Province de Baghlan

  • Afghanistan : Les talibans attaquent le "Panjshir" ... La résistance affirme avoir tué des centaines de talibans

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    Le « Front de résistance nationale », qui s'oppose aux talibans dans la province du Panjshir, a déclaré avoir mis hors de combat des centaines de talibans. Ces derniers avaient lancé une attaque à partir de plusieurs fronts mais se sont heurtés à la résistance des combattants du Front de Résistance Nationale. L'offensive a été lancée à partir de la vallée de Khawak et du district de Paryan, à l'embouchure de la vallée du Panjshir.

     Depuis mardi, les affrontements se poursuivent dans différentes parties de la vallée, Gul bahar - Paryan - khawak. Jusqu'ici, les talibans n'ont pas réussi à progresser et auraient perdu beaucoup de combattants. Dans le district de Chikrinow, 13  talibans ont été tués dans une embuscade par la résistance nationale Un de leurs chars a également été détruit.

    Des affrontements ont débuté, mercredi 1er septembre à 10H30 dans les montagnes Golbahar et Jabal al-Saraj. Ils sont toujours en cours actuellement.
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    Selon certaines sources (non encore vérifiées), les affrontements auraient gagné la Kapisa et la vallée de l'Andarab, dans la province de Baghlan. Le porte-parole de la Resistance affirme que les talibans ont perdu 40 hommes et 35 blessés à Andarab au cours des dernières 24 heures : "Ils n'ont même pas pu avancer d'un kilomètre". 

    La résistance du Panjshir revendique la capture du district de Koh Band dans la province de Kapisa, ainsi que des villages de Jamalagha et Deh-e Baba Ali dans la plaine de Shomali. Les districts de Jabul Saraj et Golbahar seraient contestés. 

    Les  talibans affirment avoir capturé une zone dans la province du Panjshir, dernier bastion de la résistance aux talibans en Afghanistan. Les responsables de "l'Emirat islamique" (talibans) affirment avoir renforcé leur contrôle sur la région de Shattal dans le Panjshir.   Ces revendications n'ont pas été vérifiées.

    Selon ces responsables, au cours de l'opération, les talibans ont tué 10 résistants et en ont blessé d'autres. Ils se sont également emparés de deux chars, d'un véhicule blindé, d'un canon de 82 mm et de grandes quantités de munitions.

    Le chef des "talibans", Amir Khan Muttaki, a confirmé dans un message enregistré à destination des habitants du Panjshir, que le mouvement a nommé un nouveau gouverneur pour l'Etat, selon la chaîne afghane 1TV.

    Il apparait évident qua les négociations entre les "talibans" et le "Front de résistance nationale" du Panjshir ont échoué pour l'instant.
     

  • Afghanistan : Derniers développements (mis à jour au fur et à mesure des évènements)

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    Echange de tirs à l'aéroport de Kaboul : 1 mort
    Un garde afghan a été tué lors d'un échange de tirs tôt lundi matin 23 août 2021 à l'aéroport de Kaboul, entraînant l'intervention des forces allemandes et américaines, a annoncé l'armée allemande.
    "Ce matin à 04H13, il y a eu un échange de coups de feu entre des gardes afghans et des assaillants non identifiés à la porte Nord de l'aéroport de Kaboul. Un garde afghan a été tué et trois autres blessés", a indiqué l'armée allemande sur son compte Twitter.
    Des soldats allemands et américains ont pris part à "des échanges de tirs ultérieurs", a ajouté l'armée allemande en précisant qu'aucun soldat allemand n'avait été blessé.

    Toujours le chaos autour de l'aéroport de Kaboul
    Depuis leur entrée dans Kaboul le 15 août, les islamistes tentent de convaincre la population qu'ils ont changé, affirmant que leur politique sera moins brutale que lorsqu'ils étaient à la tête du pays de 1996 à 2001. Mais cela n'endigue pas le flot de ceux qui ne croient pas en leurs promesses et veulent partir. "L'Amérique, avec toute sa puissance et ses équipements (...), a échoué à ramener l'ordre à l'aéroport. Il y a la paix et le calme dans tout le pays, mais il n'y a que le chaos à l'aéroport de Kaboul (...) Cela doit cesser le plus tôt possible", a déclaré dimanche un haut responsable taliban, Amir Khan Mutaqi.

    Sept Afghans sont morts dans cette gigantesque cohue à l'aéroport, a annoncé dimanche le ministère britannique de la Défense, sans dire s'il parlait d'un seul incident ou de plusieurs, ni quand cela avait eu lieu.

    Un journaliste, faisant partie d'un groupe d'employés de presse et d'universitaires qui a eu la chance d'accéder à l'aéroport dimanche, a décrit des scènes d'Afghans totalement désespérés s'accrochant à leur bus au moment où ils y pénétraient. "Ils nous montraient leurs passeports et criaient: +Emmenez-nous avec vous, s'il vous plaît emmenez-nous avec vous", a raconté ce journaliste à l'AFP.

    Espérant toujours un miracle, des familles demeurent massées entre les barbelés qui entourent le périmètre séparant les talibans des troupes américaines, et l'accès à l'aéroport reste très difficile.

    Face à cette situation, les dirigeants du G7 vont tenir une réunion virtuelle mardi, a annoncé le Premier ministre britannique Boris Johnson, dont le pays assure actuellement la présidence du groupe. "Il est vital que la communauté internationale travaille ensemble pour assurer des évacuations sûres, prévenir une crise humanitaire et aider le peuple afghan à protéger les progrès (réalisés) les vingt dernières années", a-t-il ajouté.

    Le président américain Joe Biden a déclaré dimanche toujours espérer que les opérations d'évacuations puissent être terminées avant le 31 août, la date fixée par son gouvernement pour le retrait complet des troupes américaines en Afghanistan. "Nous espérons que nous ne devrons pas prolonger", a déclaré le président américain, tout en laissant la porte ouverte à une extension. "Il y aura des discussions, je pense."

