2021, dans une mosquée chiite de la ville de Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan, a rapporté un journaliste de l'AFP. les explosions ont pris pour cible la mosquée Imam Bargah, située dans le centre de Kandahar, au moment de la grande prière hebdomadaire du vendredi. Un bilan provisoire fait état d'au moins 63 morts et plus de 83  blessés. 

    Un kamikaze a commencé par tirer avant d’activer sa veste explosive pendant que le deuxième s’enfonçait au milieu de la foule avant d’activer sa veste.

    Province de Kunar

    L'Etat islamique-Khorasan a revendiqué l'attentat contre la mosquée et identifié les deux kamikazes, un Ouïghour et un Baloutch. Il s'agit d'Anas al-Khorasani et d'Abu Ali al-Balouchi. L'EI-K signifie ainsi qu'il entend s'afficher aux côtés des Islamistes luttant en Chine et au Pakistan.
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  • Afghanistan : Plusieurs explosions ont pris pour cible des talibans

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    A Asadabad, ans la province de Kunar, trois explosions ciblant des talibans ont été rapportées.

    A Jalalabad, capitale de la province de Nangarhar, deux talibans ont été tués dans une attaque revendiquée par l'Etat islamique-Khorasan.
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  • Afghanistan : Puissante Explosion à l'entrée de l'aéroport de Kaboul - 169 morts (dont 13 soldats US) et 158 blessés

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    L'explosion, déclenchée par un kamikaze, a eu lieu à l'extérieur d'Abbey Gate. Elle a été suivie de tirs d'armes automatiques, de la part des talibans présents sur place et des forces américaines qui ont également provoqué des victimes. On estime que le kamikaze portait 25 livres (12,5kg) d'explosifs sur sa veste suicide, ce qui est une quantité considérable et explique le grand nombre de victimes. les kamikazes portent généralement soit une ceinture contenant 5 kg ou moins d'explosifs, soit un gilet rempli de 5 à 10kg  livres d'explosifs.

    L'explosion à proximité de l'aéroport a eu lieu alors que des milliers d'Afghans y étaient massés pour tenter de fuir leur pays avant la fin prochaine des vols d'évacuation affrétés par les Occidentaux. Vidéo
    E9ugmGwWYAE7Jaz.jpegLe dernier bilan provisoire fait état de 169 morts, dont des enfants et des femmes, et 158 blessés. Le bilan est assez difficile à connaître avec précision car une panique totale a régné sur les lieux aussitôt après les attentats.

    Maxton Soviak.jpegLaredoan David Lee Espinoza .jpeg13 soldats américains tués
    Selon deux responsables américains : 12 Marines et un médecin de la marine américaine ont été tués au cours des attaques kamikazes. 22 autres Marines ont été blessés. 28 talibans ont également été tués au cours des attentats.
    Le médecin de la Navy a été identifié. Il s'agit de Maxton Soviak (photo de gauche).
    L'identité d'un des 12 Marines tués a également été révélée. Il s'agit du Marine David Lee Espinoza (photo de droite).

    E9379oJWQAACaON.jpegNicole Gee.jpegEgalement, Karim Nikouei (photo de gauche), un marine irano-américain, fait partie des 13 soldats américains décédés, ainsi que Nicole Gee (photo de droite), US Marine. Elle était apparue sur les réseaux sociaux en train d'aider les familles afghanes à franchir la porte de l'aéroport.

    Johanny Rosario (sergent).jpegHector Mopez.jpegUn autre soldat décédé est le sergent des Marines. Johanny Rosario (photo de gauche). Rosario était membre de l'équipe d'engagement féminin. 
    Un autre soldat est Hector Mopez 22 ans (photo de droite). On le voit sur cette photo, envoyée peu de temps avant l'explosion à ses amis, se raisant photographié avec un petit réfugié Afghan.


    Photos des soldats américains décédés

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    Les Américains voulaient fermer la porte Abbey Gate de l'aéroport en raison de la menace terroriste
    La veille, le DOD prévoyait de fermer la porte Abbey Gate, où ils savaient que la menace d'une attaque était la plus élevée. Mais ils l'ont gardé ouvert plus longtemps pour laisser aux Britanniques plus de temps pour évacuer. Le lendemain, un kamikaze se faisait exploser à cette même porte, tuant 169 personnes, dont 13 soldats américains.





    forward_2.gifPlusieurs explosions ont retenti dans la soirée à Kaboul, quelques heures après que deux explosions aient coûté la vie à des dizaines de ressortissants afghans et de soldats américains. Selon les premières informations, un engin explosif improvisé a frappé un véhicule taliban sur la place Sarai Shamali dans le centre de Kaboul.
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    Une quatrième explosion a eu lieu dans le district de Baba Mina, à l'extrême est de Kaboul. Une cinquième et une sixième explosion ont retenti dans le district de Sharenaw, dans le 10ème PD, au nord-ouest de Kaboul. Une septième énorme explosion s'est faite entendre du côté de l'aéroport mais il semble qu'il s'agissait d'une "explosion contrôlée" de  l'armée américaine. Soit il s'agit de la neutralisation d'un IED ou de la destruction de matériel militaire de l'armée en préparation de son départ d'Afghanistan.

    Plus tôt jeudi, l'agence de presse italienne ANSA a cité des sources militaires selon lesquelles un avion de transport militaire italien C-130 transportant des employés de l'OTAN avait essuyé des tirs alors qu'il décollait de l'aéroport de Kaboul, sans causer de dommages.

    Les deux incidents sont survenus à un moment où les États-Unis, l'Australie, la Grande-Bretagne et la Belgique avaient averti d'une attaque imminente contre l'aéroport de Kaboul, à un moment où des foules se rassemblaient aux portes de l'aéroport dans une tentative désespérée de partir à la suite des attaques des talibans. prise de contrôle de l'Afghanistan.

