Pourparlers inter-afghans

  • Afghanistan : les talibans s'emparent de Ghazni puis de Herat, la troisième ville du pays

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    Ghazni tombe entre les mains des talibans
    Les talibans ont pris jeudi la ville stratégique de Ghazni, à 150 km au sud-ouest de Kaboul, et se rapprochent dangereusement de la capitale de l'Afghanistan après s'être emparés en quelques jours de l'essentiel de la moitié nord du pays.

    Le gouvernement a reconnu que Ghazni était tombée, mais assuré que des combats y étaient toujours en cours. "L'ennemi a pris le contrôle de Ghazni (...) Il y a des combats et de la résistance (de la part des forces de sécurité)", a affirmé Mirwais Stanikzai, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, dans un message WhatsApp aux médias. M. Stanikzai a ensuite annoncé que le gouverneur de la province avait été arrêté par les forces de sécurité, après qu'une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, mais dont l'authenticité n'a pu être immédiatement vérifiée, l'a montré quittant Ghazni avec la bénédiction des talibans.

    Ghazni est la capitale provinciale la plus proche de Kaboul conquise par les insurgés depuis qu'ils ont lancé leur offensive en mai, à la faveur du début du retrait des forces étrangères, qui doit être achevé d'ici la fin août. 

    Mardi soir, les talibans avaient conquis Pul-e-Khumri, capitale de la province de Baghlan, à 200 km au nord de Kaboul. Ils se rapprochent ainsi donc de la capitale à la fois par le nord et par le sud. Ghazni, qui était déjà tombée brièvement en 2018, est la plus importante prise des talibans jusqu'ici avec Kunduz, carrefour stratégique du nord-est, entre Kaboul, à 300 km au sud, et le Tadjikistan.

    Même si les talibans étaient déjà présents depuis longtemps dans les provinces de Wardak et Logar, à quelques dizaines de kilomètres de Kaboul, la chute de Ghazni est un signal très inquiétant pour la capitale. Cette ville est aussi un verrou important sur l'axe majeur reliant Kaboul à Kandahar, la deuxième plus grande ville afghane, au sud. Sa prise permet aux insurgés de couper les lignes de ravitaillement terrestres de l'armée vers le sud, et va encore accentuer la pression sur l'armée de l'Air afghane. 

    Prise de Herat, la troisième ville du pays
    Après Ghazni, les talibans se sont emparés jeudi 12 août 2021, de Hérat, la troisième ville d'Afghanistan, dans l'Ouest du pays, une étape majeure de leur offensive. Vidéo de la prise de Herat. Autre vidéo. Autre vidéo. Vidéo des talibans dans le QG de la police de Herat.

    Les insurgés "ont tout pris", a indiqué à l'AFP un haut responsable des forces de sécurité sur place, précisant que les forces afghanes avaient battu en retraite "pour empêcher plus de dommages dans la ville" et se retiraient vers une base militaire située à Guzara, un district voisin. Les talibans ont hissé leur drapeau au-dessus du siège de la police de Hérat en fin de journée, a rapporté un correspondant de l'AFP, précisant que les rebelles n'avaient rencontré aucune résistance.

    Zabihullah Mujahid, un porte-parole des talibans, a indiqué sur Twitter que "l'ennemi a fui... Des dizaines de véhicules militaires, armes et munitions sont tombés dans les mains" des talibans.

    Selon des informations locales, des combats seraient toujours en cours entre des combattants fidèles au chef de guerre Ismail Khan et des talibans dans le district de Gozra, à environ 20 km de la ville d'Herat. Vidéo.

    Hérat, située à 150 km de la frontière iranienne et capitale de la province du même nom, était déjà assiégée, avec de violents combats à ses abords. Les insurgés ont pris le contrôle ces dernières semaines de la quasi-totalité du reste de la province, dont Islam Qala, le poste-frontière avec l'Iran, le plus important d'Afghanistan.