    Washington a réquisitionné les avions de plusieurs compagnies aériennes privées afin d'aider à l'évacuation. Ces avions ne décolleront pas de l'aéroport de Kaboul mais aideront à transporter les personnes ayant été évacuées vers des pays tiers, comme le Qatar ou les Emirats arabes unis.

    Washington prévoit d'évacuer entre 10.000 et 15.000 de ses ressortissants, et de 50.000 à 60.000 Afghans et leurs familles, selon l'administration Biden. Mais un nombre considérable d'autres personnes tentent de fuir. "Il veulent évacuer 60.000 personnes d'ici la fin du mois. C'est mathématiquement impossible", a déclaré à l'AFP le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

    Vladimir Poutine tire la sonnette d'alarme sur la présence de combattants déguisés en réfugiés
    Depuis le 14 août, environ 25.100 personnes ont été évacuées d'Afghanistan à bord d'avions militaires américains et de pays alliés, selon la Maison Blanche.

    Dimanche 22 août, le président russe Vladimir Poutine a appelé à empêcher un afflux de réfugiés en provenance d'Afghanistan parmi lesquels pourraient se cacher des "combattants déguisés".

    "Nos partenaires occidentaux demandent avec insistance d'accueillir les réfugiés dans les pays d'Asie centrale jusqu'à ce qu'ils aient un visa pour les Etats-Unis ou pour d'autres pays", a déclaré M. Poutine. "Mais qui peut être (caché) parmi ces réfugiés, comment peut-on le savoir?", a-t-il souligné, en estimant que "des centaines, voire des centaines de milliers ou peut-être des millions" de personnes pourraient vouloir fuir le pays.

    Les talibans annoncent une offensive contre la vallée du Panjshir
    Une poche de résistance s'est formée dans la vallée du Panjshir, au nord-est de Kaboul, longtemps connue comme un bastion anti-talibans. Ce Front national de résistance (FNR) est notamment emmené par Ahmad Massoud, fils du commandant Ahmed Shah Massoud assassiné en 2001 par Al-Qaïda.

    Après l'échec de négociations, les talibans ont annoncé dimanche 22 août 2021 le lancement d'une offensive d'envergure contre la vallée du Panjshir.
    "Des centaines de moudjahidines de l'Emirat islamique se dirigent vers l'Etat du Panjshir pour le contrôler, après que des responsables locaux aient refusé de le remettre de façon pacifique", ont indiqué les talibans sur leur compte Twitter en arabe. 
    L'offensive des talibans contre la vallée du Panjshir est dirigée par Qari Fasihud Din HafizuAllah. Lundi 23 août, ils ont annoncé avoirencerclé les combattants du Front National de Résistance dans le Panjshir, tout en ajoutant vouloir négocier plutôt que de combattre.E9coAxCXMAAXhvn.jpeg

    L'entrée principale de la vallée du Panjshir est une gorge étroite qui rend son invasion extrêmement difficile par des forces extérieures, à la merci des tirs de combattants positionnés sur les hauteurs alentours.

    Des rapports émanant de plusieurs sources, non confirmés, mais rapportés par la BBC , prétendent qu'une colonne de talibans serait tombée dans une embuscade tendue par les combattants anti-talibans du Jabal al-Siraj, avant d'entrer dans la région du Panjshir. Selon ces rapports,  plus de 300 talibans auraient été tués. En outre, les combattants du Front National de Résistance (anti-talibans) auraient fait sauter le pont Doshakh à Salang nord, coupant la route d'approvisionnement des talibans et piégeant plusieurs centaines de talibans.
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    Les talibans affirment avoir nettoyé les districts de Banu, Pol-e-Hesar et Deh Salah de la province de Baghlan. Parallèlement, des sources locales ont indiqué que de violents combats avaient lieu entre les talibans et les combattants du groupe dans les districts de Deh Salah et Banu. Au cours des combats, le chef taliban du district de Banu a été tué avec 3 autres combattants.
    Les affrontements se poursuivent dans différentes parties d'Andarab.
    Une information en date du 23 août fait état d'une embuscade dans la région de Fajr au cours de laquelle une cinquantaine de talibans ont été tués et 20 autres faits prisonniers. Le Front National de Résistance (FNR) a eu un mort 1 et six blessés.

    Un porte-parole du FNR, Ali Maisam Nazary, a déclaré à l'AFP que le Front se préparait à "un conflit de longue durée" avec les talibans. Selon lui, des milliers d'Afghans ont rejoint la vallée du Panjshir pour combattre le nouveau régime.
    Des photos prises par l'AFP lors d'exercices d'entraînement montrent des véhicules blindés rouler à travers la vallée. "Les talibans ne dureront pas s'ils continuent ainsi. Nous sommes prêts à défendre l'Afghanistan et nous mettons en garde contre un bain de sang", a déclaré dimanche M. Massoud à la chaîne Al-Arabiya. Vidéo de combattants du FNR dans la région du Panjshir.

    Le "Lion du Panjshir"
    En 1997 Ahmed Shah Massoud, légendaire chef de guerre surnommé "Le lion du Panjshir", avait fait sauter le tunnel de Salang, construit lors de l'invasion soviétique de l'Afghanistan (1979-1989), fermant ainsi la porte d'entrée de la vallée par le sud. Malgré de nombreuses tentatives, les talibans n'étaient jamais parvenus à s'emparer du Panjshir.

