Province de Ghazni

  • Afghanistan : Derniers développements sécuritaires

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    Les talibans accusés de s'en prendre aux Afghans ayant aidé les forces étrangères
    La crainte grandit vendredi que les promesses des talibans de se montrer cléments et tolérants ne soient sans lendemain, après la publication d'un document confidentiel de l'ONU démontrant qu'ils ont intensifié leur traque des Afghans ayant travaillé avec les forces étrangères.

    Le groupe d'experts d'évaluation des risques pour les Nations unies qui a rédigé le rapport affirme que les talibans possèdent des "listes prioritaires" de personnes qu'ils souhaitent arrêter. Les plus à risque sont ceux qui occupaient des postes à responsabilité au sein des forces armées afghanes, de la police et des unités de renseignement, selon le document.

    Depuis qu'ils ont pris le pouvoir dimanche, après une campagne militaire fulgurante, les talibans ont tenté de convaincre le monde et les Afghans qu'ils ne chercheraient pas à se venger de leurs anciens ennemis. Ils ont promis qu'il y aurait de "nombreuses différences" dans leur manière de gouverner par rapport à leur précédent règne, entre 1996 et 2001, quand ils avaient imposé une version ultra-rigoriste de la loi islamique qui empêchait les femmes de travailler ou étudier et punissait de terribles châtiments les voleurs et les meurtriers. Mais le rapport de l'ONU montre qu'ils effectuent des "visites ciblées porte-à-porte" chez les individus qu'ils veulent arrêter ainsi que chez les membres de leur famille. Ils filtrent aussi les personnes souhaitant accéder à l'aéroport de Kaboul et ont mis en place des points de contrôle dans les plus grandes villes.

    "Nous nous attendons à ce que les individus ayant travaillé pour les forces américaines et de l'Otan et leurs alliés, ainsi que les membres de leurs familles, soient menacés de tortures et d'exécutions", a déclaré à l'AFP Christian Nellemann, le directeur de ce groupe d'experts, le Centre norvégien d'analyses globales.

    "Ils pourchassent activement pour se venger, particulièrement les officiers de sécurité et du renseignement national, c'est ce que j'entends dire", a affirmé l'ex-ministre afghan de l'Intérieur Masoud Andarabi à la radio britannique Times.

    "Ils ont étendu et accentué leurs recherches ces dernières 24 heures", a ajouté M. Andarabi, qui s'exprimait d'un lieu non spécifié. Il a expliqué que son propre domicile avait été fouillé trois fois ces quatre derniers jours.

    Les talibans n'ont cessé de répéter que leurs hommes n'étaient pas autorisés à entrer dans les maisons des gens sans en avoir reçu l'ordre. Un de leurs hauts responsables, Nazar Mohammad Mutmaeen, a assuré que ces consignes restaient d'actualité. "Certaines personnes le font encore, peut-être par ignorance (...) Nous avons honte", a-t-il écrit sur Twitter. Les talibans ont dit vouloir établir de "bonnes relations diplomatiques" avec tous les pays, mais prévenu qu'ils ne feraient aucun compromis sur leurs principes religieux. La Chine, la Russie, la Turquie et l'Iran ont émis des signaux d'ouverture, les pays occidentaux jugeront quant à eux "sur les actes".

    Un proche d'un journaliste de Deutsche Welle tué par les talibans
    Des talibans à la recherche d'un journaliste travaillant pour Deutsche Welle (DW) ont tué par balle un membre de sa famille et en ont blessé gravement un autre en Afghanistan, a indiqué vendredi matin cette radio allemande sur son site internet.

    L'identité du journaliste visé, qui est désormais installé en Allemagne, n'a pas été précisée. Plusieurs autres membres de sa famille ont été en mesure de prendre la fuite in extremis tandis que les talibans faisaient du porte-à-porte pour lui mettre la main dessus.

    "L'assassinat d'un proche de l'un de nos éditeurs par les talibans hier (jeudi) est incroyablement tragique et illustre le vif danger dans lequel tous nos employés et leurs familles en Afghanistan se trouvent", a commenté Peter Limbourg, directeur général de DW, dans un communiqué. "Il est évident que les talibans effectuent d'ores et déjà des opérations organisées à la recherche de journalistes, à la fois à Kaboul et dans les provinces", a-t-il ajouté. "Le temps nous est compté!"

    Selon le site de DW, les talibans ont mené des raids dans les domiciles d'au moins trois de ses journalistes. Il souligne également que Nematullah Hemat, de la chaîne privée de télévision Ghargasht TV, aurait été enlevé par les talibans et, faisant référence à des sources gouvernementales, que le patron de la station de radio Paktia Ghag avait été abattu.

    Amnesty International accuse les talibans de crimes ethniques
    Amnesty International a accusé des militants talibans afghans d'avoir commis des crimes ethniques après avoir tué neuf hommes Hazaras lors de la prise de contrôle de la province de Ghazni, le mois dernier.

    L'organisation a appelé à une enquête internationale sur ces crimes.

    Des témoins oculaires ont fait des récits horribles des meurtres qui ont eu lieu entre le 4 et le 6 juillet dans le village de Mandracht dans le district de Malistan, où des militants talibans ont abattu six des hommes et torturé trois à mort, dont un homme qui a été étranglé avec son écharpe après avoir eu le bras coupé.

    Elle a souligné que « ces meurtres brutaux représentent probablement une petite partie du nombre total de morts causées par les talibans jusqu'à présent, car le mouvement a coupé le service de téléphonie mobile dans de nombreuses zones qu'ils ont récemment capturées et contrôle les images et les vidéos qui sont ensuite mises en ligne à partir de ces zones.

    L'organisation a appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à "adopter une résolution d'urgence exigeant que les talibans respectent le droit international des droits humains et assurent la sécurité de tous les Afghans, quelles que soient leur origine ethnique ou leurs croyances religieuses".

    « Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU doit lancer une enquête pour documenter, collecter et conserver les preuves des crimes et des violations des droits humains en cours en Afghanistan », a-t-elle déclaré, notant que « cela est essentiel pour lutter contre l'impunité qui continue d'alimenter les crimes graves dans le pays. ." 

    De nombreux afghans coincés à l'aéroport
    Depuis que les talibans ont pris le contrôle de la capitale afghane dimanche 15 août, plus de 18 000 personnes ont été évacuées de l'aéroport de Kaboul. Le ministre turc de la Défense a précisé, mercredi 18 août, qu'au cours des dernières 48 heures (mercredi 18 et jeudi 19 août), plus de 62 vols avaient été opérés depuis l'aéroport international Hamid Karzai de Kaboul.

    Malgré ce nombre, ils sont encore très nombreux coincés entre les postes de contrôle talibans et les barbelés posés par l'armée américaine, dans l'attente désespérée d'un vol. De nombreux Afghans se trouvent aussi près des ambassades dans l'espoir d'être évacués, mais ils ne peuvent y entrer.

    Le G7 et plusieurs agences de l'ONU ont appelé les talibans à laisser passer en toute sécurité les Afghans et les étrangers voulant partir. Le département d'État américain a relayé le même message, mais le Pentagone a laissé entendre que la situation s'améliorait. Les États-Unis ont déployé 6.000 militaires pour sécuriser l'aéroport de la capitale afghane et exfiltrer quelque 30.000 Américains et Afghans. Ils ont évacué plus de 7.000 personnes depuis samedi, selon le Pentagone. De nombreux autres pays, dont beaucoup d'européens (Espagne, France, Royaume-Uni...), procèdent aussi à des évacuations.

    De leur côté, les talibans ont assuré de tout faire pour faciliter un passage sûr vers l'aéroport, non seulement pour les étrangers, mais aussi pour les Afghans.

    "Nous facilitons le passage sûr non seulement des étrangers, mais aussi des Afghans, a affirmé un responsable taliban. Nous évitons toute forme d'affrontements verbaux violents et de violence à l'aéroport entre Afghans, étrangers et membres des talibans".

    Vidéo prise à la porte nord de l'aéroport de Kaboul, à hkia. La foule essaye d'entrer dans l'enceinte de l'aéroport.

    La résistance aux talibans s'organise mais rien n'est encore joué
    Quelques signes isolés de résistance aux talibans ont commencé à émerger. A Asadabad (est) et dans plusieurs endroits de la capitale, des manifestants ont défilé jeudi dans les rues en brandissant le drapeau national, plutôt que le drapeau blanc des islamistes, le jour du 102e anniversaire de l'indépendance. "Ma demande à la communauté internationale (...), c'est qu'elle tourne son attention vers l'Afghanistan et ne permette pas que ce qui a été accompli ces 20 dernières années l'ait été en vain", a déclaré un manifestant.

    Ahmad Massoud, dont le père, le commandant Ahmed Shah Massoud - assassiné le 9 septembre 2001 par el-Qaëda -, était le plus célèbre adversaire des talibans et des Soviétiques, a appelé avec l'ancien vice-président Amrullah Saleh à la résistance, de la vallée du Panchir au nord-est de Kaboul, la dernière région à ne pas être contrôlée par les talibans.

    Malgré la montée en puissance de l'opposition armée aux talibans dans la province de Panjshir, il n'est pas encore certain qu'on se dirige vers une résistance armée.

    Anas Haqqani a rencontré des érudits religieux du Panjshir et des responsables militaires à Kaboul. Il leur a demandé de livrer pacifiquement le Panjshir aux talibans. Anas Haqqani est le frère cadet de Sirajuddin Haqqani, le chef du réseau éponyme, qualifié de terroriste par Washington, qui a aussi le statut de numéro deux au sein des talibans. L'information a été donnée par le parti Hizb-i-islami, le parti dirigé par Gulbuddin Hekmatyar.

    L'information a été indirectement confirmée lors d'une intéressante Interview de l'oncle de Ahmad Massoud aux médias pakistanais. L'oncle de Ahmad Massoud est actuellement au Pakistan. Il a pris bien soin, au cours de l'interview, de se dissocier d'Amrullah Saleh, l'ancien vice-président afghan qui s'et déclaré "président" depuis le départ d'Ashraf Ghani. Amrullah Saleh a rejoint Ahmad Massoud pour continuer la lutte contre les talibans. Mais, a déclaré l'oncle de Massoud, "Nous attendons de voir ce qui sortira des conversations de Kaboul et si cela nous convient." Vidéo de l'interview.

    Insécurité alimentaire
    L'économie afghane, sinistrée, dépend pour beaucoup de l'aide internationale et les talibans sont contraints d'en tenir compte. "Une personne sur trois" est ainsi en situation d'insécurité alimentaire dans le pays, confronté à un second épisode de sécheresse sévère en trois ans, selon le Programme alimentaire mondial (PAM). "La situation est désastreuse. Les dernières analyses indiquent que 14 millions de personnes sont déjà confrontées à un risque de faim sévère ou aigüe, c'est une personne sur trois. Et deux millions d'enfants sont confrontés à un risque de malnutrition", s'est alarmée Mary-Ellen McGroarty, la représentante du PAM en Afghanistan, dans un entretien téléphonique, de Kaboul, avec l'AFP vendredi.

    "La démocratie a échoué en Afghanistan. Il faudra attendre de voir si (les talibans) peuvent nourrir les gens et leur amener le calme et la paix. S'ils le font, les gens commenceront à les aimer, sinon ils échoueront eux aussi", a estimé Reza, un habitant de la capitale afghane. Les talibans avaient demandé aux imams de prêcher l'unité et d'appeler les personnes éduquées à ne pas quitter l'Afghanistan dans leur sermon à la prière du vendredi, la première depuis que les islamistes ont accédé au pouvoir. "Ceux dont la foi est faible courent après ou s'accrochent aux avions américains. Ce ne sont pas de bonnes personnes, elles devraient rester et bâtir leur pays", a déclaré un imam dans une mosquée du centre de Kaboul.

