LIBAN

  • Liban : Plusieurs routes bloquées à Beyrouth, Tripoli et dans la Békaa pour le 4e jour consécutif

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    La colère populaire des Libanais face à la dépréciation de la monnaie nationale, dans un contexte de grave crise politique, économique et sociale, s'est manifestée à nouveau vendredi 5 mars à travers le territoire. Des centaines de protestataires ont ainsi bloqué des routes en banlieue de Beyrouth, à Tripoli, capitale du Liban-Nord, et dans la Békaa, pour le quatrième jour consécutif. 

    Le croisement dit de "Chevrolet", en banlieue est de la capitale a été fermé par des protestataires en début d'après-midi. Plus tôt, de contestataires ont organisé des sit-in devant les domiciles des principales figures politiques de la ville, rapporte l'Agence nationale d'information (ANI, officielle). Selon plusieurs médias locaux, les manifestants ont brûlé des pneus devant la résidence de Fayçal Karamé, député de Tripoli, et Talal Hawat, ministre sortant des Télécoms. Un autre groupe a bloqué l'autoroute dite de Palma, qui relie Beyrouth à la capitale du Nord.

    Dans la Békaa, plusieurs manifestants ont coupé l'autoroute de Chtaura, brandissant des pancartes pour dénoncer la détérioration de la situation économique. 

    La mobilisation survenue vendredi intervient au lendemain d'une nuit de colère populaire à l'heure où le taux de change de la livre libanaise par rapport au dollar gravite autour des 10.000LL contre un dollar, un record. historique. 

  • Liban : Des manifestants bloquent des routes à Tripoli au nord et Zahrani au sud

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    Des groupes de manifestants ont bloqué jeudi matin plusieurs axes du nord et du sud du Liban, en signe de protestation contre la crise toujours aussi aiguë au Liban, où la monnaie nationale a atteint son plus bas historique : 10.000 livres libanaises pour un dollar.

    Des contestataires ont ainsi bloqué l'autoroute du Nord, au niveau du complexe de Palma, à l'entrée de Tripoli, dans les deux sens de la circulation. Au Sud, d'autres protestataires ont fermé avec des pneus enflammés la route reliant Zahrani à Nabatiyé, rapporte l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle). 

    La chute de la livre au cours des derniers jours avait provoqué un grand mouvement de colère et des manifestations avaient éclaté dans toutes les régions du pays. 

    Le Liban connaît depuis l'été 2019 une grave crise économique et financière, marquée par la dépréciation de la monnaie nationale et une inflation galopante. Elle a été aggravée par les mesures de confinement sanitaire mises en place pour lutter contre la pandémie de coronavirus et la double explosion au Port de Beyrouth, en août de l'année dernière. A ces crises s'ajoute un blocage politique avec l'incapacité des protagonistes depuis près de sept mois à former un gouvernement.

     

  • Liban : Sit-in et routes coupées à Beyrouth et dans les régions

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    Des sit-in anti-pouvoir ont été organisés mercredi 3 mars 2021dans plusieurs régions du Liban et de nombreux axes routiers étaient bloqués dans la soirée, notamment à Beyrouth, afin de protester contre la chute record de la livre libanaise sur le marché parallèle et les détériorations des conditions de vie. Ces actions n'ont pas drainé autant de monde que lors des manifestations qui s'étaient étendues la veille dans tout le pays quand la monnaie nationale avait atteint le taux record de 10.000 livres libanaises pour un dollar, dans un pays en plein effondrement économique. Officiellement, la monnaie locale reste indexée sur le billet vert au taux de 1.507 livres pour un dollar, observé depuis plus de deux décennies. Mais sur le marché noir, elle connaît depuis l'automne 2019 une dégringolade sans précédent.

    En fin de journée, des manifestants ont bloqué la route longeant la mosquée al-Amine, dans le centre-ville de Beyrouth, et l'ancienne route de l'aéroport, dans la banlieue sud, selon le centre de contrôle du trafic routier (TMC).