    Les talibans envisagent de remplacer Kaboul par Kandahar comme capitale d'Afghanistan
    Dans une interview exclusive avec Al-Jazeera, Abdul Qahar Balkhi, membre de la commission culturelle des talibans, a déclaré que "des consultations sont en cours pour former un gouvernement et ce sera certainement un système global". Il a déclaré que le changement de la capitale de Kaboul à Kandahar est également un sujet de discussion.
    L'une des raisons pour lesquelles les talibans envisagent de changer de capitale est que la plupart des Kaboulis parlent une langue appartenant au groupe iranien de la famille des langues indo-européennes. Les Pachtounes sont minoritaires à Kaboul  et ceux de Kaboul sont de langue persane. Alors que Kandahar est une ville pachtoune. 
    La question du transfert de la capitale pourrait également révéler des dissensions entre les pachtounes Kandahari à l'égard des talibans pachtounes de Haqqani qui ont pris le pouvoir à Kaboul. les Haqqanis jouent un rôle dominant à la fois militairement et politiquement à Kaboul. Or, les relations étroites idéologiques, opérationnelles et même familiales des Haqqani avec al-Qaïda sont bien connues.
    Ajoutons que l'ONU a identifié la présence de hauts dirigeants d'al-Qaïda et de centaines de djihadistes armés, notamment dans la région d'Af-Pak.

    L"ambassade du Pakistan à Kaboul investie par les talibans
    Des sources locales confirment que l'ambassade du Pakistan à Kaboul a été investie par les talibans, lundi 23 août 2021. Les talibans ont averti le personnel de ne pas délivrer de visas pour les Afghans essayant de fuir le pays. (Source Suhaib Zuberi)

  • Afghanistan : Les talibans disent avoir envoyé des "centaines" de combattants vers une zone rebelle

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    Les talibans ont annoncé dimanche que des "centaines" de leurs combattants se dirigeaient vers la vallée du Panjshir, au nord-est de Kaboul, une des rares zones de l'Afghanistan échappant encore au contrôle du groupe islamiste.

    Des centaines de moujahidines de l'Emirat islamique ont été envoyés samedi soir 21 août vers l'Etat du Panjshir pour le contrôler, après que des responsables locaux aient refusé de le remettre de façon pacifique, ont indiqué les talibans sur leur compte Twitter en arabe.

    Ces renforts ont pour mission de contrer les attaques des unités d'Ahmad Massoud, le fils du légendaire commandant Ahmed Shah Massoud, et des loyalistes d'Amrullah Saleh, vice-président afghan avant la prise de Kaboul par les talibans. Les forces du Panjshir seraient entrées dans la province de Baghlan et à Charikar.
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    Les renforts talibans compteraient entre 3000 et 6000 combattants. Selon des informations non confirmées, les talibans auraient lancé une offensive tôt dimanche matin sur Bannu dans la vallée d'Andarab dans la province de Baghlan et capturé un certain nombre de forces de résistance. L'offensive leur aurait permis de reprendre toutes les zones brièvement occupées par le Front de la Résistance, y compris Deh Salah. Les milices andarabi auraient battu en retraite vers le Panjshir. Enfin, ajoutons que les talibans ont adressé à Ahmad Massoud un dernier ultimatum lui intimant de se rendre.

  • Afghanistan : Derniers évènements sécuritaires

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    Aéroport de Kaboul : un chaos sans fin
    Six jours après l'entrée des talibans dans Kaboul, des dizaines de milliers d'Afghans cherchent toujours désespérément à fuir, via un pont aérien "difficile" dont le président américain Joe Biden a reconnu ne pouvoir garantir "l'issue".

    Routes paralysées par la foule, avions cargos pris d'assaut, enfants lancés par leurs parents par dessus des barbelés: les images du chaos à l'aéroport de Kaboul ne font que renforcer chaque jour le sentiment d'impréparation de l'opération d'évacuation. Ce pont aérien est "l'un des plus importants et difficiles de l'histoire", a reconnu vendredi, dans sa seconde allocution télévisée en quelques jours, M. Biden lors d'un discours à la Maison Blanche.

    "Je ne peux pas promettre ce qu'en sera l'issue finale" ni qu'il n'y aura pas "de risques de pertes" en vies humaines, a déclaré le président, assurant que les alliés de Washington ne remettaient pas en cause la "crédibilité" américaine de mener à bien cette opération. Il a annoncé que 13.000 personnes avaient été évacuées par l'armée américaine depuis le 14 août. Des milliers d'autres ont embarqué à bord d'avions venus notamment des pays européens et de Grande-Bretagne.

    Des Américains évacués par hélicoptères
    Les Etats-Unis à eux seuls prévoient de faire partir 30.000 personnes. Les évacués sont en majorité des citoyens américains que les talibans laissent entrer. Mais de nombreux Afghans, notamment ceux ayant travaillé pour les Etats-Unis et détenteurs d'un visa d'immigration spéciale (SIV) pour eux et leurs proches, ne peuvent pas accéder à l'enceinte sécurisée par plus de 5.000 militaires américains.

    Vendredi, l'armée américaine a dû déployer trois hélicoptères pour aller chercher dans un hôtel de Kaboul 169 Américains n'ayant pu se rendre à l'aéroport. Et ils sont encore très nombreux, coincés entre les postes de contrôle talibans et les barbelés posés par l'armée américaine, dans l'attente désespérée d'un vol.

    Parmi d'innombrables témoignages poignants, une vidéo postée sur les réseaux sociaux montre des Afghans faisant passer un bébé en pleurs par-dessus la foule à l'aéroport et le donnant à un soldat américain. Selon le Pentagone, il a été soigné puis rendu à ses parents.

    Face aux critiques et polémiques qui agitent les Etats-Unis depuis la victoire éclair des talibans, l'armée américaine a pris en mains sa communication vendredi en publiant un florilège de photographies montrant ses militaires prenant soin de bébés et de jeunes enfants afghans à l'aéroport. Et le porte-parole du Pentagone John Kirby de mettre en avant la "compassion" des soldats.

    Les évacuations de civils ont été suspendues plusieurs heures vendredi à cause de l'encombrement des bases américaines dans le Golfe, notamment au Qatar, où se trouvent des milliers de réfugiés.