    Le commandement de l'OTAN a ordonné à ses soldats de quitter immédiatement les portes de l'aéroport de Kaboul. On craint en effet qu'une attaque à la roquette puisse également avoir lieu prochainement. Les portes de l'aéroport sont à présent fermées en raison des risques d'attaques terroristes. Or, Il y a environ 150 citoyens américains et 1 800 employés afghans de l'ambassade des États-Unis qui devaient encore se rendre à l'aéroport. 

    L'Etat islamique-Khorasan revendique l'attaque contre Kaboul et son aéroport
    L'attaque de l'aéroport de Kaboul et de la capitale afghane était finalement une opération visiblement très bien planifiée et visait aussi bien l'armée américaine que les talibans. L'Etat islamique - Khorasan, à couteaux tirés avec les talibans, a revendiqué, tard dans la soirée, l'attaque de l'aéroport. Selon le communiqué, un kamikaze a réussi à franchir la ceinture de sécurité à proximité de l'aéroport et à s'approcher à moins de cinq mètres d'un rassemblement de militaires américains et d'interprètes afghans. L'Etat islamique a publié une photo de l'attaquant, Abdul Rehman Al-Logari, donc originaire de la province du Logar.
    E9vcmVKXsAgAfwx.jpegQui est le kamikaze de l'aéroport de Kaboul ?
    Abdul Rehman, ancien étudiant en ingénierie originaire de la province afghane de Logar et fils d'un commerçant qui se rendait fréquemment à New Delhi pour affaires, avait été libéré de la prison de Bagram le 15 août.
    Des sources de renseignement indiennes proches du dossier ont déclaré qu'il avait été remis à la Central Intelligence Agency des États-Unis par la Research and Analysis Wing en septembre 2017 et incarcéré dan la prison de haute sécurité de Bagram. 
    Son arrestation avait permis de mettre un terme à un complot de l'État islamique de la province du Khurasan (IS-K) visant à commettre des attentats-suicides à New Delhi et dans d'autres villes de la région.
    Ce complot a été rendu public pour la première fois par The Indian Express en 2018 et a été détecté pour la première fois à la mi-2017 par la CIA, qui avait recueilli des renseignements à partir des communications des dirigeants de l'EI en Afghanistan et de leurs réseaux de soutien financier à Dubaï.
    Rehman a été choisi pour mener le complot en raison de sa familiarité avec New Delhi, que le djihadiste s'était rendue à plusieurs reprises en lien avec son entreprise familiale.
    Rehman, ont indiqué les sources, est arrivé en Inde sous couvert d'études dans un institut d'ingénierie à Noida. Après avoir séjourné dans l'auberge de l'institut pendant quelques semaines, il a emménagé dans un appartement du quartier de Lajpat Nagar à New Delhi. Des communications interceptées ont permis à RAW d'insérer un agent se faisant passer pour un djihadiste dans le cercle de Rehman, qui prétendait faire avancer le complot en se procurant des engins explosifs et en recrutant du personnel.
    Des sources ont déclaré que l'unité antiterroriste de la police de Delhi, dirigée par l'actuel commissaire de police adjoint Pramod Kushwaha, avait mené une surveillance sur le terrain contre Rehman pendant plusieurs semaines avant son arrestation.
    L'agent de RAW, selon les sources, a persuadé Rehman qu'il avait recruté plusieurs kamikazes et acheté suffisamment d'explosifs pour mener les attaques. Cela a généré beaucoup de bavardages dans le réseau des extrémistes et provoqué de multiples communications entre le djihadiste afghan et ses commandants, que la CIA a pu exploiter.
    Au lieu de poursuivre Rehman en Inde, ont indiqué les sources, une décision a été prise de l'extrader vers Kaboul sur un vol spécial, afin de faciliter l'enquête de la CIA. A Bagram, il a été interrogé par la CIA et le service de renseignement afghan, la Direction nationale de la sécurité. L'interrogatoire a conduit à l'élimination de plusieurs dirigeants de l'État islamique dans les frappes de drones aux États-Unis jusqu'en 2019.

    Cependant, il a été libéré le 15 août avec des milliers d'autres terroristes dangereux, profitant du chaos qui a suivi la sortie précipitée des États-Unis et la prise de contrôle rapide de l'ensemble du pays par les talibans.
    "Le retrait désorganisé de l'Amérique d'Afghanistan a conduit à la libération de centaines de terroristes hautement compétents et hautement engagés pour rejoindre l'État islamique, al-Qaïda et d'autres groupes terroristes", a déclaré un officier qui a travaillé sur l'affaire Abdul Rehman.
    « Littéralement, le travail d'une décennie sur la lutte contre le terrorisme a été annulé par l'échec des États-Unis à sécuriser les prisonniers clés à Bagram », a-t-il déclaré, ajoutant que les conséquences de cet échec seraient « de très grande envergure ».
    "Il n'y a aucune clarté sur ce qui est arrivé à Abdul Rehman entre son évasion de Bagram et l'attentat suicide", a déclaré un responsable du renseignement. "Il est possible qu'il veuille se venger, ou qu'il ait été persuadé par ses anciens amis djihadistes d'expier son rôle dans les meurtres de ses associés de cette manière."

    Il faut s'attendre à d'autres attaques sanglantes de l'Etat islamique
    Le fait que l'Etat islamique n'a revendiqué la responsabilité que d'une seule opération suicide, alors que plusieurs attentats à la bombe ont été signalés à Kaboul, est plutôt
    inhabituel, voire, sans précédent. On peut supposer que cela signifie que d'autres opérations pourraient être imminentes, voire en cours.

    La guerre a visiblement atteint un nouveau niveau de violence entre les jihadistes de l'Etat islamique et les talibans. Depuis quelques jours, de violents affrontements ont lieu dans la province de Kunar entre les talibans (aidés par des combattants pakistanais de Lashkar-e-Taiba) et l'État islamique (ISKP). Les talibans ont capturé Qorengal et Qalay Gal, chassant l'Etat islamique de la plupart de ses avant-postes. Vidéo. L'Etat islamique a cependant affirmé  avoir repoussé l'offensive des talibans à Kunar.