  • Afghanistan : les talibans s'emparent de Ghazni puis de Herat, la troisième ville du pays

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    Ghazni tombe entre les mains des talibans
    Les talibans ont pris jeudi la ville stratégique de Ghazni, à 150 km au sud-ouest de Kaboul, et se rapprochent dangereusement de la capitale de l'Afghanistan après s'être emparés en quelques jours de l'essentiel de la moitié nord du pays.

    Le gouvernement a reconnu que Ghazni était tombée, mais assuré que des combats y étaient toujours en cours. "L'ennemi a pris le contrôle de Ghazni (...) Il y a des combats et de la résistance (de la part des forces de sécurité)", a affirmé Mirwais Stanikzai, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, dans un message WhatsApp aux médias. M. Stanikzai a ensuite annoncé que le gouverneur de la province avait été arrêté par les forces de sécurité, après qu'une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, mais dont l'authenticité n'a pu être immédiatement vérifiée, l'a montré quittant Ghazni avec la bénédiction des talibans.

    Ghazni est la capitale provinciale la plus proche de Kaboul conquise par les insurgés depuis qu'ils ont lancé leur offensive en mai, à la faveur du début du retrait des forces étrangères, qui doit être achevé d'ici la fin août. 

    Mardi soir, les talibans avaient conquis Pul-e-Khumri, capitale de la province de Baghlan, à 200 km au nord de Kaboul. Ils se rapprochent ainsi donc de la capitale à la fois par le nord et par le sud. Ghazni, qui était déjà tombée brièvement en 2018, est la plus importante prise des talibans jusqu'ici avec Kunduz, carrefour stratégique du nord-est, entre Kaboul, à 300 km au sud, et le Tadjikistan.

    Même si les talibans étaient déjà présents depuis longtemps dans les provinces de Wardak et Logar, à quelques dizaines de kilomètres de Kaboul, la chute de Ghazni est un signal très inquiétant pour la capitale. Cette ville est aussi un verrou important sur l'axe majeur reliant Kaboul à Kandahar, la deuxième plus grande ville afghane, au sud. Sa prise permet aux insurgés de couper les lignes de ravitaillement terrestres de l'armée vers le sud, et va encore accentuer la pression sur l'armée de l'Air afghane. 

    Prise de Herat, la troisième ville du pays
    Après Ghazni, les talibans se sont emparés jeudi 12 août 2021, de Hérat, la troisième ville d'Afghanistan, dans l'Ouest du pays, une étape majeure de leur offensive. Vidéo de la prise de Herat. Autre vidéo. Autre vidéo. Vidéo des talibans dans le QG de la police de Herat.

    Les insurgés "ont tout pris", a indiqué à l'AFP un haut responsable des forces de sécurité sur place, précisant que les forces afghanes avaient battu en retraite "pour empêcher plus de dommages dans la ville" et se retiraient vers une base militaire située à Guzara, un district voisin. Les talibans ont hissé leur drapeau au-dessus du siège de la police de Hérat en fin de journée, a rapporté un correspondant de l'AFP, précisant que les rebelles n'avaient rencontré aucune résistance.

    Zabihullah Mujahid, un porte-parole des talibans, a indiqué sur Twitter que "l'ennemi a fui... Des dizaines de véhicules militaires, armes et munitions sont tombés dans les mains" des talibans.

    Selon des informations locales, des combats seraient toujours en cours entre des combattants fidèles au chef de guerre Ismail Khan et des talibans dans le district de Gozra, à environ 20 km de la ville d'Herat. Vidéo.

    Hérat, située à 150 km de la frontière iranienne et capitale de la province du même nom, était déjà assiégée, avec de violents combats à ses abords. Les insurgés ont pris le contrôle ces dernières semaines de la quasi-totalité du reste de la province, dont Islam Qala, le poste-frontière avec l'Iran, le plus important d'Afghanistan.

    Kandahar et Lashkar Gah encerclées
    Kandahar, capitale de la province du même nom, et Lashkar Gah, capitale du Helmand voisin, sont assiégées depuis des mois par les talibans, dont ce sont deux fiefs traditionnels. De violents combats les y opposent aux forces de sécurité depuis plusieurs jours.

    Mercredi, les talibans ont annoncé sur Twitter avoir pris la prison de Kandahar, située dans la banlieue, pour en libérer "des centaines de prisonniers". A Lashkar Gah, le quartier général de la police a été fortement endommagé par l'explosion d'un véhicule piégé mercredi soir, contraignant les forces de police à se replier vers les bureaux du gouverneur, pendant que 40 policiers se rendaient aux talibans, a indiqué à l'AFP un responsable gouvernemental sur place.

    Le gouvernement afghan recherche une issue de secours
    Face à la dégradation de la situation militaire, Kaboul a proposé "aux talibans de partager le pouvoir en échange d'un arrêt de la violence dans le pays", a déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, un négociateur du gouvernement aux pourparlers de paix à Doha.

    Le président afghan, Ashraf Ghani, avait toujours rejeté jusqu'ici les appels à la formation d'un gouvernement intérimaire non élu comprenant les talibans. Mais son revirement risque d'être bien tardif, les insurgés n'ayant montré aucun signe, depuis l'ouverture des négociations de paix en septembre 2020, qu'ils étaient prêts à un compromis. Ils y seront sans doute encore moins enclins après avoir avancé à un rythme effréné ces derniers jours. En une semaine, ils ont pris le contrôle de 10 des 34 capitales provinciales afghanes, dont sept situées dans le nord du pays, une région qui leur avait pourtant toujours résisté par le passé. Ils ont aussi encerclé Mazar-i-Sharif, la plus grande ville du nord, où le président Ghani s'est rendu mercredi pour tenter de remobiliser l'armée et les milices favorables au pouvoir.