    Les Etats-Unis ont obtenu le feu vert de Berlin pour que certains évacués soient dirigés vers l'Allemagne, où les Etats-Unis disposent de nombreuses bases militaires, notamment la grande base de Ramstein et son important hôpital militaire.

    Les talibans empêchent des fonctionnaires de reprendre le travail
    Les fonctionnaires ont été empêchés de retourner travailler dans les bâtiments publics par les talibans, alors que la semaine de travail reprend le samedi en Afghanistan, ont indiqué plusieurs d'entre eux à l'AFP.

    "Je suis allé à mon bureau ce matin, mais le taliban qui était à l'entrée m'a dit qu'il n'avait pas reçu l'ordre de rouvrir", a indiqué Hamdullah, un fonctionnaire kabouli. "Ils nous ont dit de regarder à la télé ou d'écouter à la radio l'annonce de la reprise du travail", a-t-il ajouté. "Les talibans ont fermé toutes les routes jusqu'au ministère. Ils n'autorisent personne à entrer dans le bâtiment", a de son côté indiqué un employé du ministère des Affaires étrangères afghan. "L'un d'entre eux m'a dit d'attendre jusqu'à la nomination du nouveau ministre et de ses directeurs." "Ils nous ont renvoyés chez nous", a confirmé un fonctionnaire de la mairie de Kaboul. "Je suis venu avec beaucoup d'espoir mais suis reparti déçu."

    Depuis que les talibans ont pris le pouvoir le 15 août, les bâtiments gouvernementaux, les banques, les bureaux des passeports, les écoles et les universités sont restés largement fermés. Seules quelques entreprises privées de télécommunication ont fonctionné ces derniers jours.

    Les talibans n'ont toujours pas formé de gouvernement après avoir conquis le pays à une vitesse folle et s'être emparés de Kaboul sans opposition.

    Depuis l'effondrement du gouvernement, l'une des principales préoccupations des Afghans est de continuer à percevoir un salaire, ce qui semble impossible sans un maintien de l'activité.

    La plupart des routes de la capitale étaient en grande partie désertes samedi, à l'exception des postes de contrôle des talibans, de leurs patrouilles et des axes menant à l'aéroport encombrés par des milliers d'Afghans cherchant à fuir le pays.

    Chasse aux opposants
    Les talibans tentent de convaincre qu'ils ne cherchent pas à se venger de leurs anciens ennemis, promettant de "nombreuses différences" par rapport à leur précédent règne, entre 1996 et 2001, quand ils avaient imposé une version ultra-rigoriste de la loi islamique qui empêchait les femmes de travailler ou étudier et punissait de sanglants châtiments les voleurs et les meurtriers. Mais selon un rapport d'un groupe d'experts travaillant pour l'ONU, les nouveaux maîtres de l'Afghanistan possèdent des "listes prioritaires" d'Afghans recherchés, les plus menacés étant les gradés de l'armée, de la police et du renseignement.

    Le rapport indique que les talibans effectuent des "visites ciblées" chez les personnes recherchées et leurs familles. Leurs points de contrôle filtrent aussi les Afghans dans les grandes villes et ceux souhaitant accéder à l'aéroport de Kaboul.

    La Fédération internationale des journalistes (FIJ) indique avoir reçu "des centaines de demandes d'aide" de professionnels de l'information afghans, majoritairement des femmes, chez qui règnent "la panique et la peur".

    Les talibans affirment que leurs hommes n'étaient pas autorisés à agir ainsi. "Certaines personnes le font encore, peut-être par ignorance (...) Nous avons honte", a tweeté un de leurs hauts responsables, Nazar Mohammad Mutmaeen.

    Peur sur les réseaux sociaux
    Beaucoup d'habitants de
    Kaboul suppriment leurs comptes de médias sociaux et leurs messages sur les téléphones. Beaucoup craignent que leur empreinte numérique ne fasse d'eux des cibles de représailles des talibans. Les talibans infiltrent les groupes WhatsApp et Facebook et confisquent les téléphones au cours des perquisitions porte-à-porte. (Information Frud Bezhan).

    Peur chez les journalistes
    Zabiullah Mujahid, un porte-parole des talibans affirme qu'un  comité de trois membres va être créé pour aborder les problèmes auxquels sont confrontés les médias à Kaboul. Le comité comprendra un membre de la « Commission culturelle » des talibans, un membre des médias et un membre de la police. (
    Natsecjeff)
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    Avenir des relations internationales
    Les talibans ont dit vouloir établir de "bonnes relations diplomatiques" avec tous les pays, mais prévenu qu'ils ne feraient aucun compromis sur leurs principes religieux. La Chine, la Russie, la Turquie et l'Iran ont émis des signaux d'ouverture, les pays occidentaux restant méfiants.

    Le président russe Vladimir Poutine a appelé vendredi à empêcher "l'effondrement" de l'Afghanistan, critiquant au passage la politique occidentale "irresponsable" visant à "imposer des valeurs étrangères".

    De son côté, le Tadjikistan menace de fermer toutes les ambassades à Douchanbé des pays qui décideraient de soutenir financièrement ou militairement les talibans. Il a demandé l'ONU de ne pas reconnaître le régime taliban comme gouvernement officiel.

    Vers la fin de la résistance au Panjshir ?
    Si on croit Khalil al-Rahman Haqqani, Ahmad Massoud, le fils du légendaire Ahmad Shah Massoud et commandant des forces de résistance du Panjshir, aurait finalement prêté allégeance aux talibans. Vidéo de la déclaration de Khalil Haqqani. Mais Un conseiller de Massoud réfute l'information et affirme que des négociations, facilitées par les anciens des tribus et des proches des talibans, sont toujours en cours pour un "gouvernement global" avec les talibans et qu'aucun accord ou allégeance n'a été conclu.

