Port de Beyrouth

  • Liban : Sit-in d'habitants du quartier chrétien d'Aïn el-Remmané pour réclamer la libération de détenus

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    Plusieurs dizaines de personnes, se disant originaires du quartier d'Aïn el-Remmaneh,  ont manifesté lundi matin devant le tribunal militaire afin de réclamer la libération des personnes détenues dans le cadre de l'enquête sur les affrontements ayant opposé, le 14 octobre, des habitants de ce quartier à prédominance chrétienne et où les Forces libanaises (FL) ont une forte présence, à des manifestants chiites. Ces violences avaient fait sept morts. Les personnes présentes sur les lieux ont dénoncé "l'inégalité de traitement" des personnes arrêtées dans cette affaire. 

    Antoine Saad, l'avocat des détenus présent à ce sit-in, a déploré le fait que ce sont "les personnes qui ont été attaquées qui sont actuellement en prison", effectuant un parallèle avec l'"affaire de Khaldé", en référence aux échanges de tirs meurtriers qui avaient eu lieu début août entre des membres de "tribus arabes" de cette localité au sud de Beyrouth et des partisans du Hezbollah. "Le juge ne traite pas de manière égale toutes les personnes impliquées dans cette affaire", a ajouté l'avocat, dénonçant une atmosphère de "règlements de compte". "Nous ne voulons pas qu'Aïn el-Remmaneh devienne un bouc émissaire ou un second +Notre-Dame de la délivrance+", a-t-il ajouté, en référence à un attentat à la bombe en 1994 dans une église du Kesrouan, que le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, avait été accusé d'avoir commandité et pour lequel il a fait onze ans de prison, de 1994 à 2005, à l'époque de la tutelle du régime syrien au Liban. Il a toutefois assuré avoir confiance dans le premier juge d'instruction par intérim près le tribunal militaire, Fady Sawan, désormais en charge de ce dossier. 

    Le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, Fady Akiki, avait clôturé le dossier la semaine dernière, sans avoir interrogé le chef des FL comme il l'avait souhaité. Au moment du transfert du dossier au juge Sawan, il lui a demandé d'entendre comme témoin M. Geagea. Ce dernier avait déclaré, après une première annonce de sa convocation, qu'il était prêt à comparaître devant la justice si le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, le faisait également. 

    Les accrochages de Tayouné s'étaient produits le 14 octobre en marge d'une mobilisation du tandem chiite Amal-Hezbollah contre le juge Tarek Bitar, en charge de l'instruction sur l'explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth.

  • Liban : Coups de feu contre une manifestation organisée par Hezbollah et Amal contre le juge Bitar : 7 morts et 33 blessés

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    Secteur de Tayyouneh
    Jeudi 14 octobre, des partisans du groupe chiite Hezbollah et de son allié, le mouvement Amal, sont descendus dans la rue pour exiger la destitution du juge Bitar, le juge chargé d'enquêter sur l'explosion du port de Beyrouth qui a fait plus de 200 morts le 4 août 2020..

    Mohammad Al-Sayyed.jpegLes manifestants se dirigeaient vers le Palais de justice lorsqu'on a ouvert le feu sur eux à partir du quartier chrétien d'Aïn er-Remmané. Il y aurait sept morts et 33 blessés selon un dernier bilan. Parmi les victimes figurent un homme tué par une balle à la tête, un deuxième atteint à la poitrine et une femme de 24 ans tuée par une balle perdue alors qu'elle se trouvait chez elle. L'une des personnes tuées a été identifiée. Il s'agit d'un militant d'Amal dénommé Rami Zaytar. Une autre personne a été identifiée. Il s'agit de l'homme qui tentait de tirer une roquette RPG avant d'être abattu par un tir de sniper du camp d'en face. Il s'agit de Mohammad Al-Sayyed (photos ci-contre et ci-dessous), un combattant du Hezbollah qui a combattu en Syrie.
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    Les miliciens chiites, qui manifestaient armés, ont immédiatement riposté contre les tireurs soupçonnés d'être des membres des Forces libanaises. Les rafales de fusils d'assaut, de mitrailleuses se sont fait entendre pendant près de quatre heures. Des lance-grenades ont également été utilisés dans les échanges de tirs, provoquant des incendies dans des immeubles d'habitation.