     

  • Afghanistan : Les talibans resserrent l'étau sur Mazar-i-Sharif, les civils fuient

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    E8ZqSZwXEAIoWOu.jpegLes talibans commençaient mardi à resserrer l'étau sur Mazar-i-Sharif, la plus grande ville du nord de l'Afghanistan, provoquant une fuite massive des civils. Le célèbre commandant de brigade de l'Armée afghane, Muneeb Amiri (photo ci-contre), a été grièvement blessé lors d'affrontements avec les talibans lundi 9 août.

    Si Mazar-i-Sharif, cité historique et carrefour commercial, venait à tomber à son tour, le gouvernement n'aurait plus aucun contrôle sur le nord du pays, une région pourtant traditionnellement férocement opposée aux talibans. C'est là qu'ils avaient rencontré l'opposition la plus acharnée lors de leur accession au pouvoir dans les années 1990. L'Alliance du Nord avait trouvé refuge dans le Nord-est pour mener la résistance lorsqu'ils dirigeaient le pays, entre 1996 et 2001.

    Les talibans, qui avancent à un rythme effréné, contrôlent désormais cinq des neuf capitales provinciales du Nord - six sur 34 au total dans tout le pays - et des combats sont en cours dans les quatre autres. Après avoir conquis dimanche en quelques heures Kunduz, la grande ville du Nord-est, ainsi que Taloqan et Sar-i-Pul, les talibans ont ajouté lundi Aibak, capitale de la province de Samangan, à cette liste.

    Ils s'étaient emparés samedi de Sheberghan, fief du célèbre chef de guerre Abdul Rashid Dostom, et vendredi de Zaranj, capitale de la lointaine province de Nimroz (sud-ouest), à la frontière avec l'Iran. Dans la nuit du lundi 9 au mardi 10 août 2021, ils ont attaqué la périphérie de Mazar-i-Sharif, Pul-e-khomri et Faizabad, trois capitales provinciales du Nord, mais ont été repoussés, a indiqué le ministère de la Défense. Ils ont aussi été refoulés à Farah (ouest), selon la police locale.

    Renforts des forces gouvernementales à Mazar-i-Sharif
    Le Ministère de la Défense afghan a publié une vidéo montrant des renforts se dirigeant vers Mazar-i-Sharif, Balkh avec les combattants fidèles au chef de guerre ouzbèk Abdurrashid Dostum.
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    Pour l'administration Biden, c'est aux Afghans de se défendre
    Alors que les combats font rage dans le Nord, mais aussi dans le Sud autour de Kandahar et dans Lashkar Gah, une nouvelle réunion de négociations entre les talibans et le gouvernement devait avoir lieu mardi et mercredi à Doha. Le processus de paix s'est ouvert en septembre 2020 au Qatar, dans le cadre de l'accord de paix conclu en février 2020 entre les talibans et Washington prévoyant le départ total des troupes étrangères d'Afghanistan. Ce retrait doit être achevé d'ici le 31 août.

    Mais les discussions sont au point mort et les talibans ont lancé une offensive en mai 2021, quand a débuté le retrait américain. Après s'être emparés de vastes territoires ruraux sans rencontrer beaucoup de résistance, ils se sont tournés depuis début août vers les centres urbains.

    Même si les espoirs sont minces de voir les pourparlers déboucher sur un résultat concret, les États-Unis ont décidé d'envoyer à Doha leur émissaire, Zalmay Khalilzad, pour "exhorter les talibans à cesser leur offensive militaire et à négocier un accord politique, seule voie menant à la stabilité et au développement en Afghanistan". Mais l'administration du président Joe Biden n'a aucunement l'intention de changer de ligne. Elle maintiendra son soutien à Kaboul, mais c'est aux Afghans de prendre leur destin en mains. "C'est leur pays qu'il s'agit de défendre. C'est leur combat", a dit lundi le porte-parole du Pentagone, John Kirby.

    Les violences ont poussé des dizaines de milliers de civils à fuir leur foyer dans tout le pays ces dernières semaines, les talibans étant accusés de nombreuses atrocités dans les endroits tout juste passés sous leur coupe. "Ils frappent et pillent", a déclaré Rahima, une femme qui campe maintenant avec des centaines de personnes dans un parc de Kaboul après avoir fui la province de Sheberghan.
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    "S'il y a une jeune fille ou une veuve dans une famille, ils les prennent de force. Nous avons fui pour protéger notre honneur", a-t-elle ajouté. 

    Lorsqu'ils étaient au pouvoir, les talibans avaient imposé leur version très stricte de la loi islamique. Les femmes avaient interdiction de sortir sans un chaperon masculin et de travailler, et les filles d'aller à l'école. Les femmes accusées de crimes comme l'adultère étaient fouettées et lapidées à mort.

    Mardi, le calme était revenu dans le centre de Kunduz, selon des habitants interrogés par l'AFP. Les talibans ne patrouillaient plus les rues, où les commerces et restaurants avaient rouvert. Les affrontements se poursuivaient toutefois aux abords de l'aéroport resté aux mains des forces gouvernementales. "Les gens ouvrent leur magasin et leur commerce. Mais vous pouvez encore voir la peur dans leurs yeux. La situation est très incertaine, les combats peuvent réapparaître en ville à tout moment", a déclaré Habibullah, un commerçant.

    A Kandahar et Lashkar Gah, deux fiefs historiques des insurgés qu'ils tentent de reprendre, les civils restaient pris au piège des combats. Trois ont été tués et 20 blessés, dont des femmes et des enfants, ces dernières 24 heures, a indiqué l'hôpital Mirwais de Kandahar. A Lashkar Gah, les hôpitaux des ONG Médecins sans frontières (MSF) et Emergency ont été touchés par un bombardement, sans qu'il y ait de victimes, a indiqué MSF lundi soir sur Twitter.