    La situation pourrait devenir assez tragique à Andarab, dans la province de Baghlan, dans le cas où aucun accord serait conclu entre les talibans et leurs opposants. Au moins 20 talibans ont déjà perdu la vie au cours de récents affrontements et les talibans promettent d'être impitoyables :  "aucune pitié pour les traîtres", ont-ils promis.
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  • Afghanistan : les talibans s'emparent de Ghazni puis de Herat, la troisième ville du pays

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    Ghazni tombe entre les mains des talibans
    Les talibans ont pris jeudi la ville stratégique de Ghazni, à 150 km au sud-ouest de Kaboul, et se rapprochent dangereusement de la capitale de l'Afghanistan après s'être emparés en quelques jours de l'essentiel de la moitié nord du pays.

    Le gouvernement a reconnu que Ghazni était tombée, mais assuré que des combats y étaient toujours en cours. "L'ennemi a pris le contrôle de Ghazni (...) Il y a des combats et de la résistance (de la part des forces de sécurité)", a affirmé Mirwais Stanikzai, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, dans un message WhatsApp aux médias. M. Stanikzai a ensuite annoncé que le gouverneur de la province avait été arrêté par les forces de sécurité, après qu'une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, mais dont l'authenticité n'a pu être immédiatement vérifiée, l'a montré quittant Ghazni avec la bénédiction des talibans.

    Ghazni est la capitale provinciale la plus proche de Kaboul conquise par les insurgés depuis qu'ils ont lancé leur offensive en mai, à la faveur du début du retrait des forces étrangères, qui doit être achevé d'ici la fin août. 

    Mardi soir, les talibans avaient conquis Pul-e-Khumri, capitale de la province de Baghlan, à 200 km au nord de Kaboul. Ils se rapprochent ainsi donc de la capitale à la fois par le nord et par le sud. Ghazni, qui était déjà tombée brièvement en 2018, est la plus importante prise des talibans jusqu'ici avec Kunduz, carrefour stratégique du nord-est, entre Kaboul, à 300 km au sud, et le Tadjikistan.

    Même si les talibans étaient déjà présents depuis longtemps dans les provinces de Wardak et Logar, à quelques dizaines de kilomètres de Kaboul, la chute de Ghazni est un signal très inquiétant pour la capitale. Cette ville est aussi un verrou important sur l'axe majeur reliant Kaboul à Kandahar, la deuxième plus grande ville afghane, au sud. Sa prise permet aux insurgés de couper les lignes de ravitaillement terrestres de l'armée vers le sud, et va encore accentuer la pression sur l'armée de l'Air afghane. 

    Prise de Herat, la troisième ville du pays
    Après Ghazni, les talibans se sont emparés jeudi 12 août 2021, de Hérat, la troisième ville d'Afghanistan, dans l'Ouest du pays, une étape majeure de leur offensive. Vidéo de la prise de Herat. Autre vidéo. Autre vidéo. Vidéo des talibans dans le QG de la police de Herat.

    Les insurgés "ont tout pris", a indiqué à l'AFP un haut responsable des forces de sécurité sur place, précisant que les forces afghanes avaient battu en retraite "pour empêcher plus de dommages dans la ville" et se retiraient vers une base militaire située à Guzara, un district voisin. Les talibans ont hissé leur drapeau au-dessus du siège de la police de Hérat en fin de journée, a rapporté un correspondant de l'AFP, précisant que les rebelles n'avaient rencontré aucune résistance.

    Zabihullah Mujahid, un porte-parole des talibans, a indiqué sur Twitter que "l'ennemi a fui... Des dizaines de véhicules militaires, armes et munitions sont tombés dans les mains" des talibans.

    Selon des informations locales, des combats seraient toujours en cours entre des combattants fidèles au chef de guerre Ismail Khan et des talibans dans le district de Gozra, à environ 20 km de la ville d'Herat. Vidéo.

    Hérat, située à 150 km de la frontière iranienne et capitale de la province du même nom, était déjà assiégée, avec de violents combats à ses abords. Les insurgés ont pris le contrôle ces dernières semaines de la quasi-totalité du reste de la province, dont Islam Qala, le poste-frontière avec l'Iran, le plus important d'Afghanistan.

    Kandahar et Lashkar Gah encerclées
    Kandahar, capitale de la province du même nom, et Lashkar Gah, capitale du Helmand voisin, sont assiégées depuis des mois par les talibans, dont ce sont deux fiefs traditionnels. De violents combats les y opposent aux forces de sécurité depuis plusieurs jours.

    Mercredi, les talibans ont annoncé sur Twitter avoir pris la prison de Kandahar, située dans la banlieue, pour en libérer "des centaines de prisonniers". A Lashkar Gah, le quartier général de la police a été fortement endommagé par l'explosion d'un véhicule piégé mercredi soir, contraignant les forces de police à se replier vers les bureaux du gouverneur, pendant que 40 policiers se rendaient aux talibans, a indiqué à l'AFP un responsable gouvernemental sur place.

    Le gouvernement afghan recherche une issue de secours
    Face à la dégradation de la situation militaire, Kaboul a proposé "aux talibans de partager le pouvoir en échange d'un arrêt de la violence dans le pays", a déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, un négociateur du gouvernement aux pourparlers de paix à Doha.

    Le président afghan, Ashraf Ghani, avait toujours rejeté jusqu'ici les appels à la formation d'un gouvernement intérimaire non élu comprenant les talibans. Mais son revirement risque d'être bien tardif, les insurgés n'ayant montré aucun signe, depuis l'ouverture des négociations de paix en septembre 2020, qu'ils étaient prêts à un compromis. Ils y seront sans doute encore moins enclins après avoir avancé à un rythme effréné ces derniers jours. En une semaine, ils ont pris le contrôle de 10 des 34 capitales provinciales afghanes, dont sept situées dans le nord du pays, une région qui leur avait pourtant toujours résisté par le passé. Ils ont aussi encerclé Mazar-i-Sharif, la plus grande ville du nord, où le président Ghani s'est rendu mercredi pour tenter de remobiliser l'armée et les milices favorables au pouvoir.