    Un ou plusieurs hommes armés ont ouvert le feu contre une  manifestation organisée devant le palais de justice par le Hezbollah et le parti Amal pour exiger la destitution de Bitar, le juge chargé d'enquêter sur l'explosion du port de Beyrouth qui a fait plus de 200 morts le 4 août 2020. Les tirs ont provoqué la mort d'au moins une personne et fait 8 blessés. Des témoins affirment que des membres du Hezbollah vêtus de noir se cachant derrière des poubelles ont riposté avec leurs propres armes. Des tirs de roquettes RPG ont également été entendus.

    A noter que les échanges de tirs ont eu lieu dans le secteur du rond-point Tayyouné, situé à la frontière des quartiers chrétiens et chiites. Pendant la guerre civile libanaise, cette zone était en fait la ligne de front.

    Photos des victimes
    Parmi les sept morts, on trouve trois membres de la milice chiite Amal, trois membres du Hezbollah et une mère de cinq enfants, fervente partisane du Hezbollah. Elle a été atteinte d'une balle perdue en pleine tête.FBvNit4WQAQczJ4.jpeg

    Le Premier ministre Najib Mikati a exhorté les citoyens à rester calmes, mais a souligné la nécessité d'arrêter les meneurs. Il a ajouté qu'il était en contact permanent avec le commandement de l'armée. Il s'agit en effet d'une escalade très dangereuse. C'est pourquoi l'armée s'est massivement déployée dans les deux zones de Tayouneh et Adliya. L'armée a annoncé dans la soirée avoir interpellé neuf personnes, dont une syrienne.
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    Le Hezbollah et Amal ont également publié une déclaration exhortant leurs partisans à faire preuve de retenue. Dans le même temps, les deux partis chiites ont accusé les Forces Libanaises, des forces chrétiennes maronites dirigées par Samir Geagea, de tenter d'entraîner le Liban dans une nouvelle guerre civile, l'accusant de "s'être déployé dans les quartiers voisins et sur les toits et d'avoir pratiqué des opérations de tir direct pour tuer délibérément, causant ce nombre de martyrs et de blessés".

    Les "Forces libanaises" (Chrétiens) condamnent les événements
    Le chef du parti « Forces libanaises », Samir Geagea, a dénoncé les événements qui se sont déroulés dans la zone de Tayouneh à l'occasion des manifestations convoquées par le « Hezbollah », estimant que la raison principale de ces événements sont les armes incontrôlées et généralisées qui menacent à tout moment les citoyens et des endroits..

    Dans un communiqué, Geagea a appelé le président de la République, le Premier ministre et les ministres de la Défense et de l'Intérieur à « mener des enquêtes complètes et précises pour déterminer les responsabilités de ce qui s'est passé dans la capitale aujourd'hui », soulignant que « la paix civile est la seule richesse qui nous reste au Liban, ce que nous devons préserver, mais cela nécessite que nous coopérions tous pour y arriver."

    Quartier de Khandaq al-Ghamiq
    Dans un autre secteur de Beyrouth, le quartier de Khandaq al-Ghamiq, les partisans du Hezbollah et du mouvement Amal se sont rassemblés pour de grandes manifestations réclamant la démission du juge Bitar. Ces deux partis chiites ont lancé des campagnes et des critiques répétées contre le juge Bitar, l'accusant de discrétion et d'impartialité, remettant en cause sa crédibilité.

    De même, le Hezbollah a menacé de se retirer du gouvernement alors que la tension monte dans le pays sur cette enquête et que les conditions économiques et de vie de la population se détériorent dramatiquement.

    La Cour de cassation a refusé d'arrêter la main du juge
    Par ailleurs, la manifestation des fidèles du parti et de son allié a coïncidé avec le rejet par la Cour civile de cassation d' un procès intenté par l'ancien ministre des Finances Ali Hassan Khalil et le ministre des Travaux publics Ghazi Zuaiter (affilié au mouvement Amal dirigé par Nabih Berri) demandant que le juge Bitar soit dessaisi de  l'affaire du port de Beyrouth. Le Hezbollah et le Amal accusent le juge Tariq Bitar de politiser l'enquête sur l'explosion dans le port de Beyrouth. De nombreux hommes politiques appelés à témoigner devant le tribunal sont des militants du Hezbollah. 

