Province de Deraa

  • Syrie : bombardements et tensions du Nord au Sud

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    Les forces du régime syrien fidèles au président Bachar al-Assad ont tiré sur le gouvernorat d'Edleb, au nord-ouest du pays, des dizaines de missiles. Au même moment, à Daraa, dans le sud de la Syrie, des attaques de groupes inconnus ont également fait des victimes parmi les forces gouvernementales et leurs alliés.
    Au nord, les forces de Bachar al-Assad, assistées par Moscou, ont bombardé des villages et des petites villes dans la région de Jabal al-Zawiya au sud d'Edleb, y compris Kansafra et al-Fateera, causant des dégâts matériels. La population locale a du à nouveau quitter ses foyers, en raison des offensives répétées et de l'épidémie croissante du coronavirus. Assad a envoyé des renforts supplémentaires, affirme un rebelle syrien, faisant craindre une nouvelle opération militaire, probablement en collaboration avec Téhéran.
    Edleb représente le dernier bastion encore sous le contrôle des forces rebelles et est au centre d'une violente offensive depuis avril 2019.
    Le 5 mars, le président russe, Vladimir Poutine, et son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, avaient conclu un accord de cessez-le-feu dans la région, visant à encourager le retour des personnes déplacées et des réfugiés. Depuis lors, cependant, il y a eu des violations sporadiques du cessez-le-feu, qui semblent s'être intensifiées ces dernières semaines.
    Face à ce scénario, les organisations humanitaires locales ont mis en garde contre une éventuelle escalade militaire dans la région du Nord-Ouest, qui pourrait entraîner de nouvelles vagues de déplacement, alors que la menace de la pandémie de coronavirus n'a pas encore été éradiquée.
    Le sud de la Syrie n'est pas non plus exempt de tensions. Ces tensions concernent principalement la région de Daraa, connue pour avoir été le berceau de la révolution en Syrie, qui a débuté le 15 mars 2011 et se poursuit toujours. C'est notamment ici que des adolescents avaient écrit sur un mur l'un des premiers slogans anti-régime, comme "C'est votre tour, Docteur", en référence au président syrien Assad.
    Selon les rapports d'al-Araby al-Jadeed du 27 juillet, environ 10 membres de l'armée syrienne et des groupes d'opposition ont été tués et au moins 10 autres blessés au cours de plusieurs attaques de groupes armés inconnus dans différentes parties de la région de Daraa. La première, qui s'est produite tard dans la soirée du 26 juillet, visait la neuvième division de l'armée d'Assad, tandis qu'une autre attaque a eu lieu à l'aube du 27 juillet au domicile de l'ancien chef de l'Armée Syrienne Libre, l'un des groupes d'opposition armés composés d'anciens membres et volontaires des forces armées syriennes.
    Le gouvernorat de Daraa, officiellement contrôlé par le régime syrien depuis 2018, est le théâtre d'attaques et de meurtres quotidiens visant des membres du régime et ses alliés, ainsi que des personnes engagées dans des "groupes de réconciliation". Le Bureau des droits de l'homme des Nations unies a également déclaré avoir reçu des rapports de violations par des membres étatiques et non étatiques, y compris des exécutions, des détentions arbitraires et des disparitions forcées.
    L'accord de cessez-le-feu à Daraa, Quneitra et Soueida, auquel les États-Unis, la Russie et la Jordanie ont également participé, remonte à juillet 2017. Les combattants et les familles des rebelles ont ensuite évacué la région en juillet 2018, après des semaines de violents bombardements, suivis d'un accord de reddition avec le régime syrien et la Russie. Contrairement aux autres régions environnantes, qui sont revenues, avec le temps, aux mains du régime, l'armée d'Assad n'a pas déployé ses forces dans la région, s'appuyant sur les alliés sur place pour assurer la sécurité de la province. De nombreux combattants de l'opposition sont cependant restés dans le gouvernorat, gardant le contrôle de vastes zones rurales dans le sud, l'est et l'ouest. Certains coopèrent avec les institutions de l'État, d'autres ont rejoint le contingent de l'armée soutenue par la Russie.

  • Syrie : Le chef d'une cellule de Daech éliminé prés de Deraa (sud syrien)

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    Tahir al-Masri, le chef d'une des principales cellules de Daech dans la province de Daraa, dans le sud de la Syrie, a été éliminé le vendredi 10 juillet.
    Selon des sources locales, Tahir al-Masri circulait sur une route entre les villes d'Umm Mayathin  et de Tayyibah dans l'est de la province de Deraa lorsqu'il a été arrêté par plusieurs hommes armés. Le jihadiste a été exécuté sur place et son cadavre brûlé.
    Al-Masri, originaire de la ville d'Umm Mayathin dans l'est de Daraa, était l'un des principaux commandants de la sécurité de l'Etat islamique dans la région du sud.
    "Tahir était un commandant éminent de l'Etat islamique, il était le chef d'une des cellules de sécurité qui avaient trouvé refuge dans la région d'al-Nakhlah au sud de la ville de Daraa", a déclaré un journaliste pro-opposition.
    C'est à titre de représailles pour la mort d'al-Masri, que les jihadistes de Daech ont attaqué une unité de la Direction du renseignement militaire près d'Elemtaih. Des affrontements violents ont éclaté mais on n'a pas de rapports de pertes éventuelles.
    L'assassinat d'al-Masri est soit une opération sécuritaire menée par les services de renseignement syriens, ou un acte de vengeance de combattants locaux. Au cours des derniers mois, les cellules de l'Etat islamique ont tué de nombreux membres des services syriens et des habitants de Daraa.