    Dans la Békaa, le rond-point principal à l'entrée de Zahlé a également été fermé, ainsi que les routes de Dahr el-Ahmar, Rachaya, Qab Elias et le rond-point d'Ablah. Dans la journée, plusieurs dizaines de personnes se présentant comme les "révolutionnaires de Baalbeck" s'étaient rassemblées sur la place Moutrane, haut-lieu de la contestation dans cette ville, appelant à la démission de tous les dirigeants politiques "corrompus, qui ont appauvri et affamé" le peuple.

    A Saïda (Sud), quelques dizaines de manifestants ont forcé plusieurs changeurs à fermer boutique afin de protester contre la "manipulation" du taux de la livre libanaise. Les contestataires ont notamment scandé des slogans accusant les changeurs d'être des "voleurs, tout comme Riad Salamé", le gouverneur de la Banque du Liban (BDL). Suite à cette action, tous les bureaux de change de la ville ont fermé leurs portes. Quelques activistes se sont ensuite rendus vers la place Elia, haut-lieu de la contestation dans cette localité, où le sit-in restait timide dans la soirée. A Tyr, également dans le sud du pays, une centaine de contestataires ont sillonné les rues de la ville au départ de la place Alam au rythme d'hymnes révolutionnaires, rapporte notre correspondant.

    Au Liban-Nord, des manifestants ont bloqué tous les accès à la place al-Nour, la route longeant le Sérail et celle de Qobbé au moyen de pneus enflammés et de bennes à ordures, dans la soirée. Plus tôt dans la journée, ils avaient bloqué dans l'après-midi l'autoroute de Bohsas à l'aide de pierres et bennes à ordures, ainsi que plusieurs axes intérieurs de la ville de Tripoli. Dans cette grande ville, une poignée de manifestants avait fait le tour des bureaux de change, les appelant à baisser leurs rideaux et les accusant d'être derrière la dépréciation de la livre.

  • Liban : La chute de la livre libanaise déclenche des manifestations de colère dans les rues

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    Une  baisse sans précédent enregistrée mardi de la valeur de la livre libanaise a provoqué des manifestations de colère à travers les villes du pays.

    Les manifestants ont bloqué plusieurs routes avec des pneus enflammés dans la plupart des régions libanaises.

    Selon les Forces de sécurité intérieure, un certain nombre de manifestants ont bloqué plusieurs routes à l'intérieur de la capitale Beyrouth, la plupart aux entrées de la banlieue sud.

    Les manifestants ont fermé la place Al-Nour à Tripoli (nord) et les routes principales, avec des pneus enflammés, pour protester contre les conditions de vie.

    Les manifestants ont fermé l'intersection de Taalabaya dans la Bekaa (est) avec des pneus enflammés dans les deux sens, pour protester contre la détérioration des conditions de vie et le taux de change élevé du dollar.

    Selon l'organisation de la circulation, les patrouilles des Forces de sécurité intérieure ont détourné le trafic vers des routes secondaires.

    A Marjayoun (sud), des manifestants ont coupé la route principale pendant un certain temps.

    La monnaie libanaise est tombée à son plus bas niveau, mardi, pour toucher pour la première fois la barrière des 10 000 livres pour un dollar.

    Le taux de change sur le marché noir était de 10 mille livres contre le dollar pour la vente et de 9950 pour l'achat.

    Alors que le prix officiel du dollar est toujours de 1510 livres, et le dollar subventionné est de 3 900 livres.

    Le "dollar subventionné", au prix de 3900 livres contre un dollar, est octroyé par la Banque centrale aux changeurs de monnaie et aux commerçants dans le but d'importer les biens nécessaires, à la lumière de l'augmentation significative du taux de change sur le marché parallèle.

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  • Liban : Un Think Tank israélien identifie de nouveaux emplacements de missiles Fatah 110 du Hezbollah

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    Le 24 Février, le Centre de recherche Israël Alma a publié un rapport, prétendant montrer des sites de missiles  Fatah 110 du Hezbollah à Beyrouth.