    Kandahar et Lashkar Gah encerclées
    Kandahar, capitale de la province du même nom, et Lashkar Gah, capitale du Helmand voisin, sont assiégées depuis des mois par les talibans, dont ce sont deux fiefs traditionnels. De violents combats les y opposent aux forces de sécurité depuis plusieurs jours.

    Mercredi, les talibans ont annoncé sur Twitter avoir pris la prison de Kandahar, située dans la banlieue, pour en libérer "des centaines de prisonniers". A Lashkar Gah, le quartier général de la police a été fortement endommagé par l'explosion d'un véhicule piégé mercredi soir, contraignant les forces de police à se replier vers les bureaux du gouverneur, pendant que 40 policiers se rendaient aux talibans, a indiqué à l'AFP un responsable gouvernemental sur place.

    Le gouvernement afghan recherche une issue de secours
    Face à la dégradation de la situation militaire, Kaboul a proposé "aux talibans de partager le pouvoir en échange d'un arrêt de la violence dans le pays", a déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, un négociateur du gouvernement aux pourparlers de paix à Doha.

    Le président afghan, Ashraf Ghani, avait toujours rejeté jusqu'ici les appels à la formation d'un gouvernement intérimaire non élu comprenant les talibans. Mais son revirement risque d'être bien tardif, les insurgés n'ayant montré aucun signe, depuis l'ouverture des négociations de paix en septembre 2020, qu'ils étaient prêts à un compromis. Ils y seront sans doute encore moins enclins après avoir avancé à un rythme effréné ces derniers jours. En une semaine, ils ont pris le contrôle de 10 des 34 capitales provinciales afghanes, dont sept situées dans le nord du pays, une région qui leur avait pourtant toujours résisté par le passé. Ils ont aussi encerclé Mazar-i-Sharif, la plus grande ville du nord, où le président Ghani s'est rendu mercredi pour tenter de remobiliser l'armée et les milices favorables au pouvoir.

     

  • Afghanistan : Derniers développements

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    De violents affrontements ont éclaté à travers le pays au cours des deux derniers mois alors que les talibans lancent des attaques majeures et prennent le contrôle des zones rurales, des postes frontaliers et des capitales régionales, incitant les forces afghanes et américaines à lancer des frappes aériennes dans le but de repousser les militants.

    Province de Balkh 
    Le ministère afghan de la Défense a déclaré que le district de Kaldar de la province de Balkh avait été repris aux talibans. Près de 20 talibans auraient été tués au cours de l'opération, annonce le ministère.
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    Province de Farah
    Cinq talibans ont été tués et huit autres blessés par une frappe de l'armée de l'air afghane.
    Un communiqué du siège de la police de Farah a indiqué que les frappes aériennes avaient été menées conte un groupe de talibans dans le village de Shaghi du district de Bakwa.
    Fida Mohammad, un haut commandant taliban, ferait partie des talibans mis hors de combat.
    Le raid a été mené par des avions (Type 3) et (PC4). Un Humvee et une quantité d'armes et de munitions des talibans ont été détruits au cours du raid.

    Province de Herat
    Les talibans voulaient lancer une attaque sur deux fronts contre le barrage de Salma dans le district de Chisht.
    Cependant, les autorités locales ont déclaré dans un communiqué que les forces afghanes avaient repoussé les attaques et tué cinq talibans et blessé sept autres.
    Il n'y a eu aucune victime parmi les forces afghanes.

    Province de Paktika : 40 talibans tués
    Le ministère afghan de l'Intérieur a revendiqué avoir mis hors de combat 40 talibans dans la province orientale de Paktia.