     

  • Afghanistan : Les talibans resserrent l'étau sur Mazar-i-Sharif, les civils fuient

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    E8ZqSZwXEAIoWOu.jpegLes talibans commençaient mardi à resserrer l'étau sur Mazar-i-Sharif, la plus grande ville du nord de l'Afghanistan, provoquant une fuite massive des civils. Le célèbre commandant de brigade de l'Armée afghane, Muneeb Amiri (photo ci-contre), a été grièvement blessé lors d'affrontements avec les talibans lundi 9 août.

    Si Mazar-i-Sharif, cité historique et carrefour commercial, venait à tomber à son tour, le gouvernement n'aurait plus aucun contrôle sur le nord du pays, une région pourtant traditionnellement férocement opposée aux talibans. C'est là qu'ils avaient rencontré l'opposition la plus acharnée lors de leur accession au pouvoir dans les années 1990. L'Alliance du Nord avait trouvé refuge dans le Nord-est pour mener la résistance lorsqu'ils dirigeaient le pays, entre 1996 et 2001.

    Les talibans, qui avancent à un rythme effréné, contrôlent désormais cinq des neuf capitales provinciales du Nord - six sur 34 au total dans tout le pays - et des combats sont en cours dans les quatre autres. Après avoir conquis dimanche en quelques heures Kunduz, la grande ville du Nord-est, ainsi que Taloqan et Sar-i-Pul, les talibans ont ajouté lundi Aibak, capitale de la province de Samangan, à cette liste.

    Ils s'étaient emparés samedi de Sheberghan, fief du célèbre chef de guerre Abdul Rashid Dostom, et vendredi de Zaranj, capitale de la lointaine province de Nimroz (sud-ouest), à la frontière avec l'Iran. Dans la nuit du lundi 9 au mardi 10 août 2021, ils ont attaqué la périphérie de Mazar-i-Sharif, Pul-e-khomri et Faizabad, trois capitales provinciales du Nord, mais ont été repoussés, a indiqué le ministère de la Défense. Ils ont aussi été refoulés à Farah (ouest), selon la police locale.

    Renforts des forces gouvernementales à Mazar-i-Sharif
    Le Ministère de la Défense afghan a publié une vidéo montrant des renforts se dirigeant vers Mazar-i-Sharif, Balkh avec les combattants fidèles au chef de guerre ouzbèk Abdurrashid Dostum.
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    Pour l'administration Biden, c'est aux Afghans de se défendre
    Alors que les combats font rage dans le Nord, mais aussi dans le Sud autour de Kandahar et dans Lashkar Gah, une nouvelle réunion de négociations entre les talibans et le gouvernement devait avoir lieu mardi et mercredi à Doha. Le processus de paix s'est ouvert en septembre 2020 au Qatar, dans le cadre de l'accord de paix conclu en février 2020 entre les talibans et Washington prévoyant le départ total des troupes étrangères d'Afghanistan. Ce retrait doit être achevé d'ici le 31 août.

    Mais les discussions sont au point mort et les talibans ont lancé une offensive en mai 2021, quand a débuté le retrait américain. Après s'être emparés de vastes territoires ruraux sans rencontrer beaucoup de résistance, ils se sont tournés depuis début août vers les centres urbains.

    Même si les espoirs sont minces de voir les pourparlers déboucher sur un résultat concret, les États-Unis ont décidé d'envoyer à Doha leur émissaire, Zalmay Khalilzad, pour "exhorter les talibans à cesser leur offensive militaire et à négocier un accord politique, seule voie menant à la stabilité et au développement en Afghanistan". Mais l'administration du président Joe Biden n'a aucunement l'intention de changer de ligne. Elle maintiendra son soutien à Kaboul, mais c'est aux Afghans de prendre leur destin en mains. "C'est leur pays qu'il s'agit de défendre. C'est leur combat", a dit lundi le porte-parole du Pentagone, John Kirby.

    Les violences ont poussé des dizaines de milliers de civils à fuir leur foyer dans tout le pays ces dernières semaines, les talibans étant accusés de nombreuses atrocités dans les endroits tout juste passés sous leur coupe. "Ils frappent et pillent", a déclaré Rahima, une femme qui campe maintenant avec des centaines de personnes dans un parc de Kaboul après avoir fui la province de Sheberghan.
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    "S'il y a une jeune fille ou une veuve dans une famille, ils les prennent de force. Nous avons fui pour protéger notre honneur", a-t-elle ajouté. 

    Lorsqu'ils étaient au pouvoir, les talibans avaient imposé leur version très stricte de la loi islamique. Les femmes avaient interdiction de sortir sans un chaperon masculin et de travailler, et les filles d'aller à l'école. Les femmes accusées de crimes comme l'adultère étaient fouettées et lapidées à mort.

    Mardi, le calme était revenu dans le centre de Kunduz, selon des habitants interrogés par l'AFP. Les talibans ne patrouillaient plus les rues, où les commerces et restaurants avaient rouvert. Les affrontements se poursuivaient toutefois aux abords de l'aéroport resté aux mains des forces gouvernementales. "Les gens ouvrent leur magasin et leur commerce. Mais vous pouvez encore voir la peur dans leurs yeux. La situation est très incertaine, les combats peuvent réapparaître en ville à tout moment", a déclaré Habibullah, un commerçant.

    A Kandahar et Lashkar Gah, deux fiefs historiques des insurgés qu'ils tentent de reprendre, les civils restaient pris au piège des combats. Trois ont été tués et 20 blessés, dont des femmes et des enfants, ces dernières 24 heures, a indiqué l'hôpital Mirwais de Kandahar. A Lashkar Gah, les hôpitaux des ONG Médecins sans frontières (MSF) et Emergency ont été touchés par un bombardement, sans qu'il y ait de victimes, a indiqué MSF lundi soir sur Twitter.