    En juillet 2020, après un long travail de recherche indépendant, Israel Alma a découvert à Beyrouth 28 sites liés au déploiement du réseau de missiles du Hezbollah. Cette révélation a provoqué de nombreuses réactions qui ont même conduit à la démission des membres du conseil municipal de la ville de Baabda, à l'est de Beyrouth.

    Le 29 septembre 2020, lors de son discours à l'Assemblée générale des Nations Unies, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dévoilé trois autres sites liés au déploiement de missiles du Hezbollah à Beyrouth.

    En février 2021, Israel Alma révélait que le Hezbollah utilisait les locaux scolaires du Comité islamique chiite du Waqf à Borj al Brajneh, comme bouclier humain pour son réseau de missiles à moyenne portée.

    Sur Wikimapia on peut voir la zone avec un certain nombre de bâtiments. Après avoir examiné la zone définie, les analystes d'Alma Center ont identifié la zone du polygone et y ont localisé les sites où se trouvent les missiles. Un cercle rouge sur la photo aérienne marque les positions des sites.

    AAA. Propriété utilisée pour contrôler et commander le réseau de missiles:

    Coordonnées: 33 ° 51'38''N 35 ° 30'2''E.
    Situé à proximité des camps de réfugiés de Sabra et Chatila.
    BBB. Propriété utilisée pour le stockage / la production du réseau de missiles Fatah 110:

    Coordonnées: 33 ° 51'39''N 35 ° 30'46''E.
    Situé à proximité du quartier Ghobeiry, près du bâtiment du ministère du Travail.
    CCC. Propriété utilisée pour le stockage du réseau de missiles Fatah 110:

    Coordonnées: 33 ° 50'28''N 35 ° 29'45''E.
    Situé à environ 100 mètres d'une station-service, à environ 250 mètres du terrain de football «Ansar» et de divers restaurants.
    DDD. Emplacement présumé du site de lancement de missiles Fatah 110:

    Coordonnées: 33 ° 50'13''N 35 ° 29'43''E.
    Situé dans une zone ouverte à environ 100 mètres du terrain de football Ansar, de la station-service Al Amena et d'un tarmac pour avions d'affaires à côté de l'aéroport international Hariri

    Ces emplacements suspects seraient des emplacements présumés du Fatah 110, sans qu'une preuve formelle ait été fournie.
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  • Liban : Un Libanais et un Syrien suspectés d'appartenir à l'Etat islamique arrêtés à Ersal

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    L'armée libanaise a annoncé vendredi avoir arrêté dans la ville d'Ersal, dans la Békaa, un Libanais et un Syrien suspectés d'appartenir au groupe jihadiste Etat islamique. Ils feraient partie de la même cellule dont dix-huit membres présumés, 13 Syriens et cinq Libanais, avaient été arrêtés en janvier dans cette localité frontalière de la Syrie, selon l'armée.

    "Le détenu syrien a reconnu son appartenance à l'organisation terroriste, sa participation aux batailles d'Ersal contre l'armée (en 2017) et le fait d'avoir tiré contre des positions militaires", a affirmé la troupe. Les deux hommes ont été arrêtés lors de raids menés par les services de renseignement de l’armée. Ils ont été déférés devant la justice.

    En août 2017, les militaires libanais avaient repoussé les jihadistes qui sévissaient depuis plusieurs années dans la zone frontalière avec la Syrie, dans le cadre de l'opération "Aube des Jurds".

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  • Liban : Agir pour la paix avec les Chrétiens d'Orient

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    (De François Fillon, ancien premier ministre français, transmis par notre correspondant Tony Gellad)

    Écrire sur le Liban ? En avons-nous encore le droit, nous Français qui avons rangé au grenier de nos souvenirs et de notre grandeur fanée la relation spéciale, unique qui nous liait au seul pays au monde où « Islam et Chrétienté ont réussi une convivialité que ses institutions politiques favorisent » selon la formule du général de Gaulle ?