    Live TV - en direct de l'aéroport de Kaboul juste après l'explosion
    :

    Dans la nuit du 25 u 26 août, les États-Unis, l'Australie et le Royaume-Uni avaient émis simultanément des mises en garde très précises et presque identiques sur des menaces d'"attentat terroriste" dans la zone de l'aéroport, à l'approche de la date butoir prévue pour le retrait des forces américaines d'Afghanistan, le 31 août.

    Les personnes "se trouvant actuellement aux entrées Abbey, Est et Nord devraient partir immédiatement", avait indiqué Washington en invoquant des "menaces sécuritaires", après que le président Joe Biden eut déjà évoqué mardi la possibilité d'un attentat de l'État Islamique, rival des talibans en Afghanistan ces dernières années.

    La diplomatie australienne a parlé d'une "menace très élevée d'attentat terroriste". Et Londres a appelé ses ressortissants se trouvant près de l'aéroport à le quitter "pour un endroit sûr" en attendant "d'autres instructions, ou pour ceux qui peuvent partir d'Afghanistan par d'autres moyens, à le faire "immédiatement".

    Aucune précision sur la nature de la menace n'a été apportée dans ces avis, mais le Premier ministre belge, Alexander De Croo, a expliqué que la situation s'était "fortement dégradée" mercredi à l'aéroport et que plusieurs pays avaient évoqué la possibilité d'un attentat suicide.

    Le secrétaire d'État britannique chargé des forces armées, James Heappey, a pour sa part évoqué une menace "très sérieuse" et "imminente".

    Ces avertissements sont intervenus après que le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a assuré que les talibans s'étaient engagés à laisser partir les Américains et les Afghans à risque se trouvant encore dans le pays après le 31 août. L'Allemagne a précisé avoir eu l'assurance qu'ils pourraient prendre des vols commerciaux.

    Malgré une situation chaotique, plus de 95.000 personnes ont été évacuées depuis la mise en place du pont aérien le 14 août, à la veille de l'entrée des talibans dans Kaboul et de leur prise du pouvoir, selon Washington. Quelque 13.400 l'ont été entre mercredi et jeudi, un chiffre en baisse par rapport aux derniers jours.

    Plusieurs pays ont plaidé en vain pour une extension du délai au-delà du 31 août, estimant qu'il ne serait pas possible d'évacuer tout le monde d'ici là. Jeudi, le ministère américain de la Défense a confirmé que les évacuations allaient continuer "jusqu'à la fin de la mission" américaine le 31 août.

    La menace État islamique
    Mais plusieurs pays occidentaux, ayant moins de marge de manoeuvre que les Américains qui contrôlent l'aéroport, ont déjà annoncé la fin effective ou prochaine de leurs évacuations. Le Canada a ainsi annoncé avoir interrompu ses vols jeudi, comme la Belgique dès mercredi soir. Les Pays-Bas devaient en faire de même dans la journée, à la demande des États-Unis.

    La France a indiqué qu'elle y mettrait fin vendredi soir, une date là aussi "imposée par les Américains" selon une source gouvernementale.

    Ces annonces font craindre que de nombreux Afghans qui ont travaillé ces dernières années avec les étrangers ou le gouvernement pro occidental déchu, et se sentent menacés par les talibans, ne pourront tous quitter le pays à temps. "Il s'agit d'un moment douloureux parce que cela signifie que, malgré les efforts importants dans la période récente, des gens éligibles à l'évacuation vers les Pays-Bas seront abandonnés", ont estimé les ministres néerlandaises des Affaires étrangères, Sigrid Kaag, et de la Défense, Ank Bijleveld.

    Lors d'un sommet virtuel mardi avec les autres dirigeants du G7, le président américain Joe Biden avait évoqué déjà un "risque grave et croissant d'attaque" de l'EI à l'aéroport.

    Sous le nom d'ISKP (État islamique Province du Khorasan), l'Etat islamique a revendiqué certaines des attaques les plus sanglantes commises ces dernières années en Afghanistan, faisant des centaines de morts.

    Il a surtout ciblé les musulmans qu'il considère comme hérétiques, en particulier les chiites. L'attentat qu'il a revendiqué contre un mariage chiite à Kaboul en août 2019 avait ainsi par exemple coûté la vie à 91 personnes.

    Même s'il s'agit de deux groupes sunnites radicaux, l'Etat islamique et les talibans sont en concurrence et sont animés par une haine tenace et réciproque.

    Jeudi, des analystes en sécurité relevaient que l'activité de l'ISKP s'était brutalement arrêtée depuis 12 jours, signe possible qu'il prépare une opération d'ampleur, via des tirs de mortier ou des attentats-suicide, véhiculés ou individuels. "Il y a beaucoup de cibles idéales en ce moment" à l'aéroport, a tweeté ExTrac, un groupe privé spécialisé dans le traitement de données sur les groupes jihadistes.

    'Le business de la peur'
    Ces mises en garde n'avaient pas dissuadé, avant l'explosion, nombre d'Afghans de continuer d'assiéger l'aéroport dans l'espoir de prendre place sur un avion vers l'occident.

    "J'attendrai jusqu'à ce que l'aéroport soit fermé", a déclaré à l'AFP un homme qui s'est présenté sous le nom d'Hamid et qui affirme avoir travaillé dans un ministère avant l'arrivée au pouvoir des talibans. "Ils donneront notre emploi à des parents à eux. Comment prendrai-je soin de ma famille?", a-t-il demandé, accompagné de son épouse, son beau-père et deux jeunes enfants. Il a affirmé n'être pas rassuré par les promesses des talibans que la population n'avait rien à craindre d'eux. Mais il a aussi admis ne pas appartenir à la catégorie la plus à risque de représailles, ceux qui ont travaillé pour les forces étrangères en 20 ans de guerre.

    Beaucoup d'Afghans, souvent urbains et éduqués, craignent que les islamistes n'instaurent le même type de régime fondamentaliste et brutal que lorsqu'ils étaient au pouvoir entre 1996 et 2001.