    Cependant, les tentatives du groupe pour retirer le juge de l'enquête par des moyens légaux ont échoué. Une source judiciaire a indiqué à l'AFP que la cour de cassation civile avait rejeté l'affaire au motif qu'elle ne relevait pas de sa compétence, car Bitar "n'est pas juge à la Cour de cassation".

    L'explosion de l'énorme stock de nitrate d'ammonium au port de Beyrouth le 4 août 2020 a été l'une des explosions conventionnelles les plus puissantes de l'histoire. 

    "Nous demanderons aux politiques de prendre les mesures nécessaires pour contrôler la situation", déclare le ministre de l'Intérieur
    "Le clash a commencé par des tirs de sniper qui ont blessé une première personne à la tête. C'est inacceptable. Tirer sur les têtes est très dangereux", a souligné le responsable. "La situation délétère n'est dans l'intérêt de personne. Tous les services doivent accomplir leur rôle et passer aux arrestations afin que la loi soit appliquée", a insisté le ministre. "Les organisateurs de la manifestation (Amal et le Hezbollah, NDLR) nous ont assuré qu'elle était pacifique. Le crime qui a été commis, ce sont les tirs de sniper. Nous avons été surpris de cela", a ajouté M. Maoulaoui. "Nous allons demander aux responsables politiques de prendre les mesures nécessaires, en politique et sur d'autres plans, afin de contrôler la situation (...)", a-t-il conclu.

    Le Conseil supérieur de défense doit également se réunir aujourd'hui afin de plancher sur les incidents armés dans la capitale.

    Sur le plan judiciaire, les services de renseignement de l'armée ont débuté leur enquête sur le terrain à Tayyouné, sur ordre du commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, Fadi Akiki. L'enquête "vise à déterminer l'identité des tireurs qui ont pris part aux combats et qui ont causé des morts et des blessés", selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).




    Situation jeudi soir 14 octobre 2021
    Un calme prudent règne en soirée au rond-point Tayyouneh, dans les rues du quartier chiite de Chyah (au sud) et dans les quartiers chrétiens d'Aïn er-Remmaneh et Badaro (au nord).

  • Liban : A Beyrouth, la police réprime les protestations des proches des victimes de l'explosion du port

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    La police libanaise a utilisé des gaz lacrymogènes contre les proches des victimes de l'explosion dans le port de Beyrouth, qui s'étaient rassemblés pour une manifestation au domicile du ministre libanais de l'Intérieur Muhammad Fahmi et tentaient de prendre d'assaut son domicile.

    Le voisinage de la maison de Fahmi a été le théâtre d'affrontements entre les manifestants et les forces de sécurité impliquées dans la protection de la maison du ministre. Les manifestants ont donné un délai d'environ 10 minutes pour que le ministre sorte de chez lui et les rencontre, sinon ils menaçaient de prendre la maison d'assaut. Lors de leur sit-in, les habitants ont soulevé des cercueils et tenté d'avancer vers la maison du ministre, ce qui a entraîné une bousculade avec les forces de l'ordre et de nombreux blessés.

    Les manifestants sont convaincus que le ministère de l'Intérieur retarde délibérément l'enquête sur l'explosion qui a eu lieu le 4 août 2020. L'explosion a fait plus de 200 morts et causé d'importants dégâts dans la capitale libanaise.

    Le ministre a rejeté la demande du juge d'instruction de convoquer le chef des services spéciaux Abbas Ibrahim pour interrogatoire. Fahmi a déclaré qu'Ibrahim jouissait de l'immunité.

    L'explosion dans le port de Beyrouth et l'inaction des autorités après celle-ci sont devenues la preuve la plus tangible de l'effondrement de l'État libanais. Près d'un an plus tard, l'enquête en est presque à son point de départ.