    Car c’est bien de cela qu’il s’agit lorsque l’on célèbre le centenaire du Liban : du miracle cabossé que représente la coexistence des chrétiens, des sunnites, des chiites, des Druzes accrochés aux pentes du mont Liban comme à un refuge sans cesse menacé par le repli communautaire, sectaire, exclusif qui est désormais la règle au Moyen-Orient.

    Certes, ces institutions politiques idéalisées par le général de Gaulle ont souvent failli. Elles n’ont pu éviter la terrible guerre civile qui ravagea le pays quinze ans durant et elles ont leur part de responsabilité dans la catastrophe terrible qui vient de ravager Beyrouth comme dans la crise économique et sociale profonde qui a conduit des dizaines de milliers de Libanais dans la rue en 2019 et 2020. Mais bien plus que les institutions, ce sont les erreurs commises par la communauté internationale à l’égard du Liban et les errements des dirigeants politiques libanais eux-mêmes qui ont conduit à l’impasse angoissante dans laquelle se trouve aujourd’hui le pays du Cèdre.

    La faute initiale réside dans l’incapacité du monde à apporter une réponse juste à la question palestinienne. Le Liban en a payé le prix fort et les fondamentalistes islamiques y ont puisé le carburant qui les a conduits jusqu’à la poussée totalitaire incarnée par l’État islamique en Irak et au Levant. La question palestinienne est une plaie profonde qui rend impossible la construction d’une paix durable au Moyen-Orient. Le temps n’y fera rien. L’oubli n’existe pas pour les peuples sacrifiés. Les épreuves se sont ensuite enchaînées avec, dans le désordre, l’avènement de la République islamique en Iran, la dépendance de l’Occident au pétrole indispensable à son développement, l’échec des tentatives de laïcisation en Égypte ou en Turquie, la destruction de l’Irak et l’incapacité des Occidentaux à appréhender la crise syrienne. Bref, il semble que tous les éléments se soient ligués contre le malheureux Liban qui s’est recroquevillé sur ses clans impuissants à enrayer la chute de son économie et l’intervention grandissante de l’Arabie Saoudite et de l’Iran dans la vie du pays.

    On me dira que le Liban est plus compliqué que cela et que je ne serai jamais en mesure d’en comprendre l’âme profonde et le mode d’emploi intime. Je ne le sais que trop pour avoir expérimenté très directement ces vérités multiples qui le caractérisent et pour avoir ressenti la même affection pour des leaders charismatiques que pourtant tout opposait.

    Aussi mon propos à l’occasion du centenaire du Liban ne consistera pas à tenter de trouver et encore moins d’imposer des solutions à la crise libanaise que seul le peuple libanais pourra résoudre pour peu que la communauté internationale se dresse enfin pour le protéger des influences néfastes de ses voisins.

    Non, je voudrais célébrer cet anniversaire en démontrant que le Moyen-Orient et au-delà l’Europe ont un besoin vital d’un Liban indépendant et pluraliste. L’émergence de ce que j’appelle depuis longtemps déjà le totalitarisme islamique, dont les manifestations les plus spectaculaires ont été les attentats du 11 septembre 2001 perpétrés par Al-Qaïda et l’irruption de l’État islamique en Irak et au Levant, constitue une menace considérable pour une immense partie du monde. Il ne s’agit pas d’un phénomène marginal limité dans le temps et dans l’espace mais bien d’un mouvement profond qui n’a cessé de progresser depuis trente ans. Du Pakistan à l’Afrique occidentale, de l’Asie du Sud-Est aux banlieues européennes, les fondamentalistes qui dissimulent sous le voile de l’Islam un projet politique totalitaire aussi insensé que dangereux gagnent du terrain et accroissent leur emprise sur les esprits que la barbarie de Daesh ne semble pas décourager.