    Les femmes et les minorités ethniques en particulier s'inquiètent pour leur sort. "Nous sommes la génération des femmes éduquées, ils (les talibans) ne le supportent pas, ils ne peuvent pas gouverner avec nous, ils vont nous exterminer", a déploré une jeune femme bloquée à Mazar-e-Sharif (Nord), en quête de contacts à l'étranger pour l'aider à fuir.

    Les talibans s'efforcent de se présenter sous un jour plus modéré, souvent sans convaincre, en tout cas à Kaboul. "C'est le business de la peur. Ils n'ont pas d'armée pour contrôler les gens. Mais la peur contrôle tout le monde", a observé un jeune banquier de la capitale.

  • Afghanistan : Derniers évènements sécuritaires (mise à jour au fur et à mesure des évènements)

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    Les talibans prennent Mazar-i-Sharif, grande ville du nord.
    Les talibans se sont emparés, samedi soir 14 août, de Mazar-i-Sharif, dernière grande ville du nord de l'Afghanistan encore contrôlée par le gouvernement, accroissant encore leur emprise sur le pays.

    Les talibans "paradent sur leurs véhicules et leurs motos, tirant en l'air pour célébrer" la prise de la ville, a raconté samedi soir à l'AFP un habitant de Mazar-i-Sharif, Atiqullah Ghayor, qui vit près de la célèbre mosquée bleue. Il a précisé que les talibans étaient entrés "sans vraiment rencontrer de résistance" dans la quatrième ville la plus peuplée du pays (500.000 habitants), après le retrait des forces afghanes. D'autres habitants ont fait des récits similaires et les talibans ont revendiqué la prise de la ville, capitale de la province de Balkh et carrefour commercial, dont les faubourgs étaient encore le théâtre d'intenses combats samedi matin. "Les combattants (talibans) se sont emparés de Mazar-i-Sharif. Tous les bâtiments officiels (...) sont sous leur contrôle", ont affirmé les talibans dans un communiqué.

    Le maréchal Abdul Rashid Dostom, ancien vice-président afghan, et Atta Mohammad Noor, ex-gouverneur de Balkh, qui avaient pris la tête de forces locales de résistance aux talibans à Mazar-i-Sharif, ont trouvé refuge en Ouzbékistan voisin, selon un proche du second, précisant que leurs forces s'étaient elles retirées à une soixantaine de km de la ville.

    Le célèbre seigneur de guerre Qaisari a été capturé par les talibans à Mazar-i-Sharif.
    On ignore quel sera son sort. Qaisari est accusé de graves violations des droits humains non seulement par les talibans, mais aussi par des organisations locales et internationales. Vidéo.

    La ville de Khost également tombée aux mains des talibans
    Le porte-parole des talibans  a officiellement revendiqué la capture de la ville de Khost.
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    Plus tôt, le président afghan Ashraf Ghani avait promis de poursuivre le combat contre les insurgés qui continuent à se rapprocher de la capitale Kaboul, presque encerclée et où les habitants ne cachent pas leur angoisse de l'avenir.
    "La re-mobilisation de nos forces de sécurité et de défense est notre priorité numéro un et d'importantes mesures sont prises à cet effet", avait assuré à la mi-journée, le président Ghani dans une adresse télévisée. Il n'a fait aucune allusion à une possible démission, réclamée par certains, mais a précisé avoir entamé des "consultations" au sein du gouvernement, avec des responsables politiques et les partenaires internationaux, pour trouver "une solution politique dans laquelle la paix et la stabilité" seront préservées.
    "Ces consultations avancent rapidement et nous ferons part de leur résultat à nos compatriotes très vite", a-t-il ajouté. Dans la soirée, le palais présidentiel a précisé qu'"une délégation sera prochainement constituée par le gouvernement et prête à négocier".

    6 provinces tombées aux mains des talibans en une seule journée, samedi 14 août 2021 :
    1: Paktika
    2: Paktia
    3: Kunar
    4: Faryab
    5: Balkh
    6: Laghman 
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    "Inquiet pour l'avenir"
    La situation militaire est critique pour le pouvoir en place. En à peine plus d'une semaine, les talibans ont pris le contrôle de presque tout le nord, l'ouest et le sud de l'Afghanistan et sont arrivés aux portes de Kaboul. Ils ne sont plus qu'à 50 km de la capitale et ne montrent aucun signe de vouloir ralentir leur marche. Samedi, ils avaient déjà pris la province de Kunar, dans l'Est, et pourraient bientôt approcher de Kaboul par le nord, le sud et l'est.

    E8fulV8WYAA-YyM.jpegLe général Saadat nouveau promu responsable de la sécurité pour Kaboul
    Le général Seyed Sami Saadat (photo ci-contre) nommé responsable de la sécurité publique dans la ville et la province de Kaboul.
    La présidence afghane a tweeté hier soir que le général Saadat avait été nommé par le président Ashraf Ghani.
    Le général Saadat était à la tête de l'armée afghane lors des récentes batailles de Kandahar et de Laskargah, qui sont toutes deux tombées en 24 heures.
    Le poste était devenu vacant car le général Hebatullah Alizai, ancien commandant du 209e corps Shaheen et récemment nommé à la tête de l'armée afghane, s'était rendu aux talibans samedi 14 août dans la province de Balkh. Il semble qu'il ait conspiré avec les talibans et abandonné les lignes de défense, ordonnant à ses troupes de se rendre.