    Province de Samangan : Un pilote de l'armée de l'air enlevé
    Les talibans ont enlevé Esmatullah Karimi, pilote de l'armée de l'air afghane, à Robatak, province de Samangan. L'enlèvement a eu lieu à un poste de contrôle illégal sur l'autoroute Kaboul-Mazar, lundi 26 juillet.
    Karimi est originaire du district de Doshi de la province de Baghlan.
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    Province de Zabul : Un commandant taliban hors de combat
    Une commandant Taliban nommé Qari Qased a été tué avec 6 autres insurgés dans une contre-attaque de l'armée afghane dans la province de Zabul.
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    Toujours des pourparlers entre gouvernement et talibans à Doha (Qatar)
    Les négociateurs se sont réunis dans la capitale qatarie, Doha, ces dernières semaines, mais les diplomates ont averti que les pourparlers de paix avaient peu progressé depuis leur début en septembre dernie

  • Afghanistan : L'Etat islamique revendique des tirs de roquettes près du palais présidentiel

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    L'Etat islamique (Daech) a revendiqué mardi 20 juillet 2021 le tir de trois roquettes qui ont atterri près du palais présidentiel à Kaboul, où de nombreux responsables étaient réunis autour du président Ashraf Ghani à l'occasion de l'Adha, la fête musulmane du Sacrifice.

    Selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur Mirwais Stanikzai, les roquettes, tirées depuis un pick-up, ont atterri dans trois zones situées dans un rayon d'environ un kilomètre autour du palais présidentiel, déjà visé à plusieurs reprises dans le passé, la dernière fois en décembre 2020.

    Seules deux des trois roquettes ont explosé, sans faire de victime, a-t-il ajouté.

    En fin de journée, l'Etat islamique, qui a déjà revendiqué plusieurs attaques à la roquette contre la capitale, ainsi que des attentats sanglants, a affirmé dans un communiqué que ses "soldats" avaient "visé le palais présidentiel du tyran afghan et la +zone verte+ à Kaboul avec sept roquettes Katioucha".

    Vers 08H00, des journalistes de l'AFP ont entendu le bruit, suivi d'explosions, d'au moins deux roquettes survolant la "zone verte" ultra-fortifiée qui abrite également plusieurs ambassades, dont la mission de l'ONU.

    Dans une vidéo filmée par la télévision nationale, on entend le sifflement suivi de l'explosion d'au moins deux roquettes pendant que M. Ghani et plusieurs hauts responsables font la prière d'eiduladha dans le jardin du palais.

    Le chef de l'Etat et la plupart des hommes présents restent impassibles et continuent de prier. Vidéo.

    Aucun progrès dans les négociations inter-afghanes
    En mars 2020, une attaque à la roquette, déjà revendiquée par l'Etat islamique, avait visé la cérémonie d'investiture de M. Ghani pour son second mandat.

    "Mon impression est que l'importance de ces attaques s'évalue moins aux dégâts qu'elles causent qu'à l'impact psychologique qu'elles ont en sapant la confiance dans le gouvernement", a indiqué à l'AFP Ibraheem Bahiss, consultant de l'International Crisis Group (ICG). Mais "le fait que (les roquettes) aient atterri si près du palais présidentiel montre que ces attaques peuvent potentiellement devenir mortelles".

    Le gouvernement afghan attribue régulièrement aux talibans des attaques revendiquées par l'Etat islamique, soutenant que l'organisation djihadiste a été largement anéantie en 2019 dans la province de Nangarhar (Est), son bastion de l'époque.

    "Les talibans ont montré qu'ils n'avaient ni la volonté ni l'intention de faire la paix", malgré leurs affirmations, a accusé mardi le président Ghani dans son discours de l'Adha, dans lequel il n'a fait aucune référence à l'attaque.

    "Jusqu'à maintenant, les talibans n'ont pas montré" le moindre intérêt "pour des pourparlers significatifs et sérieux", a-t-il ajouté, à l'issue d'un nouveau weekend stérile de discussions entre gouvernement et insurgés à Doha.

    Les deux délégations se sont séparées dimanche en indiquant simplement s'être accordées sur le besoin de trouver une "solution juste" et de se rencontrer à nouveau "la semaine prochaine".