  • Liban : Achèvement du retrait des substances dangereuses découvertes après l'explosion dans le port de Beyrouth

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    Mercredi 5 mai, le gouvernement libanais a annoncé que la société allemande Combi Lift avait retiré 59 conteneurs de substances dangereuses du pays, qui avaient été retrouvés dans et autour du port de Beyrouth après l'explosion catastrophique du 4 août 2020.

    Le site Web de Deutsche Welle (DW) écrit que le Liban n'avait pas la capacité technique pour l'élimination des déchets dangereux et qu'il n'y avait pas non plus d'installation de stockage ou de traitement dans le pays. Beyrouth a été contrainte de conclure un accord de collecte et d'élimination des déchets avec Combi Lift.

    Selon DW, le chargement des conteneurs s'est achevé vendredi dernier. La plupart des conteneurs transportés par le navire Amoenitas contiennent de l'acide chlorhydrique, largement utilisé dans l'industrie, selon The National.

    Selon la chef du Conseil de coopération commerciale libano-allemand, Alice Assouad, de nombreuses substances dangereuses étaient stockées dans le port depuis des décennies.

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  • Liban : Le CPL appelle à réexaminer l'entente de Mar Mikhaël avec le Hezbollah

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    Le bureau politique du Courant patriotique libre (CPL) du député Gebran Bassil a appelé samedi à "améliorer" l'entente de Mar Mikhaël,  à l'occasion du quinzième anniversaire de la signature de cet accord entre l'actuel chef de l'État Michel Aoun et le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, le 6 février 2006. L'accord avait scellé l'alliance politique entre le CPL et le parti chiite, une alliance toujours en vigueur mais qui connaît des tensions actuellement.

    Le bureau politique du CPL, qui a tenu sa réunion hebdomadaire par visioconférence, a vu dans l'anniversaire de cette alliance une occasion favorable de "l'examiner de près". Selon le parti aouniste, si cet accord a "évité au Liban les malheurs de la sédition et des divisions et l'a protégé des agressions extérieures en dissuadant Israël et le terrorisme, il n'a pas permis l'édification d'un État de droit". "Il faut améliorer cette entente pour ouvrir de nouveaux horizons et espoirs aux Libanais. C'est une condition pour la viabilité de l'entente. Ceux qui s'y engagent gagneront la bataille de l'édification de l'État et de la lutte contre les corrompus", a affirmé le CPL.

    Cet accord qui a permis à Michel Aoun de renforcer le poids politique de sa formation au Liban et qui a offert au Hezbollah une couverture chrétienne est de plus en plus contesté par la rue chrétienne et au sein même du CPL, notamment suite au soulèvement populaire du 17 octobre 2019 et à la double déflagration au port de Beyrouth le 4 août dernier. Gebran Bassil a déjà affirmé récemment que cette entente devait être réexaminée.

    Par ailleurs, le CPL a affirmé "rejeter la violence et les assassinats politiques utilisés comme moyen de faire taire toute opinion", en allusion à l'assassinat de l'intellectuel et activiste chiite Lokman Slim, dans la nuit de mercredi à jeudi. Toutefois, le CPL ne mentionne à aucun moment Lokman Slim nommément. "Nous mettons en garde contre toute exploitation de tout crime, en allant au-delà des enquêtes et en portant des accusations politiques", a averti le CPL, qui estime que cela "sert des intérêts politiques étrangers et l'incitation à la sédition". L'intellectuel et activiste politique libanais Lokman Slim a été retrouvé jeudi matin assassiné au Liban-Sud, le corps criblé de balles. Le meurtre de ce farouche opposant au Hezbollah, devenu un symbole de la liberté d'expression, a réveillé la crainte d'une reprise des assassinats politiques comme le Liban en a connu entre 2004 et 2013. Plusieurs voix se sont élevées pour attribuer ce crime au Hezbollah car il a eu lieu dans les régions contrôlés par le parti.

    Revenant en outre sur la formation du gouvernement et les appels à l'accélérer, notamment de la part de Paris et de Washington, le bureau politique du CPL a appelé le Premier ministre désigné Saad Hariri à "tirer les leçons et à revoir les fondements sur lesquels il doit procéder à la formation d'un cabinet équilibré, composé de ministres compétents et spécialistes". Le parti a également appelé au "respect de l'esprit du Pacte national et du texte de la Constitution quant au rôle du président de la République", exigeant que "cessent les tentatives d'empiéter sur les prérogatives du chef de l'État". 