    Jalalabad
    Les talibans viennent d'annoncer (dimanche matin 15 août) leur arrivée à Jalalabad, la capitale de la province de Nangarhar. La ville est tombée sans aucune résistance selon des sources locales. Vidéo des talibans à Jalalabad. Autre vidéo. Ci-dessous, photo prise ce dimanche 15 août). 
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    La peur s'empare de Kaboul
    Au sein des habitants de Kaboul et les dizaines de milliers de personnes qui ont fui leur foyer ces dernières semaines pour se réfugier dans la capitale, la peur prédomine. "Je pleure jour et nuit quand je vois que les talibans forcent des jeunes filles à épouser leurs combattants", a confié à l'AFP Muzhda, 35 ans, une femme célibataire arrivée avec ses deux soeurs, de la province de Parwan, un peu plus au nord. "J'ai refusé des propositions de mariage par le passé (...) Si les talibans viennent et me forcent à les épouser, je me suiciderai", prévient-elle.
    Dawood Hotak, 28 ans, un commerçant de Kaboul, est aussi "inquiet pour l'avenir" de ses jeunes soeurs et ne sait pas "ce qui va leur arriver". 

    Les rues de la capitale étaient normalement animées samedi, mais de longues queues étaient observées à la sortie des banques, et certains hommes ont indiqué à l'AFP avoir commencé à se laisser pousser la barbe, en prévision d'une arrivée prochaine des talibans.
    Beaucoup d'Afghans - les femmes en particulier -, habitués à la liberté acquises ces 20 dernières années, craignent un retour au pouvoir des talibans.

    Lorsqu'ils dirigeaient le pays, entre 1996 et 2001, avant d'être chassés il y a 20 ans par une coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, les talibans avaient imposé leur version ultra-rigoriste de la loi islamique. Les femmes avaient interdiction de sortir sans un chaperon masculin et de travailler, et les filles d'aller à l'école. Les femmes accusées de crimes comme l'adultère étaient fouettées et lapidées.

    Dans le même ordre d'idées, le réseau des églises en Afghanistan rapporte que ses dirigeants ont reçu samedi soir 14 août des lettres des talibans les avertissant qu'ils savent où ils se trouvent et ce qu'ils font. Il semble que les talibans aient l'intention de mettre fin à la liberté religieuse dans le pays. 

    Kaboul : Dernières nouvelles : Violents combats dans un quartier de la capitale afghane
    De violents affrontements ont été signalés, dimanche 15 août, dans le district de Paghman à Kaboul et autour de la périphérie de la ville de Kaboul. Des sources pro-talibanes prétendant que les moudjahidines ont capturé plusieurs positions des forces de sécurité à Paghman. Selon des sources locales, les talibans auraient lancé l'assaut final sur Kaboul. Nous attendons d'autres rapports sur la situation.
    forward_2.gifLe ministère afghan de l'intérieur vient de confirmer que les talibans ont commencé à entrer à Kaboul de toutes parts. Vidéo de l'entrée des talibans à Kaboul ce dimanche 15 août.
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    Des négociations sont en cours à Kaboul entre les talibans, le gouvernement afghan et les États-Unis. Le gouvernement afghan, la démission d'Ashraf Ghani et la mise en place d'un gouvernement de transition ont été proposés aux talibans. On ne sait pas si ceux-ci accepteront la proposition. Le résultat des négociations déterminera ce qui va se passer à Kaboul dans les prochaines heures.
    forward_2.gifLe président Ghani va céder le pouvoir à Ali Ahmad Jalali dans les prochaines heures. Jalali est l'une des figures de proue de la résistance contre les Soviétiques. Jalali formera le gouvernement de transition avec le représentant des talibans, le mollah Biradar.
    Mollah Baradar (photo ci-dessous), le chef des talibans, est arrivé à Kaboul avec Jalali pour former le gouvernement intérimaire.
    Un responsable afghan a déclaré que les troupes avaient livré la base aérienne de Bagram aux talibans. La base abrite une prison abritant 5 000 détenus. 
    forward_2.gifLe président Ghani a quitté l'Afghanistan, selon l'ancien vice-président Abdullah Abdullah
    Le président afghan, Ashraf Ghani, a quitté l'Afghanistan, où les talibans sont sur le point de prendre le pouvoir, a annoncé dimanche l'ancien vice-président Abdullah Abdullah. "L'ancien président afghane a quitté la nation", a déclaré M. Abdullah, qui est aussi le chef du Haut Conseil pour la réconciliation nationale, dans une vidéo publiée sur sa page Facebook.
    Ashraf Ghani a d'abord gagné Douchanbé, au Tadjikistan avant de se réfugier à Oman.
    On a appris que le ministre de la défense, Bismillah Mohammadi, avait également pris la fuite et s'était réfugié aux Emirats Arabes Unis.
    forward_2.gifAux dernières nouvelles, les talibans sont entrés dans le Palais présidentiel et affirment à présent qu'il n'y aura pas de gouvernement de transition. Ils ont pris le pouvoir. Les talibans devraient bientôt déclarer l'Émirat islamique d'Afghanistan depuis le palais présidentiel. C'était le nom du pays sous le gouvernement taliban renversé par les forces dirigées par les États-Unis en 2001. 
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    Humayoon Humayoon, l'ancien vice-président et ancien allié d'Ashraf Ghani, a déclaré qu'il avait été nommé chef de la police de Kaboul par les talibans pour l'émirat islamique d'Afghanistan. On assiste à un vaste changement de bord de nombreux responsables politiques et sécuritaires, sans doute préparé de longue date et à l'insu des services américains. Vidéo.

    Pendant ce temps, les talibans continuent d'investir Kaboul :
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    Instruction des talibans aux étrangers
    Les étrangers à Kaboul pourront partir s'ils le souhaitent ou enregistrer leur présence dans les prochains jours auprès des fonctionnaires talibans qui seront établis prochainement.