    Mardi, l'émissaire du Kremlin pour l'Afghanistan, Zamir Kaboulov, a cependant soutenu lors d'une conférence d'experts en ligne que les talibans étaient "prêts à un compromis politique, mais (que) de leur point de vue, ce compromis politique doit être présenté avec dignité".

    Selon lui, une grande partie des dirigeants talibans "en a assez de la guerre" et comprend qu'après 20 ans de conflit, "il faut chercher des issues politiques pour sortir de l'impasse actuelle", même si une génération plus jeune de combattants, aux vues plus radicales, est moins disposée à cesser les combats.

    Les pourparlers de Doha, entamés en septembre, n'ont connu depuis aucune avancée et les talibans ont lancé début mai une offensive tous azimuts contre les forces afghanes, à la faveur du commencement du retrait définitif des forces internationales d'Afghanistan, prévu pour s'achever fin août.

    Privées du crucial soutien américain, les forces afghanes n'ont opposé qu'une faible résistance et ne contrôlent plus pour l'essentiel que les capitales provinciales et les axes majeurs.

    Les talibans n'ont pas annoncé de cessez-le-feu à l'occasion de l'Adha, comme ils l'avaient précédemment fait ces dernières années lors de fêtes musulmanes.

    Selon Ibrahim Bahiss, ils ne l'ont pas fait car ils veulent "tirer parti d'avoir repris l'initiative militaire au gouvernement", mais aussi pour ne pas donner prise aux affirmations selon lesquelles "ils enregistrent d'importantes pertes et veulent une pause militaire".

    "Cela va décevoir beaucoup de gens dans le pays, pour qui les cessez-le-feu de l'Adha figuraient parmi les rares et précieux moments permettant de rendre visite aux amis et à la famille", a-t-il souligné.

  • Afghanistan : Les talibans veulent un accord "politique" en pleine offensive

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    PdT4VsrV.jpegLe chef des talibans a répété dimanche, dans un message à l'occasion de l'Aïd al-Adha, rester "résolument favorable à un règlement politique" en Afghanistan, au lendemain d'une reprise des discussions à Doha avec des représentants du gouvernement en pleine offensive des insurgés.

    Des délégations du gouvernement afghan et des talibans ont repris samedi 17 juillet 2021 à Doha, au Qatar, des pourparlers entamés en septembre qui n'ont abouti jusqu'ici à aucun accord. Les deux parties devaient se rencontrer à nouveau dimanche.

    "Au lieu de compter sur les étrangers, résolvons nos problèmes entre nous (Afghans) et sauvons notre patrie de la crise qui prévaut", a déclaré le chef des talibans Hibatullah Akhundzada (photo ci-contre), à l'occasion de la fête musulmane du Sacrifice qui dure trois jours à partir du 20 juillet. "Malgré l'avancée et les victoires militaires (...) nous restons résolument favorable à un règlement politique (...) Nous sommes, de notre côté, déterminés à trouver une solution via des discussions, mais le camp d'en face continue de perdre du temps", a-t-il ajouté dans son message.

    A Doha, les discussions ne semblent pourtant pas avoir été fructueuses. Le chef du conseil gouvernemental supervisant le processus de paix, Abdullah Abdullah, a éludé dimanche soir les questions des journalistes sur un éventuel accord.

    Lancée début mai, à la faveur du début du retrait définitif des forces étrangères du pays, l'offensive des insurgés n'a rencontré qu'une faible résistance de la part des forces afghanes et leur a permis de s'emparer de vastes territoires ruraux d'Afghanistan et d'importants postes-frontières avec l'Iran, le Turkménistan, le Tadjikistan et le Pakistan. Les combattants pro-gouvernementaux ont mené 244 opérations, tuant 967 combattants "ennemis", dont des commandants clés, selon le porte-parole des forces de sécurité afghanes Ajmal Omar Shinwari. "Nous avons repris 24 districts jusqu'à présent, notre objectif est de reprendre tous les territoires. Nous sommes prêts à défendre notre pays", a-t-il déclaré à la presse.