    Province de Baghlan
    Une vidéo  circulant sur Telegram montre d'intenses combats dans et autour de PD-2 à Pul-e-Khumri, capitale de la province de Baghlan. Aux dernières nouvelles, la majeure partie de la ville de Pul-e-Khumri est tombée, cet après-midi (mardi), aux mains des talibans. Les responsables de l'administration locale et les forces pro-gouvernementales (restantes) se sont retirées. Des sources locales disent qu'un accord a été conclu entre les talibans et les autorités locales/forces pro-gouvernementales grâce à la médiation des anciens locaux. Vidéo des talibans à l'intérieur de Pul-e-Khumri.

    Province de Ghazni : Les talibans exécutent deux policières enlevées à Ghazni
    Les talibans ont exécuté deux policières qui avaient été enlevées dimanche 8 août 2021 dans la ville de Ghazni, a confirmé une source sécuritaire.  Les talibans ont ensuite jeté leurs cadavres dans le quartier Kashk de la ville. Les talibans avaient enlevé les deux policières dans la zone de Sai Ganj du PD1 à Ghazni. Les policières, qui s'appelaient Uzra et Maryam, servaient au PD3 de la ville de Ghazni.

    Située dans le sud du pays, Ghazni est une province volatile où les talibans contrôlent des pans de territoires, y compris des parties de la capitale provinciale.

    Le poste frontière de Spin-Boldak, aux mains des talibans, rouvert au trafic vers le Pakistan
    Des sources pro-talibans semblent confirmer que le passage frontalier Chaman-Spin Boldak sera rouvert. Apparemment, un accord a été conclu entre les talibans et les responsables pakistanais sur la question de la gestion des frontières.
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    Aux dernières nouvelles, les talibans ont commencé à débloquer la frontière Chaman-Spin Boldak ce mardi soir 10 août 2021. Des sources pro-talibans et semi-officielles ont affirmé que les autorités pakistanaises avaient accepté les demandes des talibans.
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    7hLQVitS.jpegProvince de Farah : La ville de Farah aux mains des talibans (Breaking news)
    La ville de Farah (carte ci-contre et photo ci-dessous) serait tombée aux mains des talibans, devenant la 7ème capitale provinciale à être capturée par les talibans en une semaine. Le chaos total règne dans la ville en ce moment, selon un témoin. Vidéo des talibans dans la ville de Farah.

    "Cet après-midi (mardi), les talibans sont entrés dans la ville de Farah après avoir brièvement combattu les forces de sécurité. Ils ont pris le bureau du gouverneur et le quartier général de la police. Les forces de sécurité se sont retirées vers une base de l'armée", a annoncé à l'AFP Shahla Abubar, une conseillère provinciale.

    Outre le QG du gouverneur, la prison de la ville de Farah a également été occupée par les talibans qui se sont empressés de libérer les prisonniers, selon leur habitude. Actuellement, seul le QG du service de renseignement afghan NDS continue de résister. 
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    L'Etat islamique-Khorasan critique les relations entre talibans et la Chine
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    L'État islamique-Khorasan a critiqué les relations des talibans avec la Chine, les États-Unis et la Russie, présentant le mouvement taliban comme un allié et un mandataire des ennemis de la "grande puissance de l'Islam".

    L'État islamique en Irak et en Syrie développer leurs messages sur la question dès 2014 ( numéro 6 du magazine Dabiq par exemple), et l'EI a depuis perpétué cette tendance. Cependant, ces récits se sont progressivement propagés à l'Est – du noyau traditionnel du pouvoir de commandement et de contrôle de l'EI à ses branches régionales en Asie – au fur et à mesure qu'il construisait son réseau mondial de groupes militants.

    L'État-islamique-Khorasan a été fondée en 2015 et opère principalement en Afghanistan, mais pas exclusivement. 

    L'Etat-Islamique-Khorasan accuse les talibans d'obéir aux ordres de Pékin en acceptant d'empêcher les jihadistes de mener des opérations contre la Chine depuis le sol afghan. Il présente également les talibans comme une force par procuration pour la Chine qui cible les combattants de l'État islamique à l'intérieur de l'Afghanistan à la demande de Pékin.

    Une vidéo récente publiée par Khalid Media, un média local de l'Etat_islamique-Khorasan, comprenait plusieurs clips de responsables talibans socialisant et serrant la main de diplomates chinois tout en montrant des images de Ouïghours détenus et maltraités par les forces de sécurité au Xinjiang. Leur intention est de mettre en évidence l'hypocrisie de l'émirat islamique autoproclamé d'Afghanistan. De même, une déclaration publiée par Khurasan Wilayah News a critiqué les représentants des talibans pour leurs visites luxueuses à Pékin, Moscou et Doha en plus d'autres fautes à leurs yeux.

    La stratégie de l'Etat_Islamique_Khorasan est de "délégitimer" les talibans en tant que mouvement islamiste » et de présenter le groupe comme redevable aux puissances étrangères, notant également que l'État islamique a lancé une campagne de hashtag sur les réseaux sociaux accusant les talibans d'être un « Blackwater en blanc. "

  • Afghanistan : Les talibans s'emparent d'une deuxième capitale provinciale

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    Les talibans se sont emparés, samedi 7 août 2021, de la ville de Shabarghan (nord), deuxième capitale provinciale à tomber aux mains des insurgés en moins de 24 heures et depuis le début du retrait définitif des forces étrangères d'Afghanistan en mai.

    "Les forces (afghanes) et les responsables ont fui vers l'aéroport" a indiqué à l'AFP Qader Malia, vice-gouverneur de la province de Jawzhan, dont Shabarghan est la capitale, alors qu'à Kaboul, les inquiétudes montent déjà après la chute d'une autre capitale provinciale la veille.