    Marines américains
    Un ballet d'hélicoptères a survolé samedi Kaboul, entre l'aéroport et le l'ambassade américaine, gigantesque complexe situé dans la "zone verte" ultrafortifiée, au centre de la capitale. Un premier contingent de Marines est arrivé pour sécuriser les évacuations du personnel diplomatique, ainsi que d'Afghans ayant travaillé pour les Etats-Unis et craignant des représailles des talibans. Les Etats-Unis entendent évacuer des "milliers de personnes par jour" et pour cela le Pentagone va déployer avant la fin du week-end 3.000 soldats à l'aéroport de Kaboul, a précisé vendredi son porte-parole, John Kirby. L'ambassade américaine a ordonné à son personnel de détruire les documents sensibles et symboles américains qui pourraient être utilisés par les talibans "à des fins de propagande". Cliquer sur la photo ci-dessous pour voir la vidéo d'al-Jazeera :

    Londres évacue son ambassadeur dès dimanche 15 août
    Londres a parallèlement annoncé le redéploiement de 600 militaires pour aider les ressortissants britanniques à partir.
    Plusieurs pays - Pays-Bas, Finlande, Suède, Italie et Espagne - ont annoncé vendredi réduire au strict minimum leur présence, ainsi que des programmes de rapatriement de leurs employés afghans. L'Allemagne va aussi réduire son personnel diplomatique "au minimum absolu". D'autres, dont la Norvège et le Danemark, ont fermé provisoirement leur ambassade.
    Aux dernières nouvelles, la Grande Bretagne a décidé d'évacuer son ambassadeur par avion dès dimanche soir car on craint que les Talibans s'emparent de façon imminente de Kabul et de l'aéroport qui reste le seul moyen de s'échapper.
    L'ancien ambassadeur du Royaume-Uni en Afghanistan (@NicolasK111) a déclaré de son côté qu'il "baissait la tête de honte" en suivant les évènements d'Afghanistan.

    Chaos à l'aéroport de Kaboul
    Tous les vols commerciaux suspendus depuis l'aéroport de Kaboul et seuls les avions militaires sont autorisés à opérer, a déclaré un responsable de l'OTAN.
    La France va déployer un A400M pour évacuer ses ressortissants encore présents à Kaboul. Il partira lundi 16 août à 8h00 d'Orléans en direction de la base militaire française d'Abu Dhabi d'où plusieurs rotations sont programmées avec Kaboul afin d'exfiltrer environ 200 ressortissants.

    L'administration Biden toujours satisfaite de sa décision de retrait
    Les talibans ont lancé leur offensive en mai, quand le président américain Joe Biden a confirmé le retrait des dernières troupes étrangères du pays, censé être achevé d'ici le 31 août. Joe Biden a depuis affirmé ne pas regretter sa décision, même si la rapidité avec laquelle l'armée afghane s'est désintégrée a surpris et déçu les Américains, qui ont dépensé plus de 1.000 milliards de dollars pour la former et l'équiper.
    forward_2.gifVendredi 13 août, l'administration Biden affirmait encore que Kaboul ne faisait pas face à une "menace imminente" et que la prise du pouvoir par les talibans n'était pas à leurs yeux une issue inéluctable.

    L'armée de l'air américaine intervient contre des positions talibanes
    Une source de sécurité afghane affirme qu'environ 35 militants talibans ont été tués lors de frappes aériennes par les forces américaines dans 3 provinces afghanes.

    La Turquie évacue ses missions militaires et diplomatiques
    La Turquie évacue ses missions militaires et diplomatiques en Afghanistan. Il reste le contingent turc chargé de sécuriser l'aéroport de Kaboul. Les talibans ont exigé de la Turquie qu'elle retire également ses troupes avant la fin août et menace : "pas un ne sortira vivant" si Ankara ne les retire pas."

    forward_2.gifL'immense arsenal d'armes modernes capturé par les talibans : un grave problème pour l'avenir
    Les talibans se sont emparés d'un immense arsenal mis à disposition de l'armée afghane, notamment par les Etats-Unis, au cours de leur prise de contrôle de nombreuses bases militaires. Les Etats-Unis ont dépensé 88 milliards$ pour équiper une armée afghane supposée être forte de 350.000 hommes alors qu'il s'est avéré qu'elle n'en comptait pas plus de 60.000, selon des estimations récentes. Une grosse erreur de la CIA pourtant omniprésente dans le pays. Parmi ces armes, se trouvent des avions de guerre, des hélicoptères de combat, des drones (notamment au moins 15 drones ScanEagle qui coûtent 4.000.000 $ chacun -  photos ci-dessous), des missiles, des véhicules blindés et Humvees par milliers, et toutes sortes d'armes individuelles.
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    Les avions tombés entre les mains des talibans sont des avions de combat A-29 Super Tucano COIN (contre-insurrection) livrés par les États-Unis à l'armée de l'air afghane. 
    Les avions de combat ont été saisis par les talibans dans la section militaire de l'aéroport international de Mazar-i-Sharif.
    Les États-Unis avaient acheté un total de 26 avions de combat A-29 pour l'Armée de l'air afghane au cours des cinq dernières années. Seulement 19 ont été livrés à cette date.
    L'A-29 est facile à piloter et à entretenir, et il est considéré comme l'un des avions de combat les moins chers à exploiter. Une heure de vol dessus ne coûte que 1 000 $.
    Les Super Tucano fournis à l'AAF étaient équipés de systèmes électro-optiques d'observation et de ciblage AN/AAQ-22 Star SAFIRE II. Les avions de combat étaient également armés de bombes à guidage laser GBU-58 Paveway II et de roquettes à guidage laser APKWS.
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    Les talibans ont également capturé au moins un hélicoptère d'attaque léger MD 530F Cayuse Warrior sur l'aéroport international de Mazar-i-Sharif.
    Les États-Unis ont fourni plus de 60 hélicoptères MD 530F à l'AAF. L'hélicoptère peut être armé de nacelles FN HMP400 avec mitrailleuse lourde FN M3P .50 BMG ou de nacelles M260 avec 7 roquettes Hydra 70 non guidées.
    Au cours des derniers jours, les talibans ont capturé plus d'une douzaine d'hélicoptères, dont des Mi-8/17, des UH-60 Black Hawk et des MD 530F. Les talibans n'ont pu faire décoller jusqu'ici que deux Mi-8/17 laissés par les forces gouvernementales afghanes en état opérationnel à Herat.
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    Mais les talibans n'auront pas l'utilisation de ces armes qui ne manqueront pas de faire l'objet d'une intense activité de marché noir. Le trafic  se déroulera en premier lieu au travers de l'Iran (sans compter le matériel militaire amené par l'armée afghane ayant fuit en Iran / Vidéo). Il touchera également les pays d'Asie centrale, soit directement par les frontières montagneuses de l'Afghanistan avec ses pays voisins, soit par le Pakistan. On devrait voir très rapidement les conséquences de ce trafic d'armes, tout d'abord au Cachemire indien, dans les régions troublées du Pakistan comme le Balouchistan, et plus loin ans les régions "chaudes" du Moyen Orient (Irak, Syrie, Yémen).