    Le repli communautaire est désormais la règle au Moyen-Orient ou les États se définissent de plus en plus par leur appartenance religieuse exclusive. La première conséquence de ce durcissement sectaire est l’ostracisation systématique des chrétiens comme de toutes les minorités qui ne sont plus en sécurité nulle part à l’exception du Liban et de quelques États du Golfe. Cette situation porte en germe des affrontements multiples sous couvert de guerre de religion et promet à la région des décennies de violence et de souffrance. L’Europe et singulièrement la France ne pourront pas échapper aux conséquences politiques, économiques et sociales de cette situation.

    L’imbrication de nos histoires, de nos cultures et de nos peuples nous rendent totalement dépendants et nous obligent à affronter ensemble cette menace totalitaire aussi absurde et aussi dangereuse que celle qui a marqué le vingtième siècle.

    Au milieu de ce sombre tableau, une flamme vacillante brûle encore : celle d’un Liban multi-confessionnel ou l’irréparable séparation n’a pas encore eu lieu malgré les atrocités de la guerre civile, malgré les efforts des puissances voisines et malgré l’aveuglement de dirigeants dynastiques qui font penser à l’orchestre du Titanic.

    C’est dire si l’envie de vivre du peuple libanais est plus forte, c’est dire si la cohabitation des communautés est possible, c’est dire si la survie du Liban est nécessaire.

    Il y a donc un intérêt vital pour les Européens à sauver le Liban du désastre en lui apportant un soutien économique et financier d’urgence et en pesant de toutes leurs forces sur les puissances de la région pour qu’elles renoncent à en faire le théâtre de leurs affrontements. Mieux, pour qu’elles comprennent que leur avenir même se joue dans la survie ou la disparition du Liban pluraliste. Dans cet effort collectif inédit, l’Europe doit accepter le renfort de la Russie devenue un acteur incontournable dans la région et profiter du changement d’administration à Washington pour tenter d’infléchir une politique américaine qui n’a fait qu’accroître les tensions sans en résoudre aucune. Le meilleur service qu’on puisse rendre au Liban, c’est de créer les conditions politiques, économiques et sécuritaires suffisantes pour que les Libanais soient réellement en mesure de régler eux-mêmes leurs problèmes sans intervention étrangère d’où qu’elle vienne, sans pressions aussi inutiles que contre-productives. Je n’ignore pas l’extrême difficulté de cette voie, mais il n’y en a pas d’autre. Cela passe par la prise en charge des réfugiés qui ont fui la Syrie et l’Irak. Cela passe par le sauvetage de la livre et la mise en place d’une politique massive de soutien pour relever l’économie du pays. J’entends qu’il faudrait conditionner cette aide à la mise en œuvre de réformes politiques profondes. C’est malheureusement une vue de l’esprit. Avant que la première de ces réformes ne produise quelques effets, le Liban aura implosé sous les coups de la crise économique et sociale et il sera submergé par la vague de sectarisme et d’intolérance qui monte de partout autour de lui.

    Car derrière le combat pour le Liban se profile le combat pour le respect des minorités religieuses au premier rang desquelles les chrétiens d’Orient dont l’élimination est en marche, pour le respect des intellectuels qui n’oublient pas Averroès, pour le respect des femmes qui rêvent d’égalité, pour le respect des musulmans qui veulent s’affranchir des conflits religieux, pour le respect des juifs qui ne peuvent espérer la paix et la sécurité pour leurs enfants dans un Moyen-Orient radicalisé, pour le respect aussi des hommes de foi qui croient à la richesse du dialogue œcuménique.

    Prendre le parti du Liban c’est prendre le parti de la diversité, c’est prendre le parti de toutes celles et tous ceux qui aspirent  à une société plus tolérante et plus ouverte. Et le jour où cette société s’éveillera, alors le spectre du choc des civilisations s’éloignera. Un nouveau départ s’annoncera entre l’Orient et l’Occident.

    C’est un rêve diront les sceptiques ! Non, c’est un projet, et le Liban en est la clé.

    TRIBUNE publiée dans la Revue Politique et Parlementaire
    Et sur www.agirenorient.org

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