    "Inquiets de la violence" 
    Privées du crucial soutien aérien américain, les forces du gouvernement afghan ne contrôlent plus essentiellement que les axes majeurs et les capitales provinciales. Certaines sont encerclées par les insurgés mais ceux-ci n'ont pas lancé d'offensive majeure contre ces villes, à l'exception d'une brève incursion en juillet dans Qala-i-Naw, capitale de la province de Badghis, dont ils ont été chassés après plusieurs jours de combats.

    Le message du chef des talibans ne fait aucune mention d'un cessez-le-feu à l'occasion de la fête de l'Adha. Ces dernières années, les insurgés avaient parfois annoncé des trêves à l'occasion des fêtes musulmanes. 

    Dans son message, le chef des talibans déroule une série d'engagements d'un futur "Emirat islamique" au pouvoir à Kaboul.

    L'Emirat islamique était le nom du régime taliban qui dirigea l'Afghanistan entre 1996 et 2001 et en fut chassé par une coalition internationale menée par les Etats-Unis, après son refus de livrer le chef d'al-Qaïda, Oussama ben Laden, dans la foulée des attentats du 11-Septembre.

    "Bonnes relations diplomatiques" avec tous les pays du monde
    "Nous voulons de bonnes et fortes relations diplomatiques, économiques et politiques (...) avec tous les pays du monde, dont les Etats-Unis" et "nous assurons totalement les pays voisins, de la région et du monde, que l'Afghanistan ne permettra à personne de menacer la sécurité d'aucun autre pays depuis son sol", affirme Hibatullah Akhundzada. Il a également promis de promouvoir l'éducation des filles et de respecter la liberté de la presse.

    Depuis que Washington a annoncé l'an dernier le départ définitif des troupes étrangères d'Afghanistan, au terme d'un accord avec les talibans, ceux-ci tentent d'afficher une image plus moderne et modérée, notamment vis-à-vis de l'étranger.

    Les talibans semblent opérer depuis longtemps sous une chaîne de commandement unique et efficace. Mais la question de la capacité qu'auront les dirigeants talibans à faire respecter un potentiel accord de paix sur le terrain reste en suspens.

    Face à l'avancée des talibans, qui se sont récemment rapprochés de Kaboul, l'inquiétude grandit en Afghanistan, notamment dans la capitale et au sein de l'élite éduquée et des femmes, de leur possible retour au pouvoir.

  • Afghanistan : Le gouvernement afghan et les talibans à Moscou pour parler de paix

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    Le gouvernement afghan et une délégation des talibans se sont retrouvés à Moscou jeudi 18 mas, en présence d'émissaires étrangers, pour des négociations devant notamment porter sur la formation d'une "administration" de transition avant un éventuel retrait américain.

    Cette rencontre intervient à l'heure où les efforts se multiplient pour aboutir à un accord de paix avant le 1er mai lorsque les Etats-Unis doivent théoriquement retirer tous leurs militaires d'Afghanistan. Mais cette date a été remise en cause mercredi par le président Joe Biden.

    Washington a proposé aux belligérants afghans la formation d'un gouvernement de transition incluant les talibans. Cette idée, soutenue par Moscou, a pour l'instant reçu un accueil peu enthousiaste de la part du pouvoir en place à Kaboul.

    Après avoir reçu les différentes délégations, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a appelé Washington et les talibans à "rester attachés aux dispositions de l'accord" conclu par l'administration de l'ex-président Donald Trump en février 2020 au Qatar. Cet accord prévoit le retrait des soldats américains d'ici au 1er mai 2021 en échange de garanties sécuritaires et d'un engagement des talibans à discuter avec Kaboul. Mais le président des Etats-Unis Joe Biden a estimé qu'il serait "difficile" de tenir ce délai, et les talibans l'ont aussitôt mis en garde contre tout retard.