    N'oublions pas, enfin, qu'al-Qaïda va profiter de la victoire des talibans pour reconstituer ses bases en Afghanistan et puiser sa part du butin d'armements capturé par les talibans avec toutes les conséquences que cela pourrait représenter dans un avenir proche pour tous les pays dans le collimateur de l'organisation islamiste radicale.

    Ne pas oublier que talibans et al-Qaïda poursuivent le même but : Imposer l'islam et la charia au monde entier comme le rappelle ce commandant des talibans à CNN : « Nous sommes convaincus qu'un jour les moudjahidines remporteront la victoire et que la loi islamique ne s'appliquera pas seulement à l'Afghanistan, mais partout dans le monde. Nous ne sommes pas pressés. Nous pensons que cela viendra un jour. pas jusqu'au dernier jour." Vidéo de la déclaration de ce commandant taliban à CNN.

  • Afghanistan : Les combattants de l'Etat islamique font mouvement vers l'Afghanistan, avertit la Russie

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    Une nouvelle alerte au terrorisme est arrivée de Russie, qui avertit que des combattants de l'État islamique se dirigeaient vers l'Afghanistan depuis la Syrie, la Libye et plusieurs autres pays. 

    La nouvelle a été rapportée par l' agence de presse  Reuters, qui cite des sources russes et le ministre de la Défense de Moscou Sergueï Choïgou. Ce dernier a ensuite réitéré que la Russie fournira au Tadjikistan une assistance militaire depuis sa base en cas de menaces sécuritaires en provenance d'Afghanistan. 

    Le 20 juillet 2021, des chars russes ont été déployés près de la frontière entre l’Afghanistan et le Tadjikistan. De nouveaux exercices conjoints, impliquant les forces armées russes, tadjikes et ouzbeks, devraient avoir lieu à 20 km de la frontière afghane, du 5 au 10 août. Moscou a signalé que du 30 juillet au 10 août, il y aura d'autres simulations d'opérations militaires dans le sud de l'Ouzbékistan, également près de la frontière afghane, impliquant environ 1 500 soldats et 200 véhicules, dont des avions. 

    Dans ce contexte,  la base militaire russe 201a au Tadjikistan  est l'une des structures russes les plus importantes pour gérer la situation, qui peut compter sur la présence d'environ 7 000 soldats. Celle-ci se compose de trois installations et est restée sous le contrôle de Moscou après l'effondrement de l'Union soviétique et pendant la guerre civile tadjike. La base, anciennement connue sous le nom de 201e division de fusiliers motorisés, a servi à assurer la sécurité de la frontière afghano-tadjike jusqu'en 2005, date à laquelle les forces armées tadjikes ont pris en charge cette tâche. Cependant, la présence militaire de Moscou au Tadjikistan, qui devait être supprimée en 2014, a été reconfirmée en 2013 et restera dans la région jusqu'en 2042. 

    la présence de l'État islamique dans la région continue d'inquiéter. Selon un rapport publié par les  Nations Unies le 3 février 2021, entre 1 000 et 2 200 militants de l'État islamique-Khorasan, nom sous lequel est connue la filiale afghane de l'Etat islamique, étaient présents dans le pays. Le groupe est né en 2015, dans la région nord-est du pays. Il a été fondé par d'anciens membres des talibans pakistanais. L'idéologie du groupe s'est propagée aux zones rurales d'Afghanistan, en particulier dans la province de Kunar, où se trouvent une majorité de musulmans salafistes, la même branche de l'islam sunnite que l'État islamique. Ceux-ci se sont toujours identifiés comme une minorité parmi les talibans, qui suivent plutôt l'école Hanafi. En conséquence, les militants salafistes ont facilement trouvé une place au sein de l’Etat islamique-Khorasan. Après une campagne militaire de plusieurs années, revendiquant des attentats , qui ont massivement touché la minorité chiite afghane Hazara. 

     

     

  • Afghanistan : Cessez-le-feu entre responsables locaux et talibans dans une province de l'ouest

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    Province de Badghis
    Les dirigeants de la province de Badghis, dans l'Ouest de l'Afghanistan, ont conclu un cessez-le-feu avec les talibans, sous l'égide de chefs traditionnels.

    Attaquée à plusieurs reprises depuis le 7 juillet, Qala-i-Naw est la première capitale provinciale ciblée par les talibans depuis le lancement début mai de leur offensive contre les forces afghanes, profitant du retrait définitif des forces étrangères du pays, censé être terminé d'ici fin août.

    Les talibans ont à chaque fois été repoussés, après d'intenses combats, mais sont parvenus le 7 juillet à s'emparer de plusieurs bâtiments officiels. "Le cessez-le-feu entre forces afghanes et talibans est entré en vigueur vers 10H00 aujourd'hui", jeudi (05H30 GMT), il a "été négocié par un certain nombre de chefs traditionnels et de personnes influentes de Qala-i-Naw", a expliqué le gouverneur de Badghis, Hessamuddin Shams.

    Le cessez-le-feu n'a pas de durée définie. "Nous nous sommes engagés à l'observer, nous espérons que les talibans feront de même", a ajouté le gouverneur.

    Les talibans se sont emparés ces deux derniers mois de vastes portions rurales de l'Afghanistan face à des forces afghanes qui ne contrôlent plus essentiellement que les capitales provinciales et les principaux axes routiers.