    Province de Baghlan
    Une vidéo  circulant sur Telegram montre d'intenses combats dans et autour de PD-2 à Pul-e-Khumri, capitale de la province de Baghlan. Aux dernières nouvelles, la majeure partie de la ville de Pul-e-Khumri est tombée, cet après-midi (mardi), aux mains des talibans. Les responsables de l'administration locale et les forces pro-gouvernementales (restantes) se sont retirées. Des sources locales disent qu'un accord a été conclu entre les talibans et les autorités locales/forces pro-gouvernementales grâce à la médiation des anciens locaux. Vidéo des talibans à l'intérieur de Pul-e-Khumri.

    Province de Ghazni : Les talibans exécutent deux policières enlevées à Ghazni
    Les talibans ont exécuté deux policières qui avaient été enlevées dimanche 8 août 2021 dans la ville de Ghazni, a confirmé une source sécuritaire.  Les talibans ont ensuite jeté leurs cadavres dans le quartier Kashk de la ville. Les talibans avaient enlevé les deux policières dans la zone de Sai Ganj du PD1 à Ghazni. Les policières, qui s'appelaient Uzra et Maryam, servaient au PD3 de la ville de Ghazni.

    Située dans le sud du pays, Ghazni est une province volatile où les talibans contrôlent des pans de territoires, y compris des parties de la capitale provinciale.

    Le poste frontière de Spin-Boldak, aux mains des talibans, rouvert au trafic vers le Pakistan
    Des sources pro-talibans semblent confirmer que le passage frontalier Chaman-Spin Boldak sera rouvert. Apparemment, un accord a été conclu entre les talibans et les responsables pakistanais sur la question de la gestion des frontières.
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    Aux dernières nouvelles, les talibans ont commencé à débloquer la frontière Chaman-Spin Boldak ce mardi soir 10 août 2021. Des sources pro-talibans et semi-officielles ont affirmé que les autorités pakistanaises avaient accepté les demandes des talibans.
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    7hLQVitS.jpegProvince de Farah : La ville de Farah aux mains des talibans (Breaking news)
    La ville de Farah (carte ci-contre et photo ci-dessous) serait tombée aux mains des talibans, devenant la 7ème capitale provinciale à être capturée par les talibans en une semaine. Le chaos total règne dans la ville en ce moment, selon un témoin. Vidéo des talibans dans la ville de Farah.

    "Cet après-midi (mardi), les talibans sont entrés dans la ville de Farah après avoir brièvement combattu les forces de sécurité. Ils ont pris le bureau du gouverneur et le quartier général de la police. Les forces de sécurité se sont retirées vers une base de l'armée", a annoncé à l'AFP Shahla Abubar, une conseillère provinciale.

    Outre le QG du gouverneur, la prison de la ville de Farah a également été occupée par les talibans qui se sont empressés de libérer les prisonniers, selon leur habitude. Actuellement, seul le QG du service de renseignement afghan NDS continue de résister. 
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    L'Etat islamique-Khorasan critique les relations entre talibans et la Chine
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    L'État islamique-Khorasan a critiqué les relations des talibans avec la Chine, les États-Unis et la Russie, présentant le mouvement taliban comme un allié et un mandataire des ennemis de la "grande puissance de l'Islam".

    L'État islamique en Irak et en Syrie développer leurs messages sur la question dès 2014 ( numéro 6 du magazine Dabiq par exemple), et l'EI a depuis perpétué cette tendance. Cependant, ces récits se sont progressivement propagés à l'Est – du noyau traditionnel du pouvoir de commandement et de contrôle de l'EI à ses branches régionales en Asie – au fur et à mesure qu'il construisait son réseau mondial de groupes militants.

    L'État-islamique-Khorasan a été fondée en 2015 et opère principalement en Afghanistan, mais pas exclusivement. 

    L'Etat-Islamique-Khorasan accuse les talibans d'obéir aux ordres de Pékin en acceptant d'empêcher les jihadistes de mener des opérations contre la Chine depuis le sol afghan. Il présente également les talibans comme une force par procuration pour la Chine qui cible les combattants de l'État islamique à l'intérieur de l'Afghanistan à la demande de Pékin.

    Une vidéo récente publiée par Khalid Media, un média local de l'Etat_islamique-Khorasan, comprenait plusieurs clips de responsables talibans socialisant et serrant la main de diplomates chinois tout en montrant des images de Ouïghours détenus et maltraités par les forces de sécurité au Xinjiang. Leur intention est de mettre en évidence l'hypocrisie de l'émirat islamique autoproclamé d'Afghanistan. De même, une déclaration publiée par Khurasan Wilayah News a critiqué les représentants des talibans pour leurs visites luxueuses à Pékin, Moscou et Doha en plus d'autres fautes à leurs yeux.

    La stratégie de l'Etat_Islamique_Khorasan est de "délégitimer" les talibans en tant que mouvement islamiste » et de présenter le groupe comme redevable aux puissances étrangères, notant également que l'État islamique a lancé une campagne de hashtag sur les réseaux sociaux accusant les talibans d'être un « Blackwater en blanc. "

  • Afghanistan : Le ministère afghan de la défense affirme que des dizaines de talibans ont été tués et blessés lors de combats 

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    Des combats toute la journée du lundi 19 juillet
    Les affrontements se sont poursuivis, lundi 19 juillet 2021, dans tout le pays. La situation reste tendue dans la province de Parvan, où les combattants talibans se sont rapprochés de la capitale Kaboul qui reste sous contrôle gouvernemental. De 19H00 dimanche au lundi 07H00, le gouvernement afghan a enregistré 46 attaques des talibans dans 18 provinces et 26 districts à travers le pays.

    Le 19 juillet, les talibans ont capturé le district de Nejrab, tandis que l'Armée afghane a pris le contrôle de Surkh Parsa à l'est de Kaboul.