    La province de Jawzhan est le bastion du maréchal Abdul Rashid Dostom, puissant dirigeant de milice ouzbek, réputé pour sa loyauté changeante et sa barbarie. Si son bastion de Shabarghan devait rester aux mains des talibans, ce serait un nouveau revers pour le gouvernement qui a récemment fait appel aux anciens chefs de guerre pour tenter d'endiguer l'avancée des insurgés. Les talibans s'étaient déjà rendus maîtres vendredi d'une première capitale provinciale, Zaranj (sud), sans réelle résistance des forces afghanes.

    Selon un journaliste de Shabarghan qui a demandé l'anonymat, les combats ont débuté vers 04H00 du matin avec des "coups de feu et explosions", avant le retrait des forces pro-gouvernementales vers midi. "Maintenant les talibans sont partout, avec leurs drapeaux (...) les rues sont désertes et nous n'osons pas quitter nos maisons", a-t-il raconté. Un conseiller du maréchal Dostom a confirmé la chute de Shabarghan. "Les forces de sécurité et les responsables se sont retirés dans une zone située à environ 20 km de la ville. Ils s'étaient déjà préparés, notamment en y transférant assez de munitions pour se défendre face à une attaque des talibans", a-t-il précisé. Ehsan Niro, un porte-parole de M. Dostom, a cependant assuré que des miliciens continuent de combattre les talibans aux abords de la ville.

    Les talibans se sont emparés ces trois derniers mois de vastes territoires ruraux et dirigent désormais leurs offensives sur les grandes villes, encerclant plusieurs capitales provinciales, dont Kandahar (sud) et Hérat (ouest), deuxième et troisième villes du pays.

    La peur à Kaboul
    A Kaboul, des résidents interrogés par l'AFP samedi matin ont exprimé leurs inquiétudes suite à la prise de Zaranj. "Si le gouvernement ne prend pas la situation sécuritaire sérieusement (...) toutes les provinces pourraient tomber aux mains des talibans", a déploré Walid Ahmad, 20 ans, qui a fui les combats à Takhar (nord) il y a deux semaines.

    Mohammad Qaim, 35 ans, a quant à lui fui Lashkar Gah, ville du Sud ravagée par les combats. "Les talibans pourront peut-être prendre plus de villes", s'est-il alarmé, martelant que la situation dépendait de l'interférence de pays tiers. "La guerre est imposée aux Afghans, et les Afghans brûlent."

    Povince de Nimruz : Les talibans contrôlent la ville de Zaranj, la capitale provinciale
    Zaranj est une ville relativement reculée, qui compte environ 63 000 habitants. Un porte-parole de la police de Nimruz, qui a préféré garder l'anonymat pour des raisons de sécurité, a déclaré à l' agence de presse Reuters que les talibans avaient réussi à prendre la ville en raison de l'échec du gouvernement de Kaboul à envoyer des renforts. 
    Un commandant taliban a souligné que la ville est d'une importance stratégique car elle est située à la frontière avec l'Iran. "C'est le début et d'autres provinces vont tomber entre nos mains très bientôt", a-t-il ajouté.
    Aux premières heures du 6 août, les talibans avaient annoncé qu'ils avaient libéré les prisonniers de la prison de Zaranj et pris le contrôle du quartier général provincial des renseignements. Le groupe avait ensuite demandé aux autorités locales de se rendre, en envoyant une demande écrite, accompagnée de photos et de vidéos des combattants à proximité des bâtiments du gouvernement. Les photos montraient les combattants talibans stationnés à l'extérieur de l'enceinte du gouverneur provincial.
    Sur les réseaux sociaux, les vidéos diffusées par les talibans suggèrent un accueil plus chaleureux de la part des civils à Zaranj. Ces publications montrent les talibans brandissant leurs drapeaux sur des véhicules militaires alors que des jeunes hommes et garçons les acclament. Il est cependant difficile de savoir si ces réactions suggèrent un réel soutien aux insurgés ou si les civils doivent montrer leur soutien afin d'assurer leur sécurité.
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    Province de Kunduz : Civils pris au piège à Kunduz
    Depuis Kunduz, ville du Nord assiégée par les talibans depuis des semaines, l'activiste Rasikh Marof a raconté à l'AFP par téléphone que les combats ont fait rage la nuit dernière dans des villages stratégiques autour de la ville de Kunduz et près du centre-ville, sans que les talibans ne puissent gagner du terrain. Les assauts sont menés par un nombre considérable de talibans. Les forces gouvernementales ont "sérieusement défendu" la ville pour empêcher les talibans d'entrer, a-t-il expliqué, précisant que ces derniers utilisaient "des mortiers et des armes lourdes".

    Les forces afghanes ont eu recours à des frappes aériennes, selon M. Marod et un responsable local. "De nombreux magasins ont fermé et les gens restent chez eux pour se protéger", a continué l'activiste. Selon le Dr Fazli, responsable de la santé pour la province de Kunduz, contacté par l'AFP dans la matinée, 38 blessés et 11 morts civils avaient été emmenés à l'hôpital principal de la ville depuis la reprise des violences la nuit dernière. "Les ambulances ne peuvent pas se déplacer à cause des combats", a-t-il ajouté, précisant que ces chiffres pourraient augmenter dans la journée.
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    Province de Baghlan
    Huit talibans ont été tués et trois autres blessés après que l'Armée afghane ait repoussé les attaques des talibans dans le district de Khost.
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    Les États-Unis envoient des bombardiers en Afghanistan pour combattre les talibans
    Les États-Unis ont envoyé des bombardiers B-52 Stratofortress en Afghanistan pour combattre les militants talibans, écrit le journal Times, citant des sources de la communauté de défense des États-Unis.
    Le nombre d'avions n'a pas été précisé. Le rapport dit que les Américains frappent dans les provinces de Kandahar, Herat, Lashkar Gah et Helmand.