    Privées du crucial soutien américain, elles n'ont offert qu'une faible résistance et parfois été mises en déroute ou ont capitulé, sans même combattre.

    Province de Badakhshan
    Cheikh Hamid al-Din Mufkar, gouverneur du district de Shohada a révélé qu'un rassemblement taliban avait été bombardé par l'armée de l'air afghane. Deux combattants talibans et un civil ont été tués et dix autres blessés.. 
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    Province de Jawzjan
    Les talibans ont pénétré dans la ville de Sheberghan, capitale de la province septentrionale de Jawzjan et résidence du chef de guerre Abdul Rashid Dostum.

    Les talibans avanceraient dans la ville, profitant du fait que les forces de sécurité semblent avoir évacué leurs bases et leurs postes de sécurité.
    E6ZuSluWEAIiyC3.jpegLes talibans seraient également entrés dans la maison d'hôtes et le jardin d'Abdul Rashid Dostum à Sheberghan.
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    Province de Kandahar
    On rapporte de violents combats entre soldats afghans et les talibans dans les secteurs de PD6 et PD9 dans la ville de Kandahar. Des armes lourdes et légères sont utilisées par les deux camps. 

    Saifullah.jpegProvince de Kunar
    Un membre clé du réseau islamiste radical Lashkar-e-Taiban, un ressortissant pakistanais qui a joué un rôle clé dans la planification et l'organisation d'attentats dans la province de Kunar, a été tué. Il s'appelait Saifullah (photo)et a été tué mercredi 14 juillet lors d'un affrontement avec les forces de sécurité et de défense dans le district d'Asmar de la province de Kunar.

  • Afghanistan : Derniers incidents sécuritaires

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    Province de Baghlan : 34 soldats afghans et talibans tués lors de combats à Baghlan
    De violents affrontements se poursuivent dans la province de Baghlan, au nord de l'Afghanistan, où les talibans ont lancé une attaque à grande échelle au début du mois.

    Le 21 mai, huit militaires afghans ont été tués lors d'une attaque des talibans contre leur position dans le district de Guzargah-e-Noor, selon TOLO News .

    Abbas Tawakuli, commandant du 217 e Corps du Pamir de l' armée nationale afghane, a déclaré à TOLO News que six combattants talibans, dont un commandant de terrain, avaient été tués et sept autres blessés au cours de l'attaque.

    L'attaque de Guzargah-e-Noor aurait été menée par des combattants talibans récemment expulsés du district de Baghlan-e-Markazi. Le groupe afghan était entré à Baghlan-e-Markazi au début du mois. Actuellement, la situation dans le district est encore confuse.

    Par ailleurs, le ministère afghan de la Défense a annoncé que 20 talibans, dont un gouverneur de district nommé Amrullah, avaient été tués lors d'opérations aériennes et terrestres des forces afghanes dans les districts de Guzargah-e-Noor, Julga et Baghlan-e-Jadid en fin de journée, le 21 mai. .

    Les talibans ont intensifié leurs opérations à Baghlan et dans d'autres provinces afghanes après l'annonce par le président Joe Biden d'un plan visant à retirer toutes les troupes américaines d'Afghanistan d'ici le 11 septembre.

    La violence en Afghanistan n'a pas diminué après un cessez-le-feu de trois jours pendant la fête islamique de l'Aïd al-Adha [du 13 au 15 mai].

    Province de Faryab : Une femme kamikaze et deux de ses compagnons tués dans la province de Faryab
    Une femme kamikaze et ses deux compagnons ont été tués dimanche 23 mai à Faryab.

    Abdul Karim Yurash, porte-parole du chef de la police de Faryab, a déclaré que la femme, qui tentait de se faire exploser au quartier général de la police de Qaisar dans le district de Faryab, avait été identifiée et tuée avec ses deux compagnons avant d'atteindre sa cible.

    Yurash a ajouté que trois autres assaillants ont été blessés dans l'incident.

    Province de Kunar : Un commandant des talibans "unité rouge" éliminé
    La Direction nationale de la sécurité (NDS) de la province de Kunar a annoncé que le commandant des talibans rouges avait été tué dans la province.

     Selon le bulletin, le commandant Qasim et deux de ses hommes ont été tués hier soir (1er juin) lors d'une opération des forces de sécurité nationales dans le district de Sheltan.

    Province de Laghman : Violents combats pour le contrôle de Mehtarlam, la capitale provinciale
    Les autorités afghanes ont déclaré dimanche 23 mai que les forces de sécurité nationales étaient enfermées dans des batailles féroces avec les talibans pour les empêcher d'envahir la capitale de la province de Laghman assiégée, après que ceux-ci aient capturé des avant-postes de sécurité clés autour de la ville plus tôt dans la journée de dimanche. Les talibans ont récemment réalisé d'importants gains territoriaux dans la province de Laghman, en prenant le contrôle du district de Dawlat Shah vendredi 21 mai, ce qui a ouvert la voie à l'assaut de Mehtarlam.
     
    Le ministère de la Défense a confirmé dimanche soir que le chef de l'armée afghane Mohammad Yasin Zia, qui est également le ministre de la Défense par intérim du pays, était arrivé à Laghman avec d'autres hauts responsables de la sécurité et dirigeait les opérations contre les talibans.

    50 talibans tués lors d'une opération des forces spéciales dans la province de Laghman
    Cinquante talibans ont été tués lors d'une opération commando spéciale dans deux districts de Laghman dans la nuit du dimanche 23 au  lundi 24 mai.

    Fawad Aman, porte-parole adjoint du ministère de la Défense nationale, a déclaré que les opérations conjointes avaient été lancées dans les districts d'Alishang et d'Alingar dans la province de Laghman sous la direction du général Mohammad Yasin Zia, chef d'état-major du ministère de la Défense.

    Plus de 50 Taliban, dont le commandant principal Zalmai et plusieurs commandants talibans de premier plan et jihadistes étrangers, ont été tués. 60 autres ont été blessés.

    En outre, un certain nombre d’armes lourdes et légères ont été détruites.
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