    Les discussions à Moscou, qui se tiennent en présence d'émissaires pakistanais, chinois et américains, sont organisées parallèlement à celles qui ont commencé en septembre à Doha, au Qatar, et à celles que la Turquie veut accueillir en avril à Istanbul.

    M. Lavrov a dit "regretter que les efforts déployés pour lancer le processus politique à Doha n'aient pas encore donné de résultats" et espérer que les discussions à Moscou "contribueront à créer les conditions nécessaires" à des progrès. Il a souligné que "dans les conditions d'une situation militaro-politique qui se dégrade, de nouveaux retards sont inacceptables" pour les négociations à Doha. Les violences se sont intensifiées ces derniers mois dans tout l'Afghanistan, malgré les pourparlers. Dans ce contexte, le départ des Etats-Unis inquiète le gouvernement en place à Kaboul, dont l'autorité est contestée ou mise à mal sur plus de la moitié du territoire. L'armée américaine ne compte plus, depuis le début de l'année, que 2.500 hommes sur le territoire afghan, son plus bas niveau depuis 2001 et son intervention après les attentats du 11 septembre.

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    Le général ouzbek Abdurrashid Dostum (photo), chef du « Mouvement Islamique National d'Afghanistan » ne s'est pas présenté dans son uniforme de maréchal à la conférence, les talibans ayant refusé qu'il apparaisse en uniforme. Ls talibans ont également refusé que le général Dostum prononce un discours lors de la conférence. Cela a eu le don de mettre le général Dostum en colère et il a quitté la conférence après la première session.

  • Afghanistan : Derniers incidents sécuritaires

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    Suspension des pourparlers inter-afghans en attendant des éclaircissements sur la politique que mènera Joe Biden
    Le Conseil suprême de réconciliation nationale a déclaré que les talibans avaient suspendu les pourparlers de paix en attendant le résultat d'un examen de l'accord de paix par la nouvelle administration américaine.

    Azizullah Din Mohammad, le chef adjoint du conseil, a déclaré que les talibans ne voulaient pas que le gouvernement américain révise l'accord exécutif avec eux, que le gouvernement américain ait changé ou non. "Les talibans attendent les résultats", a-t-il dit. . C’est pourquoi les pourparlers ont été interrompus par les talibans. "

    D'un autre côté, un membre de l'équipe de négociation du gouvernement afghan a déclaré que la délégation des talibans ne s'était pas présentée à la table des négociations depuis un mois.

    Un autre membre de la délégation gouvernementale afghane a  accusé les talibans de ne pas avoir mené de véritables pourparlers de paix.hD0qw7Si.jpegKaboul 
    Le ministère de la Défense revendique l'élimination de 18 talibans avaient dans le district de Surobi
    Le ministère de la Défense (MoD) a annoncé que 18 Taliban avaient été tués et six autres blessés lors d'une opération menée par l'armée dans le district de Surobi, dans la province de Kaboul.

    Fawad Aman, porte-parole adjoint du ministère de la Défense, a déclaré dimanche 14 février que l'opération avait été menée par les forces de sécurité dans le quartier "Dagri Jagoldak" du district de Surobi. Il a ajouté que de vastes zones du district de Surobi étaient désormais débarrassées des talibans.

    L'armée de l'air a également participé à l'opération.

    Surobi
    Surobi est l'un des districts les plus importants de l'est de Kaboul. Il y a trois centrales électriques dans le quartier.

    Jeudi, cinq agents de sécurité publique chargés de sécuriser le personnel de la Mission d’assistance des Nations Unies à Kaboul avaient été tués au cours d'une embuscade dans le même  district.

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    Province de Badghis : Le ministère de la Défense revendique avoir tué avoir 30 insurgé dans le district abkamari
    Le ministère afghan de la Défense a revendiqué avoir mis hors de combat  deux groupes armés. 30 Talibans, dont deux chefs, ont été tués et 11 autres blessés, selon le MoD.