    Les Etats-Unis fournissent des hélicoptères d'attaque à l'armée afghane
    Les États-Unis ont fournis de nouveaux hélicoptères d'attaque aux forces gouvernementales, après qu'au moins trois hélicoptères aient été détruits par les talibans ces derniers jours.

    « Les hélicoptères ont été livrés à Kaboul aujourd'hui et doivent être officiellement remis à l'armée de l'air lors d'une cérémonie spéciale. Selon le plan, davantage d'hélicoptères seront livrés en Afghanistan dans les mois à venir », a déclaré le 16 juillet le porte-parole du corps 209 du Shokhin de l'armée nationale afghane (ANA).

    Selon les rapports, 7 hélicoptères UH-60 Black Hawk ont ​​été livrés à Kaboul. Tous sont fournis avec tout l'équipement nécessaire pour une désignation précise des cibles à tout moment de la journée.

    Le nombre d'hélicoptères qui devraient être fournis par le prochain lot n'a pas été dévoilé.
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    L'armée de l'air afghane semble être le dernier espoir pour Kaboul. Alors que les talibans progresent dans tout le pays, les frappes aériennes de l'armée de l'air infligent de lourdes pertes humaines et matérielles aux talibans. C'est pour contrer la menace que représente les hélicoptères que les talibans utilisent des drones kamikazes pour tenter de les détruire au sol. 

    Le ministère afghan de la défense revendique avoir mis hors de combat des dizaines de talibans
    Des dizaines de talibans ont été tués samedi 17 juillet lors de frappes aériennes et de multiples combats en Afghanistan, selon des déclarations du ministère afghan de la Défense.

    Dans un communiqué, le ministère a révélé que 18 militants avaient été tués et 24 autres blessés, dans la province orientale de Kapisa, après que l'armée de l'air afghane ait lancé des frappes aériennes en soutien aux forces de défense et de sécurité nationales afghanes dans les banlieues voisines de Tageb et Nejrab. 

    Il a également annoncé que "20 combattants talibans avaient été tués et huit autres blessés, lors d'une opération de nettoyage menée par les Forces terrestres d'autodéfense à la périphérie de Lashkar Gah, la capitale de la province méridionale d'Helmand". Par ailleurs "15 militants talibans ont été tués et six autres blessés dans la province septentrionale de Balkh, à la suite d'une frappe aérienne" des forces afghanes dans le district de Kaldar.

    Le communiqué du ministère a déclaré qu'"un véhicule appartenant aux talibans et un grand nombre d'armes et de munitions ont été détruits lors des récentes attaques".

    Province de Ghazni
    Le district de Malistan disputé entre le gouvernement et les talibans
    La localité de Malistan, située à l'ouest de la province de Ghazni, avait été reprise dimanche 18 juillet par les forces gouvernementales aux talibans, mais elle est à nouveau tombée entre leurs mains

    Amanullah Kamrani, chef adjoint du conseil provincial de Ghazni, a déclaré lundi que les forces gouvernementales, les "soulèvements populaires" et les habitants avaient libéré dimanche le centre du district de Malistan des talibans.

    Les talibans ont cependant nié cette information et affirmé que le district de Malistan de la province de Ghazni était toujours sous leur contrôle.

    Le porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a déclaré que les efforts du gouvernement pour s'emparer du district avaient échoué.

    Il semble, en fait, qu'après la reprise du district de Malistan par les forces gouvernementales, les talibans ont de nouveau attaqué Malistan depuis les districts d'Uruzgan et d'Ajristan.

    Les talibans ont attaqué le district de Malistan le 19 mai. La localité était tombée trois jours après le début des combats. Malistan avait été l'un des trois districts les plus sûrs de la province de Ghazni ces dernières années.
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    Province de la Kapisa
    Le centre du district de Nejrab est tombé aux mains des talibans. Vidéo de sites pro-talibans.

    Province de Samangan
    Les responsables de la sécurité ont annoncé la reconquête du district de Dara-e-Suf dans la province de Samangan.

    Mohammad Hanif Rezaei, porte-parole du 209e corps Shaheen, a affirmé dans un message aux médias que les forces de sécurité afghanes avaient libéré le district du contrôle des talibans, lundi matin 19 juillet.
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  • Afghanistan : Principaux incidents sécuritaires

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    Kaboul
    Une explosion dans le centre-ville de Kaboul a fait au moins cinq morts
    L'explosion a eu lieu à 14H50, rue Maiwand (Chuk) dans le district 1 du centre-ville de Kaboul. Elle a fait cinq morts et cinq blessés mais le bilan pourrait être beaucoup plus élevé.

    Province de Farah
    Il y a peu de temps, le centre du district de Parchman dans la province de Farah était sous le contrôle des forces de sécurité mais tous ses quartiers étaient sous le contrôle des moudjahidines.
    Environ 300 soldats afghans ont cessé de combattre ou ont rejoint les talibans, remettant leurs armes et leurs équipements aux Moudjahidine.

    Province de Ghazni
    Le district de Malistan dans la province de Ghazni, qui était considéré comme l'un des districts les plus sûrs de la province est passé sous le contrôle des combattants talibans lundi soir 12 juillet 2021. Le gouvernement avait laissé des dizaines de membres des forces de locales et un petit nombre de soldats afghans à leur propre sort. Ils avaient réclamé en vain des renforts et des frappes aériennes pendant des jours mais n'ont rien reçu. Ils ont été contraints de se retirer à Jaghori.
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    Province de Ghor
    Un responsable local de la province de Ghor a déclaré que huit membres des forces de sécurité avaient été tuées et six autres blessées au cours d'une attaque des talibans au cours de la nuit du 12 au 13 juillet contre le poste de l'armée de Qarawa à Firozkokh, dans la province de Ghor.

    Par ailleurs, selon une source au sein de la sécurité, s'exprimant sous couvert d'anonymat en raison de la sensibilité de la révélation, les forces de sécurité stationnées dans le district de Charsadda de la province de Ghor étaient liées aux talibans.