    Le Liban est sans gouvernement depuis près de six mois suite à la démission du cabinet de Hassane Diab dans la foulée de la double explosion meurtrière au port de Beyrouth. Saad Hariri, désigné Premier ministre le 22 octobre dernier, n'est pas encore parvenu à former un gouvernement suite à des désaccords avec le président de la République, notamment sur la nomination des ministres chrétiens et sur l'interprétation de la Constitution quant au rôle du chef de l'État dans le processus de formation. Ce bras de fer politique ainsi que la question du tiers de blocage que le président libanais chercherait à s'assurer, selon plusieurs médias, contribue à bloquer la mise sur pied d'un nouveau cabinet, et ce en dépit des médiations du patriarche maronite Béchara Raï et de la relance de l'initiative française portée par le président Emmanuel Macron, pour un gouvernement "de mission" apte à engager des réformes.

  • Liban : L'armée libanaise découvre 4,3 tonnes de nitrate d'ammonium près du port de Beyrouth

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    Jeudi 3 septembre, l'agence de presse officielle libanaise NNA a rapporté que 4,3 tonnes de nitrate d'ammonium avaient été découvertes près de l'une des entrées du port de Beyrouth.

    L'agence cite un message reçu du ministère de la Défense, selon lequel les militaires ont contrôlé quatre conteneurs situés près de la porte 9, près du port maritime de Beyrouth. Les conteneurs contenaient 4,3 tonnes de nitrate d'ammonium. Les troupes du génie s'efforcent d'éliminer le danger.

    On ignore pour l'instant comment ce stock de nitrate d'ammonium a pu arriver à cet endroit.

    L'armée a fait sauter les 4,350 tonnes de nitrate d'ammonium sur un terrain de l'armée
    Samedi 5 septembre, l'armée libanaise a annoncé que ses unités du génie avaient fait exploser une quantité de "nitrate d'ammonium", pesant plus de 4 tonnes, qui avait été découverte plus tôt dans les vestiges du port de Beyrouth.

    Le commandement de l'armée a déclaré dans un communiqué que «4 tonnes et 350 kilogrammes de nitrate d'ammonium, qui ont été trouvés il y a quelques jours dans le port de Beyrouth, ont été traités par les unités du génie. Ils ont fait exploser les 4,350 tonnes sur un terrain de l'armée.

    L'explosion survenue sur le territoire du port de Beyrouth le 4 août a été causée par la détonation de 2750 tonnes de nitrate d'ammonium, stockées dans un entrepôt pendant six ans après la saisie sur le navire Rhosus (selon les documents, il est passé de la Géorgie au Mozambique sous pavillon de la Moldavie, appartenait à un citoyen russe, l'équipage du russe Ukrainien). Selon l'enquête préliminaire, l'explosion était le résultat d'un stockage à long terme de nitrate d'ammonium dans des conditions inappropriées, et la cause immédiate de l'explosion était l'allumage de feux d'artifice stockés à proximité, qui se sont enflammés par des étincelles lors du soudage de la porte du hangar métallique.

    L'explosion a tué 191 personnes et plus de 6 000 ont été blessées.

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  • Liban : Les dessous et responsables de la double explosion du port de Beyrouth

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    Au Liban, les causes de la catastrophe semblent être liées à l'irresponsabilité bureaucratique. Deux semaines à peine avant l'explosion de l'entrepôt, le président libanais avait reçu un rapport urgent des services de sécurité du pays l'avertissant que la situation était extrêmement dangereuse.

    Le volet international de l'affaire, en revanche, s'est rapidement perdu dans un dédale d'intrigues corporatives et financières. Igor Grechushkin, le russe diversement décrit comme le propriétaire ou l'exploitant du MV Rhosus, battant pavillon moldave, aurait abandonné le navire au Liban après avoir déclaré faillite. La cargaison mortelle du navire avait été achetée en Géorgie par une société mozambicaine qui produit des explosifs commerciaux, par l'intermédiaire d'une société de commerce britannique liée à l'Ukraine.