    Le ministère de l'Intérieur (MoI) a déclaré dans un communiqué la semaine dernière que l'opération était menée par les forces terrestres et aériennes afghanes dans quatre villages du district d'Abkamari dans la province de Badghis.

    Najibullah et Gul Ahmad, deux dirigeants talibans, font partie des combattants abattus lors de l'opération, selon le communiqué.

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    Province de Farah : Les responsables de la sécurité de Farah affirment que cinq talibans ont été tués et trois autres blessés.
    Mohibullah Mohib, porte-parole de la police de Farah, a déclaré :  "Les forces de sécurité ont tué le groupe terroriste alors qu'il avait l'intention de mener une offensive contre l'un des postes de contrôle de sécurité du village de Barang Tut, la capitale de la province de Farah. Heureusement, les forces de sécurité et les forces de défense afghanes sont entrées en action et ont éliminé le groupe terroriste."
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    Province de Helmand
    Les talibans ont revendiqué l'assassinat d'un officier supérieur de l'armée afghane, lHekmatullah, la saisie de ses documents, de son arme et de son véhicule à Gereshk, dans le Helmand. 

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    Province de Laghman
    Les services de renseignement afghans (NDS) affirment que leurs forces spéciales ont arrêté 7 talibans à Laghman. Ils sont soupçonnés d'avoir cherché à perpétrer des assassinats ciblés en utilisant des MIED.
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  • Afghanistan : Joe Biden face à de "sérieux dilemmes", selon un responsable américain

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    Le président américain Joe Biden est confronté à de "sérieux dilemmes" en Afghanistan, où la date prévue du retrait complet des troupes américaines approche alors que les talibans ne semblent nullement prêts à renoncer à la violence, a estimé un haut responsable américain.

    L'administration US a ordonné un réexamen de l'accord signé avec les talibans en février 2020 à Doha, qui prévoit le retrait total des forces américaines d'ici le 1er mai, en échange notamment de garanties sécuritaires de la part des insurgés et de leur engagement à négocier un accord de paix avec le gouvernement afghan. Ces pourparlers de paix, ouverts en septembre à Doha, avancent au ralenti et en Afghanistan pas une journée ne se passe sans l'explosion d'une bombe, des attaques contre les forces gouvernementale ou une tentative d'assassinat ciblé contre une personnalité de la société civile.

    "Le niveau de violence reste très, très élevé (...), ce qui est choquant et profondément décevant", a déclaré un haut responsable du département d'État américain à l'AFP cette semaine à Kaboul, sous couvert d'anonymat. "Cela nuit indéniablement à l'ambiance pour tout accord de règlement du conflit afghan", a-t-il ajouté.

    Les talibans nient toute responsabilité dans les attentats ciblés et dénoncent l'État islamique. Washington n'a cependant aucun doute sur qui en assume réellement la responsabilité.

    "De notre point de vue, les talibans sont responsables de la grande majorité des assassinats ciblés", a repris ce responsable, qui estime qu'ils ont créé un "écosystème de violence". "Cela a clairement pour objet de démoraliser les citoyens (...) d'ajouter aux doutes des gens sur leur gouvernement et à l'idée qu'une victoire (des talibans) est inéluctable", a-t-il jugé.

    A ses yeux, l'administration Biden, qui reste déterminée à appliquer l'accord de Doha, est maintenant confrontée à de "sérieux dilemmes". Après la signature de cet accord, les insurgés ont cessé d'attaquer les forces américaines, qui n'ont perdu aucun soldat au combat depuis un an.Mais si Washington décide de maintenir des troupes sur le terrain après l'échéance de mai, elles seront assurément à nouveau ciblées. Et si les États-Unis se retirent entièrement, ils laisseront le fragile gouvernement afghan à la merci d'un adversaire prêt à tout pour arriver au pouvoir, ce qui pourrait déboucher sur de nouveaux massacres qu'il sera difficile à la communauté internationale d'ignorer.