  • Syrie : Derniers développements

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    L'armée syrienne repousse une attaque "à grande échelle" dans le nord de la province de Lattaquié
    L'armée arabe syrienne (AAS) a annoncé le 10 juillet qu'elle avait repoussé une "attaque à grande échelle" sur ses positions dans le nord de la province de Lattaquié.
    Selon une source militaire, des rebelles soutenus par la Turquie ont lancé une attaque tôt dans la matinée. L'attaque surprise visait des positions militaires dans la ville de Rabia. Selon la source, les militants ont utilisé différents types d'armes au cours de leur attaque. L'armée syrienne a cependant réussi à la repousser.
    "Nos forces dans la région ont repoussé l'attaque et ont infligé de lourdes pertes humaines et matérielles aux terroristes", a déclaré la source, ajoutant "il n'y a pas eu de pertes dans les rangs de nos forces".
    L'Observatoire syrien des droits de l'homme a fait état d'intenses tirs de roquettes de la part de l'Armée Arabe Syrienne sur des zones tenues par les rebelles dans le nord de Lattaquié.
    Les factions rebelles de la province d'Edleb, y compris les jihadistes de Hayat Tahrir al-Sham, n'ont pas fait de commentaires sur cette attaque. Ces factions sont connues pour occulter leurs pertes, surtout pendant un cessez-le-feu.
    L'attaque manquée est une violation de l'accord de cessez-le-feu, qui a été négocié par la Russie et la Turquie le 5 mars. Ankara est responsable de l'attaque car elle aurait été menée par des groupes qui lui sont alliés. De telles provocations pourraient conduire à une reprise des affrontements dans la région.

    La Turquie établit une nouvelle base militaire à Ras al-Aïn, en Syrie
    La Turquie renforce sa présence militaire dans la ville de Ras al-Ain, au nord de la Syrie, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) le 10 juillet.
    Selon l'OSDH, l'armée turque a établi une nouvelle base dans le village de Tell Halaf, près de Ras al-Ain.
    De plus, les forces turques ont été vues patrouillant dans le centre ville de Ras al-Ain. L'OSDH affirme que ces nouvelles mesures sont destinées à garantir la sécurité de la ville, qui est située à la frontière avec la Turquie.
    "[Les forces turques veulent] pacifier la ville, la placer sous leur contrôle et punir toute personne qui porte des armes à l'intérieur de celle-ci, à l'exception de la police et des factions pro-turques", peut-on lire dans le rapport de l'OSDH.
    Au début de juillet, une bataille féroce entre militants pro-turcs a eu lieu à Ras al-Ain. Au moins quatre militants et une jeune fille ont été tués au cours de ces affrontements.
    La ville a également été frappée par une série d'attentats au cours des derniers mois. Huit personnes ont été tuées et blessées lors de la dernière explosion, qui a eu lieu le 4 décembre.
    Le travail de sécurisation de Ras al-Ain est probablement lié aux efforts de la Turquie pour sécuriser sa propre frontière avec la Syrie. Mais les forces turques continuent d'ignorer la détérioration de la situation sécuritaire dans les zones qui sont situées assez loin de leur frontière, comme Afrin au nord d'Alep.

    Trois agents de renseignement syriens tués et blessés dans un nouvel attentat à Deraa.
    Membre des Services de renseignement de l'air tué.jpegTôt le matin du 10 juillet, des sources locales à Deraa ont rapporté deux fortes explosions dans la ville de Dael, au nord de la province de Deraa.
    La première explosion a été causée par un engin explosif improvisé (IED) placé dans le district sud de Dael. L'explosion n'a causé aucune perte. Cependant, un deuxième IED a explosé lorsqu'une unité des services de renseignement syriens est arrivée pour inspecter la zone.
    Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), un officier de la Direction des renseignements de l'armée de l'air (AFID) a été tué dans l'explosion secondaire. Deux autres officiers ont été blessés.
    Aucun groupe n'a encore revendiqué la responsabilité des attaques aux engins explosifs improvisés. Néanmoins, on sait que des cellules de Daech sont actives dans le nord de la province de Deraa.
    Au cours des derniers mois, plusieurs officiers de l'AFID et d'autres agences de renseignement syriennes ont été tués dans les régions nord et est du gouvernorat de Deraa. L'Etat islamique (Daech) a revendiqué la responsabilité de plusieurs de ces attaques.
    Les récentes attaques contre les forces gouvernementales et les combattants locaux à Deraa et Quneitra ont pour but de perturber la sécurité dans la région sud de la Syrie. Des mesures décisives doivent encore être prises pour faire face à cette menace croissante.