    La propriété du Rhosus et les entreprises qui ont commandé le transport de 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium à l'autre bout du monde dans un navire délabré sont occultés par des couches de secrets qui ont contrarié journalistes et fonctionnaires à chaque instant. Même le gouvernement libanais ne semble pas savoir à qui appartient réellement le navire.

    Mais une équipe internationale de journalistes d'investigation a découvert de nouveaux faits sur la période qui a précédé l'explosion, qui a tué au moins 182 personnes, en a blessé plus de 6 000 et a fait perdre leur logement à des centaines de milliers de personnes.

    Les journalistes ont découvert que les circonstances de la tragédie se sont déroulées dans le monde déconcertant du commerce offshore, où des sociétés secrètes et des gouvernements accommodants permettent à des acteurs douteux de travailler dans l'ombre.

    Parmi ceux qui sont secrètement liés au Rhosus et à son dernier voyage : un magnat du transport maritime occulte, une banque véreuse et des entreprises d'Afrique de l'Est ayant déjà fait l'objet d'une enquête pour liens avec le commerce illicite d'armes.

    Dans leur enquête commune couvrant dix pays, les reporters ont découvert que :

    - Igor Grechushkin n'était pas propriétaire du Rhosus, mais le louait simplement par l'intermédiaire d'une société offshore enregistrée dans les îles Marshall. Au lieu de cela, des documents montrent que le véritable propriétaire du Rhosus était Charalambos Manoli, un magnat chypriote du transport maritime. Manoli le nie, mais a refusé de fournir des documents pour étayer ses affirmations.

    - Manoli était propriétaire du navire par l'intermédiaire d'une société enregistrée dans la juridiction notoirement occulte du Panama, qui recevait son courrier en Bulgarie. Il l'a enregistré en Moldavie, un pays d'Europe de l'Est enclavé dont la juridiction est notoirement laxiste en ce qui concerne les navires battant son "pavillon de complaisance". Pour ce faire, il a fait appel à une autre de ses sociétés, Geoship, l'une des rares entreprises officiellement reconnues qui ont mis en place des propriétaires étrangers sous pavillon moldave. Puis, une autre société Manoli, basée en Géorgie, a certifié que le navire était en état de navigabilité - même s'il était en si mauvais état qu'il a été mis en fourrière en Espagne quelques jours plus tard.

    - Au moment du dernier voyage du Rhosus, Manoli avait une dette envers FBME, une banque libanaise qui a perdu plusieurs licences pour des délits présumés de blanchiment d'argent, notamment pour avoir aidé la milice chiite Hezbollah et une société liée au programme d'armes de destruction massive de la Syrie. A un moment donné, le Rhosus a été offert en garantie à la banque.

    - Le client final du nitrate d'ammonium du navire, une usine d'explosifs mozambicaine, fait partie d'un réseau d'entreprises ayant fait l'objet d'une enquête pour trafic d'armes et fourniture présumée d'explosifs utilisés par des terroristes. L'usine n'a jamais tenté de réclamer le matériel abandonné.

    - L'intermédiaire de la cargaison, une société britannique alors en sommeil, a convaincu un juge libanais en 2015 de faire tester la qualité du nitrate d'ammonium dans l'intention de le réclamer. Le stock s'est avéré en mauvais état, et la société Savaro Limited n'a finalement pas essayé de reprendre le nitrate d'ammonium.

    Les nouvelles révélations montrent comment, à presque toutes les étapes, la cargaison mortelle du Rhosus était liée à des acteurs qui utilisaient des structures offshore opaques et une surveillance gouvernementale laxiste pour travailler dans l'ombre.

    Les révélations exposent également les dangers particuliers que pose le manque de transparence dans le secteur du transport maritime, selon Helen Sampson, directrice du Seafarers International Research Centre de l'université de Cardiff.

    Les conclusions "mettent en évidence toutes les faiblesses du système [de transport maritime] et la manière dont elles peuvent être exploitées par ceux qui veulent les exploiter", a déclaré Mme Sampson.

    Le rapport complet (langue anglaise)





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