    Charsadda est l'un des districts les plus précaires du nord de Ghor, qui partage une frontière avec les provinces de Faryab et Badghis.

    Provinces de Bamyan et Laghman
    Les talibans ont également revendiqué le contrôle total de Sayghan dans la province de Bamyan et d'Alingar dans la province de Laghman.

    De leur côté, les Forces nationales de sécurité et de défense ont mené une série d'opérations sur l'autoroute Kunduz-Khanabad, au cours desquelles quatre  talibans ont été tués et quatre autres blessés. 

    Province de Logar
    Le président du conseil provincial de Khost, Kafil Reihan, a déclaré que Zohreh Jalal, membre du Conseil provincial de Khost, et ses enfants ont été abattus par les talibans dans la province de Logar.
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    Province de Paktia
    Des responsables locaux de la province de Paktia ont déclaré qu'une explosion de mine avait tué au moins sept talibans et blessé 11 autres mardi 13 juillet 2021.

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    17  talibans ont été tués et cinq autres blessés lors d'une frappe aérienne ciblée dans la ville d'Abdal, la capitale de la province de Takhar.
    Il y a des rapports contradictoires sur la mort du gouverneur taliban de Takhar, Mawlawi Noor Uddin (photo ci-contre). Le ministère de la Défense afghan affirme qu'il a été tué lors de la frappe aérienne tandis que les talibans réfutent cette affirmation et disent qu'il est en vie. 

    Frontière Afghanistan-Tadjiistan
    Le flanc des montagnes du côté afghan de la frontière entre le Tadjikistan et l'Afghanistan est parsemé de ces drapeaux blancs à peine visibles, signalant le contrôle des talibans sur la région.E6KjlpVXEAAsyE9.jpeg
    L'armée de l'air américaine se décide à intervenir
    Une frappe aérienne américaine a visé des positions des talibans dans le district de Dand aux portes de la ville de Kandahar. L'US Air Force a également effectué des vols en appui de l'armée afghane dans les provinces de Kandahar, Laghman et Kaboul. 

    22 commandos afghans exécutés par les talibans
    22 membres d'une unité des forces spéciales afghanes ont été exécutés par les talibans, le 16 juin 2021,  dans la ville de Dawlat Abad, dans la province de Faryab, près de la frontière afghane avec le Turkménistan.
    CNN a obtenu et vérifié plusieurs vidéos de l'incident et s'est entretenu avec des témoins.
    Des vidéos montrent les corps des commandos éparpillés sur un marché en plein air. Après une bataille acharnée pour tenir la ville, les commandos étaient à court de munitions et ont été encerclés par les combattants talibans, ont déclaré des témoins.
    Dans une vidéo, d'environ 45 secondes, on peut entendre un passant dire en pashto, la langue locale : "Ne leur tirez pas dessus, ne leur tirez pas dessus, je vous en supplie ne les tirez pas." Le spectateur demande alors : « Comment les Pachtounes tuent-ils des Afghans ? Les Pachtounes sont le principal groupe ethnique d'Afghanistan.
    À la fin de la vidéo, une autre voix hors caméra dit : « Enlevez-leur tout. »
    Dans une autre vidéo, on peut entendre un homme dire : "Ouvrez son gilet pare-balles." Un combattant peut être vu en train de retirer de l'équipement du corps de l'un des commandos.
    La Croix-Rouge a confirmé que les corps de 22 commandos avaient été récupérés.
    Le meurtre des soldats contraste fortement avec les efforts des talibans pour montrer qu'ils acceptent la reddition des soldats et, dans certains cas, les payent pour qu'ils rentrent chez eux alors qu'ils réalisent des gains territoriaux à travers l'Afghanistan.
    Les talibans ont posté une vidéo trois jours après les combats à Dawlat Abad, montrant la saisie de camions militaires et d'armes. La vidéo affirmait que "les gardes de Washington, un commando spécial spécialement formé par la CIA qui poursuivait les talibans à Dawlat Abad, Faryab, ont été capturés vivants par les talibans, désarmés et menottés".
    Les talibans ont déclaré à CNN que les vidéos montrant les commandos abattus étaient fausses et que la propagande gouvernementale encourageait les gens à ne pas se rendre. Un porte-parole des talibans a déclaré qu'ils détenaient toujours 24 commandos qui avaient été capturés dans la province de Faryab mais n'ont fourni aucune preuve.
    Le ministère afghan de la Défense a nié que les talibans détenaient les commandos et a déclaré à CNN qu'ils avaient été tués.


    Provinces de Badakhshan et Takhar : Instructions concernant les filles

    Les talibans ont publié une déclaration dans les provinces du Badakhshan et de Takhar ordonnant aux anciens des tribus et aux mollahs de remettre les filles de plus de 15 ans et les veuves de moins de 45 ans aux talibans pour qu'elles épousent les Moudjahidins :
    E6FAjaJXEAAX6xS.jpegDans la province de Ghor, certains jeunes affirment que les talibans ont imposé des lois strictes après dans les quartiers dont ils ont pris le contrôle. Selon ces jeunes, regarder la télévision, se raser la barbe, envoyer les filles dans des établissements scolaires et laisser les femmes à la maison "sans Muharram" (c'est à dire seule) et sans foulard sont considérés comme des crimes par les talibans.
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    Un chant pour booster le moral des soldats
    L'Institut national afghan de musique a mis en ligne une chanson intitulée  "O Soldier Yareh" en hommage aux forces de sécurité qui défendent le pays.

    Le poème chanté est supposé remonter le moral des soldats engagés dans les combats.

  • Afghanistan : Le commandant des troupes américaines se retire, les taliban poursuivent leur offensive

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    Le commandant des troupes américaines en Afghanistan, le général Austin Miller, va quitter ses fonctions ce lundi 12 juillet 2021, ont annoncé des responsables américains, mettant ainsi fin symboliquement au plus long conflit extérieur des Etats-Unis alors que les taliban poursuivent leur offensive dans le pays.

    Une cérémonie est prévue à Kaboul pour marquer la fin officielle de la mission des Etats-Unis en Afghanistan, dont la date butoir a été fixée au 31 août par le président Joe Biden. Si cette cérémonie devrait être empreinte d'émotion pour les militaires américains ayant combattu en Afghanistan pendant près de 20 ans, le sentiment devrait être plus mitigé pour le gouvernement afghan, les taliban contrôlant désormais une grande partie de l'Afghanistan.

    Le général Kenneth McKenzie, dont le commandement central basé en Floride supervise les forces américaines dans des zones de conflits comme l'Afghanistan, l'Irak et la Syrie, s'est rendu à Kaboul pour rassurer les forces de sécurité afghanes et leur garantir que les Etats-Unis continueraient de les aider.

    Province de Bamyan
    Pour la première fois depuis 2001, les talibans ont progressé dans la province de Bamyan
    , le cœur de la tribu chiite Hazara. Les talibans ont pris le contrôle du district de Kahmard dans la province de Bamyan, après que les forces afghanes se soient retirées du district, selon nos informations.
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    La ville de Ghazni encerclée par les taliban
    Lundi, des combattants taliban ont encerclé la ville de Ghazni (photo ci-dessus), dans le centre de l'Afghanistan. "La situation dans la ville de Ghazni est très critique (...) les taliban utilisent les logements des civils comme cachettes et tirent sur les ANDSF (forces de sécurité afghanes), ce qui rend (...) très difficile une riposte", a déclaré Hassan Rezayi, membre du conseil de Ghazni.

    Le sixième district de Ghazni est tombé après de violents combats dimanche soir 11 juillet. Le cinquième arrondissement de la ville serait également tombé lundi 12. Aux dernières nouvelles, les combats se déroulaient à moins de trois kilomètres du bureau du gouverneur de Ghazni.

    Ghazni est l'une des provinces dont le centre a toujours été un foyer des talibans. La plupart des quartiers de la ville de Ghazni étaient tombés aux mains des talibans pendant au moins trois jours en 2019. A l'époque, les talibans avaient incendié des magasins, des bureaux du gouvernement et des marchés.

    Les craintes que Ghazni ne tombe à nouveau aux mains des talibans ont augmenté à mesure que les attaques contre le centre-ville de Ghazni s'intensifient.
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  • Afghanistan : Derniers incidents sécuritaires

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    900 attaques des talibans en une semaine
    Les talibans ont mené chaque jour entre 150 et 200 attaques, la semaine dernière. Ils ont exécuté plus de 900 attaques dans la même période.

    Kaboul plongé dans le noir après la destruction de pylônes électriques
    L'incident s'est produit dans le village de Mirzakhil, dans le district de Kalakan à Kaboul, vers 4 h 45. Deux pylônes électriques qui transportent 220 kilovolts d'électricité importés d'Ouzbékistan à Kaboul ont été détruits et un troisième pylône partiellement endommagé.

    DABS a déclaré que la bombe a été placée près d'un autre pylône électrique dans la région, mais une équipe de l'armée afghane est dans la région pour désamorcer la bombe.

    La principale compagnie d'électricité, Da Afghanistan Breshna Sherkat (DABS).a déclaré que ses techniciens seront envoyés dans la zone une fois que la zone sera sécurisée.
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    Province de Baghlan
    La vieille ville du district de Baghlan-e-Markazi est tombée aux mains des talibans, jeudi matin 6 mai 2021
    , sans aucune résistance des forces de sécurité stationnées dans le secteur. Il semble qu'environ 50 soldats aient abandonné deux bases dans le district de Baghlan-e-Markazi et se seraient «rendus» aux talibans mercredi soir. Du côté des talibans, on parle d'une reddition de 200 soldats. Le ministère de la défense a démenti ces informations et déclare qu'aucun soldat des forces afghanes ne s'est rendu à l'ennemi.

    Baghlan-e-Markazi est située au nord de la province de Baghlan. Rappelons que la localité de Baraka était déjà tombée, le 5 mai, aux mains des talibans. 

    Pour contrer l'offensive des talibans, le ministère de la Défense a dépêché des unités de commandos à Baghlan. Celles-ci ont aussitôt été engagées sur le terrain dans les districts de Baghlan-e-Markazi et Dahana-e-Ghori à la périphérie de la ville de Pul-e-Khumri.

    Province de Farah : Les militaires abandonnent 3 bases à Bala Buluk
    Jeudi soir, les militaires afghans ont évacué deux bases à Shawn et une autre à Pastoo Khan à Bala Buluk. Les talibans, ainsi que des habitants,  sont venus piller ce qui restait dans les bases. Des frappes aériennes ont été menées contre les bases abandonnées provoquant la mort de talibans et de civils.  

    Province de Ghazni
    Les talibans ont investi un avant-poste militaire dans la région d'Arezu, dans le sud de la province de Ghazni. 

    Nemat Rawan (journaliste assassiné).jpegProvince de Kandahar - Assassinat d'un journaliste
    Nemat Rawan (photo), ancien présentateur de TOLO News et responsable des médias au ministère afghan des Finances, a été assassiné, jeudi 6 mai, lors d'une attaque armée par des inconnus dans le PD-14 de la ville de Kandahar, juste un jour après que les talibans aient menacé les journalistes dans une déclaration.

    Les talibans ont réfuté dans une déclaration toute responsabilité dans l'assassinat de Nemat Rawan et accusé le gouvernement.

    L'unité 29155 russe coopérait avec les talibans pour tuer des Américains
    Des informations récemment déclassifiées prouveraient que les talibans ont travaillé en étroite collaboration avec l'unité 29155, la célèbre unité d'assassinats de la Russie, une conclusion qui a renforcé les affirmations que la Russie offrait des primes pour les attaques contre les troupes américaines.